Législatives : défaite en trompe-l’œil pour le Front de gauche

C’est un sentiment mitigé qui m’étreint ce lundi matin. Nous disposons donc des résultats pour le premier tour des élections législatives. Et des perspectives qu’ils ouvrent pour le second. Je vous livre ici mes premières impressions personnelles parce qu’elles vont aussi m’aider à y voir plus clair. Il faut d’abord arriver à surmonter ce goût de bile dans la bouche qui me pollue depuis hier soir. Analyser ces résultats m’est bien plus difficile que le même exercice pour les présidentielles. La raison en est simple : je suis bien plus impliqué émotionnellement. J’ai trop d’amies et d’amis qui étaient candidats hier.

Assez tergiversé, venons-en au fait. Et au premier de mes hoquets de rage. Dans la petite couronne : Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine, le parti dit « sérieux » a mené à bien sa stratégie cannibale contre le Front de Gauche. L’essentiel des députés que le PS gagne le sont au détriment du rassemblement de la gauche. Pas contre la droite. La même chose vaut en Seine-Maritime ou dans le Rhône.

Au-delà de la volonté hégémonique du parti dit « sérieux », d’autres facteurs contribuent à expliquer ce qui apparaît de prime abord comme une défaite pour le Front de gauche. Il y a l’abstention, notamment dans les quartiers populaires, où nous n’arrivons pas à retrouver la dynamique que nous avions créée à l’occasion de la présidentielle. Il y a une vaguelette rose en France, qui voit le PS progresser de près de 1,2 millions de voix et une vague rose à l’intérieur de la gauche. La campagne du parti du président, sur la nécessité d’une majorité absolue, a donc fonctionné. Mais ce serait trop simple de renvoyer la faute sur le seul parti dit « sérieux ».

Nous avons aussi, nous autres frontdegauchistes, notre part de responsabilité. Nous avons éprouvé une vraie difficulté à lier la campagne des législatives à celle de la présidentielle. Ne nous leurrons pas : d’une certaine manière, une partie des 11 % obtenus par Jean-Luc Mélenchon l’ont été autour de son nom, dans ce processus de personnalisation inhérent à la Ve République. François Bayrou avait eu à subir une avanie similaire en 2007. Comme d’autres, j’ai voulu croire que l’essentiel de nos électeurs nous avaient rejoints parce que notre démarche d’éducation populaire politique avait porté ses fruits. Je me suis trompé. Au Front de gauche, le phénomène de distorsion entre présidentielles et législatives s’est trouvé aggravé parce que des candidats députés n’ont pas pu ou voulu lier les deux, certains faisant preuve de suffisance, d’autres se contentant de campagnes de notable. Qui n’ont pas suffi face à la poussée du parti du président. Dans le combat de deux notabilités, c’est bien souvent la plus proche du pouvoir qui l’emporte.

Reste que cette impression de défaite, marquée par des pertes sèches en députés, ne doit pas masquer la réalité. La vérité est que nous progressons en voix autant qu’en pourcentage. Comme le dit mon ami Rudy Pierron, nous nous renforçons, camarades ! Nous gagnons 677 260 voix au niveau national et plus de 2,5 points en suffrages entre 2007 et 2012. Ce qui, en soi, est déjà pas mal. Dans d’autres temps, nous aurions, avec raison, crié victoire pour moins que cela. Cela se voit peu mais nous progressons partout. C’est justement pour cela qu’on le voit moins. Les bastions qui étaient les nôtres s’estompent parce que notre ancrage se généralise. Il n’y a plus guère qu’en Alsace où nous sommes encore marginalisés. Il faudra disposer des résultats complets pour dresser une cartographie de notre ancrage électoral mais je suis pas loin de penser que nous frôlons voir dépassons les 10 % dans une quarantaine de départements, ce qui ne nous est pas arrivés depuis… les années 90 ? De fait, il faut revenir à 1997 pour voir notre sensibilité réaliser un score plus élevé que celui que nous obtenons ce 10 juin 2012.

