Archives de Catégorie: Réflexion à haute voix

Une rentrée en faux plat ascendant

Il faut que je l’admette : malgré la chaleur qui, personnellement, m’accable, les vacances sont finies. Je fais en effet partie de ceux qui profitent sans vergogne de cet acquis de la classe ouvrière. D’autant que mon année a été particulièrement chargée, si je m’hasarde à tenter d’en dresser un bilan. Je ne m’étendrai pas sur mon séjour écossais, il faut bien que je garde quelques parts d’intimité. Sachez juste, au cas où, que je garde un souvenir merveilleux de cette contrée, ce pays, aux visages multiples de gris et de vert où la température a la décence de ne pas excéder les 23 degrés centigrades.

Depuis plus d’une semaine, je suis donc de retour en France, au boulot, et sur le terrain militant. D’un œil encore distrait, je le concède, je survole les informations. Les amis m’en disent plus, à l’image d’Arthur Fontel qui s’engraine comme un grand au sujet du projet présenté par Sapin d’un « Contrat à durée indéterminée de trois ans ». Plus sérieusement, mon ami a un peu en travers de la gorge ceci, lu dans 20 Minutes : « Pour compenser le manque de qualification de ces jeunes, une aide à la formation devrait être apportée aux employeurs, éventuellement par le biais d’un « chèque formation », a détaillé Michel Sapin, le ministre du Travail dans une interview au Monde. »

Sinon, mon ancien voisin Manuel Valls remplace bel et bien Guéant comme sinistre de l’Intérieur, menant une belle chasse aux Rroms. De manière à se concilier les bonnes grâces de la Droite pop ? Celle-ci de ne lui rend pas bien. Qui glose sur l’idée d’ouvrir droit à l’emploi aux Rroms. J’ai pu lire ce matin, sur twitter, ce vomi de Franck Guyot, militant UMP en Essonne : « #ToiAussiTrouvesUnmétierPourLesRoms #Pickpockets sur la #ligne9 du #métro , ils ont déjà la formation #RATP ». Je veux juste en profiter pour rappeler que les Rroms sont citoyens européens et que, en tant que tels, ils ont normalement accès à l’emploi et aux prestations sociales. Ils n’en sont privés que parce que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a « négocié » avec ses homologues européens pour qu’il n’en soit rien.

Cela suffit à me rendre d’humeur maussade. Mais il faut en sus se cogner les saillies de militants du parti dit « socialiste », tous en morgue et en déni de réalité – les gars, vos cent jours sont marqués d’une impuissance qui ferait sourire de condescendance un octogénaire eunuque – ; les bêtises crasses des gauchistes aux abois qui sont au marxisme ce que Guesde y était déjà, c’est dire ; la droite, encore elle ; les fachos… Plus quelques nouvelles de Montreuil qui me donnent matière à préparer la suite de mes chroniques. Bref. Les vacances sont finies et j’ai envie de repartir. Mais loin !

Mais où ? L’illusion des Jeux Olympiques passée, la Grande-Bretagne, ce pays qui m’est si cher, se retrouve avec la gueule de bois. Pour détourner l’attention, les conservateurs s’en prennent à l’Equateur « coupable » d’offrir l’asile politique à Julian Assange. En Espagne (si, si, vous savez pas ? Ce pays voisin dont vous vous contre-foutez), Rajoy se prend pour un matador tentant de toréer le peuple. En Grêce, on meurt, merci. En Syrie aussi, où le peuple est pris en otage entre un clan de barbares accrochés à leur pouvoir et un clan de barbares en quête de pouvoir. Je vais aller vomir à nouveau et je reviens.

Alors, quoi ? Ben… Continuer. Continuer à militer. Continuer à écrire. Continuer à publier. Continuer à agir. Les copains du Front des blogs ont bien tenu la baraque pendant que je me farcissais du hagis comme jamais. Ça fait plaisir, ça donne de l’énergie. Comme je l’ai écrit hier, notre ouvrage collectif Terres de gauche, abécédaire des radicalités concrètes est sorti. Mes amis du Rizome Corp © ont sorti une nouvelle tape que je vous recommande. Si vous la ratez ici, je la remets plus bas. Puisqu’on parle musique, j’ai quelques beaux albums en stock à vous faire partager – découvrir – réécouter (rayez les mentions inutiles). Demain, mon complice François Miranda nous parlera d’un duo israélien fameux : The Young Professionals. Comme ça, j’aurai le temps de boucler un article sur l’autogestion pendant la Commune de Paris pour la revue Les Z’indigné-e-s et d’avancer sur mon essai concernant cette révolution et ses poursuites.

Bref. Il faut bien vivre. Et trouver des raisons de sourire. Parce que notre ciel est bien gris malgré la canicule déclinante. Bref. Je suis de retour.

Bonus audio : le Summer 12 (Long Drink) de Rizome Corp

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Bonus vidéo : The Jesus And Mary Chain « Surfin’ USA (Summer Mix) »


La gauche pour de bon, l’écologie pour de vrai, la république pour tous

En ces temps où les mots sont vidés de leur sens, bataille idéologique aidant, il n’est pas inopportun de se préoccuper de tenter de redéfinir ce qu’est une politique publique de gauche au niveau des collectivités territoriales. Bien que jacobin de culture et marxiste de formation, ce qui m’attire vers le centralisme, je considère aujourd’hui – alors que mon Parti – le Parti de Gauche – apporte sa pierre à la refondation doctrinale de la gauche – que l’expérience de terrain peut aider à reconstruire ce corpus idéologique dont nous sommes tous en quête.

L’enjeu n’est plus aujourd’hui de « gérer » les collectivités locales. Je fais partie de ceux : militants, agents, élus, qui ont l’ambition de participer à la reconstruction des solidarités républicaines, à l’heure où les tenants du libéralisme, au pouvoir, s’acharnent à vider l’Etat de son sens autant que de ses capacités d’intervention au profit des citoyens. Nous avons l’ambition d’aider l’habitant à s’émanciper en devenant pleinement lui-même. Nous tenons déjà là les deux bouts de la corde : l’enjeu collectif, avec la solidarité, l’enjeu individuel, au travers de l’émancipation ; l’un alimentant l’autre de manière dialectique.

C’est pour cela que nous sommes attachés à la prééminence de la commune, comme fondement de l’organisation républicaine de la France. Il ne s’agit pas, pour nous, de passéisme ou de nostalgie. Nous affirmons, bien au contraire, la modernité de la commune comme creuset du vivre ensemble mais aussi, et surtout, de la résistance. L’Histoire nous rappelle que c’est toujours de la commune que sont nés les grands mouvements émancipateurs : de la Grande Révolution de 1792-1793 au Front Populaire, en passant par les Communes de 1871 : Paris bien évidemment, mais aussi Lyon et Marseille, pour ne citer que celles-ci. C’est là la raison fondamentale de notre opposition résolue à la réforme des collectivités locales présentée par le gouvernement, sur la base du rapport de la Commission Balladur. Enfin, repartir de la commune, c’est aussi repartir du réel, un réel qui conditionne notre vision politique.

