Mensch ou l’invitation à la transe

C’est donc une personne bicéphale que voilà apparaître avec Mensch. Ce duo féminin a un genre bien à lui, que nous pouvons découvrir depuis quelques mois au fil des huit titres d’un debut album éponyme. Les amateurs de sonorités sombres, estampillées 80s, devraient savourer cet essai bien plus complexe que ne le laisse penser la première écoute.

Le groupe formé par Vale de Poher (guitares et claviers) et Carine Di Vita (basse), après de précédentes vies en solitaire, se nourrit autant de références musicales variées que d’expériences dans le théâtre, les arts plastiques, la vidéo… C’est probablement pour cela que, à l’écouter d’une traite, cet opus dégage une profonde ambiance cinétique, paysages en mouvements, succession saccadée de plans séquences comme dans ce Sublime de conclusion. Et pourtant, leur musique n’est pas si contemplative que ce premier aspect pourrait le laisser supposer.

Val et Carine, Mensch donc, a un credo : dance or die. Ou plutôt : dance and die. Danse et meurs ! Mais de cette « petite mort », comme on appelle l’orgasme sexuel. Mourir pour renaître, tel le phénix. Il suffit de se plonger dans des titres tels Swim Swim, puissamment addictif, ou Kraut Ever pour s’en convaincre. Le groove hallucinogène généré par le choc entre la rondeur de la basse et la sécheresse de la boîte à rythmes confine à la transe. Les échos Afro beat qui marquent cette section on pour conséquences déhanchements du bassin, yeux clos, bras collés au corps… Comme au début des années 80 quand le post punk forniquait allègrement, loin des cloisonnements en vogue aujourd’hui, avec le funk.

Cette puissance dansante s’illustre plus clairement encore avec les remixes que nous offrent Doctor Flake ou Manvoy de Sadrill sur le vicelard Mistery Train (Of Life), le morceau qui me rend fou. Il y a quelque chose d’hypnotique dans ces boucles de basse, surlignées par les stridences d’une guitare qui sait se faire aussi salement incisive que répétitive ou aérienne comme un solo de Cocteau Twins. Selon l’humeur. Il en va de même pour les voix qui explorent aussi bien l’éther des poètes que les bas-fonds de Londres – quand ce ne sont pas les deux en même temps sur Goliath et son appel « embrace the world until it burns ».

Il n’est guère besoin d’en dire plus. Ouvrez vos oreilles à présent.

Cadeau bonus : allez sur le site de Mensch pour télécharger leur EP 4 titres Dance & Die gratuit.

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Bonus vidéo : Mensch « Swim Swim »

 

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À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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