Nous avons donc enfin inversé la tendance lourde qui entraînait la gauche de la gauche dans la spirale du déclin. Nous avons donc renoué avec une franche progression en nombre de voix et en pourcentage, sans que cela se traduise en nombre d’élus. Pour moi, c’est un constat un peu amer mais prévisible. Notre stratégie d’autonomisation vis à vis du parti dit « sérieux » a cette double conséquence : nous regagnons de la crédibilité et donc des voix partout. Le PS nous le fait payer en menant une stratégie d’éradication à notre encontre. C’est de bonne guerre. Nous incarnons deux visions extrêmement distinctes de la politique et de ce que doit être la gauche. Au final, l’une devra l’emporter sur l’autre. Le parti dit « sérieux » a toutes les raisons de pousser ses propres feux pour tenter de faire disparaître notre alternative. Puisque nous ambitionnons de couper les ailes de sa politique d’alternance.

Fort de ces 670 000 voix gagnées, je suis intimement convaincu que nous allons continuer à reconquérir nos positions dans l’avenir si nous savons garder la tête froide et continuer sur la dynamique qui est la nôtre. Quand nous sommes vraiment Front de Gauche, nous gagnons dans les têtes. J’en veux pour preuve les belles campagnes d’un certain nombre d’amis. Corinne Morel-Darleux fait passer le score de notre sensibilité de 4,46 % à 9,5 %. A Paris, Ian Brossat fait évoluer notre score de 3,6 % à 13,19 %. Emmanuel Girod, dans la 1ère circonscription du Doubs, double la mise en nous faisant passer de 3,14 % à 7,31 %. J’en passe et des meilleures. Nous enracinons un nouveau champ du possible politique. Cela devra, bien entendu, se traduire par des décisions audacieuses, des ruptures avec nos propres habitudes. Mais c’est le prix pour redonner au peuple toute sa place.

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Bonus vidéo : Insane Clown Posse « In Yo Face »

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

65 responses to “Législatives : défaite en trompe-l’œil pour le Front de gauche

  • babelouest

    Ici, arrivé assez récemment je connais deux circonscriptions : celle où je vote (candidat PC contre un « ancien », De Rugy) et celle où j’ai milité. Là où je vote, le candidat a 34 ans, et promet beaucoup. Là où j’ai milité, la candidate a 42 ans. C’est donc un avenir devant nous.

    C’est dans ses options politiques, à mon avis, que le FdG fait fausse route. Il se contente de menacer de sortir de l’Europe libérale pour obtenir ce qu’il veut : pari perdu d’avance à mon avis. Au contraire, il faut en sortir d’abord, malgré les difficultés que cela occasionnera au départ, afin de définir une nouvelle plate-forme se riant des diktats de Bruxelles, de New York (FMI), de Francfort. C’est ce qu’a choisi Nikonoff (viré d’ATTAC à cause de cela), c’est ce qu’a choisi Asselineau, pourtant à l’opposé politique apparent (ostracisé gravement par les médias pour ces raisons, au point de devoir renoncer à se présenter à la présidentielle). On voit là combien cette attitude est jugée dangereuse par certains, au point de tout faire pour étouffer les dissidents.

    • lecridupeuple

      Je ne suis pas certain que la question de l’Europe soit aussi centrale que ça dans la manière dont les gens se déterminent vis à vis du FDG. J’ai même peur que cette question soit extrêmement secondaire au final.
      Je pense que nous avons plus à gagner en changer le discours politique, en appuyant sur la conscientisation de la classe ouvrière et en modifiant radicalement nos pratiques politiques. Des camarades comme Danielle Simonnet ou Leïla Chaïbi ont réussi à réaliser des scores intéressants en innovant dans les pratiques militantes.

      • babelouest

        Je ne parle pas de la façon dont les gens se déterminent : il s’agit des vraies options politiques, même si pour les citoyens en général elles paraissent marginales : elles déterminent le reste, la liberté de manœuvre vis-à-vis de « la « communauté internationale » (traduire les États-Unis et leurs comparses).

        Je ne pense pas en matière de militantisme, mais de la vraie politique, celle qui tache. Celle dont on ne parle pas, mais qui conditionne tout le reste. Celle pour laquelle « on » tue sans frémir. Je m’intéresse plus à la politique dite « extérieure », qui est en fait le moteur de la vie quotidienne, mais selon un billard à 4 ou 5 bandes. La plus sordide aussi. Karachi n’en est que l’une des péripéties les plus médiatisées.

