Des gauches en France, début de réponse à @ldeboissieu

Cette note m’a été inspirée par un échange sur twitter avec Laurent De Boissieu. Au travers de notre conversation, s’est dégagé un questionnement sur le clivage droite-gauche qu’il juge pour sa part « idiot ». Je suppose qu’il voulait dire « dépassé ». En cette période où la bataille idéologique tend à vider les mots de leur sens, je pense qu’il n’est pas inutile de revenir sur le concept de « gauche ». A tout le moins, je veux écrire quelques lignes sur ce que, moi, j’entends par ce terme de gauche.

Je veux préciser toutefois que cette note sera évolutive. Son fond n’en changera pas mais elle sera certainement enrichie, approfondie, précisée. D’abord parce que ma principale partenaire de débat ne m’a pas encore fait son retour sur icelle. Ensuite, parce que j’ai la pensée en marche, ce qui, je l’espère, me préserve du dogmatisme de la vulgate. Mais assez tergiversé, voici donc ma réflexion en ce 16 novembre.

La notion politique de « gauche » a bel et bien été inventée en France. Elle remonte même à la Révolution française. Il est de coutume de la dater du vote par l’Assemblée, connue sous le nom de Convention, de la mort de Louis XVI quand les députés favorables à l’exécution du citoyen Louis Capet se sont placés à la gauche su président de séance. Dans les faits, cette classification est antérieure. En septembre 1789, l’Assemblée Nationale a délibéré pour décider s’il fallait accorder un véto au Roi sur les décisions des députés. Ceux choisissant le camp du Roi sont allés à droite de l’Hémicycle. Ceux qui voulaient accorder tout le pouvoir au peuple et à ses représentants sont allés à gauche. Tout le pouvoir au peuple signifie que chacun puisse prendre sa part au destin de la République, à travers le droit de vote, la liberté de conscience et d’expression. Mais cela signifie aussi combattre tous les mécanismes de domination sociale et économique qui entravent l’égalité politique. On le voit, dès le début, la gauche se place dans le camp d’une meilleure justice économique et sociale, ce que je, pour ma part, j’appelle « la redistribution des richesses ».

Je crois que cette notion d’une autre répartition des richesses que celle mise en œuvre dans le cadre du système dominant – la royauté alors le capitalisme aujourd’hui – détermine encore aujourd’hui la notion de gauche et, par opposition, celle de droite. La structuration de la gauche ne va pas se faire en ce seul jour de septembre 1789. Elle va se peaufiner tout au long du 19e siècle au fur et à mesure des avancées théoriques au sein, notamment, du mouvement ouvrier.

Delacroix

La Commune de Paris va jouer un rôle d’accélérateur dans l’affirmation programmatique et idéologique de la gauche en France et même au-delà. En effet, cette révolution, qui est aussi la dernière guerre civile dans notre beau pays, porte en elle la radicalisation dans le rapport à la richesse. Les Communards lancent la réflexion, et l’action, sur la socialisation des moyens de production, de manière à la fois Républicaine : l’affirmation que certains biens communs appartiennent à l’ensemble de la communauté nationale, et socialiste : on assiste aux débuts de l’autogestion. Las, la brièveté de ce gouvernement populaire a marqué la fin de ces expérimentations pratiques. Cependant, la Commune de Paris va contribuer à déterminer le clivage droite-gauche en instituant la question de la propriété de l’appareil de production comme centrale dans le débat politique. Je ne développe pas plus puisque je suis en train de rédiger un livre sur ce sujet.

La montée en puissance des idées marxistes au sein du mouvement ouvrier français va dès lors approfondir les pistes ouvertes par la Commune en même temps qu’elle va générer l’affirmation de deux gauches : une se réclamant du réformisme, c’est-à-dire la transformation radicale de la société mais pas succession d’étapes (les réformes) ; l’autre se réclamant de la révolution, c’est à une transformation radicale mais immédiate. Les deux gauches convergent sur le but à atteindre : la transformation radicale des rapports de propriété de l’appareil de production et la transformation du pouvoir. Mais elles divergent sur les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

Congrès de Tours

Ce débat va grandir, nourri par les célèbres diatribes entre Lénine et Karl Kautsky, jusqu’au congrès de Tours, en décembre 1920, qui va affirmer la rupture au sein des gauches françaises, mettant à bas le fragile équilibre d’unité que Jaurès avait mis des années à construire.

