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Chroniques montreuilloises : 10e épisode

Comme de juste, ce nouvel épisode des Chroniques montreuilloises arrive le jour d’un conseil municipal. Et pas n’importe lequel. C’est la deuxième partie d’un marathon entamé lundi soir. Quand le vent était absent mais que l’éolienne devant l’hôtel de ville tournait toujours. Un signe, me direz-vous. Ou la créativité de l’amère et de ses affidés. Est-ce que l’énergie produite par la dite éolienne, accumulée, pourrait faire tourner les pales de la chose même quand il n’y a pas de brise pour l’animer ? Je vous renvoie à vos cours de physique pour trouver la réponse à cette question. Si ce n’est pas suffisant, je fais mienne la suggestion d’un ami : l’air brassé par l’amère et son équipe sont suffisants à pallier l’absence d’Eole.

Donc, ce soir, l’amère va mettre sur la tables les tickets restaurant pour le personnel communal. De l’art de faire passer la vessie d’un recul pour ceux qui en avaient le plus besoin pour la lanterne d’une avancée pour tous. Pour mémoire, je vais rappeler ce qu’elle déclarait sur ce sujet en début de mandat :

« Pour ceux qui ne peuvent manger à la cantine de Monoprix, je vais nouer des partenariats avec les restaurants d’entreprises et de collectivités à proximité de leur lieu de travail pour qu’ils puissent eux aussi bénéficier d’un repas complet ».

Je vais vous éviter l’exposé des arguments en contre, ce sera bien mieux en live ce soir. L’amère montera-t-elle au créneau pour jouer sa fausse partition genre « je fais le mieux possible pour tous et vous, méchants gauchistes, vous ne voyez que le mal ». C’est drôle comme la pseudo victoire des législatives (90 voix d’avance au 1er tour pour une social-démocratie unie…) rend les vers de Montreuil hargneux. Petit exemple, lors du conseil de lundi dernier, cette adresse amicale de l’amère à son adjoint à la jeunesse : « Il faut dormir la nuit pour être en forme le jour. » Si ça se trouve, l’adjoint en question avait tenté de rencontrer les jeunes en nocturne… Dans le même temps, on apprend que bon nombre des élus de l’amère roupillaient gentiment sans se faire morigéner eut égard à leur grand âge.

Je suppose que tout-Petitjean était du lot, vu qu’il dort même dans les réunions qu’il est sensé animer. Retour en arrière, avril 2011 lors de la réunion relative au suivi de la Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS) sur les Roms. C’est vrai que ce n’est pas grand-chose, à Montreuil, les Roms. Ce doit être pour ça que notre tout-Petitjean, rapporteur de la dite mission de suivi de la MOUS, s’est fait sa petite sieste pendant la réunion. Il était tard : la réunion ayant lieu à 20h30 et plus… Parce que l’animateur du regretté Poivron rouge l’avait demandé.

Pour en revenir à la victoire en trompe l’œil de Razzy Hammadi, faut croire que, dans le fond, les Vers n’en voulaient pas. J’ai déjà évoqué les saillies de Florence Fréry contre le désistement républicain – qui a bénéficié à leur chouchou – dans le précédent épisode. L’analyse réalisée par l’inénarrable tout-Petitjean à l’attention de Montreuil Vrai-Ment vaut son pesant d’or. Le désistement républicain y est présenté comme la scorie d’un système stalinien. Je vais me permettre de le citer :

« Cumul et désistement vont de pair avec l’idée de ne pas, sauf exception, vraiment chercher à mettre en difficultés les sortants du parti de gauche concurrent. La priorité aux sortants est (en principe…) une idée de base des appareils de gauche. En principe, car ils ne résistent pas toujours à l’appétit du pouvoir. »

La conclusion, « ils ne résistent pas toujours à l’appétit de pouvoir », constitue un joli coup de pied de l’âne en direction du désormais député fictif. Dont la gloutonnerie en la matière n’est plus à mettre en lumière. Tout-Petitjean n’est pas avare de scuds contre son propre camp. J’espère que l’amère a savouré ce puissant « il n’est même pas sûr que les formes d’exercice du pouvoir de la municipalité ne portent pas toujours des scories de l’ancien temps », quasi conclusion d’un courriel destiné à quelques 200 sympathisants de l’actuelle municipalité. Serait-ce à dire qu’il y aurait une trop forte personnalisation du pouvoir au sein de l’équipe qui dirige la ville de Montreuil en ce moment ?

Ou est-ce encore un de ces accès de schizophrénie dont ils sont coutumiers ? A l’image de ces rodomontades très amères après le rappel exprimé par Alain Vidalies, ministre des relations avec le Parlement, à la « discipline de vote » qu’intègre l’accord électoral conclu au niveau national entre le parti dit « sérieux » et Europe Ecologie-Le Vide. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce tweet de la rouquine : « Hallucinant ET idiot ! #Vidalies : « les députés #EELV auront la liberté d’expression, pas la liberté de vote » ». Pour comprendre le sel de cette sortie, il faut juste se rappeler que l’amère a tenté d’imposer aux élus Renégats Socialistes de Montreuil la même discipline de vote, au temps où ils étaient encore dans la majorité… On sait comment tout cela a fini. Le RSM a quitté la majorité. Les députés EELV feront-ils de même à l’Assemblée ? J’en pouffe d’avance.

Côté socialiste, l’anecdote du jour, qui témoigne que le parti dit « sérieux » est vraiment déboussolé à Montreuil, c’est qu’Alexie Lorca (« Alexie qui ? » Oui, je sais, moi aussi) est venue se montrer à la réception organisée par Jean-Pierre Brard pour remercier les camarades qui avaient mené sa campagne. Allez, Alexie, encore un petit effort et tu finiras à gauche.

