L’Etat-UMP puissance coloniale en Seine-Saint-Denis

Ça fait un petit moment que je me dis qu’il me faut évoquer ici l’attitude de l’Etat-UMP en Seine-Saint-Denis. Et puis, au fil des discussions ici et là, ce besoin s’est fait plus pressant. Il me paraît que, pour de bon, l’État, dans ce département, ne joue plus son rôle républicain. Je suis intervenu sur ce sujet lors d’un conseil national du Parti de Gauche, il y a quelques mois ; malheureusement, si les choses ont changé, c’est en pire.

Voilà donc mon analyse : en Seine-Saint-Denis, l’État est devenu partisan au point de se comporter comme une puissance occupante. Ce département, cher à mon cœur vous le savez, ne fait plus véritablement partie de la République française. A voir comment l’État fonctionne ici, on se croirait revenu au vieux temps des colonies. Le Préfet tient le rôle d’un gouverneur général et les parlementaires UMP modifient les lois pour lui permettre de prolonger son mandat de pro-prêteur au-delà de la limite d’âge fixée aux agents de la fonction publique et au-delà du mandat présidentiel de sa majesté Nicolas l’inique.

La Seine-Saint-Denis vue par l'UMP

La Seine-Saint-Denis vue par l'UMP

Que dire encore des modes d’action de ce qui fut autrefois digne du nom de « Police nationale » ? En lieu et place d’une présence de terrain ; d’une présence effective permettant de connaître la rue et ses problèmes ; d’une lutte quotidienne contre l’économie souterraine qui s’avère un vrai problème dans bon nombre de nos quartiers, les hommes en bleu s’enferrent –  sur ordre de la place Beauvau – dans un cycle infernal de provocation-répression avec les bandes délinquantes.

Qu’il soit bien clair entre nous : il y a des vrais problèmes de délinquance en Seine-Saint-Denis. Le nier, faire comme si cela n’existait pas, serait irresponsable. Est-ce pour autant la seule caractéristique de ce département ? A l’évidence, non. On peut d’ailleurs se poser la question de savoir pourquoi, au-delà du jeu des apparences et des sorties médiatiques du Vizir Guéant, des quartiers entiers, par hasard ceux où sévit la criminalité la plus dure, sont laissés à l’écart des opérations de police… Je ne fais pas le procès ici des fonctionnaires de la Police nationale. Je questionne plutôt l’attitude du ministre de l’Intérieur et des collectivités locales.

Ces dernières, en effet, sont laissés seules face à l’ampleur des problèmes : les réformes successives de la politique de la ville, la baisse des dotations d’État, le recul des services publics décentralisés ou déconcentrés, sont tels que l’action publique n’est plus présente dans nos quartiers que sous la forme de l’école élémentaire et des passages irréguliers des voitures de la BAC. Il n’y a guère, pour l’essentiel, que dans les municipalités communistes ou qui l’ont été longtemps que des équipements publics importants ont été installés dans les quartiers dits « chauds » : une médiathèque aux 4.000 à La Courneuve, un centre municipal de santé à Montreau-Le Morillon à Montreuil, pour ne citer que deux exemples.

Rendez-nous une police républicaine

Le sinistre de l’Intérieur Claude Guéant a dû en prendre conscience, qui propose la mise en place de milices privées encadrées par des « retraités » de la Police nationale. « Au bon vieux temps des colonies » aussi, les colons pouvaient s’armer contre les « indigènes » dont la vie ne valait pas tripette. Ho certes, ils avaient un statut ces indigènes, mais leur voix comptait bien peu. Ben, en Seine-Saint-Denis, c’est pareil. De toutes les façons, sauf dans quelques enclaves comme Le Raincy ou Rosny, les Séquano-Dyonisiens, quand ils votent, votent à gauche. A quoi bon les considérer comme des êtres humains à part entière ?

Dans ce contexte, les sociaux-démocrates de Claude Bartolone jouent aujourd’hui, hormis la partition politicienne qui leur sied bien, le rôle de supplétifs de l’Etat-UMP. Force est de constater aussi que leur adversaire est bien plus le Front de Gauche que la droite, mais j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire. Je vais donc éviter de me répéter.

Quoi qu’il en soit, je veux croire que les élections législatives et présidentielles seront l’occasion de changer la donne politique et citoyenne en Seine-Saint-Denis. Et que le changement de majorité auquel j’aspire se traduira par une nouvelle politique publique au quotidien dans l’ensemble des villes et quartiers séquano-dyonisiens.

l'hymne de Christian Lambert

La chanson préférée de Christian Lambert

J’ai bien peur que le constat que je dresse, effrayé pour la Seine-Saint-Denis ne soit valable aussi pour certains coins de l’Essonne ou du Val-de-Marne… A vous, lecteurs, de confirmer ou d’infirmer.

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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