  • SEITE

    Entièrement d’accord avec babelouest. Je pense que si le PG ne clarifie pas son discours sur l’Europe, il n’ a aucune chance de progresser. Quand Le Pen dit aux ouvriers, aux chomeurs, aux précaires, que l’Europe est la cause principale de leurs difficultés, je regrette de le dire, mais qui peut lui donner tort ??? (attention je ne parle que du discours, pas de ce qu’il y a derrière, la haine, le rejet, le mépris des faibles..) Tant que notre position restera floue à ce sujet, tant que nos partenaires joueront au chat et à la souris avec les socio-démocrates, comment ces mêmes personnes pourraient elles nous suivre? Un exemple dans ma circonscription où la candidate n’a pas voulu faire une vraie campagne engagée politiquement pour ne pas déplaire au maire de la ville (PS) dont elle est adjointe (PCF)… Je crois que l’on peut considérer les résultats d’hier comme un réel échec d’une stratégie qui vise à changer les choses en douceur comme si on pouvait changer l’Europe de l’intérieur…. JLM et consorts ne sont pas parvenus à le faire au sein du PS, comment imaginer qu’ils y parviennent au sein de l’UE???
    Je crois qu’il est plus que temps d’oser et cela passe par une position affirmée d’une rupture avec le système tel qu’il est aujourd’hui.

    • lecridupeuple

      Mais Paule, notre position est claire. Elle n’est pas la plus facile mais elle est claire. Nous, nous faisons le pari de l’intelligence ce qui nous amène à refuser les positions simplistes. Il n’y a rien de flou dans notre positionnement, qui est quasi le même que Syriza. Syriza ne dit pas qu’il faut sortir de l’Europe. Elle dit qu’il faut virer les banques de la direction de l’Europe.

      • SEITE

        Faire le pari de l’intelligence c’est aussi entendre les électeurs, y compris et surtout ceux qui ont voté FN… De plus en plus de voix s’élèvent, même chez d’anciens tenants du traité européen (Sapire et d’autres) pour dire qu’il n’y aura pas d’issue que la sortie de l’euro et la remise à plat de l’Europe telle qu’elle est. Il ne sera pas possible de faire l’Europe sans les peuples. La désobéissance au cas par cas, ce que nous pronons dans nos discours (J Généreux..), ne peut suffir et ça les électeurs le savent….

      • lecridupeuple

        Moi, je ne change pas d’avis : la seule chose que je comprends chez les électeurs FN, c’est qu’ils font le choix conscient et accepté de la haine, du rejet de l’autre et du simplisme. Basta ! je l’ai dit pendant la campagne, pas parce que l’état-major me le serinait, parce que je le pense.

  • penseelibre

    moi je crois qu’il faut entendre le vote FN. Il n’y a pas que l’anti-immigration qui séduise les gens, il y a aussi l’Europe. C’est pourquoi je suis en accord avec Babel (pas que ça… aussi la Grèce, le NON, etc…)

    • lecridupeuple

      Je ne suis pas en désaccord avec vous, sur le fond quant à la question européenne. Même si, pour moi qui reste un indécrottable militant internationaliste, il vaut mieux agir pour imposer de nouvelles priorités à l’Europe que de chercher à en sortir.

      Après, pour le FN, la question qui était posée c’est : « plus de fric ou moins d’arabes ? ». Que ça plaise ou non, 33% des Français ont répondu « moins d’arabes ». Désolé pour les mots, ils sont choquants mais au moins, ils parlent d’eux mêmes. N’allons pas chercher plus loin

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      • babelouest

        Tu as lu mon petit manifeste « anarcho-communiste » sans doute.
        http://bab007-babelouest.blogspot.fr/2012/05/nouvelle-donne-lanarchie-une-utopie.html

        Je suis autant internationaliste que toi, mais pour créer un point d’ancrage européen à une donne différente à l’Europe libérale, il faut lui bloquer provisoirement les moyens d’agir sur une partie du territoire. D’où des frontières bloquant flux financiers et porteurs de valises. Mais pas les simples humains, bien entendu. Dans le cadre européen, avec 27 États complètement contradictoires en stratégies économico-financières, et 17 membres de l’euro (sans compter les membres de l’OTAN, car cela procède de la même stratégie), il est impossible de faire quoi que ce soit.