Marche dans les deux sens de lecture

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Bonus vidéo : One Inch Punch « Gemini »

Normal


Bartolone au perchoir, le reniement c’est maintenant

Alors, comme ça, Claude Bartolone est élu au « perchoir » : président de l’Assemblée nationale. Je ne sais plus quel héraut du Parti dit « sérieux » a osé tweeter, relatant sa probable élection, la candidature d’Elisabeth Guigou et la présidence du groupe PS à l’Assemblée pour Bruno Le Roux : « discrimination positive en faveur du 9-3 ». J’ai quand même failli m’étrangler en lisant cela, mon café en grains de la machine a soudain eu du mal à trouver le bon passage. Je ne vais pas m’étendre sur le parachutage en direct du Vaucluse de « Babeth » après son échec relatif là-bas. Ce serait laisser accroire que mon département est devenu au PS ce qu’il fut au PCF pendant longtemps : une zone d’atterrissage aisée pour barons en devenir.

Je vais plutôt m’attacher sur Claude Bartolone, gentiment surnommé « le parrain » dans les couloirs du conseil général de la Seine-Saint-Denis ou ceux de la fédération départementale du parti dit « sérieux ». Le petit Claude, militant socialiste aux dents longues, grandi en Seine-Saint-Denis, au Pré-Saint-Gervais, sous la protection du maire d’alors, un bon vieux cacique comme on les aime –  ou pas. En 1981, à la faveur de la « vague rose », il devient député. Il ne va plus guère quitter les bancs de l’assemblée grâce à une circonscription assez taillée sur mesure. La gentrification qu’il mène en tant que maire à partir de 1995 aide bien à conforter son assise électorale.

Passons sur les divers épisodes de la vie politique du capo, lesquels sont relativement inintéressants tant que l’on n’est pas un spécialiste de la fabiusie dont il est un des piliers. La fabiusie, en passant, c’est ce système non idéologique bâti par un ancien premier ministre où, en échange de la fidélité au chef on est assuré de son soutien indéfectible et de quelques prébendes toujours gratifiantes quand le militantisme est si aléatoire. En Seine-Saint-Denis, Barto caporalise la fédération socialiste avec un projet : mettre la main sur le conseil général en dézinguant les communistes qui y restent solidement accrochés. L’objectif sera atteint en 2008… Michel Pajon, député-maire de Noisy-le-Grand, rocardien devenu bartoloniste par la force des choses, résume : « Faut bien reconnaître que Claude est un garçon efficace ». Traduire : tout le petit monde socialiste du 93 lui doit quelque chose. Je ne ferai pas l’injure de demander à Frédéric Molossi, conseiller général de Montreuil et salarié de la fédération départementale PS, ce qu’il en pense…

Claude Bartolone s’embarrasse peu de manières. Avec lui, il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions. Qui n’a pas en tête ce genre de scène. Il faut payer la salle louée pour tenir une réunion politique, les caisses de l’organisation sont vides. Un coup de fil à « Claude », qui vous reçoit dans son bureau de la mairie du Pré-Saint-Gervais, à côté de celui du maire en titre. Souriant, affable, « assied-toi mon camarade. Comment ça va ? La famille ? » Il fouille dans son tiroir et en extrait un beau billet de 200 euros. La salle est payée.

Suite à quelques retours de lecteurs, je dois préciser qu’il n’y a absolument rien d’illégal dans ce geste. Je pensais que les choses étaient claires mais vus vos retours, je tiens à clarifier.

Idem pour se faire réélire. Le redécoupage ciselé par Alain Marleix le met dans une situation délicate : sa circonscription est charcutée. L’essentiel du territoire est passé là où est élue Guigou. Qu’importe : pousse-toi de là que je m’y mette. Et voilà notre Barto réélu face au FN au 2e tour de la législative de 2012. Mais c’est qu’il est désormais atteint par le cumul des mandats, de son propre aveu. Je me suis souvenu, hier, lorsque je l’ai vu pérorer devant les caméras pour expliquer sa candidature au perchoir, d’un engagement pas si lointain. Je suis allé chercher et j’ai trouvé :

« En 2012, à l’occasion des élections législatives, je serai concerné par la règle de non-cumul des mandats. Il faudra donc choisir. Là, j’écouterai ce que me diront mes camarades et j’irai là où je serai le plus utile aux Français. Ou bien la gauche remporte l’élection présidentielle et redonne toute leur autonomie aux collectivités locales : dans cette hypothèse, je serais bien plus utile à la présidence du Conseil général de Seine-Saint-Denis. Ou bien la droite est reconduite à l’Elysée et acte définitivement la fin des départements : je serais alors plus utile comme député. »

C’est ballot quand même quand on ne se souvient plus de ce que l’on a eu la stupidité d’écrire. Comme disaient les Romains : verbae volant, scriptae manent. Les paroles s’envolent, les écrits restent. Oh ! Je sais bien, Pasqua l’a résumé d’une formule restée fameuse : « En politique, les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». D’autres, plus attachés à l’éthique ou la parole donnée, pourraient dire : avec Bartolone, le reniement c’est maintenant. Connaissant le bonhomme, ce n’est pas parce qu’il va aller crécher au Palais-Bourbon qu’il ne gardera pas la main sur l’hôtel du département installé à Bobigny. Stéphane Troussel sait à quoi s’en tenir.

N’en reste pas moins que, pour moi, voir élu président de l’Assemblée nationale celui qui a mené la progression du parti dit « sérieux » en Seine-Saint-Denis contre le Parti Communiste puis contre le Front de Gauche, sonne comme une insulte personnelle.

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Bonus vidéo : Muttonheads « Trust You Again (Feat. Eden Martin) »   <– En vrai, j’aime beaucoup ce titre


Explications franches à l’AG du PG Seine-Saint-Denis

Il y a de ces réunions dont chacun ressort rincé. Avec, pour beaucoup, un sentiment de pas assez. Voire même un peu d’amertume. L’assemblée générale du Parti de Gauche en Seine-Saint-Denis, tenue mercredi 20 juin au soir à Bobigny, en fait partie. Elle a été longue ; assez dure, ne le cachons pas ; mais nous mesurerons d’ici un à deux mois le bien qu’elle nous a fait à tous. Parce que, au delà des apparences, Juliette Prados, notre co-secrétaire départementale, a raison de résumer ainsi la soirée : « Plus de 90 militants, un bouillonnement d’idées, d’envie, d’analyses… » A chacun de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Ju’ a choisi à moitié plein. Et elle a raison.