Dans ce cadre, le premier objectif demeure de permettre aux citoyens de se dégager des aliénations que constituent le travail, la consommation, les déplacements que génèrent ces deux premiers éléments, pour qu’ils puissent se consacrer à eux-mêmes autant qu’à ce qui les entoure : l’environnement, les autres, la ville… autant d’éléments de socialisation, de solidarité et d’émancipation, j’y reviens. C’est dans ce cadre précis que nous envisageons le concept de ville lente, puisque le temps est devenu un enjeu majeur, au même titre que les conditions économiques et sociales. Nous n’opposons pas ces dimensions, bien au contraire.

En matière sociale, le premier devoir d’une collectivité demeure de faire vivre la solidarité, en renforçant le lien social mais aussi en mettant en œuvre des services au prix le plus bas, voire tendant vers la gratuité. C’est aussi lutter contre l’idéologie dominante en refusant de concéder au secteur marchand des pans entiers de l’action publique mais bien au contraire, en réintégrant dans le secteur public tout ce qui peut l’être. De fait, en sanctuarisant tout ce qui peut l’être hors du domaine marchand, nous offrons un gain substantiel en termes économiques à nos concitoyens. Ils sont protégés des effets de la spéculation inhérents à la marchandisation galopante.

J’ai eu l’occasion de le dire et de l’écrire déjà, pour nous l’enjeu est de concourir à l’émancipation du citoyen. Or, pour arriver à l’émancipation, il faut du temps : temps pour l’accès à la culture ; pour la vie sociale, affective, amicale ; pour l’implication citoyenne. Et ce temps est devenu, pour la plupart d’entre-nous, la variable d’ajustement en raison du temps croissant consacré aux déplacements domicile-travail, à la consommation… C’est pourquoi nous nous proposons de repenser l’urbanisme pour réduire l’importance de ces temps là, que nous jugeons aliénants, pour ralentir la ville.

Et nous considérons que, pour ralentir la ville, il faut la densifier. Par densifier la ville, il ne s’agit pas de favoriser l’étalement urbain ou le bétonnage mais bien de permettre à la Ville d’assumer l’ensemble de ses fonctions : développement économique pour créer des emplois qui profiteront aux habitants ; habitat pour assumer et réaliser la mixité sociale ; services publics pour répondre aux besoins premiers des citoyens : culture, sports et loisirs ; espaces de nature préservés pour un cadre de vie amélioré. Mais je n’oublie pas qu’une des fonctions premières de la ville demeure l’apprentissage de la vie sociale. D’où toute l’importance des équipements publics, qui sont à la fois des lieux de services, de rencontre donc de lien social. Ils constituent autant de traits d’union entre les différentes parties du territoire.

Pour autant, si nous défendons une ville intégrée avec l’ensemble de ses fonctions, nous rejetons l’idée d’une ville autarcique et refermée sur elle-même. Nous avons trop souffert de cette conception de quartiers autosuffisants, en vogue dans les années 1970, qui, finalement, confinent aujourd’hui à la ghettoïsation, les différentes facettes de la crise économique inhérente au capitalisme étant passées par là. Je fais partie de ceux qui militent donc pour une ville ouverte sur ses semblables, qui concourt au brassage, à la circulation des Hommes comme des idées. Cela suppose une nouvelle architecture des transports en commun ainsi que la gratuité de ces déplacements pour inciter à ne plus utiliser sa voiture. L’accélération des transports que génère leur massification (RER, tram-train, etc.) permet de ralentir le rythme de vie en libérant du temps. Nous y sommes toujours.

Densifier la ville donc pour maîtriser les espaces, les affecter au mieux de leurs caractéristiques aux diverses fonctions urbaines : voici l’enjeu. Dans ce cadre, il convient de se doter des outils réglementaires nécessaires à la maîtrise foncière, jusqu’au droit de préemption, notamment pour lutter contre la spéculation, les marchands de sommeil ou leur équivalent économique. Il est aussi essentiel de fixer des objectifs en termes de répercussion pour les citoyens lorsque les agents et les élus territoriaux négocient l’implantation d’une entreprise sur notre territoire. N’hésitons pas à parler de densité d’emplois à l’hectare.

Par ailleurs, mes camarades et moi défendons une vision clairement écologique de la Ville. C’est aussi ce point qui nous amène à défendre un urbanisme dense. Je n’ai donc pas peur de dire que moins les bâtiments, quelle que soit leur rôle (habitat, service, économie), auront d’emprise au sol, mieux nous pourrons intégrer les diverses fonctionnalités urbaines dans le respect de notre environnement commun. En effet, moins d’emprise signifie moins de sol imperméabilisé et donc une vie de ville plus en phase avec la nature. Dans ce cadre, il faut réfléchir sérieusement à une révision, pour le moins, de l’idéologie très sarkoziste de la « France des propriétaires ». Bien que figurant comme revendication des Révolutionnaires de 1789, prenons en compte le contexte, je ne crois pas que la propriété immobilière individuelle participe au bien commun. Ce, même si, aujourd’hui, l’aspiration de nos amis, voisins, parents parfois, pousse dans ce sens.

Pour revenir à la vision de l’action publique que je défends, et que des élus mettent en œuvre , elle relève de la planification, dans chacune des quatre fonctionnalités que j’ai déjà identifiées ; laquelle planification a une ambition écologique. Par planification, nous entendons des choses simples : anticiper les besoins, prévoir les étapes, tenir le calendrier. Il ne s’agit pas de remettre à l’honneur le Gosplan, loin s’en faut, mais de se doter d’une méthode rigoureuse, tant l’action publique, aujourd’hui, nécessite fermeté dans la conviction mais aussi rigueur dans l’exécution.

Cette ambition, avec un outil privilégié et une méthode définie, nécessite toutefois une condition tant, en apparence, elle peut apparaître comme contraignante pour le citoyen. Cette condition a pour nom l’éducation populaire. Le rôle militant des élus, avant même la construction de la ville, demeure d’être un éducateur du peuple, c’est-à-dire l’amener à prendre conscience des enjeux, à s’approprier les ambitions collectives, à prendre à bras le corps les contradictions pour les résoudre. Cela nécessite un travail intense de débat, de confrontation, dans une relation de proximité avec le plus grand nombre de citoyen. Notre conception de l’élu est aux antipodes de la culture dominante qui réclame des élus gestionnaires, à l’hyper technicité, mais retranchés dans leur tour d’ivoire. Nous avons suffisamment confiance à la technicité des agents territoriaux, à leur attachement aux territoires sur lesquels ils interviennent autant qu’ils y vivent, pour savoir que la première tâche des élus est de se rendre disponibles pour le débat citoyen, qui précède et conditionne l’émancipation. Dès lors que le citoyen peut y consacrer du temps…

Au final, notre pensée est articulée autour de trois piliers d’égale importance : la gauche pour de bon, l’écologie pour de vrai, la République pour tous. C’est là le sens de notre contribution au débat en cours sur la nature de l’action publique, son rôle, son but.