        Malgré les différences de points de vue qui peuvent nous séparer de cet homme, je te conseille de visionner cette lucide mise au point sur ce qu’est vraiment l’Europe, par Asselineau, qui fut candidat à la candidature présidentielle malheureux, ostracisé par les médias au point que la presque totalité des 340 référends qui lui avaient promis leur soutien se sont désistés. C’est dire la pression des médias ou du moins de leurs bailleurs de fonds..
        http://dai.ly/iBOFwU
        Attention, cela dure 2h½, mais çà en vaut la peine. J’ai sauvegardé le fichier, pour le cas où il serait effacé.

        Au boulot ! Nous avons encore le M’PEP et Mikonoff avec nous.

      • lecridupeuple

        Le M’PEP, c’est bien ce mouvement qui a présenté un candidat face à Mélenchon dans la 11e du Pas-de-Calais ?
        Je ne suis pas loin de retrouver mon sectarisme légendaire mon ami. Donc, comme je t’aime bien, je vais t’en épargner la violence. Mais le M’PEP, c’est sans moi.

      • Steph

        T’es pas sérieux là. Je ne vois pas ce que la construction européenne actuelle a d’internationaliste : au contraire, elle permet la libre circulation des capitaux, des marchandises et de l’encadrement tout en maintenant le gros des populations, via l’appauvrissement et la précarisation, dans le carcan des frontières nationales / régionales / locales. C’est pas pour rien que de plus en plus de gens se sentent non seulement largués, mais en plus de ça complètement bloqués là où ils sont.
        Le cadre de l’UE actuelle est ultra-libéral et précarisant « by design » : si tu n’en sors pas, tu es condamné à t’y conformer.

      • lecridupeuple

        Tss, tss, tss, Steph ! Je n’ai pas dit que la construction européenne actuelle est internationaliste. Je dis que, parce que moi je le suis, je ne m’opposerai jamais à un projet qui rapproche les peuples. L’Union européenne actuelle ne rapproche pas les peuples bien au contraire : elle favorise les extrêmes-droites nationalistes.
        La question est de savoir si nous serons capables de donner à l’Europe un autre contenu, politique. Je veux que nous sortions de l’union européenne actuelle pour construire la constituante de l’Europe des peuples.

  • penseelibre

    au fait ton billet est bon… on prend pas les mêmes chiffres en référence… Les « tiens » pourraient convaincre

  • Julien

    Puisque tu parles d’Emmanuel Girod, je vais apporter des précisions 😉
    Sur Besançon même (à cheval sur deux circonscriptions), nous progressons. L’an dernier, aux cantonales, nous étions sous les 10% et derrière le FN, là nous sommes au dessus de 10% et devant le FN. Ce résultat nous donne beaucoup d’espoirs, nous avons fait une campagne de terrain de fous, nous avons marqué les esprits et nous sommes en progression ! Le parti dit «sérieux» nous fait les yeux doux maintenant, ils savent compter… Nous aussi !

  • Steph

    Ouf ! A lire « il vaut mieux agir pour imposer de nouvelles priorités à l’Europe que de chercher à en sortir. », j’avais l’impression que tu ne voulais pas en sortir. Content de constater que finalement tu veuilles en sortir. J’ai bon ? :p
    Longue vie !

    • lecridupeuple

      Tu sais, j’ai commencé par voter Non à Maastricht, j’ai voté non au TCE. Je pense que l’union européenne actuelle est une machine de guerre au service des banques.
      Par contre, je crois que construire l’Europe des peuples est toujours un objectif.
      J’ai bon ?

  • brunoarf

    France : la droite ne fera pas barrage à l’extrême-droite.

    La droite française n’appellera pas à voter contre l’extrême-droite dans les 20 circonscriptions qui mettront aux prises un candidat de gauche et un candidat du Front national, a-t-on appris auprès du parti conservateur UMP.

