La Commune de Paris, mon livre en chantier

Comme d’aucuns auront pu le deviner, je m’intéresse particulièrement à la Commune de Paris. Ce blog tient son nom du journal que Jules Vallès a créé pendant cette période, ô combien importante pour la gauche de transformation sociale. Le Cri du Peuple est aussi une série de bande dessinée avec Tardi au crayon et Jean Vautrin au scénario. Sachez aussi que je prépare en ce moment même un ouvrage sur la Commune de Paris qui, si je tiens mes délais, et je vous prends à témoin que je le ferai, sortira aux éditions Bruno Leprince le 18 mars 2012. Bon, faudra que ma production soit de qualité pour que Bruno l’accepte mais je vais faire de mon mieux.

Vive la Commune de Paris

Un hommage aussi

Oui donc. Encore un livre sur la Commune de Paris. Si jamais il pouvait y en avoir trop. L’an passé, avec les commémorations du 140e anniversaire de l’insurrection parisienne, plusieurs ouvrages ont paru sur ce sujet : des témoignages jusqu’à la réédition de L’Année terrible de Pierre Milza. Le constat que le grand historien dresse dans sa propre introduction a plus qu’alimenté l’envie d’écrire ce petit opuscule. En substance, Pierre Milza explique que chacun a sa propre Commune, jusqu’à la droite qui y voit le sursaut national et populaire de défense de la patrie… En 2011, Bertrand Delanoë a lui aussi donné à voir ce moment révolutionnaire, sous un angle bien parisien.

Fort bien, diront les optimistes. Pour ma part, en tant qu’auteur de ce livre à venir, je ne me réjouis pas de la manière bien consensuelle, voire œcuménique, dont tout un chacun s’arroge la Commune de Paris. Je considère que les mots, et les moments, ont un sens. L’oublier, ou pire consciemment mélanger tout à l’avenant, contribue à une seule chose : alimenter le syndrome de Fukuyama(1) . « Le communisme est mort, le capitalisme a gagné, l’histoire est finie », avait-il déclaré après la chute du bloc soviétique. C’est là une vision orientée, politique même, que de tenter de faire dire aux événements autre chose que ce qu’ils portaient en eux. Cette manière de faire a été mise sur le devant de la scène par le président Nicolas Sarkozy avec la « réhabilitation » de Guy Mocquet ou, plus récemment encore, par Marine Le Pen qui tente de s’approprier la figure, à défaut de la pensée, de Jean Jaurès.

Il s’agit là d’une volonté délibérée de brouiller les repères dans le cadre d’une stratégie politique assumée. Au final, l’enjeu n’est que de faire croire que droite et gauche sont, peu ou prou, la même chose. Que l’extrême-droite peut faire du social autant que la gauche se montrer « gestionnaire loyal du capitalisme » selon le mot de Léon Blum lors de sa prise de fonction comme président du conseil en juin 1936. Au mieux, dans le cas de Blum, un camp aspire à rassurer l’autre ; au pire, dans le cas de Marine Le Pen, il s’agit de se faire passer pour ce que l’on n’est pas. Le citoyen peut se laisser gruger, plus facilement encore à l’ère du zapping politico-médiatique.

Voilà en quelques mots pourquoi je me suis lancé dans ce pari fou. Un peu poussé aussi par les réactions amicales et fraternelles consécutives à la formation que j’ai présenté sur le sujet dans le cadre du « Remue Méninges à gauche » cet été. Evidemment, si vous avez des réactions, elles seront les bienvenues.


(1) Du nom du conseiller du président des Etats-Unis Georges Bush Sr.

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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