Parler de moi pour parler de vous

Je fais une petite pause en quelque sorte aujourd’hui. Le rythme fou de l’actualité et de la politique ne m’entraînera pas. Je vais résister. Et vous parler un peu de ce blog, de ce qu’il m’a offert depuis que j’ai décidé de prendre la plume, à titre personnel, en octobre dernier.

L’autre jour, sur twitter, Katsuni, oui l’actrice porno, écrivait : « J’aime autant être nue qu’être lue » avant de conclure que c’était à peu près la même chose. Oui, écrire, c’est se dénuder, c’est lever le voile sur des pensées. Les miennes sont personnelles même si je les inscris dans le vaste mouvement de remise en cause de l’ordre établi, depuis les « Enragés » jusqu’au Front de Gauche. J’ai besoin d’appartenir, c’est ainsi, d’être relié aux autres par un sentiment, une organisation, bref d’être un maillon d’une chaîne. Ma liberté absolue est celle d’être membre de quelque chose : le Parti de Gauche aujourd’hui, une nouvelle force politique rassemblant l’ensemble de la gauche de rupture demain.

Un peu d'autodérision ne fait jamais de mal

Cela étant, mes écrits ici n’engagent vraiment que moi, pour l’essentiel. Ils engagent ceux qui peuvent s’y retrouver mais, cela, je ne peux en décider. Quand j’écris pour le Parti de Gauche, c’est précisé et c’est en général sur 93100dessusdessous, pour la partie montreuillloise, ou sur le site national du Parti.

Avec Le Cri du peuple, je me sens aujourd’hui appartenir à un autre réseau, celui des bloggeurs enragés. J’ai ainsi découvert des plumes d’acier trempé avec Gauche de combat et Despasperdus ; deux blogs que je cite régulièrement parce que je me sens des affinités particulières avec eux. Dans les idées mais aussi dans le ton : vif, impertinent, remuant. J’ai envie de croire que nous sommes complémentaires, même si, jusqu’à présent nous n’avons encore jamais concerté des publications. L’idée pourrait venir, ne nous tentez pas.

J’ai mes amis aussi, Askatom avec son Emancipation urbaine, qui me rappelle que je devrais aussi écrire plus souvent sur la ville – il es extrêmement doué ce garçon et me motive ; le petit Simon qui me réjouit en cartonnant sur le plus du nouvel obs où il m’a entraîné, qu’il le sache bien ; Romain avec son L’Art et la manière, qui évolue très joliment. Sa dernière note, Entre le marteau et l’enclume, est un petit joyau d’écriture sensible, émouvante, qui bouscule. Si ce gars décide un jour d’écrire un roman, ça va pas faire rire.

En même temps, Romain, je passe trois jours en face de lui. Nous bossons ensemble. Mais il parvient à me surprendre régulièrement et ce n’est pas là le moindre des cadeaux qu’il me fasse. Je me souviens de discussions avec lui, sur le fait d’assumer sa personnalité dans une note de blog. Parce qu’écrire, c’est prendre des risques. En premier lieu, celui de s’exposer. S’exposer à la critique, parfois négative ; s’exposer en défrichant des territoires de pensée qui ne vous sont pas si familiers que cela. Ce que j’ai modestement tenté avec ma note sur les classes moyennes.

A ce sujet, je vais vous faire un reproche à vous, amis lecteurs (même si vous ne vous prénommez pas Hannibal). Non… Je vais vous faire une invitation : ça vous dirait pas de commenter un peu plus ? De débattre ? D’échanger des idées ? Vu que nous sommes dans le 2.0, vous êtes aussi porteurs de contenu, créateurs d’intelligence : ne soyez pas égoïstes, ne la gardez pas pour vous seuls. Faites-nous, faites-moi en profiter ! Je vous en remercie par avance.

Puis, mon blog m’a aussi offert de belles rencontres. Autour de la galaxie 2.0, j’ai eu le plaisir de rencontrer Valérie de Saint-Do, animatrice de la revue Cassandre ; Laetitia Lafforgue, de la fédération des arts de la rue, ma voisine ; le camarade PFRunner avec qui je suis toujours en compte d’une discussion poussée sur la ville, ses enjeux, tout ça… Il y a aussi l’ami Lucas Parax, et son blog, avec qui j’aime échanger sur la musique, mon autre passion.

Et puis, il y a Angelina et ses Petites Fables. C’est drôle, cette rencontre. Elle pique une de mes notes, je réplique en publiant une des siennes, elle m’en commande une rien que pour elle. Se crée une complicité littéraire, musicale, citoyenne aussi : nous avons le même engagement pro-palestinien pour ne parler que de cela. Nous nous sommes rencontrés, Angelina et moi, accompagnés de nos amours respectifs (je dis cela pour prévenir tout soupçon d’ambiguïté), et c’était chouette.

Et puis, avec ce modeste Cri du peuple, je me marre bien aussi. Parce que je pratique l’humour acide sans crainte d’en être la victime. Et puis en étant là où personne ne s’y attend. Quand j’ai invité François Miranda à écrire ici, nous nous sommes dits, tous les deux, que nous nous en foutions royalement des réactions des bien pensants. Et nous avons eu raison ! Nous recommencerons d’une manière ou d’une autre.

Tout ça pour rappeler que le ouèbe même version 2.0 n’est jamais qu’un support à la vie. En aucun cas, il ne peut être une vie à part. En tous cas, je tente d’y intégrer des vrais morceaux de moi, jusqu’à votre indigestion. Je sais que je suis prolixe, en effet, et c’est là un autre risque auquel on s’expose en écrivant : celui de saturer le lecteur. Mon problème en la matière reste que je n’ai aucune angoisse de la page blanche, bien au contraire j’ai la faiblesse de croire que chacune de mes pensées est importante et mérite d’être partagée, de la plus banale à la plus originale. Je vous présente donc, par avance, mes excuses : je ne vais pas ralentir ma cadence. Je vais au mieux tâcher d’éviter de publier trois notes par jour. Et je contournerai aussi l’obstacle en publiant à gauche et à gauche.

Voilà… Je vais m’en tenir là pour aujourd’hui. Juste après vous avoir annoncé les publications à venir, sans calendrier précis : la chronique avec album à télécharger des Bleeding Pigs, qui inaugurera une nouvelle rubrique « Trésors perdus » ; ma note de lecture sur le livre d’Alexis Corbière Le Parti de l’étranger ; le live report des Arctic Monkeys à l’Olympia ce vendredi ; une nouvelle scène de François et Jean-François font du pédalo, qui m’a valu le commentaire dont je suis le plus fier : « C’est nul ! On dirait du Lutte ouvrière ». Merci encore à son anonyme auteur.

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Bonus vidéo : A Place To Bury Strangers « Ego Death »

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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