Petit coup de « moins bien » et autres conséquences

A la base, je voulais écrire une note autour de certaines réflexions que m’inspire l’article paru dans Télérama sur le thème « La Guerre des gauches ». Je fais partie de ceux qui considèrent qu’il y a deux gauches en France qui, si elles ne sont pas irréconciliables, sont en tous cas profondément dissemblables. A la fin, de toutes les façons, l’une triomphera au détriment de l’autre, ravalée au rang de faire-valoir. L’article de Télérama reprend cette vision pour la situer sur d’autres plans en se référant à une série d’ouvrages récemment parus sur des sujets tels que la Lutte des classes, l’ethnicisation de la société française et autres choses qui participent de mes préoccupations.

Voilà, je remets l’écriture de cette contribution au débat à plus tard. Ma réalité me rattrape et je ne suis vraiment pas d’humeur constructive.

Pour la grande majorité des gens, les militants politiques apparaissent comme des espèces de machines bien huilées dont le seul ressort est la mécanique intellectuelle que quelqu’un – le chef – leur a inculquée. Nous ne ferions pas partie de la même espèce que les autres et, par voie de conséquence, nous ne réagirions pas de la même manière. La vie quotidienne et ses affres nous seraient, in fine, assez étrangères.

Il faut dire que l’exemple vient de loin et de haut, avec des ministres incapables de donner le prix d’une baguette de pain. Pour ma part, je peux vous dire que dans mon quartier de la Goutte d’or, je la paie 80 centimes et entre 1€ et 1,10€ pour la tradition. Je peux vous dire aussi que j’achète ma bouteille de coca light format familial à 1,40€ au Franprix et à 2,50€ à l’épicier du coin, lequel ouvre fort tard et tous les jours.

Ce décalage entre militants politiques et « vrais gens », je l’ai aussi vécu en entendant les risées qui accompagnaient la sortie de Laurent Fabius sur son goût pour les carottes râpées et le fait qu’il regardait la Star Academy. Si ça se trouve, c’est vrai. Mais personne ne l’a vraiment cru au moment où ce joli crâne d’œuf tentait de fendre l’armure. Baste, je ne suis pas là pour défendre Fabius ni qui que ce soit.

Bref, je vais revenir à mon sujet, en l’occurrence moi puisque c’est mon blog (oui, j’aime le web 2.0 parce qu’il flatte mon côté cabot, qu’il sert mon ego bien maltraité par ailleurs). Donc, je suis d’extrêmement mauvaise humeur pour des raisons qui ne concernent que moi. Je vous les épargnerai donc. Mais cet état d’humeur impacte directement sur mon engagement politique. De la même manière que, lorsque j’ai des soucis d’argent, ça me mange le cerveau et m’empêche de penser à autre chose.

Le Cri

Du coup, avec la violence que je porte en moi, sur laquelle j’ai déjà eu l’occasion d’écrire, je n’arrive plus à prendre le recul nécessaire. En passant, il faudra que j’écrive sur ce sujet particulier de la violence en politique. C’est une réflexion que je porte de longue date et que je veux bientôt partager avec vous. Elle m’a été remise en tête par le billet de l’excellent blog d’historien Enklask, animé par B. Kermoal, et que je vous invite à lire.

Donc, dans cette situation, je me trouve contraint de faire des efforts surhumains pour ne pas répondre brutalement aux aimables provocations du camarade du NPA Montreuil. Je ne supporte plus la contradiction et celui ou celle qui me donne l’occasion va déguster pour tout le monde. C’est idiot mais je suis ainsi.

C’est au demeurant dans ce sombre état d’esprit que je vais néanmoins me rendre ce soir à la réunion du collectif de campagne de mon amie Riva Gherchanoc, candidate pour le Front de Gauche dans la 3e circonscription de la Seine-Saint-Denis. Quelque chose me dit que je devrais plutôt rentrer chez moi, mais j’ai donné ma parole. Alors, advienne que pourra…

Je pense que nous sommes beaucoup dans ce cas, pas forcément à l’admettre, mais à réagir ainsi. Que l’on fasse de la politique ou non. Je ne sais pas si cela doit vous rassurer, mais nous autres, militants, ne sommes au fond que des humains.

 

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Bonus vidéo: Mano Negra « Mala Vida (live) »

 

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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