    Cette décision du ni-ni (ni Front national, ni gauche) a été prise lors du bureau politique de l’UMP lundi alors que le Parti socialiste avait appelé la droite à appliquer le désistement républicain. L’un de ces duels opposera notamment Marine Le Pen à un candidat socialiste à Hénin-Beaumont (nord).

    « Pas question d’appeler à voter pour le Front national, ni d’appeler à voter pour le candidat socialiste », a lancé lors de cette réunion le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé.

    Le ni-ni constitue déjà une semi-victoire pour le Front national, qui appelle à une recomposition de la droite, car il revient à mettre sur un même plan extrême-droite et gauche.

    Par ailleurs, l’UMP a demandé le maintien de tous ses candidats partout où ils sont qualifiés pour le second tour dans une triangulaire avec un candidat socialiste et un candidat du Front national, a-t-on indiqué à l’AFP.

    La consigne de l’UMP sur le maintien en toutes circonstances connaît des ratés, certains candidats distancés par la gauche et le Front national étant tentés de jeter l’éponge pour gêner le Parti socialiste, dans le sud-est.

    C’est le cas de Roland Chassain, arrivé 3ème à Arles dans les Bouches-du Rhône, qui a annoncé lundi à l’AFP qu’il se retirait pour tenir sa position qui est : « tous contre Michel Vauzelle, le député sortant socialiste ».

    Il pourrait être imité par un autre candidat de l’UMP, Etienne Mourrut, dans le département voisin du Gard.

    (©AFP / 11 juin 2012 17h17)

  • Pascal Villalba

    Merci Le Cri du Peuple, toujours aussi intéressant.
    Je voulais ajouter mon grain de sel, mais bon, ça n’intéresserait que moi.
    La vraie gauche fait 62% ici dès le premier tour, c’est dire qu’on a bien des problèmes de gauche de riches, ou de riches de gauche ! Bon là, c’était juste le mauvais calembour Haut-Landais (©nath)

  • penseelibre

    @brunoarf
    en effet malgré les cris de Copé l’UMP préfère nettement le FN, et pourtant sa politique (hors la campagne de sarko et ses prises de positions ainsi que ses copains durant son mandat) est très différente économiquement et sur l’Europe comme l’a expliqué Copé sur la 2 hier soir et c’est vrai. Mais finalement ils préfèrent quand même leurs allies objectifs pour le capital… quoique le PS… bof… n’en n’est pas si loin en fait… ils votent les mêmes lois (attention pas que le FN qui vota différemment dans son court séjour à l’AN entre 86 et 88).

  • Législatives : les français sont des imbéciles « les échos de la gauchosphère

    […] ont préféré quelqu’un qui prône l’exclusion, le rejet de l’autre, plutôt que l’Humain d’abord, la voie démocrate et républicaine. Tout ce que le FN n’est pas. Et comme l’UMP […]

  • nop

    Salut Cri!

