« Sommet de crise » : l’UMP prend les syndicats en otage

Avec mise à jour en fin de note

A croire que la politique n’est plus qu’affaire de communication. Nous savons depuis longtemps le gouvernement en décalage par rapport aux attentes des Français. Nous avons appris, à nos dépends, que rien de le retenait, ni de la mauvaise foi, ni de la duperie, ni de l’arrogance la plus éhontée. A quelques mois de la présidentielle, alors qu’il ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour prendre des décisions – son calendrier est déjà bien chargé – le voilà pourtant qui ose convoquer les organisations syndicales pour un « Sommet social ». Il a lieu demain. Si mon agenda le veut bien, je serais dans la rue à l’appel de mon syndicat à moi.

18 janvier 2012 : manifestation à 14 h de la place de la Bourse à la place saint Augustin

C'est la rue qui gouverne

Quel coup de comm’ quand même que ce sommet ! Après deux plans d’austérité, en pleine affaire du triple AAA, alors que le président de la République a déjà annoncé qu’il utilisera les derniers jours de la session extraordinaire du parlement pour imposer la TVA sociale, alors qu’il s’est ridiculisé avec cette affaire de SCOP pour SeaFrance, quelles mesures concrètes peut-il avancer qu’il sera en capacité de faire appliquer avant que les députés et sénateurs ne soient obligés, pour cause de campagne électorale, de prendre congé ? Nibe et peau de balle.

De fait, mise à part la confirmation de la TVA sociale et son application à marche forcée, on ne voit rien d’autre qui pourrait sortir de ce sommet devenu, depuis vendredi, un « sommet de crise ». A croire que les organisations syndicales sont prises en otage par les nécessités de campagne d’un camp politique en panique. Car, même si la perte du AAA suite à la dégradation de Standard and pauvres constitue une bonne nouvelle pour les communicants de l’UMP, la droite apparaît bien en difficulté à tous les niveaux.

J’ai plutôt le sentiment que Sarko et sa bande vont profiter de ce temps pour présenter les grandes lignes sociales du programme de l’UMP et de son candidat à l’élection dite « suprême ». Le tout aux frais de l’État et donc du contribuable. Ça, ce doit encore être un coup de la « république irréprochable ».

Sera-ce le moment choisi donc pour annoncer la suppression de la 5e semaine de congés payés chère à Christophe Barbier ? Le gouvernement, pardon, le candidat UMP en profitera-t-il pour lancer officiellement le projet de mettre en place, s’il est élu, la semaine de 37 heures ? Va-t-il avoir le courage de dire qu’il veut plus de flexibilité pour les salariés alors que la France reste le pays dont les travailleurs restent les plus productifs d’Europe ? Mais quand pourra-t-il mettre en œuvre ces belles idées qu’après les élections législatives ?

Sarkozy

Ce « sommet de crise » est un pur foutage de gueule. Sa tenue même est une insulte faite aux organisations syndicales. Bien sûr, on ne refuse pas, en République, une invitation du gouvernement. Donc, reste la rue. Demain. Et les urnes pour mettre une bonne gauche à cette droite qui ose tout et, comme le disait Michel Audiard, c’est même à ça qu’on la reconnaît.

Mise à jour 15h38 mardi 17 janvier

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et Bernard Thibault (CGT) ont affiché mardi leurs convergences anti-austérité, à la veille du sommet de l’Elysée que tous deux jugent « anti-social ».

Après une rencontre d’une heure trente au siège de campagne du Front de gauche aux Lilas (Seine-Saint-Denis), les leaders de deux délégations ont tenu une conférence de presse commune, en présence de Pierre Laurent (PCF). Jean-Luc Mélenchon s’est dit « très ému et honoré » que la CGT « ait eu l’élégance de venir à notre siège de campagne », soulignant que cette rencontre avait pour intention de « démonter la comédie qu’a préparé le chef de l’Etat avec son soi-disant sommet social » qui va « tourner à l’eau de boudin ».

Conclusion : ce sera « encore plus d’austérité », a-t-il dit, qualifiant Nicolas Sarkozy d‘ »homme aux abois qui gesticule comme quelqu’un en train de se noyer ».

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Bonus vidéo : The Ramones « Blitzkrieg Bop » (live)

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

One response to “« Sommet de crise » : l’UMP prend les syndicats en otage

  • cpolitic

    Qu’il débite ses conneries: ok. Mais qu’en plus ça soit le contribuable qui paye!
    C’est bien simple: il ne devrait pas pouvoir parler du futur au-delà de mai 2012.
    S’il sous-entend les mois ou les années d’après: campagne électorale!

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