Contre l’austérité, unité dans la rue

Ça fait du bien de prendre quelques jours de repos. Comme vous avez pu le constater, je me suis offert quatre jours de repos. Et je reprends un jour de grève. Ah oui ! Y a grève aujourd’hui. Ce n’est pas en regardant les infos qu’on va s’en rendre compte, je sais bien. Du coup, je vais prendre quelques lignes pour vous expliquer de quoi il s’agit.

Vous savez que l’Europe serait en crise et que, grâce à ce superbe prétexte, les plans d’austérité déferlent sur les peuples. En France, comme ailleurs, la coalition des libéraux et des sociaux-traîtres… Pardon, des sociaux-démocrates entend institutionnaliser cette austérité avec le Mécanisme Européen de Stabilité. Si doute il y a avait, l’abstention des socialistes, majoritaires au Sénat, finit de nous dessiller les yeux.

Dans ce contexte, la Confédération européenne des syndicats (CES) a initié une journée de grève et de mobilisation à l’échelle du Continent. Dans sa déclaration du 25 janvier dernier, la CES est extrêmement claire :

« Les 8 et 9 décembre 2011, le Conseil européen a décidé de s’engager dans un accord international visant à renforcer la discipline budgétaire. Les gouvernements ont estimé que le renforcement des obligations budgétaires ferait reprendre confiance aux marchés et sauverait l’euro. La décision a été suivie par des négociations intenses et semi-secrètes afin de parvenir à un accord pour la fin du mois de janvier 2012. Le processus de négociation a ignoré le contrôle démocratique qui devrait normalement caractériser toute réforme de l’Union, notamment en n’impliquant pas pleinement le Parlement européen. La CES déplore ce processus non démocratique et ses conséquences non démocratiques au niveau national.
Les dirigeants européens ont tort de croire qu’un nouveau traité restaurera la croissance et résoudra la crise de la dette souveraine sans le renforcement de la démocratie au niveau européen – avec notamment une participation totale des partenaires sociaux aux niveaux européen et national – ni sans nouveaux engagements spécifiques sur les euro-obligations et la taxe sur les transactions financières. Les nouvelles règles en matière de gouvernance économique ne devraient pas être dissimulées derrière des questions techniques par les dirigeants européens.
La CES s’oppose à ce nouveau traité. Bien que nous soyons en faveur de règles communes et d’une gouvernance économique, nous ne pouvons soutenir ces règles. Nous sommes convaincus que les propositions du traité affaibliront l’Europe au lieu de la renforcer. Le nouveau traité réduira le soutien de la population pour l’intégration européenne, ralentira la croissance et augmentera le taux de chômage. »

En France, le MES et les mesures européennes de convergence austéritaire sont aggravées par un gouvernement au service du patronat. Il y a la « TVA sociale » mais aussi le détricotage du droit du travail au travers des accords « compétitivité emploi ». Mon ami Despasperdus les a décryptés ici, je me suis servi de ses explications pour animer une Assemblée citoyenne à Ris-Orangis.

Tout cela justifie amplement de perdre une nouvelle journée de salaire et de descendre dans la rue. Et comme les sociaux-démocrates ont montré qu’ils ne sont pas dignes de confiance dans le combat de classes qui se déroule en ce moment, l’unité que nous allons réaliser dans la rue exige un nouveau débouché politique dans les urnes. Vous le savez, moi, je fais partie de ceux qui proposent autant qu’ils construisent le Front de Gauche comme ce débouché. Pour moi, il n’y a plus d’alternative. J’avais écrit il y a peu « Qui ne vote pas Mélenchon, vote Sarkozy ». Mon ami Eric Coquerel, conseiller du candidat du Front de Gauche à la présidentielle, déclare lui : « Une seule solution contre le traité Merkel-Sarkozy, le vote Mélenchon ».

Rendez-vous, pour les Parisiens et les Banlieusards à 14h place de la Bastille. Vous me trouverez au point fixe du Parti de Gauche au niveau de la station de métro Faidherbe-Chaligny.

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Bonus vidéo : Bérurier Noir « Descendons dans la rue »

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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