Laetitia Suchecki candidate de coeur pour l’Afrique

On aurait bien tort de croire que la politique et la vie sont deux choses séparées. Et je ne dis pas cela uniquement parce que politique renvoie au grec « la vie de la cité ». Nous sommes beaucoup à nous gausser de tel ou tel responsable incapable de donner le prix d’une baguette (dans mon quartier, 80 centimes d’euros, 1 euro pour la tradition). Mais l’exception confirme la règle : politique et vie sont indissociables. Laetitia Suchecki, mon amie candidate sur la 9e circonscription des Français de l’étranger, en est le meilleur exemple.

J’ai connu Laeti (oui, moi, je peux me permettre) travaillant à mettre en place la coopération décentralisée dans une collectivité locale. A ce titre, elle a beaucoup parcouru et travaillé avec les habitants en Afrique subsaharienne, l’Afrique noire de l’ouest pour parler avec des mots compréhensibles par tous. Cette expérience, les liens qu’elle a noués avec les Africains sur place, l’ont amenée à vouloir redéfinir la politique et la pratique de la France dans le continent. C’est donc tout naturellement qu’elle a rejoint le secteur Afrique du Parti Communiste Français, dans l’équipe de Sylvie Jan. Aujourd’hui, Laetitia porte les couleurs du Front de Gauche dans l’Ouest du continent africain du Maroc à la Lybie, de l’Algérie au Mali.

Pas simple de faire vivre une candidature dans les circonscriptions des Français de l’étranger. Mon ancienne voisine ne dispose pas, comme ses concurrents des partis qui se veulent hégémoniques, de moyens financiers lui permettant de se balader partout. Elle a réussi tout de même à se rendre à Casablanca, au Maroc où vivent de nombreux Français émigrés. Elle n’a pu échanger avec les organisations politiques marocaines eu égard à la loi locale qui interdit aux partis étrangers de commenter l’actualité du pays dirigé par M6. En revanche, Jean-Malik Lemaire, son suppléant, vit lui au cœur de la 9e des Français de l’étranger. Ce qui lui a permis il y a peu de participer à un débat avec les autres candidats sur une grande radio marocaine.

L’essentiel du travail militant passe donc par le numérique. Les réseaux sociaux ont été au cœur de la campagne. Avec les camarades de la circonscription voisine : Afrique de l’Est et du Sud, ils ont été jusqu’à mettre en place une Assemblée citoyenne en ligne. Faisant vivre le vieil adage : « on n’a pas de sous, mais on a des idées ». Le téléphone fonctionne aussi à fond. Pour, par exemple, soutenir les amis du Front de Gauche de Bamako. Ces derniers vont distribuer leurs tracts devant le centre français de la capitale malienne dans la situation de tension que l’on connaît. Avec l’incertitude liée aux événements dramatiques qui agitent ce pays cher au cœur de Laetitia. A tout moment, l’ambassade peut donner l’ordre d’évacuation immédiate des ressortissants français. Pas simple, n’est-ce pas ?

Mais, de fil en aiguille, Laetitia et les camarades impliqués dans sa campagne ont réussi à atteindre un de leurs objectifs : construire le Front de gauche des Français émigrés en Afrique. « Essentiellement sur la base des propositions du Front de gauche pour changer la politique française en Afrique », se félicite cette jeune trentenaire. Ce n’est pas rien : voir des Français s’emparer de la question délicate de la « françafrique » pour dire qu’il faut en tourner la page, ce n’était pas gagné d’avance. Pour Laeti et les amis, c’est la première des victoires. C’est aussi sur cette base que des combattants de la cause anticoloniale comme Henri Alleg lui ont apporté leur soutien. Je me souviens du sourire dans sa voix quand elle me l’a annoncé au téléphone.

De fait, la candidature de Laetitia et Jean-Malik s’inscrit dans la bataille pour faire gagner des droits aux citoyens français où qu’ils vivent. Avec une certitude : transformer radicalement la politique de la France en Afrique, c’est autant améliorer le sort des Français qui y vivent que de rendre à tous les peuples africains les moyens de vivre dignement, décemment, démocratiquement. Comme la classe ouvrière en France, les peuples d’Afrique souffrent d’un même système :

« La responsabilité historique du capitalisme européen est engagée, pour toutes les entraves qu’il a mis au développement de l’Afrique, de l’esclavagisme qui a déstructuré les sociétés africaines, jusqu’au colonialisme et aux politiques impérialistes qui ont organisé le pillage des ressources et formaté l’activité économique de l’Afrique pour les seuls besoins des entreprises multinationales. Les peuples n’ont pourtant pas dit leur dernier mot. De Dakar à Johannesburg en passant par Lagos, de grèves générales en mouvements populaires, ils témoignent de leurs aspirations et de leurs combats pour construire une autre Afrique et un autre monde. C’est dans cette dynamique que le Front de gauche entend changer radicalement la politique de la France avec l’Afrique. »

Pour Laetitia, la campagne s’arrête ce vendredi 1er juin au soir. Elle connaîtra son score dimanche dans la nuit. Quel qu’il soit, elle sait qu’elle devra continuer à bosser dur. Le Front de Gauche de la 9e circonscription des Français de l’étranger n’a pas l’intention de prendre de vacances.

 

9e circonscription des Français de l’étranger : 140 503 Français émigrés vivant dans 16 pays d’Afrique.

Résultats de Jean-Luc Mélenchon, candidat Front de Gauche à la présidentielle : 11,29 %

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Bonus vidéo : Tiken Jah Fakoly « Françafrique »

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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