Histoire de gant, ma réponse à Gauche de combat

Tu parles d’une pression… Sans faux col, ça c’est sûr. Mon ami Je suis cet homme, brillant et tenace taulier de Gauche de combat a décidé de « poser les gants », dit-il. Et de me passer, à moi, illico, le flambeau. Mais de quoi ? Je le laisse s’expliquer :

« En effet, j’ai souhaité me retirer de la course infernale à la première marche du podium du classement ebuzzing, autrefois wikio,  qui nécessite un investissement important que je ne peux plus fournir, au détriment d’autre chose. J’ai en effet depuis peu d’autres priorités dans la vie…et je préfère donc passer mon temps à autre chose de plus essentiel à mon équilibre personnel. C’est pourquoi, en voyant apparaître le blog de Nathanaël, je me suis dit, comme ça au fond de moi sans jamais lui en parler (je peux témoigner – NDA), qu’il pouvait être celui qui reprendrait brillamment le flambeau. »

Bien… En lisant cela, je me suis resservi un perrier bleu bien serré. Je lui ai laissé une première réponse à lui. Et, puisqu’il m’interpelle publiquement, je m’en vais lui répondre du même pied.

D’abord, Gauche de combat, c’est un blog qui m’a donné l’envie autant que l’inspiration. J’ai été heureux de lire que l’ami Je Suis cet Homme n’allait pas raccrocher les gants. Il va continuer son bonhomme de chemin à son nouveau rythme. Et ça, c’est un premier point qui me remplit de bonheur.

Je ne pourrai jamais le remplacer, nul ne le pourra. Parce que, d’abord, il a son style, comme j’ai le mien. Il a aussi son poste d’observation, qui n’est pas le mien (je crois que je suis un peu plus apparatchik que lui). Nous avons tous deux une histoire différente : lui l’alternatif aux relents anars, moi le communiste. Mais la politique ne fait pas tout pour définir un homme : le verbe de Gauche de Combat se nourrit de sa propre sensibilité, de son expérience de vie, de cette Lorraine qu’il aime et que je comprends, ma maman venant des mêmes terres entre acier et charbon. Une terre marquée par la résistance et cette empreinte des étrangers qui l’ont façonnée.

Je ne serai donc jamais Gauche de Combat bis. Je resterai le Cri du peuple, avec mon histoire, mes préoccupations, mes marottes : la Commune de Paris, la guerre d’Espagne, l’histoire du mouvement ouvrier… Et mon ton, que l’ami Je suis cet homme me fait le bonheur de qualifier de « personnel ». Répondrai-je à son souhait en intégrant le top dix des blougs les plus influents en matière politique ? Vous seuls, amies lectrices et amis lecteurs, répondrez à cette question. Oh ! certes, je connais les ficelles qui me permettraient d’aller plus vite et plus loin. J’en use parfois, je le concède. Mais pas trop, j’espère, et sans me travestir jamais.

Quand j’ai lancé de modeste objet nommé le Cri du peuple, en octobre 2011, je l’ai fait sans aucune arrière-pensée autre que la conviction, à tort peut être, que les idées qui sont miennes valent que je les partage. Ce qui vaut pour moi, vaut pour d’autres. Après, vous en faites bien ce que vous voulez. Je suis assez surpris de ce que vous en avez fait jusqu’alors. Quand je dis « surpris », il faut entendre « heureusement surpris ». Avec une régularité sans faille, vous venez, de plus en plus nombreux, lire ces lignes posées sans autre prétention que de mettre au propre des pensées qui, si je les gardais pour moi, resteraient brouillonnes, inachevées, un poil brutes. Je m’améliore au contact de l’autre, je me nourris de la confrontation, je suis un fervent partisan de l’aliénation parce qu’en m’oubliant, je deviens mieux moi-même.

C’est là tout le sens d’un blog, du moins tel que je l’entends. C’est pour cela que, comme je l’ai déjà écrit, si je revendique mon militantisme au Front de Gauche et mon appartenance au Parti de Gauche, j’ai toujours refusé que le Cri du peuple en soit une publication officielle. Il y a beaucoup d’autres blogs au logo qui m’est cher de bien meilleure facture.

