De l’hétérodoxie en politique

L’orthodoxie a toujours – et plus que jamais en ces temps troublés – le vent en poupe. Dès lors que, à l’intérieur de cette grande famille que l’on appelle la gauche, nous défendons un point de vue différent, l’anathème tombe : « diviseur », « gauchiste », « trotskiste »… C’est selon. Qui se souvient de ce mot superbe d’Antoine Saint-Exupéry : « Si tu es différent de moi, frère, loin de me léser, tu m’enrichis » ? Nos différences sont en effet autant de richesses pour qui sait les reconnaître.

La Politique est aventure humaine. Certes, c’est un combat collectif puisque nous nous retrouvons sur des valeurs, des engagements. Mais n’oublions jamais que ce collectif ne résulte jamais que de l’adhésion volontaire d’individus, enrichis de leur passé, de leur caractère, de leur histoire, de leur philosophie aussi.

Croire que l’on pourra fondre toutes ces individualités en une seule, en une pensée unique, est une abbération. Les régimes totalitaires l’ont plus que démontré, là est la vraie hérésie au regard du Genre humain. L’hétérodoxie, le fait de croire différemment, de prendre une voie dissemblable, est inhérent à l’Humain, enfin à l’Humain accompli.

Car ce chemin, nous l’avons choisi forts de nos bagages respectifs et pré-établis. De fait, ces parcours, ces identités individuelles, sont ce qui enrichit le groupe.

L’histoire, et pas seulement politique, nous rappelle que lorsque l’on entend laminer ces différences, c’est là que l’Humanité régresse. Je relisais dernièrement une Histoire de la Croisade des Albigeois. Le massacre des cathares a débouché sur un recul en arrière de plusieurs décades, voire de deux à trois siècles, pour les peuples de ce que l’on appelait alors le Languedoc. Mes amis Cévenols pourraient en dire autant de ce qui a prévalu avec les dragonnades au 17e siècle.

Amis, quand vous avez peur de l’hétérodoxie, c’est de vous même, de vos penchants, de vos envies, de vos désirs – bref, de tout ce qui constitue le socle d’un engagement politique -, dont vous avez peur.

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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