Il faut attendre les années 1960 pour qu’une troisième gauche vienne bouleverser le clivage défini en 1920. Ce troisième courant de pensée au sein de la gauche française affirme que la question sociétale est au moins aussi importante que la question économique ; que les enjeux liés au féminisme, à l’écologie, à la démocratie importent autant à gauche que la question de la répartition des richesses. La figure partidaire de cette « deuxième gauche » autoproclamée demeure l’éphémère PSU, formé notamment par des anciens communistes.

Après le congrès d’Epinay en 1971, la famille socialiste, qui se définit comme héritière du réformisme travaille à finaliser son unité. Ce sera chose faite avec les Assises du socialisme les 12 et 13 octobre 1974 qui voit les principales forces organisées de la « deuxième gauche » rejoindre le Parti socialiste de François Mitterrand. Pour autant, cela ne signifie pas que le Parti socialiste englobe l’intégralité des militants porteurs des aspirations sociétales au sein de la gauche. Bon nombre d’entre eux vont plus tard former l’Alternative rouge et verte ou les Alternatifs ou encore renforcer le courant mouvementiste de l’extrême-gauche que constitue la LCR. Mais ne nous éparpillons pas.

Revenons-en donc à ma question de base sur la redistribution des richesses comme déterminant idéologique de la gauche. Au fur et à mesure de son évolution, notamment liée à l’exercice du pouvoir dès 1981, le PS va de plus en plus mettre en avant les questions sociétales au détriment des questions économiques. L’effondrement du bloc de l’Est, suivi de ce que j’appelle le syndrome de Fukuyama – « le communisme est mort, le capitalisme a gagné, l’histoire est finie » – vont accélérer encore ce processus jusqu’à la situation que nous connaissons aujourd’hui. Cette inversion dans les valeurs du PS peut expliquer pourquoi le parti reconnu encore comme majoritaire à gauche par les électeurs renonce à la transformation radicale de la société. Je me garderai bien d’affirmer que ce renoncement est définitif. En tout cas, il contribue à alimenter le brouillage des lignes politiques jusqu’à permettre à un certain nombre d’observateurs, dont Laurent de Boissieu, que le clivage politique gauche-droite n’a plus de sens aujourd’hui.

Un clivage chasse l’autre

Pour ma part, je considère que, comme à la fin du 19e siècle, il existe deux gauches en France mais le clivage s’est déplacé. A l’opposition entre réformisme et révolution se substitue un clivage entre primat du sociétal et primat du social. A l’évidence, les tenants du primat de la répartition des richesses sont essentiellement, ce qui ne veut pas dire « uniquement », rassemblés au sein du Front de Gauche. Cela signifie-t-il que les tenants du primat sociétal : Europe Ecologie Les Verts et Parti socialiste ne sont plus vraiment de gauche ? Il ne m’appartient pas de trancher de ma propre autorité cette question. Je préfère de loin que chacun se l’approprie pour lui apporter sa propre réponse. A la fin, de toutes les manières, les urnes trancheront. Et les photographies électorales valent pour l’instant où elles sont prises.

Je lutte, c'es classe

Ce que je relève en tous cas, c’est le retour en force dans le débat public sous toutes ses formes de la remise en cause du système actuel de répartition des richesses. Ce retour est accompagné, à mon sens, d’une prise de conscience que le temps des « mesurettes » est bel et bien passé. La droite, elle, l’a compris. Elle assume, à l’UMP en tous les cas, son camp idéologique. Elle défend ostensiblement une répartition des richesses en faveur du capital. Il n’est qu’à se pencher sur la répartition des « efforts » demandés par les deux plans d’austérité de cette année à chacune des composantes de la société pour s’en rendre compte.

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Bonus vidéo : The Dead Kennedys « Kill The Poor »

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

17 responses to “Des gauches en France, début de réponse à @ldeboissieu

  • Benoît Rivillon

    non, sans dec… le cri du peuple c’est toi ?

  • simonulrich

    super article comme d’habitude. Par contre, je suis pas tout à fait d’accord sur le sociétal. Car l’autre gauche en fait aussi une question importante, notamment sur l’écologie. Mais en quelques sortes, nous l’interprétons comme des conséquences de l’infrastructure économique donc on en revient au social pour traiter les questions sociétales.