    J’ai hésité longuement dimanche avant de mettre mon bulletin dans l’urne? Chapa ou Hallou? NPA ou FdG? Finalement, j’ai opté pour le FdG et ai convaincu ma compagne d’en faire autant, respectant ainsi mon engagement dans cette campagne.
    Pourquoi ai-je hésité? Pourquoi ai-je du convaincre ma compagne alors que nous avions tous les deux voté FdG à la présidentielle et espérions que les législatives ne nécessitant plus de vote utile, ferait éclater les scores du FdG?
    Parce-que la guerre personnelle de Mélenchon contre lePen a finit par nous ecoeurer et nous laisser la désagréable impression que nous nous sommes fait manipuler.
    Mais qu’est-ce qu’il est allé foutre à Henin-TrucMuch? Qu’est-ce que c’est que cette stratégie à deux balles? Avait-il peur de ne plus exister politiquement si ce n’est en faisant des coups d’éclat? Mélenchon, ce n’est pas là qu’on l’attendait mais avait-il vraiment envie de répondre à nos préoccupations? Avait-il réellement l’intention de rendre le pouvoir au peuple? Je n’en suis plus si certain désormais.
    Le pouvoir au peuple c’était d’appeler les 4 millions d’électeurs du FdG lors du premier tour de la présidentielle à se présenter comme candidats aux législatives. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait? Est-il si mal conseillé? Je ne le crois pas. S’il ne l’a pas fait c’est parce-que ses motivations ne sont pas celle-là. Le pouvoir il tient à le garder à la tête du FdG et qu’aucune autre tête ne dépasse. C’est dans cette bataille du peuple contre les indéboulonnables qu’il aurait du investir toutes ses forces et pas dans une querelle de personnes. Mélenchon est sourd aux attentes de la base, il en est complètement coupé. Il n’y a pas de dialogue, il n’y a que des monologues, des discours qu’il aime à s’entendre déclamer. Je l’ai toujours dit, il y a parmi les électeurs du FN une tranche énorme qu’il était possible de récupérer. Cette récupération ne peut se faire en vitupérant la sottise des électeurs du FN. La démarche de Mélenchon n’avait de sens que s’il voulait conforter ces gens là dans leur choix et c’est ce qui est arrivé. Ca me fout en colère ce gachis. Le FdG, c’est terminé désormais. L’occasion était là, on l’a raté ou plutot certains dirigeants n’en ont pas voulu.
    En tous cas, au deuxième tour, j’irai à la pêche, c’est certain et tous les appels des Mélechons du monde entier a voter pour le candidat de gauche n’y changeront strictement rien. Désormais, je ne me battrai que pour une seule chose: le tirage au sort.
    Mais je continuerai à te lire, t’inquiète! (-;

  • nop

    A propos d’Europe, à quel moment pendant les législatives Mélenchon a-t-il pris le temps d’expliquer que nous devions tout mettre en oeuvre pour que tous les travailleurs de l’Europe actuelle puissent jouir des memes droits, des memes acquis sociaux que ceux des pays les mieux-disants, que le nivellement social devait se faire par le haut et qu’en agissant ainsi on entrainerait d’autres nations à nous rejoindre et que seul cette perspective devait nous guider?
    Naaan… le FN, MlP, Henin-baumont … et pis surtout allégeance au grand frère P »S ». Franchement, on en a rien à foutre de Marine. Faut la laisser phagocyter ou imploser l’UMP. Lorsque la droite ne se résumera plus qu’à l’extrême droite, là on pourra sortir les flingues. Y avait aucune urgence à agir comme il l’a fait, si ce n’est pour son propre compte. Par contre leur fallait tendre la main aux électeurs populaires, parce-que les popu ils sont chez Marine lePen effectivement. Les popu, les cas sociaux, les parasites, les alcolos, les chasseurs… Parmi ses électeurs y a des indécrottables; ils sont le noyau dur mais tout autour gravitent des gens qui sont simplement exclus et qui votent tout simplement pour la représentante des exclus et c’est à eux qu’il fallait s’adresser et ignorer celle qui prétend les défendre.

  • nop

    Les russes s’appretent à defiler par millions dans la rue. Qu’avons-nous attendu pour leur faire envier une entree dans l’UE avec des minimas sociaux auxquels tous les travailleurs revent? Non seulement, ce n’est pas pour demain mais pire, cela n’arrivera jamais…

    • lecridupeuple

      Je ne suis pas du tout d’accord sur le fait que ça n’arrivera jamais ! Cela signifierait que l’action politique ne sert à rien et que nous ne gagnerons jamais. Moi, je pense que, à la fin, c’est nous qu’on va gagner comme dit Fakir.

  • nop

    De quelle action politique parles-tu? Elle est terminée l’action politique, finie, kaputt, closed… C’etait la derniere séance, la prochaine est dans 5 ans et d’ici là, les gens auront encore plus oublié le NON du référendum, auront accepté la destruction du code du travail, les soumissions du PS aux nouvelles autorités européennes et autres joyeusetés.

    • lecridupeuple

      Ah non, je ne crois pas ! Sauf si nous attendons sagement qu’on veuille bien nous donner la parole. Ce qui n’est pas mon genre.

      • nop

        Ok, alors explique-moi comment tu vas t’y prendre pour avoir la parole désormais et surtout pour qu’elle soit entendue.