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Bonus vidéo : Tears For Fears « Change (Extended Version) »


Les fabulistes fabuleuses, Grazia, Mondadori et le plagiat

Et bien… Je sais que c’est la crise pour les entreprises capitalistes. Je sais aussi que la presse marchande traverse une mauvaise passe. Je sais aussi que le culot remplace bien souvent la créativité. Mais tout de même…

Oui, évidemment, c’est aussi parce qu’Angelina est une amie que je réagis ainsi. Mais tout de même : voici l’histoire édifiante d’un magazine féminin, qui appartient au groupe Mondadori, lequel n’est pas particulièrement à la rue en matière financière, et qui plagie sans vergogne deux « frêles blogueuses ». Pour en savoir plus, je vous suggère de lire leur lettre ouverte au dit magazine.

Cher Grazia,

Peut-être ne le sais-tu pas, mais avant ta série sexo de cet été intitulée « In bed with… », il a existé un concept de billet sexuel de haute volée sociologique, très drôle, riche en conseils, en allusions, en jeux de mots, en aphorismes et en clins d’oeil pour toutes les bouches et pour toutes les bourses. Originellement connue sous un titre qui se veut un hommage à un film à peu près culte, « Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un amant (trois petits points) », cette série écrite à quatre mains illumine, depuis deux ans déjà, les blogs respectifs de BritBrit Chérie, déesse des blogs féminins, et d’Angelina, pondeuse occasionnelle de petites fables. A ce jour, notre productivité a déjà commis un mode d’emploi de l’amant communiste, l’amantécolo, l’amant geek, l’amant de droite, jusqu’à un amant grec manifestement très inspirant. 


Quelle ne fut donc pas notre surprise de découvrir cette semaine dans tes pages, ce guide de survie sexuelle chez nos amis Grands Bretons rédigé par une journaliste très documentée sur les moeurs de nos cousins d’Outre-Manche. 

Cet article qui décortique le parcours de la combattante française (ta lectrice) ayant la distrayante idée de vouloir pécho de l’English, utilise sans aucune autre forme de procès et donc sans gêne, notre concept de l’amant testé et passé au crible de notre sagacité. 

Quoique de l’avis général beaucoup moins drôle et beaucoup moins chiadé au niveau de l’écriture et des références culturelles, ce « In bed with… » est, selon nous, une grossière déclinaison de notre série coquine malgré un découpage par thèmes – lorsque nous sommes plutôt dans la thèse-antithèse – qui ne trompe personne. 

Que ta journaliste, en mal d’idées et de propositions pour remplir tes colonnes de sexe à deux balles et pas drôles, soit tombée sur l’un de nos billets va sans dire. Qu’elle s’en soit inspirée pour maintenir son taux de production rédactionnelle et insuffler un semblant de créativité dans tes pages n’est ni répréhensible ni honteux. Quoique.

A Palerme, les camarades ont compris.

Ce qui est par contre tout à fait scandaleux, c’est de n’avoir aucune imagination, de saupoudrer deux ou trois pauvres blagounettes, deux ou trois allusions à de vagues statistiques dont la source n’est même pas indiquée, dans un article plat qui distille plus l’ennui que l’envie de coucher avec un Anglais ou quoi que ce soit d’autre. Note que nous avons la décence de ne pas évoquer les effroyables clichés et contrevérités véhiculés ici et là. 

Se faire voler une idée n’est jamais agréable et peut-être devrions-nous le prendre comme une forme d’hommage à notre fécondité plumitive. Mais se faire bassement copier une idée brillante et drôle pour se retrouver vulgairement collées à la va-vite, sans joie et sans imagination, nous a fait sortir de nos gonds. Ce n’est pas que nous ne soyons pas prêteuses, mais tu trouveras cela peut-être idiot, nous aimons que le fruit de notre travail soit respecté un minimum.

Après maints tweets rageurs dont tu trouveras le détail ci-après, adressés à ton community manager, le sommant de s’expliquer, nous sommes actuellement toujours dans l’attente d’une réponse. Peux-tu nous rassurer sur son état de santé ? Est-il en vie ou simplement planqué dans le bureau du service juridique ?

Ce silence en unique retour, nous avons pris le parti de t’adresser cette lettre ouverte pour te sommer de reconnaître ce grave manquement déontologique et de t’expliquer sur ce dérapage inacceptable.

(…)

BritBrit Chérie & Angelina

Lire la totalité de la lettre ouverte d’Angie et Britbrit ici.

 

 

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Bonus vidéo : Britney Spears « Criminal (Stay Boy Remix) »


Approfondir le Front de Gauche ? Le projet d’abord, l’orga ensuite

Je vous l’avais promis, je m’y tiens. Je vais, à la sortie de cette séquence électorale, poser quelques unes de mes réflexions sur le Front de Gauche, sa nature, son évolution. Evidemment, elles n’engagent que moi et ceux qui se les approprient. Tout ça pour dire que je ne suis pas en mission. En fait, rédiger cette note m’aide aussi à préparer mon rapport sur le Parti de gauche dans le Front de gauche, pour l’assemblée générale du Parti de Gauche de Seine-Saint-Denis demain. Et met mes idées au clair pour le conseil national de samedi. En passant, si tout va bien, je serai demain, mercredi, à la conférence nationale extraordinaire du Parti Communiste à la Mutualité, avec mon accréditation presse. Cela dit, venons-en aux faits.

Au départ, le Front de Gauche est une construction d’appareils impliquant Gauche unitaire, Parti Communiste Français et Parti de Gauche. L’alliance électorale a vécu ce pour quoi elle avait créée : les élections européennes de 2009, avec un certain succès d’estime. Nous avons poursuivi l’expérience avec les élections régionales l’année suivante. Avec une nouvelle progression. Je saute par dessus les élections cantonales de 2011 par facilité et parce que ce scrutin était assez anecdotique. Il n’a d’intérêt que de marquer la continuation de la démarche Front de Gauche.

Avec le couplé présidentielles-législatives, le Front de Gauche est entré dans une nouvelle phase. Parce que, en premier lieu, d’autres organisations l’ont rejoint : Convergence et Alternative, la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, Femmes Egalité, le Parti Communiste des Ouvriers de France, République et socialisme. Soit un total de huit organisations à présent. Le deuxième événement marquant demeure, à mon sens, l’irruption citoyenne dans la campagne au travers des assemblées éponymes. Aujourd’hui, ces citoyens, au moins une partie d’entre eux, réclament de continuer le travail politique. Sans pour autant adhérer aux organisations qui composent le Front de Gauche. Ils se reconnaissent dans le compromis politique qui a pour nom L’Humain d’abord et n’ont d’envie que de soutenir ce projet politique précis. Fort bien.

Reste donc à pérenniser cet élan d’organisations d’un côté, de citoyens de l’autre. Et se pose la question de la forme : rassemblement informel comme à présent la plupart du temps ; fédération avec adhésion directe ; parti unique ? Se pose en corollaire, j’aurais plutôt tendance à dire en préalable, la question de « pourquoi le Front de Gauche ? ». Il serait peut être utile que chacune des organisations membres du Front de Gauche ainsi que les citoyens qui s’en sentent partie prenante homogénéisent leurs visions de ce projet. Je vais dire ce que je pense : je crois que c’est indispensable de clarifier notre rapport au projet politique du Front de Gauche. Je parle bien de projet, pas de programme puisque nous en avons un.