Premier acquis de cette soirée, les « pégistes » du 9-3 n’ont occulté aucun débat. Aussi douloureux soit-il, dans le département qui voit le parti socialiste arracher deux sièges au Front de Gauche ; le courageux Patrick Braouezec battu au second tour après avoir enfreint la consigne de désistement républicain ; le Front national présent au deuxième tour dans une circonscription. Nous nous sommes dit les choses franchement, pas toujours sans arrière-pensées. Je vais être le plus honnête possible, même s’il s’agit de mon organisation et que j’en suis, comme on dit, un des « cadres ». Moi, je préfère apparatchik, je n’aime pas me cacher derrière la novlangue qui fait plaisir.

Oui, il y a eu des arrière-pensées, elles sourdaient derrière les propos de franche camaraderie. L’un n’empêche pas l’autre. Nous fumes quelques uns à défendre la ligne de notre parti : le désistement républicain et la caractérisation du parti socialiste comme un parti de gauche. Ne nous en déplaise. Il faudra en débattre, entre autres temps, au moment du congrès dans la préparation duquel nous allons rentrer. Mais cette position n’a pas fait l’unanimité hier soir. Pour des raisons qui tiennent tant de la colère conjoncturelle, je le crois, que de la vision plus fondamentale. Il n’est qu’à se rappeler les applaudissements nourris qui ont salué le propos de Thomas, militant aux Lilas : « Arrêtons de caractériser le PS comme un parti de gauche » voire ceux encore plus vifs quand Gildas envoie : « On aurait dû taper aussi fort sur le PS que sur le FN ». Le Thomas que je cite, dans ses commentaires ce matin, exprime une différence de points de vue entre « intervenants de la tribune » et « intervenants de la salle ». Entre supposés chefs d’un côté, donc, et base tout aussi supposée de l’autre.

Je ne suis pas d’accord avec cette vision des choses. Mais l’arrière pensée prend un autre tour quand des camarades sous-entendent que les anciens socialistes que nous comptons au PG seraient bien trop prompts à apporter leur soutien aux candidats du PS, même face au Front national… Là, je vous le dis à titre personnel : ce genre de chose, ça blesse. Vraiment. Je vais vous dire, pour ce qui me concerne : je défends le désistement républicain parce que c’est la ligne du parti et qu’il est de mon rôle de l’expliquer, de la défendre. Mais ne croyez pas que je le fasse de gaîté de cœur. Moi, en vrai, j’aurais adoré que Braouezec casse les reins d’Anauthin, ce petit roquet infect biberonné aux pires manœuvres politiciennes de l’UNEF. Sauf que voilà, on a une ligne et que les éléments nous donnent raison. Braouezec a été battu parce qu’il est arrivé second au premier tour ! Dire cela ne fait pas de moi un social-traître les camarades !

Comme je ne veux pas renvoyer la responsabilité que d’un côté de la salle, il y a aussi des arrière-pensées en retour. J’ai bien entendu des camarades déplorer ces « éclats gauchistes de pureté révolutionnaire ». D’autres se dire qu’on a intérêt à mettre en place des formations pour mettre tout le monde au carré. Voyez… On ne s’ennuie pas en réunion chez nous. C’est que, dans le vrai du vrai, de ce qui fait un militant – et la politique a beau être le plus froid des monstres froids, on n’en reste pas moins Homme en toute circonstance -, nous en avions tous gros sur le cœur depuis des jours, à devoir tourner tout ça tous seuls dans nos têtes… Là, on pouvait se dire les choses entre nous. Sans que cela prête véritablement à conséquence. Voyez, Thomas avec qui je me suis un peu frotté dans les commentaires, on va se voir. Sûrement autour d’un verre, pour échanger. En toute amitié et camaraderie. Parce que nous savons aussi passer par dessus le ressenti une fois qu’il a été exprimé et entendu.

Le débat a aussi été vif concernant le sens même de la ligne « front contre front ». Comme il l’avait déjà expliqué en réunion de coordination départementale, Raouf est revenu sur le sujet, mettant les pieds dans le plat. Mon excellent camarade de Saint-Ouen a lancé : « Le préchi précha Front contre front (sic) a rendu inaudible nos propositions en matière économique et sociale ». Je ne suis pas sûr que la candidature de Jean-Luc dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais n’ait pas été jugée comme « néfaste » par quelques camarades. Sur cette question, cependant, les échanges ont été moins vifs et moins tranchés que sur la question du PS. Je ne sais plus qui a lié les deux cependant, comme je trouve qu’il est bon de le faire : « Le FN c’est l’ennemi de classe, qui gagne à la confusion. Il faut mener les débats clivants pour éclairer le peuple sur les positions de chacun ». Le prochain clivage tournera autour de l’Europe et de l’austérité. Reste la question des moyens que nous nous donnons pour le mener.

C’est à ce moment là que je suis amené à prendre la parole, de concert avec mon ami Axel de Saint-Denis (là où il milite, c’est pas un noble mais s’il a l’âme chevaleresque). Nous avons mandat de la coordination départementale de présenter le détail des résultats électoraux dans notre département. Mission fort bien accomplie par Axel qui me laisse du coup le soin de parler de notre électorat. Je suis obligé de préciser que notre électorat ressemble beaucoup à l’assistance de la réunion du soir. Classes moyennes et classes moyennes supérieures conscientisées. Peu de classes populaires. Je précise qu’un agent de catégorie de la fonction publique ou un chef d’équipe du privé, ce sont déjà des classes moyennes dans la construction idéologique que nous impose la bourgeoisie. Les classes populaires, quand elles se sont portées sur nous à la présidentielle, nous ont délaissés aux législatives soit pour retourner s’abstenir soit en votant PS. Ne nous fermons pas les yeux, on a encore du boulot pour renouer durablement avec ces citoyens-là. J’en arrive donc à faire le lien avec l’éducation populaire politique au plus près des citoyens, que nous avons délaissée depuis trois ans. Et les nouvelles formes de militantisme et de mobilisation que nous, Parti de Gauche, avons apporté au Front de Gauche.

