Hadopi sert les majors ? Servez-vous: téléchargez !

Chacun qui vient sur ce blog aura surement remarqué que j’agrémente certains de mes billets d’un titre en mp3 téléchargeable. Je sais que, ce faisant, j’encours les foudres de la loi et d’HADOPI. Qu’importe ! J’estime que la culture n’est pas une marchandise et qu’il est de la responsabilité de chacun de ceux qui a accès à la culture doit la partager pour faire tomber les barrières qui empêchent le plus grand nombre d’avoir accès à la musique, à la lecture, au cinéma. En ce sens, je suis un opposant résolu de la loi créant HADOPI, laquelle vient d’être confirmée puisqu’Apple a été débouté de son dernier recours.

ma discothèque

Les disques que j'ai au bureau

Je vais cantonner mon argumentaire à la musique. Aujourd’hui, les majors (les grands groupes dits de « l’industrie du disque ») comme Universal, par exemple, entendent nous faire pleurer sur le manque à gagner pour les artistes, manque à gagner généré par le téléchargement illégal. D’où HADOPI qui a pour mission d’empêcher ces téléchargements. Quelques petites informations tout d’abord : les artistes les plus téléchargés en dehors des circuits commerciaux sont d’abord les plus gros vendeurs : Johnny Halliday en France, Britney Spears un peu partout pour ne citer que ces deux exemples. Par ailleurs, hormis pour les gros vendeurs, les droits d’auteur reversés aux artistes sont assez infimes face aux marges bénéficiaires que réalisent les majors. Et le téléchargement impacte surtout leur propre chiffre d’affaires.

Cela dit, si les artistes les plus téléchargés sont les plus gros vendeurs, n’est-ce pas d’abord en raison du prix prohibitif du CD quel que soit le circuit de distribution utilisé ? Quand je vois dans les grands réseaux des albums vendus 21€, notamment quand il s’agit de petits groupes émergeants, j’en reste sur le cul. Moi encore, je peux me le permettre, puisque je consacre environ 100€ par mois à l’achat de disques (bon, d’accord, pas en ce moment… je suis en restructuration, comme on dit – lol). Parce que j’aime l’objet CD, la jaquette, les notes intérieures… Mais une personne lambda, avec un salaire médian, soit autour de 1 300€ mensuels, ne peut se permettre ce qui est devenu un luxe. Que les majors revoient leur politique tarifaire et je suis bien certain que les téléchargements diminueront.

Puisque cela a marché pour le livre, pourquoi ne pas se diriger donc vers le prix unique du disque ? Le corolaire en version numérique serait du coup la licence globale. Bien sûr, je parle là en restant à l’intérieur du système capitaliste. Je veux bien que nous lancions le débat sur un autre mode d’accès à la culture dans le cadre d’une société débarrassée du capitalisme mais je suis bien certain que beaucoup d’autres ont déjà évoqué ces pistes.

En attendant, pour revenir au téléchargement, je relève que de plus en plus d’artistes, émergeants ou confirmés, mettent leurs propres titres en libre accès sur la toile. Ce faisant, ils se font connaître et reviennent à l’essence de la musique : la scène.

Voilà mes modestes idées sur le sujet. A vous la parole, si vous en avez envie. En attendant, téléchargez, partagez, transmettez ! Et n’ayez pas peur d’Hadopi.

—————————————————–

A télécharger : Example « Changed The Way You Kissed Me »
Royksopp « What Else Is There (Lady Waks Remix) »

Publicités

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

Les commentaires sont désactivés.

%d blogueurs aiment cette page :