Chroniques montreuilloises : 5e épisode

Je ne pensais sincèrement pas avoir à écrire ce cinquième volet des Chroniques montreuilloises aussi rapidement. Mais puisque l’occasion m’en est fournie, je ne vais pas mégoter.

L’amère nous refait la fuite de Varennes

Je vous avais laissés, chères lectrices, chers lecteurs, avec cette information concernant la restriction du droit de réunion pour les agents communaux de Montreuil, concernant le Comité des œuvres sociales (COS). Contrairement aux usages en vigueur dans toutes les collectivités ou presque, l’amère a imposé que, pour participer à l’assemblée du COS prévue mardi 31 janvier, il faille poser une heure d’information syndicale. Le résultat a, je suppose, dépassé les espérances : une réunion qui attire en temps normal une grosse centaine de personnes a rassemblé au final 500 territoriaux. Je vous demande d’applaudir la brillante démarche des élus. Lesquels ont encore été inspirés deux jours plus tard.

En effet, la CGT avec le soutien de membres de la FSU ont appelé à une journée de grève et à une manifestation pour demander le respect de la démocratie sociale et une vraie politique sociale en lieu et place d’une mise sous tutelle du COS. Pour tenter de casser le mouvement, les élus verts repeints en jaune sont allés distribuer des tracts dans les services municipaux. Je tiens en ma possession un témoignage d’agent qui corrobore mon affirmation. Je suis bien sûr que, dans le cadre de la démocratie si chère à l’amère, nous verrons bientôt les élus de la minorité passer à leur tour dans les services pour distribuer aux agents leur propre point de vue sur la politique sociale à mener en direction du personnel.

Là encore, je vous demande de bien vouloir applaudir les conséquences des actes de l’amère et de son équipe : en plein hiver, par moins dix degrés celsius, 1 000 agents ont manifesté entre midi et deux devant l’hôtel de ville, pendant que 30 écoles ne pouvaient assurer la restauration scolaire ainsi que les accueils périscolaires et que 4 crèches, le Centre communal d’action sociale (CCAS) et d’autres services étaient totalement fermés à la population. Pendant que, selon des témoignages concordants, l’amère jouait une version extrêmement moderne et motorisée de la fuite de Varennes, une partie des manifestants s’en est allée occuper l’hôtel de ville en scandant « la mairie est à nous ». Je vous rassure, aucune dégradation, autre que celle du dialogue social déjà enregistrée depuis de nombreux mois, n’est à recenser.

Il aura fallu tout cela pour que, finalement, le dialogue débute avec une première séance de négociations aussi imprévue, du point de vue des élus, que victorieuse pour les membres des syndicats tous réunis autour de la table. Je vous invite à lire le communiqué de presse de la CGT sur ce sujet.

L’amère prend son courage à deux mains pour affronter le personnel communal

Du courage, du courage, du courage !

Je vous avais aussi indiqué, lors du précédent épisode, que l’amère tentait de modifier substantiellement la représentation montreuilloise au sein du conseil de la communauté d’agglomération Est-Ensemble. Ce point devrait venir en débat lors du conseil municipal de jeudi. Vous le savez, je nourris des vœux pour Poil de Carotte. Parmi ceux-ci, qu’elle retrouve du courage. J’ose donc espérer que l’amère de Montreuil ne cédera pas à l’intimidation ni à la menace de voir le nom du dernier soutien d’Eva Joly encore actif mis en avant dans la presse pour déni de démocratie voire pour stalinisme. La loi est avec elle, qu’elle retire donc leurs mandat de délégués à l’agglo à ses anciens amis du Renouveau socialiste montreuillois. Il ne serait pas digne de l’amère de se laisser impressionner par un vulgaire président d’agglo dont on sait par ailleurs qu’il est finalement assez arrangeant et ouvert au dialogue… Quoi ? je fais de l’ironie ? C’est pas mon genre, vous le savez bien.

L’amère après son entretien avec Bertrand Kern

La Rose et le velléda

Et puisque l’on parle encore du RSM, de plus en plus en ordre de bataille pour aller porter ses propres couleurs aux élections législatives – je me suis même laissé dire qu’ils disposent d’un solide suppléant sur Bagnolet -, un petit détour. Jamais avares de nous surprendre, Alexandre Tuaillon vient de créer un nouveau mouvement politique sur Montreuil : la Rose et le velléda, antenne locale de l’association créée par Arnaud Montebourg. C’est pratique le véléda, ça s’efface facilement et on ne peut pas garder traces des écrits précédents. C’est très Montebourgeois comme pratique. Quoi que, à l’attendre en conseil municipal, jamais on ne croirait que mon ami Alexandre ait été un jour l’allié le plus solide de l’amère. Le temps passe et le tableau est blanc, le véléda permet de dessiner un nouvel horizon pour celui qui n’est pas encore secrétaire de section socialiste à Montreuil, mais ça ne saurait trop tarder.

A dire le vrai, ce serait un juste retour des choses. Quoi que l’on pense de leur attitude en 2008, ce sont quand même les seuls à faire campagne visible pour Hollande et à faire vivre le poing, le rose et, aujourd’hui, le velléda.

Alexandre Tuaillon crée un nouveau mouvement politique

—————————————————

Bonus acte gratuit : télécharge tranquillement Gonzales « Working Together (Boys Noize Dub Remix)

Bonus vidéo : Silmarils « Cours vite »

Publicités

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

2 responses to “Chroniques montreuilloises : 5e épisode

%d blogueurs aiment cette page :