dEUS @ Trianon, Paris – 2011, oct. 24 – live report

Ce soir, le Trianon, bonne salle de concerts parisienne, a des allures de côte belge. La mer du Nord en bat les rives, remuant les spectateurs devenus autant de galets. La cause de ce déchaînement furieux ? Le quintet d’outre-Quievrain dEUS. Session de rattrapage pour moi qui ai raté leur concert à la Flèche d’or au printemps. Au fil d’un set ramassé, seulement une grosse heure et demie, dEUS révèle au spectateur transi l’essence du rock en scène. Séminal, tout de sueur, sale. C’est fort, c’est bon.

Les Belges présentent leur sixième opus, Keep You Close, le bien nommé tant leurs riffs drainent la foule (le Trianon est sold out) jusqu’au plus près de la scène. Pas de rémission avec ces morceaux, essentiellement en mid tempo mais orchestrés pour délivrer des montées lancinantes. Elles sont autant de vagues furieuses qui se fracassent sur la grève, laissant l’auditeur déboussolé. Certes, les morceaux plus anciens font plus consensus. C’est que dEUS ne se laisse pas domestiquer facilement. Et, pour d’aucuns, il est dur de rentrer dans cet univers plombé.

La rythmique – bassiste homérique jouant avec les doigts même en accords et batterie métronome – plombe le ciel, que déchirent les stridences des deux guitares. Ça et là, le violon, les percus ou les claviers, alternativement, apportent une petite touche de lumière dans cette ambiance toute en nuances de gris. Un de ces gris à la Utrillo, qui exprime toutes les nuances de l’âme.

Et pourtant, c’est une sensation intensément physique qui étreint la salle du Trianon, à mesure que les envolées se font plus denses. Au fur et à mesure, les balancements des spectateurs se muent en pogo. Toutes les pensées, la raison, s’envolent et cèdent la place à l’émotion pure. Ça cogne dans le ventre. Le frontman Tom Barman doit s’arrêter vingt secondes. « Putain, qu’il fait chaud ici ! », lance-t-il, la chemise trempée de sueur. Faut dire que les cinq Belges ne lésinent pas. Ils bougent, occupent la scène, présence physique permanente. La salle en redemande sur le rappel.

Le gang revient alors sur scène, à l’ancienne : clope au bec pour Barman, bière à la main pour la plupart. A des centaines de lieues du son et de l’attitude aseptisés version Muse ou Coldplay. Ici, c’est le rock.

Retrouvez la set list de ce concert ici.

Site officiel de dEUS

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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