Je sais, je suis pas très amène parfois.

Je n’aurais pas le temps, vue l’heure et vue ma propension à faire long, de revenir sur les rapports internes au Front de Gauche. Mais je pense que le conseil national de ce week-end sera une nouvelle occasion de débattre. La réunion a donc été passionnée et, comme le tweette Stéfanie, « passionnée ». Et elle aura des suites. Notamment en termes de formation. Sauf que chez nous, une formation ce n’est pas pour t’apprendre la vie mais bien pour se donner les moyens de la construire ensemble cette vie.

Bonus copain : télécharge le titre « Rev-Olution » par Family Affair

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Bonus vidéo : Sly and The Family Affair « Family Affair »


Vomir ou la soirée électorale de trop

Bon, ce lundi matin, je vais me laisser aller. Ne cherchez rien de constructif, aucune analyse… Rien, vous dis-je. Au bout de la séquence électorale englobant présidentielles et législatives, sans rien renier de ce que j’ai écris sur le sujet ici et encore ici, je vais me laisser aller. Si vous voulez mieux qu’un ressenti, je suis navré de ne pouvoir vous l’apporter. Cette soirée électorale était la soirée de trop.

J’arrive au bout de mes capacités en la matière et, comme j’ai déjà eu l’occasion de le préciser, j’ai besoin d’exprimer mon amertume pour pouvoir passer à autre chose. Un autre chose qui m’attend dès mercredi puisque je participerai à l’assemblée générale du Parti de Gauche en Seine-Saint-Denis.

Hier soir, j’assistais comme bon nombre d’entre-vous à la soirée électorale consacrée au second tour des élections législatives. Les choses étaient pliées pour ma formation, le Front de Gauche. C’est donc sans aucun espoir que je me suis confronté à l’écran télé et aux boniments des commentateurs tarifés. Au demeurant, voilà une piste intéressante. Etre payé pour disserter sur la politique, voilà un job qui me plairait. En tous cas, j’avais le moral moyen. Le matin du dimanche, vu le score réalisé par la gauche là où je vote, je me suis permis de glisser un bulletin de vote Syriza dans l’urne. Daniel Vaillant a recueilli 72 % des suffrages. C’est pour bien parce que le score était prévisible que je me suis permis cette petite fantaisie.

D’autres avaient le plaisir de voter dans des circonscriptions où un candidat Front de Gauche restait en lice au second tour. Les veinards ! J’aurais vraiment aimé voter à Saint-Denis, pour Braouezec. Même si son attitude est contraire à la ligne de la plupart des organisations membres du Front de Gauche, je me retrouve avec les camarades qui l’ont soutenu, dans une certaine forme d’acrimonie vis à vis de nos camarades du parti dit « sérieux ». Ils nous ont manqué de respect, ils nous insulté, ils se sont bien mal comportés alors que, sans nous, sans nos quatre millions de voix, leur candidat ne serait pas président à l’heure où nous parlons.

Ça c’est dit ! Mais tout de suite, je le redis : le PS et la droite, ce ne sont pas les mêmes choses. Et je refuse de me tromper d’ennemi même si ça me pique. Avec le PS, nous devons avoir une explication à la loyale, débattre fond contre fond. Et que les électeurs jugent. Durant cette séquence, nous l’avons menée cette confrontation. Avec le résultat que nous connaissons.

Y compris dans les quartiers populaires, les citoyens ont tranché : à l’intérieur de la gauche, le parti dit « sérieux » a été plus convaincant que nous, comme parti de gauche. Ca me fait un trou là où j’en avais déjà un mais le constat est là. Je ne me dédis pas, je trouve que le score de Jean-Luc Mélenchon au premier tour est plutôt un bon score. Mais pas suffisant pour que nous ayons eu mieux qu’une vague rose dans notre petite gueule de gentils éducateurs du peuple. La campagne vide sur le thème « donnons une majorité au président » a fonction né au-delà de toutes les espérances de Solférino. Comme je m’en doutais un peu aussi, quelques jours avant le premier tour.

Je ne ferais pas le fanfaron, j’aurai adoré me tromper. Je ne suis pas aussi doué en maths qu’Arthur Fontel, mais je connais mon arithmétique électorale : il n’y avait pas besoin d’être issu de maths spé pour savoir que Jean-Pierre Brard pouvait être battu. Il l’a été sèchement. Et la défaite finale de Braouezec montre qu’il a eu raison de ne pas aller au second tour. Nous aurions eu l’humiliation en plus de la défaite. Vous allez me demander, peut être : « Alors, pourquoi tu ne l’as pas écrit ? ». Sur cet espace, qui est mien, il m’arrive parfois de laisser s’exprimer mon penchant pour la ligne politique de mon parti. Et d’oublier mes états d’âme pour tenter de vous filer la patate autant que de me donner, à moi, du courage et des raisons de me battre… Désolé, les ami-e-s, mais j’oscille entre deux tensions : la motivation et la prise de distance. Un équilibre jamais simple à tenir, qui explique, entre autres, certaines de mes raideurs dans nos discussions en commentaires.

Comme le scénario était écrit, j’ai tenté hier de collecter quelques petits plaisirs. Je m’en vais vous les faire partager. En Seine-Saint-Denis, deux des trois députés Droite populaire sortants sont battus, notamment Eric Raoult. Je l’ai appris ce matin, vu que j’ai décroché vers 22h15 hier soir, allant me replonger dans mon Rolo Diez : Vladimir Illitch contre les uniformes. Avant, j’avais eu le temps de savourer la défaite de Claude Guéant et de Nadine Morano. Toujours ça que les fachos n’auront pas. Et, cerise sur le gâteau, Jack Lang lui aussi ne nous empoussiérera plus les strapontins de l’Assemblée. Sa défaite, comme celle de la Royal, comme celle de certains de mes camarades malheureusement, semble montrer une envie forte de renouvellement du personnel politique.

