Insulte @nadine__morano tous les matins !

« Insulte Nadine Morano tous les matins. Si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait. »

Je ne pensais pas que j’en arriverais un jour à inviter tout un chacun à injurier un ministre dans l’exercice de ses fonctions. Sans être totalement vieux jeu, j’éprouve un certain respect pour ces femmes et ces hommes, militants, qui sacrifient beaucoup de leur vie pour assumer, à un moment donné, les fonctions les plus élevées dans la vie publique. Pour moi, un ministre, un élu, reste avant tout un militant particulier qui a accepté, dans le cadre de son engagement politique, de se consacrer particulièrement à l’action publique. Communiste de formation et de cœur, de plus en plus mâtiné de libertaire raisonné, je n’en reste pas moins républicain et respectueux, voire admiratif, de celles et ceux qui oublient leur vie privée, leur famille, leurs autres rêves (l’homo politicus ne se nourrit pas que de bulletins de vote) pour autrui. Ce n’est peut être pas un sacerdoce mais nous sommes proches du sacrifice.

On lui avait dit de choisir "la lutte finale"

Alors, pourquoi appeler à l’insulte publique envers Nadine Morano ? J’ai envie, comme vous le savez je goûte le second degré voire l’auto-dérision, de la jouer « cour de récréation » : c’est elle qui a commencé. Celle que beaucoup surnomment « la poissonnière » a atteint hier, à la sortie de son face à face avec l’humoriste Sophia Aram, une espèce de sommet qui a provoqué un buzz sur la toile. Pauvrette s’était vue cingler par la saignante Sophia d’un « vous confondez populaire et vulgaire ». De là, clash, blabla, tout ça. Sans omettre les excuses, certes démenties aujourd’hui mais comment lui accorder crédit ? de ce larbin sarkoziste qu’est devenu Philippe Val, tout à son combat des civilisations : « Sparte contre Athènes », tout ça. Bref…

Suite à ce non événement dont se nourrit la sphère médiatique et le petit monde du numérique – donc moi –, la Morano s’est épanchée, pauvresse, dans Le Parisien pour clamer « je ne me laisserai jamais insulter ». Hilarant ! Nous avons été des dizaines, peut être même des centaines, sur touitteur à immédiatement la couvrir d’injures. Ça ne sert à rien, ça ne me fait même pas plaisir, mais il fallait relever le gant.

Et puis, si ! Cela sert à quelque chose. Nadine Morano, comme d’autres de ses homologues masculins, … tiens, il me faut absolument citer Despasperdus sur ce coup :

« Leçon : Morano au masculin, ça s’écrit Mariani »

… avec une triple allitération à la clé tout de même… Mais revenons donc à ce que je voulais dire : la morue muée en ministre, comme bon nombre de ses homologues masculins – à commencer par le président de la République lui même – ont largement contribué à dévaloriser la fonction d’élu du peuple. Leur comportement ; leur manière de parler ; leurs Fouquet’s, leurs rolex, leurs yachts de Bolloré, leur « Casse-toi pauvre con »… tout cela a entaché durablement l’image que le Français lambda se fait de la politique.

Oh certes, ce ne sont pas les premiers, le mouvement vient de loin qui voit la confiance des électeurs envers leurs mandatés s’effriter au fil des ans. Au risque de heurter bon nombre de mes camarades du Parti de Gauche, François Mitterrand, sa double-vie, ses écoutes téléphoniques, son François de Grossouvre… avaient déjà porté les premiers coups à la fonction politique. Ses successeurs ont aggravé le divorce d’avec les Français. Et l’équipe de parvenus qui squatte actuellement les ministères a enfoncé le clou.

Au départ, je pense qu’ils avaient choisi un axe de communication : les Français jugent que les politiques ne les comprennent pas, qu’ils sont trop loin d’eux, qu’ils ne vivent pas la même chose que nous. Fort bien. Alors, soyons Français moyens jusqu’à la caricature : beaufs, vulgaires, un brin raciste… Sauf que ce Français-là, il est bien minoritaire s’il existe. Et s’il existe vraiment, il n’aime pas que les gens – et encore moins des élus – lui rappellent ce qu’il est.

Alors, parce que nous pensons que le Français auquel prétendent s’adresser les Morano, les Mariani et toutes les Marine n’existe pas, parce que nous croyons viscéralement à l’intelligence des gens, de nos voisins, de nos amis, de ceux que nous ne connaissons pas même : oui, cela fait sens d’insulter Morano encore et encore. Et Mariani, et Frédéric Lefebvre, et Benjamin Lancar et Nicolas Sarkozy surtout !

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Bonus vidéo : The Prodigy « Smack My Bitch Up« 

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

4 responses to “Insulte @nadine__morano tous les matins !

  • François

    Bien fait de le dire, je n’étais pas au courant. Tout le plaisir sera pour moi.
    Quand on pense qu’elle succède de loin à JLM dans ce ministère, on mesure la régression.

  • Vincent

    Excellent :))))

  • Michel

    En ma qualité de défenseur de la faune aquatique (j’ai bani Marine de mon vocabulaire) je tiens à m’insurger !!!
    L’insulte faite à ce poisson sympathique qu’est le cabillaud me révolte… Traiter ces pauvres morues de Morano est inadmissible… Que vont penser nos amis portuguais lorsqu’ils apprendront avec effroie que leur plat national est comparé par certain à une chose se rapprochant plus d’une vache de réforme juste bonne à finir dans une boite de patée pour chien, qu’a ce poisson si succulent qui leur permet d’oublier la perte de leur triple A.

    Michel

  • OuldC

    Pardon , Michel, je sais que tu es très sérieux ; mais je l’avoue, je n’ai pu m’empêcher de rire aux éclats; sois remercié.
    Merci aussi, bien sur, au Cri Du Peuple.

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