      • lecridupeuple

        Comme je fais depuis 1988, en m’organisant, en militant… Tu fais comment toi ?

        ________________________________

      • nop

        Je ne fais pas (ou plus, ou peu désormais)et à mon sens, le seul moyen efficace que nous aurions pu avoir vient de nous passer sous le nez.
        Toi, depuis 88? Et pourtant sans vouloir etre offensant, je ne t’entends que depuis peu, ce qui en dit long sur la portée quasi-nulle de ces actions si ce n’est

      • lecridupeuple

        Cher ami, tu ne m’entends que depuis peu puisque je n’ai ouvert ce blog que depuis octobre 2011.

      • nop

        … zut ! fausse manip!
        … si ce n’est aupres des autres sympathisants deja convaincus

      • nop

        Bien sur, depuis que tu as ouvert ce blog on « t’entend » un peu mais avant c’etait le néant… Je ne t’ai jamais vu à la TV, faut dire que je ne la regarde plus depuis 2005 et que j’ai certainement raté tes rares passages sur ce média, à la radio, je n’écoute peut-etre pas les bonnes ondes, ni ne t’ai lu dans Fakir ou le Canard ou le Sarkophage ou la décroissance ou Zélium ou feu Bakchich. Mais là encore, ces médias ne sont pas distribués aux bouches d’entrée du métro, il faut aller les chercher et donc, ne les lisent que ceux qui ont envie de prendre connaissance de leur contenu, c’est à dire les convaincus…

      • lecridupeuple

        En même temps, je ne suis pas si célèbre ni si important qu’on me voit souvent à la télé – RIRES

      • nop

        En résumé, malgré la « douleur » ou plutot la déception de ces résultats et la volonté de certains (dont je suis même si la sévérité de mes propos à l’égard de JLM laissent à penser le contraire) de ne pas tirer sur l’ambulance, il faut accepter la défaite, la déroute et le fabuleux gachis de ces législatives.

      • lecridupeuple

        Mais je ne suis pas d’accord : pas de déroute, pas de gâchis ! J’ai écrit tout l’opposé. Allons plus loin que la courte vue des sièges.

      • nop

        Je sais bien que t’as écrit tout l’opposé mais voilà: les faits sont là:
        1 792 923 voix aux législatives contre presque 4 millions à la présidentielle. Alors on peut appeler cela une victoire effectivement, un peu comme lorsqu’un sportif relève d’une grave blessure et rattrape ses toutes premieres performances. C’est une victoire sur lui-même. Ici, c’est pareil c’est une victoire sur nous-mêmes. Faut arrêter de se voiler la face sinon on n’avancera jamais (En meme temps pour avancer y faut un chemin; là, y a même plus de chemin…)

      • lecridupeuple

        Alors, comparer législatives et présidentielles, c’est genre comparer une départementale avec une autoroute.
        Compare avec ce qui est comparable : législatives 2007 et 2002. C’est pourtant pas compliqué.

        Ah oui… on aurait bien voulu faire 4 millions de voix aux législatives. Mais…
        1 – pas mal de camarades ont arrêté de militer après le 1er tour de la présidentielle (va savoir pourquoi)
        2 – pas mal de citoyens n’ont pas fait le lien entre les 2 élections

        Alors, non… les deux ne sont pas comparables et c’est une erreur de le faire.

      • nop

        Sauf que les départementales mènent à l’autoroute, les ruisseaux à la rivière et ainsi de suite. En 2007 le FdG n’existait pas. Mais comparons:

        en 2007
        EXG 888 250
        COM 15 1 115 663
        soit exg + Com = presque 2 millions

        j’ai pas ajouté les divers gauche ni les radicaux histoire de ne pas remuer la plaie autour du cou trop tot.

        Quant à tes questions:
        1- ils ont arreté de militer lorsque Mélenchon a décidé de mener sa petite gueguerre a Marine.
        2- Les citoyens n’ont pas fait le lien entre cette guéguerre et le programme du front de gauche de la présidentielle.

        NE pas vouloir comparer les deux et s’obstiner à rester dans son isoloir sans comprendre le comportement des électeurs est une grave erreur.