Il y a surtout d’autres blogs personnels dont je me nourris, vorace ; vous les connaissez à force que je les cite. Je veux saluer les amis Despasperdus, Partenariat public privé d’intérêt général, A Gauche pour de vrai, Rue Affre (mon voisin), Pensée libre, Bab El Ouest, mon amie Angelina, Franck Boissier, Romain Jammes, Thomas… Il y a la jeune garde qui monte : Michael Canovas, La Ligne de Front, J’ai pris parti, Rock n’ rouge… Je veux croire que le défi que me lance Gauche de Combat, c’est ensemble que nous le relèverons. Ces vieux briscards, ces jeunes talents, moi… Ensemble.

En n’oubliant jamais que nous sommes avant tout des hommes et des femmes ; des êtres à part entière avec nos doutes, nos peurs, nos joies, nos colères… nos lubies aussi. Nous sommes humains, d’abord. Et, pour la plupart d’entre eux, des potes. Est-ce que cela suffira à nous faire monter sur la plus haute marche du podium du lab ebuzzing ? Qui sait ? Moi, je crois bien que – d’ici dix ans -, ensemble, nous aurons pris le pouvoir, deuxième étape de la révolution citoyenne. Alors, pourquoi pas ?

————————————-

Bonus vidéo : Test Department « Fuel To Fight »

Publicités

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

17 responses to “Histoire de gant, ma réponse à Gauche de combat

  • babelouest

    Ami, tu parles d’un ami comme on parle du bonheur, avec passion. Je ne le connais pas sur twitter, mais sur son blog. Et depuis peu dans sa demeure, où je fus si bien accueilli tout récemment. Je l’en remercie encore ici. C’est une particularité, je milite actuellement pour le Parti de Gauche sans y avoir adhéré, par un pragmatisme bien entendu.

    Quant au classement des blougs, mes opinions font que je n’en ai cure. D’autres y sont plus assidus. L’important n’est-il pas de dire au bon moment ce qu’il est judicieux de dire ?

    Comme mon pseudo, tel que tu le transcrits, peut prêter à ambiguïté, j’en rappelle ici le sens. J’habite très près d’une immense HLM en forme de pyramide décentrée, le plus grand immeuble d’habitation à loyer modéré de l’ouest. L’actuel premier ministre y eut un appartement, autrefois. S’y croisent des populations aussi diverses que des Russes, des Polonais, des Indiens, des Kabyles, des Ivoiriens… d’origine, avec l’enchantement des langues qui émaillent les conversations. J’ai tenu à prendre pour symbole cette cohabitation en paix de milliers de personnes, avec qui je discute parfois. D’où ce nom, Babel de l’ouest, babelouest.

    Ensemble, continuons à promouvoir cette richesse de nos origines, à pourfendre ces apatrides qui « nous gouvernent » au nom d’une effrayante mégalomanie, et qui manipulent nos élus et une partie encore trop grande de la population.

    • lecridupeuple

      Heureux homme qui rencontra « Je suis cet homme », je suis bien sûr que j’aurais le même plaisir tantôt.

      Quant à l’orthographe de ton pseudo, tu as sans doute remarqué que j’ai une attirance particulière pour l’Algérie. Et mon « popa » a grandi à Bab el Oued. D’où ma version qui ne s’oppose pas à la tienne tant Bab el Oued est aussi une babel près de l’oued.

  • gauchedecombat

    « alternatif et anar », moi, ça me va. Rien d’un apparatchik, effectivement, même si je soutiens activement le front de gauche et Méluche,je tiens à garder mon sens critique. Quant au fait que tu avances avec un groupe d’autres blogueurs,c ‘est ainsi que j’ai avancé aussi. Chacun sa constellation… La solidarité fait le succès, dans le blogage comme ailleurs. C’est un sport de combat, mais collectif. Ne faisons nous pas partie des réseaux sociaux ? Que la force soit avec toi.

