Qui dit qu’une journée de grève c’est du repos ?

Voilà, je suis en grève. Avec ce billet, je ne vais pas vous expliquer pourquoi. Il suffit d’aller sur les sites des organisations syndicales, de lire la presse, pour savoir pourquoi. J’ai plutôt envie de raconter ce qu’est une journée de grève. Ce billet est plutôt destiné aux contempteurs de la grève mais j’ai bien peur qu’ils ne soient guère nombreux à lire mon jeune blog… Allons, l’espoir fait vivre.

En premier lieu, une journée de grève c’est 1/30e de salaire en moins cash à la fin du mois. Il faut savoir que, passée une heure d’arrêt de travail, quel que soit le secteur dans lequel on travaille, l’employeur vous retire la journée complète. La grève est donc un sacrifice financier, pour commencer. Contrairement aux idées reçues, nous ne sommes pas payés pour faire la grève.

Pour beaucoup, les militants syndicaux ou sympathisants actifs, cette matinée rime avec distribution de tracts aux aurores pour expliquer, faire connaître les raisons de notre mécontentement. Ensuite, ils vont faire la tournée des services dans leur « boîte » ou leur administration. Des heures de discussions, parfois houleuses, pour convaincre les collègues que la mobilisation peut porter ses fruits. Après le coup de bambou que nous avons tous pris en 2010 après les actions contre la dite « réforme des retraites », ce n’est pas évident. Pendant ce temps-là, les plus timides ou les spécialistes de la chose préparent les banderoles, la sono, le véhicule pour la manifestation. Qui dit qu’une journée de grève c’est du repos ?

Pour d’autres grévistes, la fameuse « galère » que représenterait les arrêts de travail s’impose aussi. Il faut s’occuper des mômes dont l’instit’ est lui aussi en grève ou dont la crèche est fermée suite au mouvement social. Et c’est probablement le plus fatiguant. Il n’y a pas d’arrangements pour les enfants de grévistes.

Pour ma part, depuis 7h du matin, comme j’ai quelques petites responsabilités professionnelles, je travaille depuis mon domicile. Mes camarades vont encore râler mais mon job est particulier. Quelque part, si je ne travaille pas, la grève aura moins d’impact. Alors voilà, j’y suis. Et je prends le temps de ce billet pendant que je télécharge des documents utiles. « Double peine » ? Pourquoi pas ? Je bosse et je perds une journée de salaire. Mais à qui cela n’est jamais arrivé parmi mes camarades cadres ?

Dans quelques petites heures, j’irai rejoindre le point fixe parisien du Parti de Gauche, situé à l’angle de Beaumarchais et de Bastille. Et comme le veut ma tradition depuis que je ne peux plus travailler à la mairie de Montreuil, je rejoindrai le cortège des territoriaux CGT de cette ville quand il arrivera à la hauteur du point fixe. Enfin un moment avec les amis, les copains. Ce sera le bon moment de cette journée.

Pour celles et ceux que cela intéresse, y a de bonnes chances que je twitte pendant la manif.

A plus tard donc, je retourne m’occuper de mon boulot.

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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