La Commune, mon livre avance

Après un premier aperçu, je vous livre en avant-première un nouvel extrait de mon livre à venir sur la Commune de Paris. Vos retours sont les bienvenus, évidemment.

« Pour les militants du mouvement ouvrier, pour les personnes engagées dans le camp de l’émancipation, la responsabilité première consiste donc à restaurer la vérité politique. Il s’agit de rendre aux militants, mais surtout au peuple, ce qui lui appartient en propre : son histoire et donc sa mémoire. Parce que la mémoire collective, partagée et réappropriée, contribue à éclairer l’avenir. En effet, la connaissance de ce passé commun permet de tisser les liens d’une filiation, d’inscrire le moment présent dans un roman collectif plus long ; en même temps, la maîtrise des événements contribue à prévenir les redites malheureuses, de rééditer les erreurs du passé, bref de tenter de faire collectivement ce que nul ne parvient à faire individuellement, transmettre une expérience et pouvoir s’en servir.

Hommage rendu par l'URSS

C’est dans ce champ que se situe ce livre qui n’est pas un ouvrage historique mais bien un essai politique sur ce qui fut à la fois la dernière révolution du XIXe siècle – parisienne et centrée sur la figure du « sans culotte » – et la première révolution du XXe siècle mettant en avant la figure centrale de l’ouvrier. C’est aussi un ouvrage militant.

En effet, une des raisons de ce modeste ouvrage tient aussi à une réflexion sur la nature de la Commune de Paris, expérience politique creuset dans le sens où elle a assimilé en son sein – et pour pouvoir survivre – des tendances politiques fort diverses : de la petite bourgeoisie patriote aux militants de la Ière Internationale. Je n’ai pu m’empêcher de dresser un parallèle avec le caractère de « parti creuset » de l’organisation politique à laquelle j’appartiens, le Parti de Gauche. Dès sa fondation en effet, ses dirigeants ont réclamé la pluralité des origines : du socialisme conséquent aux libertaires. Lors du meeting de création du Parti de Gauche tenu en L’Île-Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon en appelait ainsi jusqu’à Louise Michel.

Les barricades - gravure de Manet

Ce qui est valable pour le Parti de Gauche vaut encore plus pour le Front de Gauche, qui dépasse aujourd’hui son aspect originel de cartel électoral pour devenir un objet politique en soi, avec l’arrivée de militants sans (plus) d’appartenance et d’engagement que celui en faveur du Front de Gauche. Il agrège donc des communistes au premier chef : actuels ou anciens, de carte ou de cœur ; des socialistes conséquents ; des libertaires ; des trotskistes ; des pablistes ; des anarcho-syndicalistes… La cohérence de cet ensemble politique neuf tient à la communauté de combats : contre le capitalisme en premier lieu ; pour une nouvelle redistribution des richesses ; pour le féminisme ; en faveur d’une place rénovée pour l’étranger dans la société française ; pour une socialisation, a minima, des moyens de productions.

En me plongeant dans l’histoire de la Commune de Paris, je n’ai pu que mesurer les liens de combats et de valeurs entre le mouvement dans lequel je me situe et les engagements qui fédéraient les Communards. J’ai donc souhaité poursuivre de manière plus méthodique ce rapprochement. Au-delà de la lecture des ouvrages de référence sur la Commune, celle de témoignages d’acteurs de la Commune m’a paru la meilleure méthode pour valider, ou invalider, mon intuition première.

La finalité de cet essai consiste donc, tout simplement, à re-situer la Commune en ce qu’elle est de moment proprement révolutionnaire ; de lui rendre ce qui lui appartient de modernité dans l’histoire de la constitution du mouvement ouvrier ; d’en fixer ce qui en fait une ligne de démarcation entre les différentes gauches qui existent aujourd’hui. Ma conviction demeure que la Commune appartient autant qu’elle identifie le camp de ceux qui œuvrent au quotidien pour l’abolition du capitalisme. Elle ne peut donc, en aucun cas être revendiquée par les tenants de la ligne de renoncement face au capitalisme aujourd’hui.

Cette thèse est évidemment sujette à débat. J’ai pris mon parti, je tenterai le plus honnêtement possible d’étayer ma thèse. Je n’ambitionne que de rendre au camp dans lequel j’ai choisi consciemment de me situer les armes idéologiques et politiques, appuyées sur l’histoire, que nécessite le combat d’aujourd’hui. »

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Bonus vidéo : Atari Teenage Riot « Black Flags (feat. Boots Riley and Anonymus) (Edit 2) »

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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