Je veux m’accrocher à ça pour expliquer, entre autres raisons, celle-ci n’étant pas forcément la meilleure, les bons scores de camarades et amis comme Ian Brossat, Corinne Morel-Darleux, Danielle Simonnet, Patricia Guilhot… Tiens, Patricia m’a aussi procuré un de ces petits plaisirs hier : c’est elle qui m’a appris que ma maman avait viré Louis Giscard d’Estaing. Non ! Ma maman ne se présentait pas, elle a juste voté. Et elle a voté juste, aux deux tours j’espère.

Je vous ai dit que je suis allé me coucher tôt, finalement. Il y a une raison à cela. Comme pas mal d’entre-nous, j’espérais – pas secrètement du tout – une victoire de Syriza en Grèce. Victoire qui aurait pu ouvrir un nouveau champ des possibles à l’échelle de l’Europe. Nos frères grecs ont gégna pas loin de 10 points par rapport à la précédente élection, il y a quelques semaines. Mais ça n’a pas été suffisant. Le chantage au chaos a été tel que la droite devance nos amis. La Nouvelle Démocratie va très certainement s’allier au PASOK pour gouverner en fonction des intérêts des banques et de l’Union européenne. Le peuple grec va devoir s’avaler le mémorandum en entier. Et nous, habitants de ce beau pays nommé France, on va certainement devoir s’avaler encore quelques jolies couleuvres austéritaires. Moi, j’ai une sainte horreur des serpents. A un point que vous ne pouvez pas même imaginer.

Allez… Mercredi assemblée générale PG du 93. Samedi, conseil national du Parti. Et vivement les vacances bordayl !!!

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Bonus vidéo : The Vines « Fuck The World »


Chroniques montreuilloises : 9e épisode

Décidément, la vie politique montreuilloise réserve bien des surprises. Je ne vais pas passer sous silence l’événement : Jean-Pierre Brard ne siégera plus sur les bancs de l’Assemblée nationale. Il a appliqué notre principe de désistement républicain, bien que les précédents auraient pu l’en dissuader. J’en suis triste, je l’ai soutenu. Le Yalta passé entre l’amère et la rue de Solférino a donc porté ses fruits. Après les deux essais infructueux de Mouna Viprey – essais qui l’avaient amenée à passer alliance avec l’amère, on s’en souvient -, c’est donc celui qui avait promis aux habitants d’Orly de « rester à leurs côtés » qui représentera les Montreuillois et les Bagnoltais dans la chambre basse du Parlement.

Enfin, si les conditions du vote sont remplies. A l’heure où j’écris ces lignes, j’entends encore les coups de téléphone entre le cabinet de l’amère et tous les responsables politiques montreuillois. L’objet de cet affolement ? Vue la base militante d’Hammadi, il n’y avait pas, vendredi soir, assez d’assesseurs pour ouvrir les bureaux de vote dans des conditions normales dimanche. Ce qui amenait Claude Reznik, élu Europe Ecologie-Le Vide de Montreuil, à sonner l’alarme avec un très amical : « Les proches de Razzi Hamadi (les fautes sont d’origine) seront présents mais en trop petit nombre pour assurer la relève ». Etonnant, non ?

Les bureaux de vote de Montreuil ouvriront-ils à l’heure dimanche ?

J’ai du coup questionné ma conseillère municipale, Juliette Prados, pour savoir si nous avions été sollicités. La réponse est négative. Je comprends mieux : vendredi 15 juin après-midi, à l’hôtel de ville, une réunion discrète a été provoquée, à laquelle ont participé une centaine d’agents municipaux. En échange de rétribution, bon nombre d’entre eux joueront les assesseurs dimanche. Pour faire élire son chouchou, Claude Reznik n’ayant réussi à réunir les troupes, l’amère banque pour assurer le bon fonctionnement de la démocratie.

Bref, s’il est élu finalement, ce qui devrait se produire, l’amère pourra raisonnablement se dire qu’elle a fait un bon calcul. A priori, les amis du futur député fictif ne devraient plus l’embêter avec ces vulgaires questions politiques de fond : l’avenir du cinéma municipal Le Méliès, l’urbanisme et autres hausses d’impôts. Qu’il me soit permis de dévoiler, à ce propos, la vraie raison qui a amené François Miranda à ne pas présenter sa candidature. Ce n’est pas le souci d’éviter la division, qui se rappelle des municipales de 2008 le comprend aisément. Il nous faisait juste son cinéma en tant que militant de l’association Renc’Art au Méliès.

Côté appareils, en tous cas, les leçons des cantonales 2011 ont été retenues : la social-démocratie verte ou blanc cassé ne se divisera plus. A l’amère – morte (il n’y a pas eu de nouveaux échanges de sms, elle n’a pas retrouvé le portable de François) – Montreuil. A Razzy, une ville à sa taille : 1,60m les bras levés, Bagnolet. Oups, ne venez pas dire que je manque de respect à la ville où siège mon ami Daniel Bernard. J’ai juste trouvé une jolie formule dans la bouche d’un ami.

