Pour Hollande, la figuration c’est maintenant

Nom d’un petit flan aux œufs ! Mais quelle est cette manie de tirer dans le dos des travailleurs qui habite la social-démocratie ? Le candidat dit « sérieux » est fort ce 18 avril du ralliement de figures bien connues de la gauche : Azouz Beggag, Martin Hirsch, Jean-Jacques Aillagon, Fadela Amara… Il semblerait même que l’ancien vendeur de l’Humanité dimanche Jacques Chirac se souvienne de sa jeunesse énarchique pour se prononcer en faveur du président du conseil général de Corrèze. A moins que ce ne soit qu’une conséquence des relations de bon voisinage.

Alors, qu’est-ce qui prend le héraut autoproclamé des anciens futurs ou futurs anciens ministres, si sûrs de leur élection qu’ils sont déjà entrain de se livrer à une lutte des places féroces ? Ce jeudi, il était l’invité de la matinale spéciale présidentielle de France Inter. Le début est conforme à ce qu’est la candidature « sérieuse », dans le renoncement à « changer la vie » propre au Parti « sérieux » depuis 1983. Il vante les mérites de la « discipline budgétaire ». Jusque là, rien de nouveau, le conformisme est constant.

Ca veut dire : gouverner !

Puis, vient l’attaque, sournoise. Vers 6 minutes et 50 secondes. Voilà ce qu’il déclare, tout de go et sans honte :

« Je ne suis pas candidat simplement pour figurer au premier tour et dire "regardez comme j’ai fait un bon résultat et puis on va attendre parce que c’est trop dur". »

Oh ! Je sais bien : il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Alors, je le réécris : nous sommes là pour gouverner. N’en déplaise à François H., nous ambitionnons de gouverner ce pays. Et le plus tôt sera le mieux ! C’est pour cela que nous avons identifié nos adversaires : la droite et la finance, dont nous connaissons le visage et l’adresse. C’est pour cela que nous avons la volonté de virer devant le parti dit « sérieux ». La situation de la France, de l’Europe en général, est trop préoccupante, trop dure pour les habitants et les citoyens, pour faire de la figuration. Si nous avons décidé de créer le Parti de Gauche, puis le Front de Gauche, c’est parce que nous voulons incarner enfin l’alternative plus que l’alternance.

Cela étant, Flamby a bien montré qui est le figurant dans cette élection à quatre tours. Et il s’y connaît avec ses 15 000 figurants à Lille (pour 25 000 revendiqués) quand nous avons rassemblé 23 000 citoyens au même endroit. Le figurant donc, c’est lui ! En acceptant la « discipline budgétaire », il affirme son choix : devant les oukases de Bruxelles et de la Banque centrale européenne, face aux prédateurs de l’Eurex, il accepte la rigueur jugée « nécessaire ». Si c’est cela faire de la politique… L’ami Prismo Esse résume les choses fort bien :

« Depuis 2009 (et l’adoption - grâce au parti dit « sérieux » - du Traité européen de Lisbonne - NDA), une politique véritablement humaine est vaine. Il est désormais, dans notre pays et dans tous ceux de l’Europe de Lisbonne, impossible de mener à bien une politique de gauche. La France est contrainte d’appliquer 80 % de sa réglementation et de ses lois sous l’autorité du parlement européen ! Cela équivaut à une impossibilité de réformer notre économie, purement et simplement, vers la mise en œuvre d’une économie sociale et environnementale réelle. »

Je m’explique bien mieux certaines choses : le primat de la comptabilité dans le projet dit « sérieux » n’a servi que de faire monter les chiffres de l’abstention. Et c’est ce que nous, au Front de Gauche, nous combattons. Parce que la politique n’est pas qu’affaire de chiffres. Encore que, selon Owni et son véritomètre, nous soyons tout de même ceux qui les maîtrisent le mieux, soit dit en passant.

