Au charbon avec Mélenchon – 1er épisode

Vous allez pouvoir lire le premier épisode de ces Chroniques du hamster, le mien ami chez qui je dors quand je vais dans Ch’nord. Le gars hamster est impliqué assez directement dans la campagne du candidat du Front de Gauche dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Il va nous raconter cette campagne, vue de dedans.

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Au fil des conversations avec le Cri du Peuple il nous paraissait évident qu’il fallait parler de la manière dont allait se dérouler la campagne de Jean-Luc Mélenchon et Hervé Poly au pays des boyaux rouges. Pas de place ici à la polémique sur l’intérêt de cette candidature, les stratèges de salon ne sont d’aucune utilité dans une bataille qui se joue sur le terrain. Désormais le débat sera tranché par le peuple souverain, 125 000 personnes se prononceront sur le choix crucial entre l’ethnique ou le social.

Après avoir récupéré Jean Luc Mélenchon et son équipe à la gare de Lille, nous partons à Oignies au cœur du bassin minier et des terrils pour une diffusion de tracts sur le marché. Malgré nos affirmations répétées aux Parisiens que la veille il faisait un temps magnifique, on voit bien que les camarades sont un poil sceptiques. Conséquence de la drache qui s’est abattue, le marché s’est un peu dépeuplé. Il en faudrait plus pour arrêter la mise en route de la campagne. Hervé Poly et les camarades de ce Pas-de-Calais sont présents, notamment Odette Dauchet, maire communiste de la ville de Carvin de 1985 à 2001, date à laquelle Philippe Kemel a réussi le tour de force de l’emporter en s’alliant avec la droite.

Depuis il a démontré sa toute-puissance en faisant voter des morts pour obtenir la place de candidat à la députation. Evidemment, cette « victoire » a fâché ses concurrents malheureux : le député sortant, Albert Facon, et le maire d’Oignies Jean-Pierre Corbisez. D’ailleurs, puisqu’on en parle au moment où la pluie s’arrête, le voilà le maire d’Oignies qui accueille Jean Luc Mélenchon et lui offre un parapluie. Bien plus chaleureux que l’amère de Lille occupée à jouer le numéro de l’élue locale, pour critiquer le choix du Front de Gauche sur la circonscription.

L’accueil est chaleureux, la force joyeuse arpente le marché tranquillement, tandis que Jean-Luc se retrouve  avec un sachet de saucisson de cheval et en propose à tout le monde. Hervé Poly souligne que c’est du Percheron (du nom du patron historique du PS du Pas-de-Calais – NDA) et qu’il faut le bouffer. L’allusion n’échappe pas aux militants locaux. Si quelques commerçants sont un peu fermés, les habitants se sont montrés accueillants, et viennent spontanément pour discuter, poser des questions, et constater que Jean-Luc est bel et bien présent. Qu’on ne se méprenne pas, ce n’est pas un mouvement de foule en délire qui réclame des autographes, il y a là des habitants satisfaits de voir des candidats qui ne réduisent pas la 11e circonscription à la seule ville d’Hénin-Beaumont.

Il est temps de partir à Evin Malmaison pour une réception. Bernard Stasweski, le maire communiste, nous reçoit cordialement, l’occasion de reparler de la lutte de Metaleurop. Jean Luc discute également avec des jeunes présents à la réception et en profite pour expliquer ce que symbolise le triangle rouge qu’il porte à sa veste. Il ne représente pas seulement le signe distinctif porté par les opposants politiques déportés par les nazis. Il fut utilisé bien plus tôt, en 1890, à l’occasion du Premier Mai pour revendiquer la réduction à 8 heures de la journée de travail, et symboliser le partage de la journée en trois (travail, sommeil, loisirs). Odette, Bernard, véronique et Cathy comme Hervé et d’autres quelques jours plus tôt ont réservé un bon accueil à Jean-Luc Mélenchon. On ne va pas le cacher, avec la réputation rugueuse de la fédération du Pas-de-Calais du Parti Communiste Français, nous n’imaginions pas que les rapports humains seraient aussi fraternels.

Direction Courcelles-lès-Lens pour se restaurer près du canal de la Deule, à la gare d’eau, ancien haut lieu de l’industrie batelière (renseignements pris, on n’y fabrique pas de pédalos). On en profite pour faire avaler un potjevleesch (avec des frites forcément !) aux Parisiens. Dernière étape de la journée, Hénin-Beaumont, où se tient une réunion de travail dans les locaux flambant neufs du PCF qui va abriter le siège de campagne du Front de Gauche dans son ensemble.

Une ambiance studieuse de rigueur, Jean-Luc présente sa vision de la campagne et propose toute une série d’initiatives pour rythmer la campagne. On doit « être une force joyeuse. Contrairement à ceux d’en face qui s’emmerdent comme des rats morts quand ils se réunissent entre eux ». Hervé Poly prend le relais et décrit la campagne telle qu’elle s’est déroulée jusqu’à présent, avec des éléments chiffrés et précis sur les besoins militants, sur ce que représentent les tractages sur la circonscription, et sur les forces et faiblesses du réseau militant impliqué. Tout un tas d’éléments précieux pour la suite des évènements. On ne repart pas de zéro, et l’expérience accumulée permet d’évaluer ou orienter les efforts militants. La suite de la campagne approche.

Déjà, le 18 mai un meeting en plein air est en vue, à Méricourt dans l’éco-quartier (regroupant logements et services publics) construit sur le carreau de l’ancienne fosse du 4-5 Sud.

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Bonus vidéo : Anthrax & Public Enemy « Bring The Noise »

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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