Cette photo a été retouchée avec Photoshop

On me signale, dans l’oreillette, que le futur député fictif s’est engagé à ne pas briguer la mairie de Bagnolet en 2014. Je signale à mon oreillette qu’il a aussi écrit qu’il resterait « aux côtés des habitants d’Orly » à l’issue des municipales de 2008. Enfin, pour garder toujours notre sérieux, le candidat rose pale (bien qu’il se targue d’être de la « gauche » rue de Solférino – faut que je vérifie s’il y a un bar à ce niveau) nous a assuré, dans une vidéo largement popularisée par le vert Oliva, qu’il soutient le retour en régie publique de l’eau à Est-Ensemble. Il faut savoir que la délibération d’Est-Ensemble faisant adhérer cette Agglo au SEDIF, délibération initiée par les amis de Razzy, a été retoquée par le tribunal administratif. C’est Bertrand Kern qui va commencer à s’agacer avec ces coups de Trafalgar en direct de Montreuil-Bagnolet. A noter d’ailleurs que l’amère a été discrète sur cette question d’eau. N’y voyez aucune allusion aux rumeurs dégueulasses qui courent la ville sur certains de ses penchants. Je ne bois pas de ce vin-là. D’ailleurs, je suis à l’eau.

Donc, nous n’avons pas fini de rire puisque nous disposons désormais de deux sujets d’amusement dans le secteur. Merci aux électeurs de régaler mes lecteurs. Puisque je parle de vous amis lecteurs, je vais en toucher deux mots à l’attention de mes plus réguliers d’entre-vous : le cab de l’amère. Outre que, grâce à leur constance, j’ai encore grimpé au classement ebuzzing des blogs politiques les plus influents, ces Chroniques ton amère ont dépassé audiblement les seuls cercles militants. On me rapporte qu’un tel, citée ici, s’est vu transmettre le lien par courriel de son voisin, pourtant bien loin de mon lectorat de base. Moi, ça me fait plaisir de voir le cab si ravi. J’ai appris, incidemment, que ces petites lignes aux accents comiques circulent sous forme imprimée. Mais suffit, assez d’autosatisfaction.

L’amère va encore changer de couleurs. Mais pas de couleur de cheveux.

Ma satisfaction première est grande, moi qui vendait les petites mains siglées SOS Racisme quand j’avais quatorze ans au collège Rascol à Albi. Malgré les hauts scores de Marion Anne Perrine Le Pen ailleurs qu’en Montreuil, la lutte contre le racisme et les préjugés a énormément progressé et il convient de s’en féliciter. Les élus blancs, de sexe masculin, quinquagénaires et plus, n’ont plus le monopole de la malversation. Cela va fortement contribuer à réduire les discriminations. Le changement, c’est vrai, c’est maintenant. Et sous nos yeux.

J’en conclus là pour cette neuvième partie des Chroniques montreuilloises. Je n’ai pas tout dit mais il faut que j’en garde sous la pédale. Il y a conseil municipal le 24 juin. Je m’en voudrais de rater le rendez-vous et de priver mes amis conseillers municipaux du franc sourire de l’amère à cette occasion.

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Dernière minute : mon oreillette me glisse que Florence Frery, adjointe amère de Montreuil, se plaint de l’absence de Brard au second tour des législatives. Faudrait peut être que l’amère en chef lui rappelle que c’est dans l’unique intérêt de celui qui est son candidat, ne lui en déplaise. Oh, bien sûr, mon candidat à moi était arrivé en retard au premier tour. Mais Fréry devrait savoir qu’il y a de drôles de retournement de situation des fois… Et tant qu’à parler de courage, puisque l’accord PS-EELV ne prévoyait pas de candidature commune, pourquoi l’amère ne s’est-elle présentée ? Peur ?

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Bonus vidéo : Tribe « Daddy’s House »


Coordo PG de Seine-Saint-Denis, la réunion qui fait du bien

Ce mercredi 13 juin, j’ai donc participé à ma réunion de coordination du Parti de Gauche en Seine-Saint-Denis, la deuxième de la semaine. Oui, je sais, c’est prenant parfois. Mais, lundi, nous devions nous positionner sur le second tour des législatives, ce qui nous a amenés à rédiger un communiqué de presse appelant au désistement des candidats de gauche arrivés en seconde position lorsqu’il y avait duel entre nous et les sociaux-démocrates. Et mercredi, nous avons planché sur l’analyse des résultats électoraux tant au niveau national que départemental, en global et par circonscriptions.

Cette réunion nous a permis de faire le point sur l’état de colère et de frustration des jeunes adhérents du Parti de Gauche autant que des citoyens impliqués dans le Front de Gauche. Bon nombre de nos amis ont du mal à comprendre autant qu’à accepter la différence qu’il y a entre les quasi quatre millions de voix obtenus par le Front de gauche au premier tour de la présidentielle et les 1,8 millions péniblement obtenus au premier tour de la législative. Comme le disait, je ne sais plus si c’est Nico ou Sydné, enfin l’un des deux, « c’est clair que si on veut commencer son expérience politique par une victoire, vaut mieux aller au PS qu’au Front de Gauche ». Mais le propos, que je partage, ne suffit pas aux camarades.

Pour commencer le travail d’explication, il m’est revenu de faire un point politique en introduction, semble-t-il que ce que j’avais rédigé ici pouvait constituer une base de réflexion. Il se trouve que, par ailleurs, avec mon ami Axel Bruneau, j’ai la co-responsabilité du secteur « élections » pour le Parti de Gauche Seine-Saint-Denis. Bref… J’ai donc exposé nos premières analyses sans fard. La parole a ensuite circulé. Il y avait les camarades des Lilas, Noisy-le-Sec, de La Courneuve, de Saint-Ouen, Saint-Denis, Bagnolet, Aubervilliers ; y avait mon « tonton » Henri, avec qui j’ai assuré pas mal de SO pendant la présidentielle, de Villepinte ; Neuilly-sur-Marne était représenté par Riva, candidate du Front de Gauche ; Bruno Bellegarde représentait tant Romainville que la circonscription sur laquelle il était candidat : Villemonble, Rosny, Gagny… Je représentais Montreuil, pendant que Juliette animait notre réunion de comité concomitante. Bref, on couvrait l’essentiel du département.