  • nops

    Moi, des que ca parle Lorraine, on me prend par les sentiments…

    ps: « The Revolution will not be televised » comme le disait le regretté G.S-Heron et j’ai envie de renchérir avec ca: http://www.youtube.com/watch?v=ebWk9pBXSso

  • OuldC

    Soyons ordonnés, être de gauche ce n’est pas faire n’importe quoi !
    1. « je connais les ficelles qui me permettraient d’aller plus vite et plus loin. J’en use parfois, » ça, c’est noté !
    2. « modeste objet ». Tu as le sens de la formule ! Ainsi tu parviens à lier la tendresse et la proximité du ‘modeste’ avec le formalisme et la solennité de ‘l’objet’ ! C’est au-delà de l’intelligence, c’est de la perversion !
    3.Tu n’as certainement pas eu tort de ‘lancer le modeste objet nommé le Cri du peuple’ et ta ‘conviction’ ainsi que tes ‘idées’ , ceux qui, comme moi, régulièrement, te lisent, les ‘partagent’ avec ferveur !
    4. Merci de nous citer tous tes amis bloggers; je me promets de leur rendre visite et j’espère leur marquer autant d’assiduité que pour toi !
    5. Babelouest est quelqu’un que je rencontre assez souvent et j’ai beaucoup apprécié l’élégance et la tendresse de son commentaire !
    6. Babelouest nous a éclairé sur les origines qu’il attribue à ce pseudonyme et qui relient, d’un trait, les débuts de l’humanité consciente à nos jours. Mais toi, tu as rappelé l’étroite proximité avec Babeloued et l’Algérie!
    Et je te découvre bien cachottier, car j’ignorais que ton ‘popa’ avait grandi à Babeloued ! Il va falloir qu’on aie un explication sérieuse et complète !
    Ceci-dit, ce n’est pas le ‘babel de l’oued’ mais la ‘porte de l’oued’!
    Allez, je crois t’avoir assez asticoté comme ça!
    Salutations à l’ancien de Babeloued !

  • rocknrouge

    J’aime bien les billets d’autosatisfaction où on se fait des bisous. J’avais cru comprendre qu’on faisait ça le samedi, mais le lundi me convient aussi.
    Bref, je suis plutôt fier de notre travail de propagande (terme que j’assume parfaitement), je ne suis pas certain de son influence, mais je sais déjà qu’il nous rassemble, nous aide à prendre conscience de notre propre force et de notre propre nombre.
    Nos styles sont différents, notre expérience dans ce domaine aussi, mais tous ces bloggeurs-camarades que tu cites ont en commun des valeurs qui soudent et créent la solidarité.
    Je débute, tant bien que mal, dans cet exercice, et mes lacunes, tant sur le fond que sur la forme, m’interdisent un rythme aussi soutenu que le tien ou celui d’autres, mais chaque fois que je lis ou écris un billet, je pense à cette phrase très léniniste de Mélenchon : « Une révolution ne se décrète pas, elle se prépare. » Me dire que tous ensemble, en écrivant, en commentant, en discutant, nous apprenons à faire entendre notre voix, et c’est ainsi qu’on prépare les révolutions.

  • dareljedid

    -5 lettres…
    -…pas mieux
    – « Big up »
    – pas mal…
    -…merci.

  • Angelina

    Fière fière fière d’être dans les amis !
    Pour le ebuzzing, je ne sais pas comment ça marche, il faudra que tu me fasses un topo, car moi je n’ai aucun scrupule :p

  • Annie Stasse (@penseelibre0)

    pour monter dans ibuzz quelques conditions : faire dans la polémique, publier plusieurs fois par jour, visiter et commenter les autres blogs… pas n’importe lesquels s’entend…ainsi t’as quelques « chances » de collectionner les twit et les fesses…
    si tu les remplies t’as ta chance l’ami. Sans oublier une autre condition être homme ou cacher qu’on est femme.

    quant à ce que je sois dans tes « repérages » ça c’est sympa.

%d blogueurs aiment cette page :