En route vers Vierzon, en route vers l’insurrection

Je suis ce mardi 3 avril matin dans le train direction Vierzon avec Juliette Prados et Damien, « mon petit ». Nous allons enchaîner deux meetings : Vierzon donc puis Limoges. Nous en profitons pour débrieffer après l’enthousiasme du dimanche à Grigny, avec le Front de gauche des quartiers populaires pour Damien et moi, à Montreuil pour un apéro de la révolution citoyenne pour Juju. Nous avons beau, elle et moi, militer dans le même  comité, nos tâches respectives nous tiennent assez éloignés.

Évidemment, le sondage qui place le Front de gauche à 15% – et surtout confirme le précédent qui noua plaçait devant la châtelaine de Montre tout – nous met en joie. Il confirme ce que nous vivons sur les multiples terrains où nous pouvons intervenir. Ce sondage montre aussi la vanité des coups que nous portent pėle mêle certains éléphants du parti dit « socialiste » sur le retour, les verts vides, Lutte ouvrière et Laurence Parisot. N’étant point encore familier avec la tablette depuis laquelle j’écris, vous voudrez bien me pardonner l’absence de liens.

image

Vanité de ces coups portés puisqu’ils nous renforcent et n’ont d’autre effet que d’offrir à quelques vedettes du déjà temps jadis de voir leur nom dans la presse. Quand le grand chamboule tout politique initié par l Front de Gauche est prêt de porter ses fruits, on se console comme on peut. Nous, nous pofitons de ces presque deux heures de train pour nous reposer et reprendre le fil de la perspective. Laquelle a pour beau nom « insurrection citoyenne ».

Elle grandit de meeting en meeting, de rencontres sur les marchés en assemblées citoyennes, au comptoir des cafés, au rythme des claviers sur les réseaux sociaux. Elle est partout et se répand parmi le peuple, profitant de l’abri que nous offrent journalistes et commentateurs : ils ne voient qu’une chose, « Mélenchon fait la meilleure campagne ». C’est vrai… Continuez à ne voir que cela, à croire que nous faisons de la politique à l’ancienne avec négociations sur un coin de table à la fin. Ça fait nos affaires. Le proverbe le dit bien : « pour vivre heureux, vivons cachés ». Sous vos yeux bouchés par l’habitude, à l’abri de vos certitudes, nous construisons la révolution.

image

Ah bien sûr, nous jouons d’apparence le jeu gentillet de l’élection à quatre tours : 22 avril, 6 mai, 10 et 17 juin. Nous ne discutons pas cette règle, à quoi bon… Nous nous contentons de marquer des buts contre le capital et tous ses serviteurs. Pour ce faire, nous menons la bataille culturelle en faisant de chacune de nos rencontres avec la nôtres – ce peuple que tous invoquent avec plus de véhémence qu’il s’en trouve loin – un grand moment d’éducation populaire politique. Nous semons la graine de l’action consciente dans le combat de classes qui est en cours. Nous distribuons à tous ceux que noua rencontrons des arguments comme nos anciens distribuaient les fusils aux citoyens à Paris en 1871, à Barcelone en 1936, dans la forêt de Tronçais en 1943.

Je l’ai déjà dit sous d’autres formes. Mais, au point où nous sommes rendus, là où commence l’affrontement final avec le candidat extrême des droites, il fallait le redire. Nous vous aurons prévenus. Nous jouons certes avec vos règles, messieurs les bien-pensants. Mais pour en faire tout autre chose que ce que vous attendez de nous. Tant mieux si notre arrivée au pouvoir – inéluctablement’ c’est ce qui se prépare – provoque une vague d’exil fiscal : chaque déserteur verra son entreprise saisie pour être rendue à ses légitimes propriétaires, les salariés. Tant mieux si Parisot et Nicolas le petit font campagne commune contre les syndicats, cela nous motivera encore plus pour mener victorieusement la grève générale qui suivra notre victoire dans les urnes, préalable indispensable à la victoire finale qui aura lieu dans la rue.

Voilà mon petit point d’étape personnel avant d’arriver à Vierzon. Personne ne pourra dire que nous vous avons pris par traîtrise.

———-
Bonus vidéo : Rage Against The Machine « Take The Power Back »

Publicités

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

2 responses to “En route vers Vierzon, en route vers l’insurrection

  • Nadine Bompart

    Oui cette campagne n’est qu’un début, la mobilisation va continuer, s’affermir, se renforcer, le peuple va la prendre en main cette révolte, réveiller un par un tous les abstentionnistes, tous les « à-quoi-bonnistes », tous ceux qui ont le nez sur leurs chaussures et les yeux baissés au sol…
    Relevez la tête, n’ayez plus honte de ce que vous êtes parce que vous êtes la force vive de ce pays!!!!
    À ce soir à Limoges!!!!
    Nadine
    plateau de Millevaches

%d blogueurs aiment cette page :