François et Jean-François font du pédalo – Acte 3, scène 1

Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;

  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;

  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;

  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

 

« C’est pas possible que le nain gagne quand même… »

Acte 3 – scène 1

 

François est seul, le matin, très tôt, dans son bureau au siège de campagne. Jean-François est assis à l’arrière de sa voiture. Son téléphone portable sonne.

Jean-François C. (la voix endormi) : Oui ? Allo ? Qui c’est ?

François H. (affolé) : Jeff ! C’est moi, c’est François ! (A la limite de la crise d’hystérie) C’est la catastrophe !

Jean-François C. : Calme-toi ! Qu’est-ce qu’il y a de si grave encore ? Je n’ai plus de nouvelles de toi pendant plus de 3 semaines et là, tu m’appelles en crise…

François H. (le coupe) : Mais c’est horrible !

Jean-François C. (autoritaire) : Arrête de chialer et explique-toi !

François H. (tentant de reprendre sa respiration) : Sarkozy est devant moi, dans les sondages ! Les courbes se croisent, c’est horrible !

Pour une fois, Hollande a tourné à gauche... Fausse route.

Jean-François C. (maîtrisant un éclat de rire) : Ah ben ça… Ce n’est pas comme si je t’avais pas prévenu.

François H. (stupéfait) : Tu vas encore dire que c’est de ma faute ?

Jean-François C. (pouffant) : Non… Allons… Que vas-tu chercher là ?

François H. (reprenant ses esprits) : Ah… Merci ! Parce que, vraiment, j’essaie de faire campagne, t’as vu ? Je fais des meetings, je passe à la radio, je fais des propositions. Y en a même 60.

Jean-François C. (cède à la lassitude) : On voit le résultat. Ce connard de Sarko te passe devant dans les sondages et tu m’appelles en catastrophe. La belle campagne que voilà. Heureusement que je te sauve la mise encore une fois…

François H. (interloqué) : Ah ! Et comment ?

Mais qu'est-ce que je fous dans cette galère ?

Jean-François C. (prend le temps de saisir une barre chocolatée, enlève sans se presser l’emballage, en croque un morceau et, la bouche pleine, reprend) : Tu me fatigues François. J’ai fait une connerie en pensant que tu pouvais y arriver. Alors, je t’explique…

François H. (de nouveau en crise) : Mais… Mais… (il hurle) J’ai fait tout ce que tu m’as dit !!!

Jean-François C. (crie à son tour) : tu as fait tout le contraire de ce que je t’ai dit. Tu es nul ! Tu mènes une campagne qui fait passer Bayrou pour un adepte de Guy Mollet. Tu apparais comme une girouette qui n’a aucun avis ! Tu dis te battre contre la finance et tu vas te précipiter à Londres expliquer que tu n’es pas dangereux ! Abruti ! A cause de toi, Mélenchon a passé les 10 % et, encore, parce que j’empêche que les vrais résultats soient publiés. Sauf que là, je vais bientôt plus pouvoir. Les journaleux veulent la vérité…

François H. (étouffant un sanglot) : Alors… C’est… J’ai perdu ?

Jean-François C. (retrouve son calme) : Non… Enfin… D’abord, il te reste le « vote utile ». Et je fais tout pour que tu ne perdes pas. Heureusement, j’ai la main sur la campagne de Sarko. Je lui fais tenir un discours qui fait paraître la Le Pen pour une dangereuse social-démocrate à Villepinte et, le lendemain, à Parole de candidat, je lui fais tenir les propos de Mélenchon sur les « exilés fiscaux ». A force, ça va bien finir par se voir.

François H. (entre deux sanglots) : Mes conseillers m’ont dit que la triangulation, l’art de piquer les idées des autres pour se faire passer pour ce qu’on n’est pas, ça peut marcher.

Jean-François C. (soudain extrêmement las) : Tes conseillers avaient aussi présenté un amendement sur les exilés fiscaux en 2011. Au final, c’est Mélenchon qui porte la mesure. Toi, tu n’as « rien contre les riches ».

François H. (long silence) : Ah…

Jean-François C. : Et oui… Tu ne m’écoutes jamais. Donc, si tu ne veux pas que nos conversations se retrouvent dans les journaux, tu vas me rendre un service.

François H. (inquiet) : Lequel, Jeff ?

Jean-François C. (menaçant) : Il est hors de question que tu acceptes un portefeuille dans un ministère Mélenchon ! Tu m’entends ? Pas un socialiste dans son gouvernement ! Si tu ne tiens pas parole, je balance tout ! (Il raccroche, rageur, et balance son téléphone portable par la fenêtre de la voiture)

François H. (en larmes) : Jeff… Jeff… Allo ? Jeff… Ne me laisse pas ! J’ai peur !

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Bonus vidéo : Ash « Lose Control »

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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