  • des pas perdus

    Il y a une gauche, encore majoritaire, que je ne qualifierais pas, dans laquelle je ne me reconnais plus…

    D’accord avec ton analyse, si ce n’est que le courant écolo est à peine traité… qu’on ne saurait réduire à EELV..

    • lecridupeuple

      Tu as raison, j’ai peu traité le courant écologique parce qu’il n’appartient pas à la gauche à proprement parler. Les préoccupations écologiques ou se rapprochant de l’écologie moderne sont très anciennes. J’ai découvert, ce dimanche en parlant avec mon amoureuse, l’existence des « Physiocrates » un courant de pensée très français datant du XVIIe siècle qui portait déjà ces questionnements.

      Quant à l’écologie dite de « gauche », pour moi, elle porte en elle la question de la répartition des richesses, qu’elles soient naturelles ou produites par l’Homme. Je m’en réfèrerai juste à Marx pour expliquer ce choix : « le capitalisme épuise la terre autant que le travailleur ». C’est dans le cadre de cette petite phrase que je situe ma réflexion écologique.

      Et, in fine, les courants décroissants, dont la pensée m’interpelle positivement aujourd’hui, portent aussi, et même fondamentalement, l’enjeu de la répartition des richesses. Je sais, je me répète. Est-ce que tu veux que je détaille plus de quelle manière ou nous nous comprenons ?

      • des pas perdus

        Je partage ton analyse sur le fait que l’écologie doit être pensée comme inséparable de la répartition des richesses. Et ne pas tomber dans la pensée environnementaliste.

        Les décroissants proches d’Ariès posent – me semble-t-il – les bonnes questions et avancent des pistes intéressantes avec la gratuité pour certains services indispensables aux citoyens…

  • Laurent de Boissieu

    Bonsoir @nathanaeluhl!

    1) Tout d’abord, repartons de mon Tweet initial:
    « La polémique entre .@dupontaignan et .@chevenement montre l’idiotie d’un clivage droite-gauche qui sépare artificiellement des élus d’accord. »

    Ce qui ne veut pas dire que le clivage droite-gauche est en soi idiot, mais que l’actuel clivage droite-gauche est selon moi idiot car il ne rend pas compte des vrais clivages de fond.

    Aujourd’hui, le vrai clivage de fond – et je donne comme toi le primat à l’économie dans la détermination de ce clivage – c’est « pensée dominante » versus « autre politique » (http://www.ipolitique.fr/archive/2011/11/15/autre-politique.html). L’attitude vis-à-vis de l’actuelle construction européenne n’en est pas le fondement mais en est le révélateur.

    Comme tu le sous-entends, depuis le « tournant de la rigueur » le PS s’est rallié à cette « pensée dominante ». Dès lors, ce n’est économiquement et socialement plus une différence de nature mais qu’une différence de degré qui différencie les partis d’alternance (PS, UDF, RPR).

    Or, la vie démocratique a besoin de clivage. C’est par conséquence sur les questions sociétales (effectivement préparées par la « deuxième gauche ») que le clivage droite-gauche va dorénavant se fonder jusqu’à opposer d’un côté le PS (où persiste malgré tout une aile antilibérale), de l’autre l’UMP.

    Mais, avec la mise sur le devant de la scène politique et médiatique des questions économiques en raison de la crise, ce clivage droite-gauche basé sur les questions sociétales me semble en effet totalement « idiot », puisque UMP et PS proposent à des degrés différents la même politique.

    2) Ensuite, nous avons en effet une divergence de fond quant à la définition de la gauche (comme de la droite et du centre). Je vais reprendre ici ce que j’ai déjà écrit sur mon blog.

    Le centre, la droite et la gauche ne signifient idéologiquement rien pour moi: il ne s’agit que d’un positionnement géographique au sein d’une assemblée.

    Bien entendu, à un moment donné et dans un État donné, le centre, la droite et la gauche possèdent un contenu idéologique; mais dans l’absolu, c’est-à-dire sans double contextualisation spatiale et temporelle, le centre, la droite et la gauche ne signifient rien.

