Qui ne vote pas Mélenchon, vote Sarkozy !

Je ne veux pas commencer ce post sans présenter mes excuses à mes excellents camarades tant de Lutte Ouvrière que du Nouveau Parti anticapitaliste. Nous représentons, vous et nous du Front de Gauche, la gauche de rupture, clairement anticapitaliste. Las, pour l’heure, nos chemins divergent toujours. Question de programme pour Lutte Ouvrière, de méthodes pour le NPA. Je vous en prie, ne vous sentez pas agressés par le propos qui va suivre, je m’adresse avant tout au camp de la social-démocratie.

J’avais donc, hier sur touittère, un échange cordial et courtois avec un membre du Parti socialiste ou, à tout le moins, un soutien affirmé à François le batave. Soit dit en passant, j’aime beaucoup cet internationalisme dans les « gauches » : un Hollandais mou (pourtant les fromages bataves sont généralement à pâte dure) ; une Norvégienne devenue Française conseillée par un Franco-Allemand ; un Français né au Maroc… ça nous change heureusement des discours puants sur l’identité nationale. Mais, je vais tâcher de ne point trop me disperser.

Donc, j’avais cet échange. A propos du Mécanisme européen de stabilité et de la forfaiture que représente, à mes humbles yeux, l’abstention sur un sujet aussi essentiel pour le peuple. Et ce débatteur de sortir, brut de pomme : « Est-ce que l’électorat de base sait ce que c’est le MES, je ne crois pas. L’électorat de base est intéressé par le pouvoir d’achat, le chômage, la sécurité ». Fermez le ban ! Et passez lui ce mépris souverain pour « l’électorat de base ». En premier lieu, à l’attention de ce monsieur ainsi que de ses semblables, qu’il me soit permis de préciser ceci : le MES a un lien direct avec le chômage, le pouvoir d’achat, les services publics dont celui chargé d’assurer la sécurité. Il n’y a qu’à aller voir en Grèce pour le comprendre. Pour plus de détails, je vous renvoie à la lecture d’un thuriféraire de François H. (non, il n’a pas 13 ans, n’est pas drogué ni prostitué – encore que, sur ce dernier point, on puisse avoir des doutes, politiquement parlant s’entend) ; Gérard Filoche a en effet dressé une petite liste des malversations dont est victime le peuple grec. Le seul hic, c’est que le chef de file de Filoche a diligenté l’abstention à ce pillage de démocratie. Seuls 16 députés socialistes et apparentés ont voté contre le texte.

Pour ma part, j’ai l’heur de ne pas souffrir de schizophrénie politique. Donc, le leader que je me suis choisi, Jean-Luc Mélenchon, a publié une tribune sur le MES dans Libération du lundi 20 février. Il y souligne ceci :

« Dans le Mécanisme européen de stabilité, la France s’engage à injecter, « de manière irrévocable et inconditionnelle », une contribution immédiate de 16,3 milliards d’euros. Le traité dit que la France devra donner jusqu’à 142,7 milliards d’euros en cas de besoin. Une telle somme représenterait près de la moitié du budget de l’État Cette hypothèse n’a rien de théorique : il suffirait que le « Mécanisme » ait à secourir l’Espagne et l’Italie pour que ses capacités maximales de prêts soient atteintes. »

On le lit, les sommes en jeu sont considérables. Comment pouvoir accroire que de tels versements n’auront aucune conséquence sur les priorités politiques que pourraient être le soutien, voire la revalorisation du pouvoir d’achat (par exemple, au travers d’un SMIC à 1 700 euros) ; la politique de ré-industrialisation nécessaire à la lutte contre le chômage ; le maintien et le développement des services publics ? C’est une aberration de croire que le Mécanisme européen de stabilité n’aura pas de répercussion sur la France. Parce qu’il est d’abord un outil politique, dessiné par les penseurs libéraux qui bossent dans les arrières-cours de l’Élysée et dans les bureaux de la CDU d’Angela Merkel. Il a vocation à parachever la casse systématique des services publics menée en Europe, la mise à sac des protections collectives (dont le budget en France est équivalent à celui de l’État, et pour l’heure dans l’ensemble préservé des appétits du marché). C’est donc mensonge que de vouloir faire avaler à nos concitoyens transformés en gogos qu’il s’agit là d’un « outil de solidarité« , comme l’a glissé Pierre Moscovici mercredi 22 février.

A ce niveau-là de duplicité, j’ai la tristesse de le dire : la lâcheté des parlementaires socialistes les a menés sur la voie de la trahison de la classe ouvrière et, plus généralement, du peuple. Les dirigeants du PS ont fait un choix conscient. A partir de cet instant, qui ne vote pas Mélenchon vote pour Nicolas Sarkozy. Ou pour sa copie, ce qui est pire.

Ceci n'est pas l'austérité

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Bonus vidéo : Jimmy Cena « Choisis ton camp »

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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