A ce stade-là, je vais livrer ma vision personnelle de ce projet. Vous n’aurez pas vraiment de surprises puisque j’ai posé ici et là des jalons de cette réflexion. Il faut d’abord que vous sachiez que je suis un partisan du parti unique de la gauche radicale, qui rassemblerait l’ensemble des organisations actuelles et les citoyens non encartés qui se retrouvent dans cette sensibilité. La venue des camarades issus du NPA serait évidemment la bienvenue ; promis, j’ai rangé mon piolet. L’idée consiste évidemment à créer une force politique capable de damer le pion au parti dit « sérieux » au sein de l’électorat pour mener une politique de rupture radicale avec le capitalisme.

La construction dialectique du rapport des forces entre la rue et les urnes constituerait une bonne méthode pour mener cette explication franche avec le PS. Mais il est bien entendu une chose dans mes mots : nous n’avons pas pour but, avec le Front de Gauche, d’être les « gérants loyaux du capitalisme ». Mais bien de l’abattre, pierre par pierre, jusqu’à sa disparition. Dans ma vision personnelle des choses, Die Linke, Syriza, les expériences boliviennes et vénézuéliennes se combinent pour alimenter un nouveau champ des possibles. Sachons enfin que je réfute désormais ce vieux débat à la con entre réformisme et révolution puisque le réformisme historique, celui d’avant Kautsky et Bernstein, se pose bien comme outil d’abolition du capitalisme.

Est passé le temps de la campagne. Riche d’espoirs, facteurs de quelques désillusions : ce n’est pas demain que nous ferons la révolution. C’est net. A gauche, l’électorat nous a préféré qui l’abstention qui le parti dit « sérieux ». Tenons-nous le pour dit. Reste qu’il n’y a aucune fatalité dans cette situation, si tant est que nous acceptons de reprendre les choses à notre base en renouant avec l’éducation populaire politique, travail long et ingrat mais indispensable dans la conscientisation autant que dans la bataille culturelle au sens gramscien du terme. C’est cela le début de la résistance aux lignes forces du capitalisme qui est, en premier lieu, la forme la plus hégémonique d’une vision politique de la société.

La campagne a passé, riche de rencontres, de débats, de confrontations. Et j’en ressors me disant que le parti unique n’est pas pour demain. Et que ce n’est pas grave ! Nous avons, à mon sens, d’autres urgences. En premier lieu, celle qui consiste à lever les ambiguïtés, à clarifier les positions, à mettre à plat les désaccords sur le fond. S’il y en a. Nous avons des histoires à partager, des cultures différentes desquelles s’enrichir, des formes de militantisme à mettre en commun. Profitons de ce que nous sommes relativement peinards jusqu’en 2014 pour élaborer une position politique commune, une feuille de route partagée, au même titre que nous avons réussi à produire un programme partagé. Transformons donc les assemblées citoyennes en collectifs locaux du Front de Gauche pour mener ce nécessaire travail d’explication et de construction. Cela permettra en même temps aux citoyens qui se sont emparés de nous de participer pleinement. En évitant les écueils que nous avons connus avec les collectifs unitaires anti-libéraux.

Je n’ai pas d’idée préconçue sur la question de l’organisation Front de Gauche en elle-même. Sauf que je crois illusoire et même dangereux de vouloir avancer à marche forcée vers le parti unique, Die Linke à la française. Nous brutaliserions bon nombre d’entre les nôtres sans comprendre que l’essentiel est d’abord de finir de lever les défiances réciproques, d’amalgamer les positions en respectant les histoires de chacun. La campagne a permis de progresser de ce point de vue. Il n’y a plus trop de militants PCF gaussant l’incapacité des Pégistes à mener un porte à porte ; lesquels Pégistes ont compris que les camarades de la Gauche unitaire sont des militants sérieux même lorsqu’il s’agit de faire autre chose que produire un texte… J’en passe et des meilleurs. A dire le vrai, nous avions tous nos méfiances, nos doutes, les uns vis à vis des autres. Le fait de militer ensemble, au coude à coude, de prendre les mêmes coups, de savourer les mêmes petits plaisirs… nous a considérablement rapprochés les uns des autres.

Ne perdons pas cet acquis en voulant aller plus vite que la musique. La question des municipales va arriver bien vite. Il serait bon que nous soyons sur la même ligne politique à ce moment-là au risque de tout perdre pour de bon. Dans le fond, je vais vous le dire, que le Front de Gauche disparaisse, je m’en fiche. Ce dont je ne fiche pas c’est de l’existence d’un outil politique au service de la classe ouvrière, qui lui permette de gagner dans ce combat à la vie à la mort qu’est la lutte des classes. J’ai la faiblesse de considérer que le Front de Gauche peut être cette arme qui aidera le peuple à terrasser son adversaire de classe.

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Bonus vidéo : The Damned « New Rose »


Histoire de gant, ma réponse à Gauche de combat

Tu parles d’une pression… Sans faux col, ça c’est sûr. Mon ami Je suis cet homme, brillant et tenace taulier de Gauche de combat a décidé de « poser les gants », dit-il. Et de me passer, à moi, illico, le flambeau. Mais de quoi ? Je le laisse s’expliquer :

« En effet, j’ai souhaité me retirer de la course infernale à la première marche du podium du classement ebuzzing, autrefois wikio,  qui nécessite un investissement important que je ne peux plus fournir, au détriment d’autre chose. J’ai en effet depuis peu d’autres priorités dans la vie…et je préfère donc passer mon temps à autre chose de plus essentiel à mon équilibre personnel. C’est pourquoi, en voyant apparaître le blog de Nathanaël, je me suis dit, comme ça au fond de moi sans jamais lui en parler (je peux témoigner – NDA), qu’il pouvait être celui qui reprendrait brillamment le flambeau. »

Bien… En lisant cela, je me suis resservi un perrier bleu bien serré. Je lui ai laissé une première réponse à lui. Et, puisqu’il m’interpelle publiquement, je m’en vais lui répondre du même pied.

D’abord, Gauche de combat, c’est un blog qui m’a donné l’envie autant que l’inspiration. J’ai été heureux de lire que l’ami Je Suis cet Homme n’allait pas raccrocher les gants. Il va continuer son bonhomme de chemin à son nouveau rythme. Et ça, c’est un premier point qui me remplit de bonheur.

Je ne pourrai jamais le remplacer, nul ne le pourra. Parce que, d’abord, il a son style, comme j’ai le mien. Il a aussi son poste d’observation, qui n’est pas le mien (je crois que je suis un peu plus apparatchik que lui). Nous avons tous deux une histoire différente : lui l’alternatif aux relents anars, moi le communiste. Mais la politique ne fait pas tout pour définir un homme : le verbe de Gauche de Combat se nourrit de sa propre sensibilité, de son expérience de vie, de cette Lorraine qu’il aime et que je comprends, ma maman venant des mêmes terres entre acier et charbon. Une terre marquée par la résistance et cette empreinte des étrangers qui l’ont façonnée.