Ce qu’il y a de bien dans ce genre de réunion, c’est qu’on parle le même langage. Nos mots ne peuvent pas être interprétés. En sus, malgré une situation particulière sur la 2e circonscription où Patrick Braouezec se maintient face au candidat socialiste arrivé en tête, nous sommes parvenus à ne pas nous engueuler. Parce que les engueulades entre camarades, c’est finalement assez fréquent, on s’en faisait encore récemment le constat avec l’ami Comité de salut public, même s’il a milité dans une autre organisation. Oh ! Bien sûr, nous avons eu quelques mots, comme on dit. Mais à mots couverts, des petites piques comme celle que m’envoie Bruno genre. Mais rien de vraiment méchant.

A force de militer ensemble, nous avons appris à nous connaître. D’où le même langage évoqué plus haut. Après, nous ne sommes pas tous des amis au sens fort du terme, même si j’en compte de vrais dans les treize que nous étions hier soir. Mais je pense que nous sommes tous devenus, au fil du temps, des potes. Et c’est chouette. Faut savoir que le militantisme, comme le boulot, sont des lieux privilégiés de socialisation. Quand, comme moi, on a déménagé quarante huit mille deux centre trois fois, c’est cool au final. Je sais, je sais… Je reviens à notre réunion.

Dans un moment pareil, où pour beaucoup tout vacille, mettre des mots sur les faits, les inscrire dans le temps long, tracer la perspective donc, c’est assez essentiel. En premier lieu parce que cela permet de renouer avec le fond de notre engagement autant que de nos pratiques politiques. Pour y parvenir, nous tirons avantage de la diversité de nos parcours politiques respectifs, de nos points d’observation différents, de nos cultures, de nos goûts aussi. Axel, tiens, lui, son truc, ce sont les chiffres. Il te décortique une circonscription bureau de vote par bureau de vote, avec analyse sociologique et tout. De la dentelle qu’il nous fait le co-secrétaire du comité Saint-Denis Saint-Ouen. Cette orfèvrerie est super utile pour comprendre pourquoi et comment les quartiers populaires ont voté massivement pour le parti dit « sérieux » au nom d’une forme prolongée de vote utile. Elle nous permet aussi de mesurer que nous enracinons notre discours auprès des classes moyennes et moyennes supérieures, même si je combats cette construction idéologique.

Bref. Nous avons bien avancé hier, notamment pour préparer notre assemblée générale départementale qui aura lieu la semaine prochaine. J’aurai à y présenter le rapport sur le Parti de Gauche dans le Front de Gauche : constat et mise en perspective, quelle que soit la situation. Le tout en moins de dix minutes. Ah ! Vous pouvez rigoler ! Mais avec mes digressions permanentes, ça relève des travaux d’Hercule pour moi de me tenir à dix minutes d’exposé. Donc, on a bien bossé. Nous avons au moins un socle d’analyse commun et cohérent que nous avons la charge de partager avec nos camarades dans les comités. Pour permettre à chacun d’aller au delà de cette colère que j’évoquais au début de ma note.

Du coup, je ne sais pas pour Nico, Sydné, Louis, Riva, Bruno, Franciela, Raouf, Daniel, Axel, Laurent, Henri… ont vécu la soirée, mais moi, ça m’a fait du bien. J’ai posé ma rage pour retrouver le chemin de la construction. En passant, je vais vous confier un truc. D’avoir eu la chance de poser mes idées ici dès lundi, d’avoir mené pas mal d’échanges en commentaire avec vous, ça m’a aidé. Ecrire, c’est un bon moyen pour ordonner ses pensées. Si vous n’avez jamais essayé, je vous le conseille.

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Bonus vidéo : The Pipettes « We Are The Pipettes »


A Montreuil et Bagnolet, pour nous, c’est Brard

Bon, avec tout ça, je n’ai rien écrit sur les législatives à Montreuil et Bagnolet. J’ai encore moins écrit clairement pour qui, et pourquoi, j’appelle à voter. Donc, en toute clarté : je soutiens Jean-Pierre Brard, le candidat du Front de Gauche. Comme la FASE, comme le Rassemblement de la Gauche citoyenne de Montreuil, comme mon Parti. Sans mégoter, sans ergoter, sans « on aurait pu mieux choisir ». J’ai déjà expliqué quelque part que je me considère comme un brardiste tranquille.

Au début, il y a le fond : pourquoi il est indispensable, pour notre peuple, de disposer du plus grand nombre de parlementaires Front de Gauche possible. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le sujet ici et . Je vous épargne donc les redites, vu que vous êtes, pour l’essentiel, des lectrices et des lecteurs réguliers de ce petit objet nommé le Cri du peuple. Pour les nouveaux venus, disons en bref : des députés Front de Gauche c’est utile pour battre la droite, pour avoir des points d’appui pour les luttes, pour rappeler au parti dit « sérieux » quel est le chemin vers l’égalité, la justice sociale et l’émancipation. Puis, plus nous aurons de députés Front de Gauche, plus nous aurons des outils pour construire la Révolution citoyenne.

Sur Montreuil, comme ailleurs, le Front de Gauche vit, avant tout, grâce aux centaines de Montreuillois qui n’ont d’autre engagement que cette campagne qui bouscule les lignes politiques traditionnelles et les vieilles idées délégataires. Plus que jamais, l’irruption citoyenne constitue la première étape de la prise du pouvoir par le peuple. Je souhaite donc la réussite de ce processus neuf, en rupture avec les expériences politiques passées, puisque résolument tournées vers les individus qui veulent s’emparer du Front de Gauche. Sur la 7e circonscription de la Seine-Saint-Denis, Jean-Pierre Brard est l’outil politique adéquat pour ce faire.

Pour en revenir à lui en personne, il faut savoir que Jean-Pierre est avant tout un excellent député. Ses interventions à l’Assemblée sont de celles qui fixent les enjeux, éclairent le combat, éveillent les consciences. J’ai en mémoire son explication de vote contre le Mécanisme européen de stabilité. C’est de la vraie politique, un grand moment d’éducation populaire, tant Jean-Pierre sait que, grâce aux réseaux sociaux, sa parole peut sortir de l’hémicycle. Ne serait-ce que pour cela, pour cette parole claire, les Montreuillois et les Bagnoltais ont besoin d’un Brard à l’Assemblée.