    Un exemple: la famille politique libérale a évolué en France (et plus généralement en Europe) de la gauche vers le centre puis la droite (« sinistrisme »: Albert Thibaudet, 1932) – vous pouvez visualiser cette évolution en suivant l’emplacement géographique de la famille libérale (en jaune) dans la Chambres des députés sous la IIIe République:
    http://www.france-politique.fr/chambre-des-deputes.htm

    C’est ainsi que les familles politiques peuvent bouger sur l’axe droite-(centre-)gauche; exemple sous la IIIe République:
    http://www.france-politique.fr/sinistrisme.htm

    3) Enfin, une précision historique: je n’ai pas retrouvé la petite analyse que j’avais réalisée sur le sujet à Sciences Po, mais la rupture du congrès de Tours en 1920 n’oppose pas les réformistes aux marxistes; elle oppose au sein des marxistes ceux qui refusent et ceux qui acceptent les 21 conditions du Komintern.

    • lecridupeuple

      Bonjour Laurent,

      Alors, quelques éléments rapides à mon tour. D’abord, merci d’avoir pris le temps de contribuer à la réflexion collective. C’est un effort réel que je salue.

      Donc, nous sommes d’accord sur le fond : mettre en scène un différend sur les aspects sociétaux n’est pas un élément déterminant quand, sur l’essentiel à savoir les questions de la répartition des richesses, le courant conservateur et le bloc PS-EELV avec ses satellites s’accordent. C’est même un leurre et un leurre dangereux pour la démocratie. D’autant que, à ce petit jeu, c’est toujours la droite qui l’emporte.

      Sur la répartition géographique, tout est question de termes : préfères-tu « conservateur » à la place de « droite et centre » et « progressistes » pour le camp de la « gauche » ? Pour moi, vu que cette référence renvoie à la Révolution française dont, malgré tout, je reconnais le caractère fondateur dans l’organisation de notre système politique, elle garde son sens. Mais il est vrai que, comme j’ai eu l’occasion de le laisser entendre dans ma note « Marchons dans Onfray du pied gauche« , j’attache de l’importance aux symboles et aux mythes collectifs.

      Enfin, sur le congrès de Tours de manière anecdotique, je n’ai jamais dit qu’il s’agit d’une rupture entre les réformistes et les marxistes. Je le dirais d’autant moins que la plupart des réformistes, y compris Léon Blum en 1936, se réclament du marxisme. C’est à l’intérieur du courant marxiste que les affrontements entre révolutionnaires et réformistes sont les plus violents. Et force est de constater qu’à partir de l’unification du courant socialiste sous l’égide de Jaurès, le courant de pensée marxiste devient dominant en France, contre Jaurès lui-même puisqu’il ne l’était pas. J’aurais dû nuancer mon propos néanmoins tant un petit nombre de réformistes vont accepter les 21 conditions fixées par l’Internationale communiste naissante en décembre 1920, dont le moindre reste Marcel Cachin. Mais, au final, relisant ta conclusion, nous sommes donc d’accord sur ce point aussi.

  • Laurent de Boissieu

    Bonjour Nathanaël,

    Je n’insisterai que sur notre point de désaccord, c’est-à-dire le 3e paragraphe sur la « répartition géographique ».

    Parler de « conservateurs » face aux « progressistes » reviendrait à reprendre la thèse de François Goguel (La politique des partis sous la troisième République, 1946) qui parlait, lui, du « parti de l’ordre » face au « parti du mouvement ».

    Cette vision présente selon moi plusieurs désavantages:
    – elle ne tient pas compte de la migration des familles politiques sur l’axe droite-gauche (cf. ce que j’ai écrit plus haut sur la famille libérale).
    – tu utilises en le travestissant le terme de « conservateur », qui désigne par ailleurs une famille politique identifiée (cf. http://www.wikipolitique.fr/Conservatisme).
    – si l’essentiel est la question de la « répartition des richesses », cela signifie-t-il que tu classes, par exemple, le gaullisme (http://www.wikipolitique.fr/Gaullisme) à gauche?

