Au charbon avec Mélenchon – 2e épisode

La campagne sur la 11e circonscription du Pas-de-Calais a atteint son rythme de croisière. Le local qui abrite le QG de campagne à Hénin-Beaumont est désormais tapissé de tableaux permettant de suivre les initiatives quotidiennes, le nombre d’inscrits, les tractages… Rien n’est laissé au hasard, les cartes des communes, nombre de boîtes aux lettres par ville. C’est un déploiement minutieux auquel on assiste, et c’est ce que l’on retrouve d’ailleurs dans la plupart des campagnes législatives menées par le Front de Gauche.

Ce matin les équipes s’activent pour diffuser sur le marché d’Hénin-Beaumont. On prépare les tables, les équipes se répartissent, les « mélenchanteurs » arrivent, parmi lesquels Romain Jammes. Le service d’ordre va s’assurer que le marché sera fréquentable pour éviter une mauvaise rencontre avec l’héritière de Montretout et ses sbires. Hé oui, n’en déplaise aux rédacteurs en chef avides de confrontation sanglante et de bataille rangée pour faire péter l’audimat, nous passons le mot aux journalistes reporters d’images présents, ils n’auront pas ce que veulent leurs employeurs parisiens. On laisse la fille-à-papa traverser le marché au pas de course, bien entourée par des caméras. Les militants se sont placés aux points de passages les plus importants du marché, et l’on constate assez vite qu’on trouve plus de stands qui vendent des fraises de Phalempin que de présence militante de l’extrême droite.

Photo de l’ami Rémy Blang

Avis aux amateurs, la barquette de fraise locale oscille entre 3,50 € et 4,95 €. Passons sur les péripéties de la main invisible du marché sur la fraise. Jean-Luc Mélenchon arrive, et l’on voit une tout autre pratique politique à l’œuvre. On prend son temps, on discute avec les gens. Il n’y a pas le moindre intérêt à traverser tout le marché au pas de course (encore moins au pas de l’oie – Note du rédac chef). On constate encore une fois, comme à Libercourt la veille, que l’accueil est plutôt chaleureux. Il est déjà temps de se restaurer. Mais avant cela, nous nous rendons à la salle située à Courrières où va se tenir le meeting du jour.

L’équipe technique s’affaire pour installer la décoration et surtout mettre en place la sonorisation et l’éclairage.

Photo de l’ami Remy Blang

Dehors, une équipe de collage s’assure que l’affichage soit aux couleurs du Front de Gauche. L’appel de l’estomac se fait plus pressant, on a tous de bonnes adresses locales. Pour ma part, j’ai suivi les conseils de l’ami Jean-Jacques, un QG approprié, La Belle Anglaise, un décor sympathique digne d’un pub, des portraits de guitaristes de blues légendaires, des ballons ovales qui trônent derrière le comptoir. En prime, la bière est fraîche et la nourriture vaut le détour.

Autre détour, par la gare de Lens pour récupérer Benoît Schneckenburger, et retour à la salle : des militants de tous âges finissent de décorer la salle aux couleurs du Front de Gauche. Il est temps de réunir l’équipe du service d’ordre pour un briefing rapide. Hommes et femmes expérimentés et débutants du Réseau Gracchus Babeuf sont présents. L’occasion de rappeler que c’est une tâche militante parfois ingrate mais nécessaire pour que nos initiatives se déroulent le mieux possible. Rien à voir avec les clichés qui ont la vie dure sur les gros bras, il s’agit simplement d’être en capacité de se protéger, une tradition du mouvement ouvrier née un siècle plus tôt.

Photo de l’ami Rémy Blang

La salle se remplit doucement, beaucoup flânent sur la pelouse en attendant les orateurs. L’animation musicale à l’extérieur permet de patienter. D’autres vont faire le plein de céréales au bar. Le meeting commence, devant plusieurs centaines de personnes, Hervé Poly fait une brève intervention. C’est au tour du camarade à la cravate rouge. Jean-Luc Mélenchon revient sur ces questions locales qui méritent une réponse nationale et évoque le cas du procès de Samsonite où seul le Front de Gauche était présent pour soutenir les salariés. D’ailleurs, sur les questions sociales, on attend toujours que la tête de gondole de l’extrême droite, ou le candidat qui fait voter les morts, se montrent. Mais il est tellement plus facile de persifler auprès d’organes de presse complaisants sur la couleur du parachute que de défendre les salariés !

Le discours de Jean-Luc Mélenchon est comme d’habitude dense et intense. Il évoque tant de choses, de la catastrophe de Courrières à la première Convention collective de branche négociée dans le bassin minier, berceau du mouvement ouvrier. Enfin, il évoque la prochaine étape publique le 3 juin, une marche qui partira du puits Dahomey pour se rendre à Billy-Montigny, sur le modèle de celle menée par la résistante communiste Émilienne Mopty en mai-juin 1941, pendant les grèves des mineurs. Le meeting s’achève déjà, Jean-Luc Mélenchon prend le temps de répondre aux nombreuses sollicitations puis tout le monde se disperse en attendant de se revoir très vite à la prochaine étape. Dans les corons comme partout ailleurs, on ne lâche rien !

 

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Bonus vidéo : Silmarils « Va y avoir du sport »

 

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

One response to “Au charbon avec Mélenchon – 2e épisode

  • BA

    Le Fonds monétaire international (FMI) a publié, mardi 5 juillet 2011, le contrat de travail de sa nouvelle directrice, Christine Lagarde. L’ancienne ministre des finances touchera un salaire annuel de 551 700 dollars (soit 380 727 euros), soit un salaire mensuel d’environ 31 700 euros. En outre, cette somme n’est soumise à aucun impôt, grâce au statut de fonctionnaire international des salariés du FMI.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/07/05/christine-lagarde-arrive-au-fmi-la-grece-dans-le-viseur_1544783_3234.html

    Madame la marquise Christine Lagarde est comme les aristocrates d’avant la Révolution française, qui ne payaient aucun impôt, eux non plus.

    Madame la marquise demande au peuple grec de payer des impôts, mais madame la marquise ne paie pas d’impôt sur le revenu.

    A la guillotine, cette aristocrate.

    A la guillotine, et avec elle tous les autres aristocrates.

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