Enseignants, « sans papiers », blogosphère, c’est la rentrée

Ce lundi 3 septembre au matin, je ne peux m’empêcher d’éprouver une pensée émue pour mes amis enseignants. J’en compte quelques uns, c’est assez fréquent dans les milieux militants. Pour eux, c’est la rentrée. Les élèves, c’est demain. Evidemment, y a une petite polémique. Ce grand lecteur de Philippe Pétain qu’est Luc Chatel voit dans le dernier discours de Vincent Peillon un « copier coller d’un discours du Maréchal ». Faut connaître son Pétain sur le bout des doigts pour parvenir à taper le point Godwin avec autant de facilité. Mais bon… Là n’est pas mon propos.

Mon propos c’est l’école et le métier de professeur. Lequel va encore se trouver chamboulé avec l’introduction de cours de morale laïque. Oui, évidemment, c’est le dernier avatar en date de l’éducation civique. Parce que, c’est bien connu, il revient à l’Education nationale de prendre en charge – et de régler – tous les dysfonctionnements de la société. C’est simple, faisons un petit tour d’horizon :

– le chômage amène les parents à décrocher du suivi de leurs enfants : va-t-on se battre pour le plein emploi ? non, l’école va régler ça ;
– la télévision banalise la violence qui s’importe en milieu scolaire : va-t-on réfléchir sérieusement au contenu des fictions que l’on propose à nos enfants ? Non, l’école doit régler ça ;
– quelques illuminés affichent le voile intégral comme marqueur d’identité : va-t-on mener un débat serein sur la place de la religion dans notre société ? Non, l’école va prendre en charge cette question aussi.

Pauvre école ! Je pourrais continuer longtemps comme ça tant elle se trouve donc chargée de tous nos maux et doit trouver une réponse à chacun d’entre eux. En apparence en tous les cas. Evidemment, les enseignants ne sont pas du tout formés à cela puisque leur métier reste la transmission du savoir. A la base. Sans d’ailleurs qu’on se questionne sur le sens de cette transmission. Je veux dire, de manière collective. Les profs, eux, se la posent cette question, tout le temps. Les patrons aussi, d’ailleurs. Incidemment, ils ont infusé leur manière de voir dans l’approche « pédagogique » des ministères successifs.

Aujourd’hui, sous les poussées patronales, le but de l’école est devenu, en loucedé, de former des travailleurs. Au départ, son propos était de former des citoyens. La différence n’est pas grande. Elle est énorme. Voilà voilà… C’est clair que ça fout le moral.

Au moins autant que la schizophrénie ambiante dans ce cadavre qu’est la gauche du parti « dit sérieux » dès qu’on en vient à causer du TSCG, ce foutu traité qui nous impose l’austérité ad vitam aeternam. Des fois que vous ne sauriez pas encore, nous manifestons le 30 septembre sur le sujet. Ce sera un dimanche, c’est chouette les manifs le dimanche. Pas d’excuses pour ne pas être là.

A part ça, et puisqu’il s’agit de manif, samedi, j’ai fais ma rentrée politique en quelque sorte. Avec pas loin de 5 000 personnes, nous avons manifesté aux côtés des « sans papiers » pour le 16e anniversaire de l’expulsion de l’église Saint-Bernard. La vidéo réalisée par les camarades du PG atteste de cette réussite. Pour nous autres, militants, une manif c’est deux choses : exprimer un refus ou une exigence (en ce cas, l’exigence de régulariser les « sans papiers » et le refus des rafles) et l’occasion de se retrouver entre nous. On voit les potes, on se donne des nouvelles, on fait des rencontres aussi. Bref, c’était bien. Ca donne un peu d’énergie. Et Marx sait que j’en ai besoin : à croire que je n’ai pas fini de digérer l’année de campagne(s) passée.

Du coup, je vous le dis, je vais finir, tranquillement, par retrouver mon rythme ici et vous parler d’autres choses que de musiques. Vous allez bientôt retrouver les Chroniques montreuilloises qui vous plaisent tant et contribuent tellement à la renommée de ce petit blog. Il y aura peut être un peu plus de foot que l’an passé, vu que j’aime ça sans honte. Et, qui sait, peut être un peu de politique. Accessoirement, je pourrais sûrement déverser mes humeurs sur mon petit exutoire personnel. J’espère que cela ne vous défrise pas trop. Et puis, en toile de fond toujours, vous lirez les potes. Parce que c’est, après l’amour, l’essentiel. C’est fleur bleue, vous trouvez ? Si vous changez la couleur, je prends « fleur rouge » très volontiers.

Allez, je m’en retourne marner. Et tâcher de vous apportez des nouvelles moins nombrilistes et plus enthousiasmantes. Du genre qu’on trouve en filigrane de cette note pondue par le toujours excellent Fight Club du NPA. Parce que s’il fallait compter sur les moines de LO pour se fendre la gueule, on peut toujours attendre la révolution marxiste-léniniste.

———————————-

Bonus vidéo : Siekiera « Czerwony Pejzaz »

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

4 responses to “Enseignants, « sans papiers », blogosphère, c’est la rentrée

  • Hollande est Grand. Et Ayrault, son prophète. (Billet positif ++) « les échos de la gauchosphère

    […] pétainiste, franchissant allègrement comme le dit mon copain Nathanaël dans le préambule de son billet du jour  le célèbre  point Godwin avec une facilité déconcertante. Ni ces trois millions de chômeurs […]

  • babelouest

    L’Éducation Nationale c’est beaucoup de choses. Mon fils, animateur culturel, me racontait que beaucoup d’élèves de son lycée venaient lui parler, pour discuter de leurs problèmes personnels : ils avaient même plus de facilité avec lui, non-prof, qu’avec les enseignants de leurs classes. Qui est formé, pour gérer ce genre de situation ? Personne probablement, et oserai-je dire, peut-être surtout pas les psychologues scolaires, qui pourraient avoir tendance à catégoriser selon leurs propres études.

    • lecridupeuple

      Salut mon ami !
      Avant, pour ce genre de souci, y avait des personnes formées dans les quartiers… Je suis content de voir qu’il y a encore des gens, comme ton fils, pour faire ce boulot à l’école. Mais je regrette que les quartiers soient vidés de présence humaine dans l’ensemble

      • Bestlaf

        Je me permets de réagir à ta question babelouest, et à ta réponse, Nathanaël, parce que je connais un peu le sujet. Pour avoir une mère infirmière scolaire depuis dix ans maintenant, dans un collège dont les élèves vivent à plus de 50% sous le seuil de pauvreté, ce sont bien souvent les infirmières qui se retrouvent à gérer les petits et gros problèmes des élèves.
        Pourquoi elles ? Parce qu’ils n’y a pas ce rapport d’autorité que les élèves ont avec les profs, les CPE, etc., et qu’ils ne les voient donc pas comme des gens qui sont « là pour les faire chier ». Pour beaucoup d’élèves, le prof est un « surveillant » à temps plein et les rengaines ségoléno-droitistes sur la « restauration de l’autorité des enseignants » n’est à mon sens pas près d’arranger les choses…
        Sinon, des associations constituées localement dans les quartiers tentent également de se poser comme des interlocuteurs pour les jeunes et leurs familles, mais j’avoue ne pas savoir dans quelle mesure cela réussit…

%d blogueurs aiment cette page :