Le Front de gauche est un humanisme

Pre scriptum :

* * *

Ces derniers temps, je me trouve régulièrement interpellé sur l’amour auquel fait référence le candidat du Front de Gauche dans ces discours. On glose aussi beaucoup sur le caractère « vieille politique » qui marquerait notre pratique autant que notre programme. A l’heure où l’oligarchie met en avant la seule technocratie, au moment où la confusion est savamment entretenue entre consommation à outrance et progrès des techniques – Apple en est le meilleur exemple qui, pour justifier ses produits, s’évertue à créer des « besoins » -, il est bon de revenir sur ces points.

Au début était donc le programme du Front de Gauche, que nous avons baptisé du joli nom l’Humain d’abord. Il ambitionne de replacer l’action publique au service de l’être humain avec l’objectif de rendre aux progrès des techniques leur simple place d’outil au service du développement de l’humanité toute entière. Cela passe avant tout par deux axes : la redistribution des richesses, d’un côté ; la démocratie pleine et entière, de l’autre. L’un alimentant l’autre et vice versa, dans le cadre d’une vision écologique des choses. C’est ce que j’ai évoqué, déjà, sous la forme du Contrat social.

Je fais partie de ceux qui estiment que la loi, contre la règle habituelle ou le contrat, contribue à rendre l’Homme meilleur. Parce qu’elle pose les conditions pour que chaque être humain vive mieux, avec lui même autant qu’avec les autres. Ceci s’entend dès lors que la loi protège l’intérêt général et qu’elle ne soit pas l’expression des intérêts de classe, tel que c’est le cas depuis au bas mot une décennie. Je crois donc que la loi républicaine améliore l’individu, bien plus qu’elle ne le « briderait » comme veulent nous le faire accroire les idéologues libéraux. Ce disant, j’ai bien conscience que je me porte en faux face à Jean-Jacques Rousseau. Je suis bien plus inscrit il est vrai, tout comme mon candidat, dans le courant philosophique dit « des Lumières ».

Vous pouvez estimer que cela date notre propos commun. Moi, je pense qu’il peut être extrêmement moderne de revisiter les pensées modernes à la lumière du jour présent pour en reprendre ce qui fait sens et inscrire notre action dans un mouvement historique plus large. Le seul défaut que je vous concède, c’est, au final, que je me situe dans une vision idéaliste de l’évolution de l’Humanité. A tout le moins, les choses sont écrites et nul ne pourra dire que nous vous aurons pris en traître.

Mais revenons à mon sujet du jour, si vous le voulez bien. Depuis 1983, la bataille politique, culturelle et idéologique qu’impose l’oligarchie à la classe ouvrière n’a d’autre objet que de mettre à bas le compromis politique issu de la Résistance et de la victoire face aux fascismes. Ce compromis politique est issu d’un rapport de forces très favorable à la classe ouvrière, laquelle a mené en première ligne le combat de libération de l’Europe mais aussi la lutte contre les idéologies fascistes qui avait la faveur de la Bourgeoisie. Cette victoire, militaire et politique, a produit un socle de protection collective sociale et républicaine, articulé entre autres choses autour de la Sécurité sociale ; d’un secteur industriel, bancaire et énergétique public ; d’une fonction publique renforcée et sécurisée dans son indépendance vis à vis du politique. Ce sont ces bastions auxquels la droite s’est attaquée, accélérant et amplifiant ses coups ces 10 dernières années. Derrière, il s’agit, pour la façade politique légale du patronat : l’UMP, de mettre le marché au cœur de l’action publique et de la vie des citoyens.

Nous, avec le Front de Gauche, nous proposons de faire reculer le marché, de le renvoyer à sa place, pour imposer – à nouveau – la prééminence de l’Humain sur les autres considérations. En ce sens, oui, je proclame que le Front de gauche est un humanisme. C’est ce qui nous pousse à remettre à l’ordre du jour de l’action publique l’amour de son prochain, condition première de l’amour de soi. Ce, alors que, oui ! depuis des années, la droite et les résignés au libéralisme ont tenté de nous diviser, de nous monter les uns contre les autres : femmes contre hommes, Français contre immigrés, jeunes contre vieux, salariés contre chômeurs… La première des victoires du Front de Gauche aujourd’hui est que ces divisions sont en train de disparaître. Nous reprenons conscience de nous mêmes, de notre appartenance de classe. Oui, nous sommes la classe ouvrière marchant vers l’avenir. Nous sommes la seule classe qui ouvre grands ses bras aux autres ! Nous sommes l’Humanité !

————————

Bonus vidéo : The Beatles « Here Come The Sun »

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

8 responses to “Le Front de gauche est un humanisme

%d blogueurs aiment cette page :