      • lecridupeuple

        Ecoute, je suis un con, je pense que tu perds ton temps avec moi. Tu devrais aller lire ailleurs.

      • nop

        Alors dans ce cas, sache que l’on va etre tres tres nombreux à aller voir ailleurs… C’est bien la qu’est le probleme du FdG; faut pas critiquer, surtout pas critiquer même quand les chiffres parlent d’eux-memes … dommage

      • lecridupeuple

        Je ne conteste pas ton droit à critiquer. Ce que je conteste, c’est ta condescendance, le fait que tu me prennes de haut, comme un pauvre con de militant de parti qui n’a rien compris à la vie. Ca, je le conteste. Parce que je trouve ça méprisant. Après, on a tous le droit d’avoir des points de vue différents, ça n’empêche pas de se respecter.

      • lecridupeuple

        J’ai moi même été critique dans mon analyse, chacun peut le lire. Donc, ce procès-là ne tient pas.

      • nop

        Alors, je me suis mal fait comprendre. J’essaie d’argumenter objectivement, chiffres à l’appui si necessaire. Je n’ai aucune condescendance mais actuellement je suis plein de colere comme de nombreux electeurs du FdG. J’ai convaincu de nombreuses personnes de voter pour Melenchon, parmi eux des gens qui auraient voté FN ou des gens qui auraient voté PS. Si je prends le temps de te lire c’est que je ne te prends pas pour un con, d’ailleurs les cons je ne perds pas mon temps avec eux, je les méprise. Je conteste ta vision des choses tout simplement et essaie de masquer ma colère par des propos fantaisistes mais ne suis nullement méprisant.

      • lecridupeuple

        Alors, tu es en colère, je suis en colère : ça n’aide pas à se comprendre. Je te propose un truc. On va arrêter les échanges ici. J’ai ton mail. On attend deux trois jours que nos colères retombent et on se reparle en privé. Tu veux bien ?

  • nop

    et cette fois, c’est moi qui offre le bonus:

  • Mélenchon, un choix courageux malgré tout « mise(s) au poing

    […] Le résultat du Front de Gauche dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais n’est certes pas à la hauteur des espérances. Il y aura, sans nul doute, des discussions au sein des différentes composantes du Front de Gauche pour analyser cette défaite et en tirer les enseignements nécessaires à l’avancée d’une force politique nouvelle qui, quoi qu’on en dise, confirme son ancrage dans le paysage politique. […]

  • Guillaume

    Face à Copé, nous réalisons 6,6%, 7,2% dans la ville de Meaux dont il est maire. Par rapport à 2007, nous triplons voire quadruplons le score du PCF seul. Et surtout, nous faisons entre 10 et 15% dans les quartiers populaires des villes et des villages de la circonscription. La campagne a été dynamique et pleine de moments de bonheur pour toutes les militantes et tous les militants. Maintenant, on a constitué une force capable de mobiliser très largement lorsqu’il faudra s’opposer aux politiques d’austérité dans les prochaines semaines.

  • jacques G.

    plutot d’accord avec tout le monde,mais la famine, elle est dejà là,venez un peu au resto du coeur,au secours pop et vous la verrez de pres la famine…c vrai qu’apres le 15 juin, les vacances arrivent et la misere disparait..le probleme c que les pauvres ont d’autres priorités que faire de la politique,manger,se loger,trouver un taff…nourrir les gosses et faire en sorte qu’ils soient pas trop mal habillés pour ne pas qu’on les montre du doigt…et si ça continue comme ça oui il va y avoir des barricades..et des vilaines.

  • Un lendemain qui chante “maréchal nous voilà” « lalignedefront—

    […] Ma note sera brève. Il n’y a pas grand-chose à rajouter aux commentaires faits le soir du premier tour. Le Front de Gauche fait rentrer 10 soldats dont notre camarade Marc Dolez à l’Assemblée Nationale. Nous avons certes perdu des élus mais nous avons gagné des électeurs. Nous avons reculé dans les institutions mais nous avons progressé dans les masses. C’est le prix de l’autonomie conquérante comme le rappelait notre ami du cri du peuple. […]

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