Je ne serai donc jamais Gauche de Combat bis. Je resterai le Cri du peuple, avec mon histoire, mes préoccupations, mes marottes : la Commune de Paris, la guerre d’Espagne, l’histoire du mouvement ouvrier… Et mon ton, que l’ami Je suis cet homme me fait le bonheur de qualifier de « personnel ». Répondrai-je à son souhait en intégrant le top dix des blougs les plus influents en matière politique ? Vous seuls, amies lectrices et amis lecteurs, répondrez à cette question. Oh ! certes, je connais les ficelles qui me permettraient d’aller plus vite et plus loin. J’en use parfois, je le concède. Mais pas trop, j’espère, et sans me travestir jamais.

Quand j’ai lancé de modeste objet nommé le Cri du peuple, en octobre 2011, je l’ai fait sans aucune arrière-pensée autre que la conviction, à tort peut être, que les idées qui sont miennes valent que je les partage. Ce qui vaut pour moi, vaut pour d’autres. Après, vous en faites bien ce que vous voulez. Je suis assez surpris de ce que vous en avez fait jusqu’alors. Quand je dis « surpris », il faut entendre « heureusement surpris ». Avec une régularité sans faille, vous venez, de plus en plus nombreux, lire ces lignes posées sans autre prétention que de mettre au propre des pensées qui, si je les gardais pour moi, resteraient brouillonnes, inachevées, un poil brutes. Je m’améliore au contact de l’autre, je me nourris de la confrontation, je suis un fervent partisan de l’aliénation parce qu’en m’oubliant, je deviens mieux moi-même.

C’est là tout le sens d’un blog, du moins tel que je l’entends. C’est pour cela que, comme je l’ai déjà écrit, si je revendique mon militantisme au Front de Gauche et mon appartenance au Parti de Gauche, j’ai toujours refusé que le Cri du peuple en soit une publication officielle. Il y a beaucoup d’autres blogs au logo qui m’est cher de bien meilleure facture.

Il y a surtout d’autres blogs personnels dont je me nourris, vorace ; vous les connaissez à force que je les cite. Je veux saluer les amis Despasperdus, Partenariat public privé d’intérêt général, A Gauche pour de vrai, Rue Affre (mon voisin), Pensée libre, Bab El Ouest, mon amie Angelina, Franck Boissier, Romain Jammes, Thomas… Il y a la jeune garde qui monte : Michael Canovas, La Ligne de Front, J’ai pris parti, Rock n’ rouge… Je veux croire que le défi que me lance Gauche de Combat, c’est ensemble que nous le relèverons. Ces vieux briscards, ces jeunes talents, moi… Ensemble.

En n’oubliant jamais que nous sommes avant tout des hommes et des femmes ; des êtres à part entière avec nos doutes, nos peurs, nos joies, nos colères… nos lubies aussi. Nous sommes humains, d’abord. Et, pour la plupart d’entre eux, des potes. Est-ce que cela suffira à nous faire monter sur la plus haute marche du podium du lab ebuzzing ? Qui sait ? Moi, je crois bien que – d’ici dix ans -, ensemble, nous aurons pris le pouvoir, deuxième étape de la révolution citoyenne. Alors, pourquoi pas ?

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Bonus vidéo : Test Department « Fuel To Fight »


Densifier la ville pour la ralentir

Cette note est un début d’échanges avec Emancipation urbaine, le blog de Thomas.

La ville d’aujourd’hui se situe au croisement de deux impondérables que les bâtisseurs doivent intégrer : le temps et l’espace. Le temps demeure la priorité de vie de la plupart de nos concitoyens et il demeure l’enjeu de ce début de 21e siècle. Quant à l’espace, il s’agit de l’enjeu collectif premier dans sa maîtrise si tant est que l’on entend construire un avenir durable et soutenable pour tous. C’est dans ce cadre à double entrée que je me situe.

Au début donc était le temps. Pour les citoyens vivant dans les agglomérations urbaines, de Paris comme de Province, dans les villes centres comme dans les banlieues, le temps constitue la préoccupation première. Les temps de trajet entre domicile et travail, le temps que l’on consacre à la consommation, le temps passé à gagner sa vie pour ceux qui ont encore un emploi, tout ce temps file à grande vitesse et diminue de manière exponentielle le temps pour soi. Or, ce temps pour soi demeure le temps de l’émancipation, par la culture, par la vie sociale et amicale, par l’implication citoyenne. Bref tout ce qui concourt à une pleine humanité, hors de l’aliénation consumériste qui domine notre époque. Ce temps concourt de fait à la réussite solidaire dans le sens où un être humain, plein et entier, émancipé, est un Homme réussi et qui participe de la réussite collective.

 

Ralentir les temps aliénants

Pour nous, c’est à dire des militants comme Gabriel Amard, Corinne Morel-Darleux et Yann Abraham, il demeure une priorité que le temps de l’émancipation reprenne une plus grande place. Et c’est pourquoi nous attachons une grande importance à construire une ville qui œuvre au ralentissement des temps aliénants : travail et consommation en particulier. L’urbanisme est le premier outil, la planification notre méthode. Oui, nous entendons planifier les diverses politiques publiques qui contribuent à façonner la ville dans les domaines clés que sont l’économie, l’aménagement urbain, l’environnement. Planifier, c’est anticiper les besoins, définir les moyens, prévoir les étapes, fixer les moyens. Au fond, c’est aussi simple que cela. Un outil et une méthode donc et un défi en forme de paradoxe apparent : pour ralentir la ville, il faut la densifier.

Pourquoi densifier la ville si ce n’est pour lui permettre d’assumer l’ensemble de ses fonctions : développement économique pour créer des emplois qui profiteront aux habitants ; habitat pour assumer et réaliser la mixité sociale ; services publics pour répondre aux besoins premiers des citoyens ; culture, sports et loisirs ; espaces de nature préservés pour un cadre de vie amélioré. Mais je n’oublie pas qu’une des fonctions premières de la commune, et j’utilise le mot à dessein, demeure l’apprentissage de la vie sociale autant que la construction, après cet apprentissage, de modes de vie alternatifs. Quand je parle de mode de vie, dans la cité, je parle évidemment de politique.

Densifier la ville donc, planifier l’action publique, pour maîtriser les espaces, les affecter au mieux de leurs caractéristiques aux diverses fonctions urbaines : voici l’enjeu pour nous. A la Communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, nous n’avons pas peur de dire que moins les bâtiments, quelle que soit leur rôle (habitat, service, économie), auront d’emprise au sol, mieux nous pourrons intégrer les diverses fonctionnalités urbaines qui conditionnent le caractère avéré, et non plus rêvé, du lien social. L’urbanisme des années 1960 et 1970 a moins pêché par son intensité que par son inaccomplissement. Des ensembles de logements extrêmement denses ont été construits sans que les donneurs d’ordre ou les financeurs (l’État en premier lieu et singulièrement en région parisienne) ne se préoccupent de l’accompagnement au travers des services de proximité que ce soient les services publics, les commerces, les lieux de loisirs et de culture… Dans combien de nos quartiers de banlieue la puissance publique n’est-elle plus représentée que par les voitures de police et l’école maternelle ? Là est le problème premier, pas dans la hauteur du bâti, à notre sens tout au moins.

