Orties, une Sextape pour masochistes

On commence par une sorte de ballade bucolique sur un Cheval blanc rythmée par un sample explicite de Video Games exécuté par Lana Del Rey. Soudain, deux jeunes femmes évadées de Baise-moi (le film) se jettent sur toi et te projette dans un buisson de plantes urticantes. Ca gratte sa mère, tu es couvert de boutons, plus rouge que ce Cri du peuple un jour de colère. Tu as les nerfs ? T’inquiète. Tu ne les auras jamais autant qu’Antha et Kincy. Bienvenue dans l’univers d’Orties.
Et, en plus, tu as une idée de la manière dont je suis ressorti de l’écoute du LP of the day dégotté chez mes potes du Rizome Corp (c) hier. Remercie-les, au passage, sans eux cette note n’existerait pas.

Orties, c’est donc ce duo improbable composé de sœurs jumelles qui délivre un hip hop dopé à l’electro comme les fêtards sans fond le sont à la coke. Débarquées telles un ovni dans la scène musicale française, après trois ans d’existence environ, elles nous offrent Sextape : 13 titres pour nous porter bonheur. Enfin, bonheur… Y a intérêt à avoir le cuir résistant avec nos duellistes de la rime. On regarde plus du côté de Sexy Sushi que de Yelle, encore plus du côté de Taxi Girl (Paris pourri) que de Sexion d’assaut. Et, à titre personnel, je trouve ces paroles « dans ta gueule » assez rafraîchissantes.

Au départ, il y a de la poésie. Une citation de Paul Verlaine : Autotune Automne pour faire un beau doigt à Jay Z. Tristan et Yseult en exergue. Mais version frelatée garçon ! Antha et Kincy ne sont pas vraiment là pour te brosser dans le sens du poil. Leurs échappées textuelles sont autant une poussée d’adrénaline le long d’un Autoroute qu’une salve assassine sur Plus pute que toutes les putes : « Acide citrique et phéromones ». Il y a de l’errance aussi, au fil des nuits vides et sans but comme on en trouve trop souvent dans les quartiers occidentaux de la capitale. Défonce. Substances interdites. Déambulations oscillatoires, corps dégingandé qui rebondit sur les murs sales comme une boule de flipper en fin de course. Ami lecteur, toi qu’elles souhaitent appeler Hannibal, j’espère que tu goûtes l’ironie mordante. Sinon, Orties n’est pas pour toi. Parce que c’est là, à ce moment précis, qu’elles susurrent dans ton oreille qui n’en demandait pas tant : « J’ai Soif de toi ».

Le tout est balancé sur des sons marqués du sceau d’une electro vicieuse soutenue par des infrabasses destinées à péter les vitres de ton salon ou faire fondre les écouteurs de ton baladeur mp3. La production pille dans les standards commerciaux comme tu profites d’un rallye dans un appartement du 16e arrondissement pour taper les fringues hors de prix de la grande sœur. Et te concocter la tenue trash qui fera se retourner toutes les fashion victims. Luky Boy (Night Club) et son refrain entêtant, ou le clasheur Fleurs bleues à paillettes revêtent tous les atours d’un tube. Sauf que… Sauf qu’il faut bien écouter pour savourer les contrepieds, les sorties de route à 150 kilomètres heure, les têtes à queue musicaux. Putain Autoroute quoi ! Rien n’est facile avec Orties.

Mais j’en ai assez écrit. Scrutez le programme des salles de concert pour avoir la chance de les voir. Et profitez de leur site pour télécharger Sextape. A la fin, mes mots sont assez limités pour évoquer les maux qu’elles vont provoquer chez l’auditeur masochiste. La touche repeat de mon nouveau lecteur mp3 donne des signes inquiétants de faiblesse.

 

Orties – Sextape

1 – Intro
2 – Plus Pute que toutes les putes
3 – Paris pourri
4 – Soif de toi
5 – Lucky Boy (Night Club)
6 – Panne De Courant/Piscine Noire
7 – Autotune Automne
8 – Autoroute
9 – Cheval Blanc
10 – J’ai Le Fun
11 – Les Fleurs Bleues à Paillettes
12 – Orgasm
13 – Outro

 

Le site d’Orties est par ici.

Orties est sur tumblr est c’est bon.

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Bonus vidéo : Orties « Autoroute »

Extraball : Orties « Cannibales »

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

4 responses to “Orties, une Sextape pour masochistes

  • OuldC

    J’ajoute ceci à mon tweet : à l’avenir c’est avec ce style que tu devras écrire tes papiers politiques, philosophiques, etc …
    Autre chose : je te souhaite de ne jamais désespérer de la politique, d’y garder tjrs le cap bien ferme, à gauche !
    Mais en cas de ‘malheur’, ta reconversion est toute prête ! Je vais jusqu’à m’inquiéter que des petits malins te découvrent et et détournent de la politique !
    Allez, embrasse ts cx que ns aimons en commun !

    • lecridupeuple

      Mon vieux complice, merci pour ces gentils mots. Je vais tâcher de retenir tes conseils.
      Quant à la politique, elle a sa place. Juste sa place. Après, y a la musique et la littérature.
      Et tu sauras, en premier.

  • Lestang

    Quand on m’a demandé (Dieu en personne!) d’écouter « Sextape », je l’ai fait sans trop me forcer. J’aime découvrir de nouveaux horizons musicaux. Mais, là, dès le début l’horizon s’est bouché: ce VOCODER, m’a glacé l’oreille. Alors forcément, après, la prod bien calibrée, le flow lancinant, limite neurasthénique…Je me suis dis « plus tard ».

    Puis j’ai lu ce billet.
    Puis j’ai écouté en entier.

    JE SUIS UN WARRIOR!

    Il y a un côté UNIQUE dans cette Sextape. Cela mérite, sans aucun doute, de prendre un peu temps.

    Encore une victoire de Cri du peuple, notre nouveau canard WC (si! si! ce que l’un fait dans tes toilettes l’autre le fait dans tes oreilles!)

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