New Order @ Fête de l’Humanité, 2012 september 14th – Live report

C’est LE concert qui m’a décidé à sortir de chez moi ce vendredi, malgré un mal de ventre qui me tordait les entrailles. Direction donc la Fête de l’Huma où je retrouve ma bande. Pour rien au monde, je n’aurais pu louper New Order sur scène. Evidemment, c’est le moment qui divise, qui clive même. Il y a ceux qui – d’abord – aiment Joy et supportent la bande de Barney parce qu’ils en sont l’émanation ; il y a ceux qui ne peuvent envisager New Order sans Peter Hook, désormais en froid avec ses anciens potes ; il y a moi qui aime New Order, sans aucune restriction, sans limite. Et qui entame donc ce live report avec la boule au ventre, intimidé, comme le fan que je suis.

Le lieu d’abord : la grande scène de la Fête de l’Huma, à laquelle j’ai pu m’habituer avec l’apéritif. L’ambiance. Il y a moins de monde que pour le set précédent, comme si on avait changé totalement de public. Puis, les voilà qui rentrent sur scène. Exit Hookie, remplacé par un bassiste plus jeune mais qui maîtrise fort bien sa quatre cordes, capable d’ajouter de la distorsion, à ses accords. Autre innovation, Barney Summer et les deux autres (comme ils se sont baptisés un temps) ont recruté un guitariste supplémentaire. Le son y gagne forcément en ampleur. En énergie. A côté de moi, Pierre remue la tête : « C’est pas possible que des vieux de 60 berges pas loin dégagent plus de patate que Shakaponk ». Benoît, lui, on ne l’entendra plus. Dès les premiers accords de la guitare magique de Bernard, il est parti dans un autre monde.

L’autre monde c’est une sorte de passage en revue des différentes incarnations de New Order. Sans limite, sans prise de tête. Un indice ? Isolation, titre méconnu mais emblématique de Joy Division, est réinterprété dans une version quasi dansante. Là, c’est sûr, le Rizome Corp a frôlé la crise d’apoplexie. Moi, je souris, stupidement. Heureux. Barney et ses potes ont donc décidé, n’ayant plus rien à prouver, de s’amuser. Il donne le tempo en esquissant, dès qu’il n’a plus sa guitare à la main, quelques pas de danse. Lui aussi sourit. Certes, il n’aura jamais le charisme de Ian Curtis et, oui bien sûr, la présence physique de Hookie manque bien dans ce concert pas banal.

Blue Friday (c) Stéphane Burlot

Photo (c) Stéphane Burlot

Alors va pour des morceaux remixés en live. True Faith est délivré avec 10 bpm, au bas mot, de plus que sur album. Les nappes de claviers lorgnent résolument du côté de l’électro. Enchaînement avec un Perfect Kiss dopé aux stéroïdes dans une approche très Kiss Of Death. Les rythmiques machinales montent, montent, montent… percutées par des boucles de synthés hypnotiques. La foule répond hurlements, mouvements du corps destructurés, transe. On ferme les yeux, on est dans la Hacienda (le club créé par New Order au mitan des années 80). Et si, dans la foule, il pouvait demeurer des doutes, déboule la 15e révision de Blue Monday. Là, il n’y a plus de mot, s’il y a en eu jamais un jour.

Les titres s’enchaînent. Les retouches transforment les morceaux que l’on connaît par cœur mais qu’il faut écouter  secondes avant de les reconnaître. Le jeune gratteux se la joue métalleux. Je ne lui en tiens pas rigueur. Bizarre Love Triangle respire presque la joie. Il n’y a, finalement, que le final Love Will Tear Us Apart, qui sonne dispensable. C’est définitif, j’adore New Order bien plus que Joy Division. Las, une heure et des brouettes, le concert est clos. Le métro nous attend. Pour une fois, je ne me jette pas sur mon baladeur mp3. La mémoire sonore du concert m’accompagne jusque chez moi.

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Bonus vidéo : New Order « 586 » (live @ Fête de l’Humanité)

 

 

 

À propos de Nathanaël Uhl

Journaliste politique, passionné de musiques, supporter de l'Olympique de Marseille et du Liverpool FC, grand amateur de littérature et notamment de polar. Mon blog est aussi un hommage au journal "Le Cri du peuple" créé par Jules Vallès pendant la Commune de Paris. Voir tous les articles par Nathanaël Uhl

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