Libérer les espaces

Il s’agit en premier lieu de se battre concrètement pour un environnement de qualité, fort des atouts naturels qui caractérisent chaque bassin de vie. L’intensification urbaine permet de préserver ces espaces naturels, source de biodiversité, c’est même la condition pour leur persistance. Nous connaissons trop les dégâts irréversibles causés sur l’environnement par ces immenses zones pavillonnaires ne présentant ni confort ni services ni convivialité. De même, la diminution des emprises de bâti au sol permet de minorer l’importance des surfaces imperméabilisées dont chacun peut mesurer aujourd’hui les nuisances, notamment en termes de gestion des eaux de pluie et eaux usées.

 

En privilégiant les constructions en hauteur à haute qualité environnementale et basse consommation d’énergie, nous libérons les espaces que nous maîtrisons. En assumant une mixité entre logement et locaux à vocation économique, nous entendons réduire les temps de trajets entre domicile et travail pour un nombre croissant de nos concitoyens. C’est là une première réponse à l’enjeu du temps mais aussi à la lutte contre les gaz à effet de serre. Enfin, les espaces libérés par notre maîtrise foncière permettent la construction de nouveaux services publics répondant aux besoins d’une population en croissance : écoles, crèches, maisons de quartier ou MJC.

La puissance publique comme trait d’union

Ces services, mis en œuvre par les collectivités territoriales, constituent les instruments du lien social et participent de la convivialité, une des clés de la vie urbaine. Ils ont aussi vocation à devenir des traits d’union entre les différentes parties de la ville, tant celle-ci n’est jamais une. Même si nous pouvons le regretter parfois, cette multiplicité à l’intérieur de l’espace communal participe de sa richesse, de sa mixité. Il convient néanmoins de se battre pour rouvrir les quartiers, notamment populaires, sur les bassins de vie. Trop souvent, notamment en région parisienne, nous avons à faire à des quartiers enclos sur eux-mêmes, répondant aux utopies urbanistiques des années 70 mais plus en rapport avec les enjeux du temps présent. La Ville bouge, il faut savoir accepter cet état pour ne pas avoir à le subir.

 

Pour autant, si nous défendons, vous le lisez, une ville intégrée avec l’ensemble de ses fonctions, nous rejetons l’idée d’une ville autarcique et refermée sur elle-même. Nous avons trop souffert de cette conception de quartiers autosuffisants, en vogue dans les années 1970, qui, finalement, confinent aujourd’hui à la ghettoïsation, les différentes facettes de la crise économique inhérente au capitalisme étant passées par là. Nous militons donc pour une ville ouverte sur ses semblables, qui permette le brassage, la circulation des Hommes comme des idées. Cela suppose une nouvelle architecture des transports en commun ainsi que la gratuité de ces déplacements pour inciter à ne plus utiliser sa voiture. L’accélération des transports que génère leur massification (RER et TER en province, tram-train, etc.) permet de ralentir le rythme de vie en libérant du temps. Nous y sommes toujours.

Cette ambition, avec un outil privilégié et une méthode définie, nécessite toutefois une condition tant, en apparence, elle peut apparaître comme contraignante pour le citoyen. Cette condition a pour nom l’éducation populaire. Nous considérons que le rôle militant des élus, avant même la construction de la ville, demeure d’être un éducateur du peuple, c’est-à-dire l’amener à prendre conscience des enjeux, à s’approprier les ambitions collectives, à prendre à bras le corps les contradictions pour les résoudre. Cela nécessite un travail intense de débat, de confrontation, dans une relation de proximité avec le plus grand nombre de citoyen. Notre conception de l’élu est aux antipodes de la culture dominante qui réclame des élus gestionnaires, à l’hyper technicité, mais retranchés dans leur tour d’ivoire. Nous avons suffisamment confiance à la technicité des agents territoriaux, à leur attachement aux territoires sur lesquels ils interviennent autant qu’ils y vivent, pour savoir que notre première tâche est de nous rendre disponibles pour le débat citoyen, qui précède et conditionne l’émancipation. Dès lors que le citoyen peut y consacrer du temps…

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Bonus vidéo : Beak> « Welcome To The Machine »


Sétif, connaître le passé pour le dépasser

Donc, le 8 mai 2012, l’événement était cette commémoration de la capitulation des armées nazies devant les forces occidentales coalisées à Reims. La fin de la guerre en Europe, pour mémoire, c’est le 9 mai avec la reddition des forces nazies devant l’Armée rouge à Berlin. Ce petit rappel historique passé, je veux revenir sur ce qui constitue pour moi l’autre événement du 8 mai, qui est presque aussi important pour notre avenir que la défaite des puissances fascistes en Europe. Il s’agit des massacres perpétrés en Algérie le 8 mai 1945 par l’armée française, tueries de masse connues sous le nom de « massacres de Sétif ».

Dans l’euphorie de la victoire des alliés contre les forces du mal, de nombreuses festivités sont organisées sur tout le territoire français. Rappelons que l’Algérie, bien que colonie, est alors organisée en trois départements. Les Algériens ont contribué au premier chef à la libération de la France autant qu’à la victoire contre les nazis et les fascistes. Leur contribution a été déterminante dans bien des combats, notamment la prise du monastère italien de Monte Cassino pour laquelle des milliers d’entre eux ont péri. La Seconde guerre mondiale est aussi vécue, par beaucoup, comme l’affrontement entre armé entre les démocraties d’un côté et les états fascistes. Dans la démocratie, il y a le droit imprescriptible des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Les dirigeants nationalistes algériens n’ont jamais masqué leurs sympathies pour la Gauche. Avant guerre, Messali Hadj, chef du Parti du Peuple algérien, première force indépendantiste, a soutenu le Front populaire et la République Espagnole. Après le débarquement allié en Afrique du nord (8 novembre 1942) puis la victoire des alliés face aux troupes de l’axe début 1943, Ferhat Abbas, dirigeant des Amis du Manifeste et de la Liberté, demande que les musulmans qui s’apprêtent à entrer en guerre soient assurés de ne pas rester « privés des droits et des libertés essentielles dont jouissent les autres habitants de ce pays. » La question du statut des Algériens historiques, ceux que l’on nomme « les indigènes » depuis le décret Crémieux, est au cœur des revendications nationales. Au moins autant que l’indépendance.

C’est sur cette base que les partis nationalistes algériens vont organiser, ce 8 mai 1945, leur propre contribution aux célébrations de la fin des hostilités. Leurs cortèges sont nombreux. Et pacifistes. Las, un jeune scout musulman, qui brandit un drapeau algérien, est abattu par un policier. La manifestation dégénère : des Européens sont tués, la répression est sanglante. Selon les historiens, les victimes algériennes sont entre 8 000 et 15 000. Un rapport des services secrets américains à Alger en 1945 notait 17 000 morts et 20 000 blessés. Les violences – l’armée utilise des armes de guerre : navires de combat, bombardiers, automitrailleuses -, vont durer deux mois. La répression est aveugle, à laquelle participent des Européens, « qui tels des chiens sauvages se sont jetés sur Albert Denier, secrétaire de la section communiste, auquel un salaud sectionna les mains à coup de hache ». Ils ont entendu, croient dur comme fer, que les « indigènes » ne sont pas des êtres humains à part entière. Ils n’ont d’ailleurs pas les mêmes droits que les Européens. Cette même « vision » des choses justifiera, quelques années plus tard, le massacre des Algériens de Paris.

