Camarades, ne cédons pas aux provocations !

Nous voici dans la dernière ligne droite. Le vent souffle de plus en plus fort. La mer est agitée et la vague qui s’apprête à déferler sur le vieux monde à l’agonie est aussi grosse que la bise qui nous agresse s’avère violente. Ne nous trompons pas : il y a un lien entre les deux. Il n’y a aucun hasard si le tir de barrage nourri dont les éditocrates se sont rendus coupables à notre encontre jeudi 12 avril coïncide avec le sondage qui place le Front de Gauche et son candidat à 17 % ce matin, bien devant l’hystérique de Montretout. Ils disposaient des premiers éléments hier.

La perspective d’une nouvelle bonne intervention de notre candidat dans l’émission Des Paroles et des actes, pouvant encore renforcer l’audience que nous nous sommes créées, suffisait à justifier une vulgaire (au sens premier du terme) tentative de déstabilisation. Ils ont joué, ils ont perdu. Parce qu’ils ne nous connaissent pas. Chaque attaque nous renforce. Chaque coup porté indique que nous sommes dans la bonne voie. Et Mélenchon s’est encore bien tiré du piège que lui tendait Pujadas.

De leurs côtés, les agents du parti dit « sérieux », excités par la peur de devoir composer avec une gauche retrouvée, en oublient que leur ennemi devrait être la droite et Nicolas le petit. Les images parlent autant que les mots. Vous les avez en tête. A Toulouse, par exemple, la municipalité PS a diligenté sa police municipale pour arracher nos affiches. A Limoges, les mêmes élus « sérieux » n’avaient eu recours qu’aux forces militantes pour tenter de nous recouvrir. Sans plus de succès. L’enthousiasme de nos propres camarades a suffi à rétablir notre prééminence sur le terrain. Passons donc sur cet épisode malheureux mais bien prévisible qui voit – une nouvelle fois – la social-démocratie se tromper d’adversaire. Il m’affecte un peu, parce que j’habite à quelques mètres de l’église Saint-Bernard… Oui, oui, celle-ci en particulier. Mais, vu ce que j’ai entendu des éléphanteaux du parti « sérieux » dès que j’osais avancer un point de vue argumenté de gauche – « communiste, retourne d’où tu viens » – je ne suis guère étonné. Cela fait bien longtemps que le viseur de la rue Solférino est biaisé.

La violence des attaques dont nous sommes victimes en ce moment, nous autres Front de Gauchistes, constitue la réponse directe à la progression de nos idées dans toutes les composantes de la société. Commentant le sondage déjà évoqué, le journaliste de BFM TV soulignait : « Mélenchon progresse parmi les ouvriers, les jeunes, sur les questions écologiques et parmi les électeurs socialistes ». Faut-il poursuivre plus avant pour expliquer que le Parti « sérieux »¸ EELV et les idéologues à carte de presse, tous défenseurs de l’intégration à l’Europe libérale, nous prennent pour cible ? C’est le combat politique. Là se dessine la ligne d’affrontement : libéralisme ou alternative. Nous avons choisi notre camp, nous assumons les coups qu’on nous porte. Parce que nous assumons les victoires dans la bataille idéologique. Comme le dit mon amie Hélène Le Cacheux, que je vais retrouver pas plus tard que ce soir, « nous redonnons à la classe ouvrière conscience d’elle-même ».

La droite Sarkoziste s’était réapproprié les analyses et méthodes du philosophe marxiste Gramsci sur la bataille culturelle. C’est à partir de là qu’elle avait mené l’offensive de triangulation, se réappropriant un champ symbolique estampillé à gauche : Jaurès, Guy Moquet, l’adresse aux ouvriers. Avec le succès que l’on connaît. Un général, Arnaud de Foïard, a expliqué le tout dans les années 1980 : « La guerre culturelle est un moyen de domination et de conquête par perversion de l’équilibre culturel de l’adversaire. »

