Ce que veut Le Cri du Peuple

L’autre jour, dans un commentaire à propos de mes Chroniques montreuilloises, un lecteur amical, forcément, affirmait « je n’arrive pas à comprendre ce que veut Le Cri du peuple ». Je pensais, de façon assez prétentieuse, que la lecture de mes divers billets pouvait répondre à cette question. Mais, allons, ce garçon a raison : ce n’est pas la faute de l’autre, c’est la mienne si je ne suis pas assez explicite. Donc, partant d’une réponse à sa question, je vais dire ici ce que je veux.

En premier lieu, je veux un I-pad2. Si, si. Je suis sérieux, adressez vos dons à la rédaction qui transmettra.

Pour vous, nous seront toujours les exagérés

Bon, ma commande à François Hollan... au père noël passée, je vais aller un peu plus loin dans la réflexion et repartir de Montreuil. Montreuil où mes amis – et ne voyez là aucune tentative de récupération messieurs du cabinet de l’amère, j’ai travaillé suffisamment longtemps dans cette ville pour que bien des agents communaux restent mes amis très proches avec qui je dîne ou passe du temps sans que cela ne fasse d’eux d’horribles pégistes – sont en grève ce matin.

A Montreuil, la victoire de la gauche

A Montreuil donc, Le Cri du peuple veut l’arrêt des procès staliniens contre une organisation syndicale. Plus largement, je milite, dans ce qui restera à jamais ma ville de cœur, pour une gestion municipale de gauche qui rassemble les différentes parties de la cité plutôt que de les opposer. J’aspire à une politique de la ville qui n’accompagne pas le mouvement de spéculation immobilière quand elle ne l’aggrave pas. Je rêve aussi, un peu naïvement, que l’équipe municipale en place arrête de faire passer pour siennes les réalisations de logements sociaux initiées par Jean-Pierre Brard et ses équipes. Et puisque je parle de lui, je rêve que l’amère ne me force plus à choisir entre elle et lui. Mais tant qu’elle fera tout pour que ce soit Brard ou le chaos, je serai un brardiste sans complexe.

En résumé, à Montreuil, je veux la victoire de la gauche et la défaite de la social-démocratie, qu’elle soit verte ou rose.

C'est joli un pavé, n'est-ce pas ?

Pour moi, « L’Humain d’abord » est déjà un compromis

Plus loin, au niveau national, je veux la victoire de la gauche. La vraie, celle qui n’a pas peur d’elle même et qui rattrapera la « septième balle » de Romain Garry (grand merci à l’ami Simon Ulrich). J’œuvre modestement, à ma petite place, à affranchir un peuple placé « entre le marteau et l’enclume » comme l’écrit si bien Romain Jammes. Cela demande de la clarté et même une clarification que les nuages de farine déployés récemment ne saurait apporter.

Que ce soit bien clair entre nous : la dernière fois que j’ai voté contre, c’était en mai 2002. J’ai voté contre Le Pen. C’était la dernière fois dans mon histoire, ce sera la dernière fois à jamais. Pour que je me fasse bien comprendre : je ne voterai pas contre Nicolas Sarkozy, ni contre Marine Le Pen. Je voterai pour le candidat qui incarnera le mieux le projet politique auquel j’aspire et qui est, dans l’ensemble, résumé dans le petit ouvrage que nous mettons à votre disposition sur les marchés depuis des semaines : L’Humain d’abord. Amis socialistes qui pensez ma voix à vous gagnée par le simple jeu du désistement républicain, arrogants que vous êtes à croire que vous serez au second tour par la force de l’inertie, comprenez ceci : L’Humain d’abord est – pour moi – un compromis entre l’idéal d’une conviction et la raison d’une alliance politique que je souhaite durable. Accepter plus de renoncements, ce serait verser dans la compromission. Je ne suis pas maximaliste mais voilà, les choses sont dites.

Je suis réaliste, je veux l’impossible

Mais bon, il est acté que votre candidat appellera à voter pour nous au deuxième tour, donc je n’ai pas de souci à me faire : je n’aurai nul besoin de me compromettre.

A la fin, c'est nous qu'on va gagner (Fakir)

De manière simple, au final, ce que veut Le Cri du peuple, ce sont des choses simples : que les miséreux n’aient plus faim ; que les ouvriers n’aient plus à partager le peu qu’ils ont mais qu’ils partagent le pouvoir arraché des mains de l’oligarchie ; je veux le socialisme abouti, sans état, sans flics, sans curés. Le pouvoir au peuple et par le peuple !

Paraphrasant le poète, je dirais très simplement : je suis réaliste, je veux l’impossible.

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Bonus vidéo : Suicidal Tendancies « You Can’t Bring Me Down »

 

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

2 responses to “Ce que veut Le Cri du Peuple

  • Nafissatou

    Ça a en effet le mérite d’être clair, et je pense que nous sommes très nombreux a partager votre expérience (2002) et votre aspiration a ce que la « vraie » gauche, même imparfaite, gagne ces élections pour rompre avec l’idéologie libérale et ses absurdes politiques d’austérité.

    L’Humain et la Planète d’Abord. A bas le vote PS I.N.U.T.I.L.E !

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