Il faudra attendre 2005 pour qu’un officiel français, l’ambassadeur de notre pays en Algérie, reconnaisse une « tragédie inexcusable ».

Il faut se souvenir de ces massacres, pas par acte de contrition. Il reste bien peu de survivants parmi les responsables de ces tueries de masse. Mais connaître notre passé, c’est aussi éclairer l’avenir. La guerre d’Algérie est bel et bien finie. Et c’est heureux. Nous voulons, des deux côtés de la mère Méditerranée, vivre en paix, renouer des liens de fraternité et de construction, nous enrichir les uns des autres. Connaître son passé, c’est se donner les moyens de le dépasser.

En guise de conclusion, je vous fais partager les deux premières strophes d’un poème de Jean Dornac, qui m’a personnellement touché, Sétif, et qu’il m’a donné l’autorisation de reproduire.

Sétif, le sang des martyrs…
Je n’étais pas né
Je n’ai pas vu
Mais l’histoire
M’a enseigné…

Ils défilaient sans armes
Pour la Liberté
Pour leur dignité
Les bourreaux, en face
Les ont massacrés
Femmes et hommes
Au nom de la France

Allez lire la suite sur son blog. Merci.

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Bonus vidéo : Matoub Lounès « Tighri n taggalt »


A mes amis du Front de Gauche qui ne veulent pas voter Hollande

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes au pied du mur. Dimanche, nous avons le rude choix entre Sarkozy et Hollande. Vous êtes encore nombreux à songer aller à la pèche, à voter blanc (!), à biffer le bulletin de votre « non choix » voir à vouloir glisser à nouveau le bulletin frappé du nom du candidat du Front de Gauche. Je le comprends, d’autant mieux que j’ai eu – longtemps – cette même envie. Mais, aujourd’hui, je veux vous inviter à prendre le temps d’y réfléchir. Je veux vous dire pourquoi moi, je vais utiliser le vote Hollande. En espérant que ces quelques modestes mots pourraient vous amener à faire le même choix que moi.

Après la bande du Fouquet’s, le gang du Bristol s’apprête à faire main basse sur la vie

Je vais d’abord évoquer les raisons qui peuvent justifier que l’on ne vote pas Hollande. Il y a tout ce que j’ai déjà écrit, ce que d’autres militants du Front de Gauche ont mis en lumière. Je ne retire rien de ces mots durs que j’ai eu contre le candidat de la social-démocratie, notamment en matière de renoncement devant l’avancée idéologique du libéralisme en France et en Europe. La pantalonnade autour de l’adoption du Mécanisme Européen de Stabilité en constitue la dernière illustration en date et, très probablement, la plus éclairante.

Mais, sur ce point, regardons ce que Sarkozy s’apprête à faire, en héraut des « 200 familles » version 2012 qu’il est. Nicolas le petit est le porteur des intérêts de classe d’une oligarchie qui veut prendre sa revanche sur le Front populaire et le programme du Conseil national de la résistance. C’est à dire qu’il veut, définitivement, liquider les derniers outils de protection sociale collective et républicaine dont s’est dotée la classe ouvrière.

Le 6 mai à 20 heures, la République met une claque à Sarkozy

Je vais prendre le temps d’évoquer la question de la Sécurité sociale, dont le budget annuel avoisine les 500 milliards d’euros. Abondé par les cotisations sociales des employés et, pour les entreprises qui les règlent, les cotisations sociales part employeur, ce budget échappe – pour l’instant – aux appétits du marché. Lequel ne voit pas cela d’un bon œil ! En Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, ce secteur de la protection sociale est déjà dévolu aux groupes financiers. L’ambition de Nicolas, frère de Guillaume Sarkozy dirigeant du groupe (encore) paritaire de protection sociale Malakoff-Médéric, demeure d’ouvrir ce secteur protégé à la concurrence libre et non faussée.

Je pourrais aussi évoquer la liquidation des services publics autant nationaux que de proximité pour remettre aux mains des marchés des activités qui lui échappent encore là aussi. Sachons que, sous l’impulsion de la gauche, enfin de sa partie la plus conscientisée, les mobilisations citoyennes tendent à ramener l’activité dans le secteur public, c’est notamment le cas sur l’eau. Un exemple que je connais bien pour y être professionnellement, autant que de manière militante, impliqué. Il y a là bataille colossale tant sur le plan idéologique que financier, pour développer ou casser les services publics.

Assurément, permettre l’élection de Nicolas Sarkozy, c’est lui offrir les moyens de mener à bien la mission que lui ont confiée les tenants de l’oligarchie. Si Sarko et sa bande de furieux conservent le pouvoir, il achèvera la destruction systématique de notre bien commun. Certes, Hollande ne fera pas vraiment mieux. Mais il nous sera plus aisé de mobiliser contre lui si, d’aventure, il osait défier son électorat de cette manière. Quoi qu’il en soit, si Hollande est élu, notre travail continuera dans les urnes avec les élections législatives puis dans la rue. Nous finirons notre travail dialectique qui amène l’irruption citoyenne dans la vie politique en combinant mobilisations de masse et victoires électorales. Voilà, pour la part politique de mon vote.

Il y a, dans mon vote, une part – et c’est la plus importante – de valeurs. Quoi qu’il en soit, Hollande reste un républicain et un démocrate. Je dénie ces qualités au candidat que j’espère bientôt sorti. Il faut lire que Sarkozy assume de reprendre les thèses de l’extrême-droite et que ce n’est pas un calcul tactique. Il faut voir le comportement de ses thuriféraires qui clament, en marge des meetings, « la France aux Français » ; qui s’en prennent physiquement à la journaliste vedette de la version française de Fox news (!), après avoir molestée une journaliste de Médiapart ; qui hurlent leur haine de l’autre. Ce n’est pas cela la France que je veux, celle dans laquelle j’ai grandi et qui me laisse ce doux ressenti d’être chez moi malgré mes origines bien diverses. Il y a en moi de celui qu’on traitait de « boche », du « polak », du basque… Je suis un métèque aux yeux des tenants de l’ordre moral. Jusqu’à présent, j’ai pu vivre cela avec fierté et bonheur dans mon pays. Je voudrais que cela puisse durer jusqu’à la fin de toutes les éternités. Pourtant, c’est avec cette France multiculturelle, avec cette République bigarrée parce que laïque, que Sarko et les siens veulent en finir. Ce projet, à lui seul, mérite qu’on l’écrase à coups de talons.

Si même la droite lâche Sarko…

Enfin, plus le résultat de François Hollande au soir du second tour sera élevé, moins il lui appartiendra. A contrario, un vote étriqué l’amènera à radicaliser ses pratiques politiques à partir de l’affirmation « ces gens ont voté POUR moi ». Ne lui offrons surtout pas ce cadeau.

Voilà, mes chers amis, mes chers camarades, les quelques mots que je voulais vous adresser. Je sais bien qu’ils n’ont d’importance que celle que je leur accorde. Mais j’avais envie de les partager avec vous. Ce n’est qu’un bulletin, qui ne nous engage à rien sur le fond. Le plus important, nous continuerons de le construire ensemble comme nous le faisons depuis 2009. Pensez-y.