Puisque le parti « sérieux » ne relevait pas le gant, nous l’avons fait. Nous avons repris ce qui est à nous – comme arme politique de la classe ouvrière au sens marxiste du terme (ceux qui produisent la plus-value dont ils sont spoliés) -, expliqué, démonté, mis en lumière… Bref, nous avons rendu à notre peuple ce qui lui appartient. Nous lui donnons les outils de la conscience de lui-même et, par-là, de sa propre émancipation. Et vous voulez que ceux qui défendent la résignation à l’ordre établi se laissent faire sans broncher ? Ne rêvons pas les amis. Le pire est encore à venir. La semaine qui vient sera horrible. Encore plus si nous réussissons à prendre les plages du Prado samedi 14 avril et que le candidat « sérieux » ne réussit pas son opération à Vincennes malgré TGV et bus affrétés à grand frais. Mais même à 100 000, ils seront loin de notre prise de la Bastille.

Les laquais dociles de l’oligarchie ont donc bien des raisons d’être aux abois. Nous faisons la démonstration que réhabiliter le clivage gauche-droite, c’est créer les conditions de la victoire de la gauche dans les urnes puis dans la rue. C’est bien ce que nous avons travaillé à produire depuis que nous avons créé le Front de Gauche fin 2008-début 2009. Quel que soit le résultat de cette élection à quatre tours, rien ne sera plus jamais comme avant. Quand le peuple retrouve la conscience de lui-même, la fierté de lui-même, la voie qui est la sienne, la bataille prend un tour plus clair. La victoire électorale ouvrira la voie à la grève générale autant qu’à la constituante. Les deux vont de pair, de toutes les façons.

Voilà donc où nous en sommes, à une grosse semaine du premier tour de l’élection présidentielle. Avec, en sus, un potentiel électoral qui nous place devant Nicolas le petit. Je vous le dis, mes amis, ces huit jours qui viennent vont être violents pour nous. Ceux qui nous intéressent, ce sont ces 200 personnes venues des quartiers populaires à Neuilly-sur-Marne ; ces milliers de voisins, d’amis, d’inconnus aussi que nous croisons sur les marchés, au porte à porte, devant les usines ; ces collègues que l’on invite à la maison. Soyons fermes dans l’argument, décidés dans nos méthodes, ne cédons pas à la provocation.

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Bonus vidéo : Assassin « Sérieux dans nos affaires »

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

4 responses to “Camarades, ne cédons pas aux provocations !

  • alain. p

    yeep ! yeep ! resistance !!!!

    • lecridupeuple

      Je sais que la tentation est grande 😉 sur twitter, je viens de me faire traiter de « crotin » et de « stalinien sans cervelle » par un « libéral » fan de Quatremer….

  • lejournaldepersonne

    Les candidats de la mort

    Qu’est-ce que nous réclamons de nos élus en pleine campagne électorale?

    Je vais vous surprendre :

    De nous laisser vivre…

    De nous aider à vivre…

    De nous maintenir en vie…

    De faire autant que possible obstacle à la mort…

    Aux visions morbides, et aux illusions mortelles

    Quand on abandonne les plus démunis, on met leur existence en péril… ça tombe sous le sens… quand on ne porte pas assistance à ceux qui sont dans une situation de moindre résistance, on leur ôte l’envie de vivre…

    On ne les tue peut-être pas… mais on les rapproche de la mort… de la dernière échéance.

    Quand on ne tient pas compte des effets de l’injustice ou de la haine, on augmente dans toutes les âmes sensibles le pouvoir de la mort…

    Devant la surdité et l’absurdité de nos élus, ne cesse de naître et de renaître une certaine lassitude, un certain dégoût de l’homme, du monde et de la vie.

    Or si notre volonté de vivre est atteinte, il n’y a plus rien à craindre… plus rien à espérer… toute parole politique devient inutile et incertaine…

    9 candidats sur 10 ne font rien d’autre pour le moment que lasser les foules en brisant leur envie de vivre.

    Prenons le parti de la vie, contre les partis de la mort et cherchons le candidat susceptible d’augmenter en nous l’envie de vivre et de grandir.

    Existe t-il?

    Oui… c’est le PEUPLE… c’est à dire NOUS

    http://www.lejournaldepersonne.com/2012/02/les-candidats-de-la-mort/

  • Camarades, ne cédons pas aux provocations ! « "l'Humain d'abord" par PG87

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