La politique de l’UMP accroît le chômage

Le jour se lève et c’est l’annonce des chiffres du chômage pour octobre 2011. Les premiers qui ont un lien direct avec les politiques d’austérité du gouvernement. Conformément à toutes les prévisions possibles, « ils ne sont pas bons », a cru bon de prévenir l’ineffable Xavier Bertrand, ministre du Travail et des Affaires sociales, dans une allocution radiophonique dimanche 27 novembre au soir. Cette nouvelle hausse est le résultat très concret de la politique du gouvernement.

Ce n’est un secret pour personne, à l’intérieur du système capitaliste, la croissance française a cela de spécifique qu’elle est portée essentiellement par la consommation des ménages. Or, cette dernière stagne depuis 2007. Les soubresauts de l’économie mondiale qualifiés de crise ont eu pour effet une hausse de l’inflation et un renchérissement du crédit malgré les baisses de taux directeur opérées successivement par la Banque de France et la Banque Centrale européenne. Cette dernière a fait passer son taux directeur de 1,5 % à 1,25 % le 3 novembre dernier. Sans que cela n’ait d’effet à ce jour sur le recours au crédit auprès des particuliers.

Il faut dire que, quelques jours plus tard, le 7 novembre pour être précis, le gouvernement a annoncé son 2e plan d’austérité après celui exposé en août dernier. Selon le journal Le Monde, en date du 9 novembre courant, le montant des mesures d’austérité touchant les ménages s’élève à 13 milliards, quand les entreprises sont mises à contribution à hauteur de 4,4 milliards d’euros (dont 1,1 milliards pour les seules grandes entreprises). 13 milliards donc, autant en moins que les Français vont consommer quoi qu’en disent les spécialistes autoproclamés comme Jean-Marc Sylvestre.

C’est d’autant plus violent comme mesure que ceux qui consomment finalement le plus sont les ménages les plus modestes. Et pour cause, la consommation n’est pas extensible à l’infini. Aujourd’hui, pour parer au plus pressé, les Français en viennent même à puiser dans leur épargne. Cela a un vrai effet sur l’économie réelle. En effet, la première victime de ces prélèvements, auxquels s’ajoute une baisse des versements, c’est l’Assurance vie. Ce placement à long terme a pour vocation première de financer les emprunts réalisés par l’Etat pour mettre en œuvre son action.

Moins les emprunts d’Etat sont financés par l’Assurance vie, plus la puissance publique doit se retourner vers des solutions de financement auprès des institutions financières… Lesquelles ne manquent pas d’augmenter leurs taux d’intérêt accroissant mécaniquement la dette que la cure d’austérité devait faire diminuer. Cela montre bien que, effectivement, la dette n’est qu’un prétexte. Elle est le dernier argument de communication créé par l’idéologie libérale, j’ai écrit à ce sujet, mais vous renvoie volontiers à l’article rédigé par l’ami Des Pas Perdus.

Au final, donc, nous assistons à un rétrécissement de la consommation donc, qui engendre une diminution de l’activité. Du coup, les grands groupes industriels et financiers prennent des mesures conservatoires : le fameux plan social. Le premier à avoir dégainé est le groupe PSA avec 6 000 suppressions de postes dont 4 000 en France. Quoi qu’il en soit des effets d’annonce, Areva est désormais sur les rangs. Et combien d’autres vont tomber dans les semaines qui viennent jusqu’au prochain plan d’austérité gouvernemental ?

Voilà pourquoi le chômage dépasse un nouveau record depuis 2000 pour se rapprocher dangereusement des 3 millions de personnes officiellement reconnues comme en recherche d’emploi par Pôle Emploi. Xavier Bertrand peut déplorer cette réalité. Il n’a qu’à s’en prendre à François Baroin et François Fillon.

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Bonus vidéo : The Brigades « The Rise And Fall Of Mister Brown« 

 

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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