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Bonus vidéo : The Rolling Stones « You Can’t Alxways Get What You Want »
(spécialement dédicacé à Solero30 et à son blog)


De Bastille à Toulouse, du rouge au noir

C’est maintenant définitif. Il y a quelque chose de pourri dans cette campagne. Je ne parle pas des turpitudes de MM. Raffy, Barbier et Placé. Ça, c’est la routine. Chacun est à sa place, défendant sa vision politique. Raffy et Barbier ne sont pas des journalistes, mais des éditorialistes. A ce titre, ils défendent une ligne et c’est leur droit. Et puis, aujourd’hui, franchement, leurs petites saillies d’idéologues, je m’en bats l’œil. Ce matin, ce n’était pas pareil, je le confesse. J’avais bien envie d’en tacler un et de donner quelques cours d’histoire à l’autre. Mais il y a eu Toulouse. Et tout bascule.

Parce que, ce matin – crime le plus atroce qui soit -, ce sont les enfants qui ont été pris pour cible. Qu’ils aient été abattus dans une école israélite rajoute le lourd soupçon d’anti-judaïsme à l’horreur. C’étaient des mômes, merde ! La cité de briques rouges, que l’on appelle improprement la ville rose, est désormais revêtue de noir. Le noir du deuil, pas celui des anars, pourtant nombreux sur les rives de la Garonne.

Les enquêteurs feraient le lien avec les assassinats de militaires commis les jours passés. Qu’ils fassent leur boulot.

Les mots manquent pour parler de ce crime, de l’émotion qu’il suscite. Tout est bouleversé. La joie, franche, que j’éprouvais encore ce matin, après la Bastille, a disparu. Les yeux sont brouillés, le cerveau aussi. Qu’écrire qui ait du sens ?

Peut être, une fois de plus, quand ce sont les enfants qui meurent de la violence déchaînée par les adultes, faut-il juste se rendre compte que notre contrat social est en charpie. Beaucoup de mots graves ont été prononcés depuis le début de cette campagne électorale. Des phrases, pensées par des idéologues, couchées sur le papier par des collaborateurs zélés et conscients. Des mots qui dépeignent la haine de l’autre, qui parlent d’une croyance religieuse comme d’une maladie que l’on attraperait en mangeant. Qui casher, qui halal.

Des belles personnes, donc, se sont torchées avec notre contrat social, avec notre devise républicaine : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Et à la fin, ce sont des enfants qui en meurent. Ça donne juste envie de vomir. Ou d’attraper la tête de ces salopards pour l’éclater contre le mur. Et puis, on se souvient que la violence entraîne la violence. On essuie les larmes naissantes. On tente de nettoyer le cerveau de ces élans émotifs qui, dans le fond, ne font que salir.

Et l’on constate que les mots posés n’ont servi qu’à cela : éviter d’en rajouter. Dire que l’on pense très fort à tous les enfants morts de la folie des adultes. A Toulouse comme en Palestine. Un enfant n’a pas de religion, pas de parti pris politique, pas de couleur.

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Illustration sonore : IAM « La Fin de leur monde »


Joyeuse Saint-Valentin le peuple !

Aujourd’hui, nous célébrons la fête des amoureux. Oh ! Je sais : fête commerciale, tout ça, blabla. Peu me chaut, dans le fond, puisque moi j’y accorde de l’importance. Mon côté fleur bleue est complètement assumé, sachez-le. Et, je trouve que dans cette campagne présidentielle et législative, le mot « amour » revient enfin, et c’est mon bonheur, sur le devant de la scène. Aussi, en ce jour, je veux souhaiter une belle Saint-Valentin à nous autres, « populistes », à toutes celles et à tous ceux qui aiment le peuple.

Je citais dernièrement les mots de Ché Guevara : « Laissez-moi vous dire, au risque de paraître ridicule, que le véritable révolutionnaire est guidé par de grands sentiments d’amour ». Nous autres, du Front de Gauche, assumons notre engagement révolutionnaire, troquant – pour le moment – les pavés avec les bulletins de vote. Mais, comme le dit si bien Clémentine Autain, cela ne nous empêchera nullement de faire « rentrer nos rêves dans les urnes avec un sacré fracas » et à quatre reprises : le 22 avril, le 6 mai, les 17 et 24 juin.

Nos rêves, ce ne sont pas les nôtres individuellement, ce sont ceux qui rassemblent, ceux qui fédèrent : l’émancipation humaine, le bonheur individuel parce que le mieux être collectif, la redistribution des richesses comme moyen d’y parvenir. Le tout soumis à une condition sine qua non : la prise de pouvoir par le peuple, au travers de ses délégués : président de la République et députés, dans un premier temps, puis – plus directement – au travers de la Constituante que nous avons inscrite à notre programme.

Nous sommes amour, pour le peuple et pour nous mêmes, puisque nous en sommes issus, nous « frondeurs de gauche ». Nous n’avons pas besoin des études de Terra Nova ni des sondages pour savoir ce que ressentent les habitants de notre pays. Nous les côtoyons matin, midi et soir. Ce sont nos voisins, nos amis, nos collègues de travail, celles et ceux aux côtés desquels nous voyageons dans les transports en commun, celles et ceux que nous coudoyons dans les files d’attente à la Sécu ou à Pôle Emploi. Ne cherchez pas chez nous les professionnels de la politique vivant en vase clos. Nous n’avons déjà pas les moyens de les entretenir et, de toutes les manières, pour ce qui concerne le Parti de Gauche, nous avons fait le choix de nous passer d’eux. Primo, parce que nous sommes un parti transitoire qui a pour ambition de disparaître dans une force politique nouvelle ; secundo, parce que nous partageons avec d’autres la nécessité de faire de la politique autrement.

Mais assez parlé de boutique. Nos mots, nos actes, nos engagements, nos enragements même, témoignent chaque jour qui passe de notre amour bien sincère pour nos semblables. C’est au nom de cet amour que nous aliénons volontiers autant que volontairement une part de nous mêmes, de nos autres amours (pour nos familles, nos amis), au service d’autrui. Bien sûr que la politique prend du temps ! Pardi ! Vous croyez quoi ? Mais ce temps de dialogue, de confrontation, d’empoignade parfois même : tout cela n’est que très humain, le militant va l’offrir sans rechigner, parce que l’enjeu en vaut la peine.

Ce n’est pas une question de « responsabilité » vis à vis d’autrui. Arrêtons de nous goberger de grands mots. Chacun est responsable à son aune vis à vis de lui même comme vis à vis des autres, c’est très personnel cette affaire. Trop pour qu’on en fasse une généralité. Ce n’est que question de l’amour que chacun porte aux autres.

Oh, je mesure à me relire que d’aucuns me trouveront soit lyrique, soit romantique, soit dispensable. Peu importe ! Je ne me dédis pas du fil de mes écrits, parce que je suis ainsi. Alors, à toutes celles et à tous ceux pour qui cela importe : joyeuse Saint-Valentin le peuple !

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Bonus vidéo : My Bloody Valentine « Soon » (live)