A Montreuil, le Front de Gauche, cette belle feuille blanche

Ce qui est bien avec les vacances, c’est que cela permet la prise de recul et, par là, la prise de conscience sur des événements passés même si récents. On ne s’en rend pas compte, forcément, tout de suite mais, au fil des discussions, les évidences prennent corps. Ainsi pour le Front de Gauche à Montreuil, que j’assimile désormais à une belle page blanche. Oh ! Nous avons des fondations solides, un projet national affirmé, un programme : L’Humain d’abord. Des militants. Mais, à Montreuil, nous avons la chance d’avoir l’avenir pour nous. Je m’explique.

La séquence ouverte en 2008 par la défaite de la gauche aux élections municipales est close avec la défaite de Jean-Pierre Brard aux élections législatives. L’histoire se conclut de manière triste pour un élu qui n’a jamais démérité et a contribué, au contraire, à transformer Montreuil, faisant passer cette ville dans l’ère de la modernité. Certes, le bonhomme avait ses défauts mais j’assume d’avoir dit devant caméra à son sujet : « Jean-Pierre, c ‘était probablement une calotte glaciaire sur la vie politique locale. Aujourd’hui, en revanche, nous assistons à la dérive des icebergs jusque dans la vie sociale et en matière d’urbanisme ». Je ne retire aucun de ces mots. Je regrette cependant que le nouveau député ne justifie, par ses atermoiements sur le TSCG par exemple (contrairement à ce qu’il avait annoncé par voie de presse, il « hésite » à présent entre le non et l’abstention), les qualificatifs peu amènes dont je l’ai déjà affublé.

Sur la page blanche du Front de Gauche, il y a donc à construire, en référence au programme L’Humain d’abord, « Montreuil d’abord ». Nous avons la chance de ne plus être otages des ambitions personnelles, des destins nationaux rêvés, des luttes intestines autant que fratricides. Face à la personnalisation qu’incarne l’amère, personnalisation outrancière qui constitue sa seule planche de salut éventuel, il nous appartient de créer cette équipe, l’addition des talents, nécessaires pour reconstruire une ville saccagée, mise en pièces, par l’incurie des élus de la majorité et de l’amère en premier lieu. J’ai confiance, parce que nous ne sommes pas prisonniers d’un passé désormais révolu : nous y parviendrons sans mal.

Nous y parviendrons d’autant mieux que les composantes historiques du Front de Gauche montreuillois ne peuvent plus se regarder le nombril. L’arrivée des camarades de la Gauche anticapitaliste, l’irruption des citoyens qui demandent des comptes autant qu’ils exigent de pouvoir s’impliquer durablement dans le processus politique, nous empêchent heureusement de nous adonner à nos jeux favoris. Nous allons donc pouvoir finir de construire un projet politique pour notre ville, un programme d’actions et de mobilisations, des outils d’éducation populaire. Bref, tenir la feuille de route d’un Front de Gauche qui assume la richesse de sa diversité.

Et qui assume son ambition, localement comme nationalement, de faire la nique à la social-démocratie verte ou rose, en menant le débat, la confrontation, en mettant en lumière les clivages. Parce que non ! On ne gère pas la ville de la même manière selon que l’on soit dit « socialiste », ver vide ou Front de Gauche. Nous différons sur bien des aspects et c’est tant mieux ! La réaffirmation de clivages est vivifiante pour la démocratie. C’est TINA (« there is no alternative ») qui détourne les citoyens des urnes. Pas la radicalité ! En ouvrant une perspective radicalement différente, elle permet au contraire de ramener dans le giron du débat des gens qui s’en étaient détourné. Rien que pour cela, je peux me féliciter du rôle du Front de Gauche dans les douze mois écoulés.

L’autre aspect positif de notre passé récent, c’est l’affirmation d’une cohérence. Sans me gausser outre mesure, vous savez bien que ce n’est pas du tout le genre de la maison, il est assez stupéfiant de comparer la manière dont deux villes dites « socialistes » sont gérées. On passe du jour à la nuit et souvent de la nuit à l’ennui. Idem pour les villes dirigées par Europe Ecologie-Le Vide. Qu’on regarde Montreuil, par exemple, qu’on compare à Bègles et qu’on rigole. A tout le moins, au Front de Gauche, nous poussons les marqueurs d’un projet politique adaptable aux situations locales mais dont l’identification est simple.

Mais ne grillons pas les étapes, avant les municipales, nous avons bien des urgences à affronter. Le TSCG en premier lieu, je l’ai évoqué. Nous avons rendez-vous le 30 septembre et les Montreuillois qui ont dit majoritairement « non » à l’ancêtre de ce traité d’austérité sauront se mobiliser une nouvelle fois pour obtenir un référendum. Il y a l’avenir du Centre hospitalier intercommunal André-Grégoire qui nous mobilise aussi, comme nous avons su le faire dans l’unité déjà, même si c’est sans succès, contre la fermeture du Centre municipal de santé du Bas-Montreuil… Finalement, je vais peut être revenir sur mes mots : en matière de casse des services publics, l’amère assume une forme de cohérence. Mais trêve de méchanceté, la question des Rroms ou celle des sans papiers aussi nécessite notre implication.

Sur ces points, n’ayez crainte. Représenté par une seule ou plusieurs de ses composantes, en bloc ou de front – nous sommes fiers de notre diversité, de notre multiplicité -, le Front de gauche sera à sa place. En première ligne du combat. Drapeau(x) en avant.

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Bonus vidéo : Swift Guad « La Montreuilloise »

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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