Chroniques montreuilloises : 10e épisode

Comme de juste, ce nouvel épisode des Chroniques montreuilloises arrive le jour d’un conseil municipal. Et pas n’importe lequel. C’est la deuxième partie d’un marathon entamé lundi soir. Quand le vent était absent mais que l’éolienne devant l’hôtel de ville tournait toujours. Un signe, me direz-vous. Ou la créativité de l’amère et de ses affidés. Est-ce que l’énergie produite par la dite éolienne, accumulée, pourrait faire tourner les pales de la chose même quand il n’y a pas de brise pour l’animer ? Je vous renvoie à vos cours de physique pour trouver la réponse à cette question. Si ce n’est pas suffisant, je fais mienne la suggestion d’un ami : l’air brassé par l’amère et son équipe sont suffisants à pallier l’absence d’Eole.

Donc, ce soir, l’amère va mettre sur la tables les tickets restaurant pour le personnel communal. De l’art de faire passer la vessie d’un recul pour ceux qui en avaient le plus besoin pour la lanterne d’une avancée pour tous. Pour mémoire, je vais rappeler ce qu’elle déclarait sur ce sujet en début de mandat :

« Pour ceux qui ne peuvent manger à la cantine de Monoprix, je vais nouer des partenariats avec les restaurants d’entreprises et de collectivités à proximité de leur lieu de travail pour qu’ils puissent eux aussi bénéficier d’un repas complet ».

Je vais vous éviter l’exposé des arguments en contre, ce sera bien mieux en live ce soir. L’amère montera-t-elle au créneau pour jouer sa fausse partition genre « je fais le mieux possible pour tous et vous, méchants gauchistes, vous ne voyez que le mal ». C’est drôle comme la pseudo victoire des législatives (90 voix d’avance au 1er tour pour une social-démocratie unie…) rend les vers de Montreuil hargneux. Petit exemple, lors du conseil de lundi dernier, cette adresse amicale de l’amère à son adjoint à la jeunesse : « Il faut dormir la nuit pour être en forme le jour. » Si ça se trouve, l’adjoint en question avait tenté de rencontrer les jeunes en nocturne… Dans le même temps, on apprend que bon nombre des élus de l’amère roupillaient gentiment sans se faire morigéner eut égard à leur grand âge.

Je suppose que tout-Petitjean était du lot, vu qu’il dort même dans les réunions qu’il est sensé animer. Retour en arrière, avril 2011 lors de la réunion relative au suivi de la Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS) sur les Roms. C’est vrai que ce n’est pas grand-chose, à Montreuil, les Roms. Ce doit être pour ça que notre tout-Petitjean, rapporteur de la dite mission de suivi de la MOUS, s’est fait sa petite sieste pendant la réunion. Il était tard : la réunion ayant lieu à 20h30 et plus… Parce que l’animateur du regretté Poivron rouge l’avait demandé.

Pour en revenir à la victoire en trompe l’œil de Razzy Hammadi, faut croire que, dans le fond, les Vers n’en voulaient pas. J’ai déjà évoqué les saillies de Florence Fréry contre le désistement républicain – qui a bénéficié à leur chouchou – dans le précédent épisode. L’analyse réalisée par l’inénarrable tout-Petitjean à l’attention de Montreuil Vrai-Ment vaut son pesant d’or. Le désistement républicain y est présenté comme la scorie d’un système stalinien. Je vais me permettre de le citer :

« Cumul et désistement vont de pair avec l’idée de ne pas, sauf exception, vraiment chercher à mettre en difficultés les sortants du parti de gauche concurrent. La priorité aux sortants est (en principe…) une idée de base des appareils de gauche. En principe, car ils ne résistent pas toujours à l’appétit du pouvoir. »

La conclusion, « ils ne résistent pas toujours à l’appétit de pouvoir », constitue un joli coup de pied de l’âne en direction du désormais député fictif. Dont la gloutonnerie en la matière n’est plus à mettre en lumière. Tout-Petitjean n’est pas avare de scuds contre son propre camp. J’espère que l’amère a savouré ce puissant « il n’est même pas sûr que les formes d’exercice du pouvoir de la municipalité ne portent pas toujours des scories de l’ancien temps », quasi conclusion d’un courriel destiné à quelques 200 sympathisants de l’actuelle municipalité. Serait-ce à dire qu’il y aurait une trop forte personnalisation du pouvoir au sein de l’équipe qui dirige la ville de Montreuil en ce moment ?

Ou est-ce encore un de ces accès de schizophrénie dont ils sont coutumiers ? A l’image de ces rodomontades très amères après le rappel exprimé par Alain Vidalies, ministre des relations avec le Parlement, à la « discipline de vote » qu’intègre l’accord électoral conclu au niveau national entre le parti dit « sérieux » et Europe Ecologie-Le Vide. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce tweet de la rouquine : « Hallucinant ET idiot ! #Vidalies : « les députés #EELV auront la liberté d’expression, pas la liberté de vote » ». Pour comprendre le sel de cette sortie, il faut juste se rappeler que l’amère a tenté d’imposer aux élus Renégats Socialistes de Montreuil la même discipline de vote, au temps où ils étaient encore dans la majorité… On sait comment tout cela a fini. Le RSM a quitté la majorité. Les députés EELV feront-ils de même à l’Assemblée ? J’en pouffe d’avance.

Côté socialiste, l’anecdote du jour, qui témoigne que le parti dit « sérieux » est vraiment déboussolé à Montreuil, c’est qu’Alexie Lorca (« Alexie qui ? » Oui, je sais, moi aussi) est venue se montrer à la réception organisée par Jean-Pierre Brard pour remercier les camarades qui avaient mené sa campagne. Allez, Alexie, encore un petit effort et tu finiras à gauche.

Marche dans les deux sens de lecture

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Bonus vidéo : One Inch Punch « Gemini »

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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