    • lecridupeuple

      Cher Laurent,

      je ne crois pas – mais pas du tout – que le Gaullisme aie fait de la répartition des richesses le centre de son projet politique. Si une redistribution effective a été opérée pendant la période où « MonGénéral » a été au pouvoir, c’est par l’effet mécanique des 30 glorieuses et, à mon sens, une approche politique – dans le sens politicien – voulant minorer l’influence du courant communiste alors très fort en France, courant qui constituait le coeur de son opposition politique. Je garderais pour moi, pour l’heure, quelques réflexions personnelles sur l’approche « corporatiste » qui pouvait prévaloir dans la perception des catégories sociales par cette vieille baderne galonnée 🙂

      Mais, sur le fond, je ne suis pas opposé au fait que nous ayons un différend irréductible sur la notion de droite et de gauche. Est-ce que nous sommes obligés d’être toujours d’accord quand, j’en ai le sentiment, nous regrettons tous deux l’avènement de l’ère du consensus mou ?

  • Laurent de Boissieu

    Cher Nathanaël,

    Parfaitement pour la fin de ton dernier commentaire…

    Sur le gaullisme et la répartition des richesses (vaste programme!), je n’avais malheureusement pas d’ordinateur à l’époque (donc je n’ai pas pu le mettre en ligne), mais voilà au moins pour info le plan d’une étude sur la « troisième voie sociale gaulliste »:
    http://www.gaullisme.net/gaullisme-social.html

  • Laurent de Boissieu

    Je me définis comme journaliste politique, donc je ne me définis pas politiquement. Ceci dit, j’ai en effet créé en 2000 un site sur le gaullisme (http://www.gaullisme.net) et si je n’avais pas bifurqué vers le journalisme je me serais lancé dans une thèse sur « les gaullistes de gauche depuis 1969 ». Je viens par ailleurs de publier un livre d’entretiens avec l’ancien ministre gaulliste Jean Charbonnel (http://www.ipolitique.fr/archive/2011/10/20/pour-l-honneur-du-gaullisme-contre-enquete-sur-un-heritage.html). Enfin, la seule appartenance politico-associative que je revendique c’est feu la Fondation Marc-Bloch.
    Je te laisse en tirer les conclusions que tu veux 😉

  • Laurent de Boissieu

    Je me définis comme journaliste politique, donc je ne me définis pas politiquement. Ceci dit, j’ai en effet créé en 2000 un site sur le gaullisme (http://www.gaullisme.net) et si je n’avais pas bifurqué vers le journalisme je me serais lancé dans une thèse sur « les gaullistes de gauche depuis 1969″. Je viens par ailleurs de publier un livre d’entretiens avec l’ancien ministre gaulliste Jean Charbonnel (http://www.ipolitique.fr/archive/2011/10/20/pour-l-honneur-du-gaullisme-contre-enquete-sur-un-heritage.html). Enfin, la seule appartenance politico-associative que je revendique publiquement c’est feu la Fondation Marc-Bloch.
    Je te laisse en tirer les conclusions que tu veux 😉

  • @enklask

    Bonsoir,
    Je ne sais plus qui a dit que lorsque on affirmait que la droite et la gauche, c’était dépassé, et bien on était de toutes sortes d’opinion, mais certainement pas …de gauche! J’en étais persuadé avant la lecture de ce billet, qui n’a fait que me convaincre encore plus. Ensuite définir la gauche, ce n’est pas chose facile et félicitations pour cette mise au point synthétique et intéressante ( ce qui est toujours très difficile à faire). Avec la redistribution des richesses et l’aspiration à l’égalité que tu évoques très justement, j’aurais peut-être insister sur la conséquence de cette redistribution à savoir la nécessité du respect de la dignité humaine, et considérer qu’on doit tendre avec l’égalité sociale réelle vers l’égalité en terme de dignité ( droits de l’homme, attachement au peuple, etc). Il faut à la gauche incarner le peuple, tâche oh combien difficile, d’autant que trop d’hommes et de femmes politiques actuels restent à distance du peuple. J’aime à lire les compte rendus d’interventions de Blum au milieu d’ouvriers : il avait beau être l’incarnation de l’intellectuel y compris dans ses pratiques, il savait se mélanger au peuple. Je crains qu’un tel comportement soit de nos jours un peu plus difficile? Quoi qu’il en soit, très bonne continuation et au plaisir de lire les prochains billets et aussi le livre sur la Commune. Suis également fan des Dead Kennedys 😉

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