What’s up Bunny ? Echo and the Bunnymen, Bataclan, 2012 jan. 19th

Bon, je suis parti en vadrouille du côté de Besançon où je vais aider à l’organisation du meeting de Jean-Luc Mélenchon. Pour vous faire tenir jusqu’au compte rendu que je ne manquerai pas de vous faire partager, je laisse les clés de la maison à un autre music adict.

Par François Miranda

Je me souviens d’un jour de juillet 1984 à Londres, c’était la ré ouverture du Royal Albert hall au rock. C’était un concert d’Echo and the Bunnymen. Je me souviens d’un article des Inrocks en 1985, Echo photographié au Parque Guell à barcelone, ma ville. Je me souviens d’avoir retrouvé le concert sur youtube et de l’émotion intacte. Je me souviens  Š. C’est tout dire .. .

Je suis arrivé à l’heure, ai eu droit à une première partie, un duo, dont le trait le plus notable fut pour la chanteuse d’utiliser un mégaphone et qui, ne s’étant pas présentée, restera pour moi à jamais anonyme.

Quelques accords de guitares plus loin. La scène s’éclaire, au fond de la scène un rideau de camouflage de char, clin d’œil aux treillis des années 80. Dans le public beaucoup de cranes rasés résultat du temps qui passe, qui n’a épargné personne, le groupe non plus :  le batteur mort dans un accident de moto, le bassiste parti faire autre chose. Du groupe originel ne restent que le guitariste, le chanteur et un descendant de l’Echo originel, une boite à rythme.

Echo entre sur scène accompagné d’un chant grégorien (comme en 1984), la musique démarre, Going up, la voix jaillit et tout de suite la magie opère.

Ian MacCulloch, le chanteur aura néanmoins besoin de 3 ou 4 chansons et d’autant de bières pour poser sa voix.  Lunettes noires, caban noir, cheveux en pétard et barbe (!!), il réussit l’exploit de passer tout le concert dans le noir, non éclairé, alors que la scène est conséquemment illuminée.

Les nouveaux Bunnymen sont rangés au fond de la scène, le bassiste n’est pas assez présent, le batteur trop mécanique, le guitariste support change de guitare tous les 2 morceaux, il y a quelqu’un aux claviers apparemment. Mac écrase tout de sa voix et Will Sargeant emmène les musiciens au pays des hommes lapins. Normal, les chansons ce sont eux qui les ont écrites. Le son est bon, fort sans excès. Les Bunnymen sont en ville.

Ils vont jouer les 2 premiers albums « Crocodiles » et « Heaven Up Here », mes préférés, dans l’ordre exact des disques. Mac va se lâcher de plus en plus entre 2 morceaux esquissant parfois un ou deux pas de danse. Il va passer d’un anglais avec un accent à couper au couteau à une langue beaucoup plus compréhensible au fur et à mesure que la bière et les cigarettes vont produire leur effet, faire des blagues, finissant par confier :
« Paris est ma ville préférée après Liverpool. Il pleut tout le temps, il y a plein de grands immeubles, on se croirait à Manchester ! »

Quelques phrases : « This is the one for the money », « Rolling down the Union Jack », « Zimbo », « Is this the blues I m singing », « Over the wall », un cri, percutent la salle, la font onduler. Le rock ça ne s’explique pas, ça se ressent. Et là, c’est aux tripes que ça prend, direct.

Deux heures de pur bonheur, « Lips like sugar » en conclusion, moment parfait si ce n’est « Do it clean », qui n’a pas été jouée, on retourne dans la ville, dans la vie remonté à bloc, prêt à toutes les aventures, toutes les campagnes.

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Bonus vidéo : Echo and The Bunnymen « Rescue » (live @ Bataclan, Paris, 19 janvier 2012)

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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