Y a beaucoup de bleu chez Hollande quand même

Maîtriser pour s’affranchir, c’est en quelque sorte notre manière de faire la politique. Partir du réel pour aller vers l’idéal. Cela exige de nous que nous prenions le pouvoir, à chaque niveau. Ce n’est qu’en assumant la responsabilité politique la plus élevée : la direction du gouvernement, que nous pourrons faire mieux que le parti « sérieux ». Pour cela, une seule solution : le vote Mélenchon les 22 avril et 6 mai puis Front de Gauche les 10 et 17 juin. Permettons ainsi à Flamby de se livrer à son art favori : la figuration libre.

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Bonus vidéo : Ministry "Lies, Lies, Lies"

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À propos de Nathanaël Uhl

Militant du Parti communiste en Seine-Saint-Denis, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Fier d'être un #Blogchevik, membre de Place @ux blogs Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

9 responses to “Pour Hollande, la figuration c’est maintenant

  • gauchedecombat

    ah merde j’ai oublié Jean-Jacques, le versaillais… viite, allons rectifier….

  • Votez pour la liste “à gauche vraiment”. « les échos de la gauchosphère

    [...] ET zut ! j’avais oublié Jean-Jacques Aillagon. Merci qui ? Merci Nath ! Évaluez ceci : [...]

  • despasperdus (@despasperdus)

    Ton optimisme fait plaisir à lire.

  • BA

    Nicolas Doisy explique comment François Hollande va libéraliser le marché du travail en France.

    Nicolas Doisy explique comment François Hollande va supprimer le CDI (Contrat à Durée Indéterminée).

    Lisez cet entretien, et regardez cette vidéo scandaleuse :

    - François Ruffin : Si je fais un récapitulatif, je me suis amusé à faire des cas à partir de votre document :
    Cas n°1 : François Hollande est conciliant, il revient de lui même sur ses maigres promesses de campagne, il libère le marché du travail et en finit avec le CDI comme norme de travail.
    Cas n°2 : il lui faut une petite pression de ses partenaires européens, une petite concession qui lui sert de prétexte, et derrière il libéralise le marché du travail.
    Cas n°3 : il refuse de se plier à ce programme de libéralisation, à cette injonction, et alors les marchés vont le punir, le rappeler sérieusement à l’ordre.

    - Nicolas Doisy : Oui.

    - François Ruffin : Donc là, jusque-là dans les trois cas, quand vous dites, « soit les électeurs, soit les marchés seront déçus », dans les trois cas c’est toujours les électeurs qui seront déçus et les marchés qui gagnent ?

    - Nicolas Doisy : Oui oui. Eh bien regardez la Grèce, regardez l’Espagne, regardez l’Italie, regardez tout ce qui se passe en Europe depuis 2010. On a bien vu que de toute façon, à la fin, c’est le marché qui l’emporte. Je ne vais pas encore dire que le marché a nécessairement raison au sens moral du terme, en tout cas il aura raison factuellement puisqu’il s’imposera, c’est clair. Donc, c’est de ce point de vue-là que je le dis, oui en effet. Vous avez raison, les électeurs risquent d’être plus perdants que les marchés.

    - F.R. : Je propose un quatrième cas, l’irruption du peuple sur la scène de l’Histoire.

    - N.D. : La prise de la Bastille numéro 2 ?!

    - F.R. : Hier, à Paris, y avait, bon, on va pas chipoter, 80 000, 90 000, 100 000, 120 000 manifestants à l’appel du Front de gauche. Si, comme en 1936, on avait une élection qui était suivie de mouvements de masse, de manifestations, de grèves…

    - N.D. : Qu’est-ce qui se passerait en Europe ? Ben là je crois que c’est le gros coup d’angoisse, parce que si, quand les grecs manifestent, on a déjà une Europe qui se sent sur le point d’exploser, je vous laisse imaginer pour la France. C’est bien pour ça que je passe mon temps à répéter dans cette note que j’espère bien que François Hollande, se souvenant de ses années de formation en 81-83 auprès de François Mitterrand, évitera précisément de laisser se développer ce genre de scénario à nouveau, ou en d’autres termes trouvera la formule politique qui lui permet de vendre les réformes à la population française d’une façon qui soit acceptable…

    http://vimeo.com/40577072

    La vidéo dure 10 minutes.

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