Le Front de gauche a également besoin d’un élu expérimenté, qui sait où et quoi chercher dans le galimatias des textes de loi présentés par tel ou tel gouvernement ou parlementaire. Son travail en commission est salué jusqu’aux bancs de la droite. C’est aussi cela l’avantage d’avoir quelques années de présence sur les bancs de l’Assemblée. Je dis ça, oui, pour celles et ceux qui n’ont d’arguments politiques face à Brard que celui de l’âge et de la longévité en tant que parlementaire. J’espère que les mêmes en ont autant au service de Noël Mamère, élu depuis quinze ans. Le jeunisme et le non-cumul dans le temps ne font pas une ligne politique, je vous prie de ne pas m’excuser de le rappeler.

Je me suis aussi dit, connaissant le bonhomme, qu’il devait être un sacré bosseur. Et pas un élu d’apparence qui ne cherchait que les indemnités et un peu de préséance. Bien m’en a pris, je suis allé visiter sa page sur le site de l’Assemblée. Je renonce à compter le nombre de questions écrites, orales et autres interventions diverses. Allez donc vérifier vous mêmes, ce sera aussi simple et vous constaterez que je ne raconte pas de conneries.

Enfin, pour ne pas surcharger cette note inutilement, le Jean-Pierre je l’ai toujours retrouvé dans les luttes sociales. Il n’y a pas une manifestation contre les retraites qu’il ait manquée, sauf à tenir le perchoir de l’Assemblée pour y défendre notre cause. Voilà donc, une raison de plus pour lui renouveler notre confiance.

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Bonus vidéo : Ke$ha « We R Who We R (Artistic Raw & Loopers Remix) »


Chroniques montreuilloises : 8e épisode

J’aurais aussi dû intituler ce billet Portrait de l’amère en froussarde ! Mais j’aime bien les Chroniques montreuilloises, surtout depuis que leur succès a entraîné la disparition du blog du regretté et congédié premier adjoint. Bref, petit retour sur Montreuil en période d’élections législatives. Après la démonstration du 4*4 d’Eva Joly aux présidentielles.

En premier lieu, donc, les vœux que j’avais formés pour l’amère n’ont servi de rien. Elle éprouve toujours une sainte frousse des Montreuillois. Au point qu’elle a décidé de ne pas se présenter, directement ou par le biais d’une Catherine Pilon (certes bien démonétisée depuis son échec aux cantonales) aux élections législatives. Europe Ecologie-Les Verts, sur Montreuil et Bagnolet, soutient Razzy Hammadi dès le premier tour. Selon le Monde, l’amère aurait bien voulu mais elle n’était « pas sûre de l’emporter ». Ca, si ce n’est pas du courage politique… Bien sûr, la (f)rousse nous ressort le joli couplet sur la division, le rassemblement, la majorité présidentielle. Les responsables nationaux de son parti doivent goûter de se voir si cruellement rappeler leur rôle de marchepied du parti dit « sérieux ». A Bagnolet, Mireille Ferri n’a pas fini de s’étrangler en buvant son thé bio et regardant les simagrées de sa voisine. L’élue régionale tacle : « Je suis effarée (…) une stratégie illisible est rarement gagnante ». L’ambiance est bonne à Europe Ecologie-le Vide.

Bon, peut être que l’amère, après avoir essoré les Renégats socialistes de Montreuil (RSM), espère dévergonder le canal habituel. Genre « je vous aide à faire élire Hammadi, vous m’aidez en 2014 ». Mais je suis bien sûr que mon ami Alexandre Tuaillon et ses camarades sauront rappeler les faits à leurs anciens camarades. Ah… Je ne vous ai pas dit ? En politique, Alexandre ne défend pas vraiment (goûtez l’euphémisme) les mêmes visées politiques que moi. En clair, c’est un social-démocrate qui a montré que l’union des forces de gauche, le désistement républicain, tout ça, c’est pas son truc. Nous sommes donc adversaires politiques. Et ça m’a l’air parti pour durer. Après, dans la vie, c’est un type adorable, intelligent, et donc un ami. Pour ne pas s’engueuler, on évite de parler de politique. Après, comme c’est le leader du RSM, je n’éviterai jamais de bien l’éreinter. Et de rappeler à tous qu’il est responsable de la présence de sa nouvelle ennemie à la tête de la ville.

Mais revenons à nos moutons. Il n’y a pas que les renégats qui vont rappeler à Solférino comment l’amère se comporte en politique. Déjà, certains ont tiré. Alexie Lorca (Alexie qui ? Oui, je sais, ça me le fait à chaque fois), a dégainé un joli communiqué que je vous fais partager avec joie :

« ASSEZ DE CALCULS POLITICIENS !

Les Montreuillois en ont assez des manœuvres politiciennes. Hier, pour gagner l’élection municipale, Madame Voynet reniait le désistement républicain qui prévaut entre les partis de gauche, et offrait ainsi à la droite le choix d’arbitrer le second tour.
Face aux errements de plus en plus nombreux de la politique municipale, les socialistes montreuillois qui siègent au Conseil municipal ont progressivement glissé du statut de «groupe minoritaire» à celui « de groupe d’opposition ».
A mi mandat, les Montreuillois ont d’ores et déjà sanctionné la Maire. Sa 1ère adjointe a été battue aux dernières élections cantonales ; la candidate à l’élection présidentielle, Eva Joly n’a obtenu que 4,4 % des voix.
Aujourd’hui, pour les élections législatives, Madame Voynet trahit l’accord validé par son propre parti. Cet accord interdit l’alliance électorale EELV-PS contre un Député sortant du Front de gauche. Pourtant, Madame Voynet a décidé de faire campagne pour le candidat investi par le Parti socialiste.
Au-delà des déclarations de Madame Voynet qui justifie son choix par sa volonté de faire battre le Député sortant, ne s’agirait-il pas pour elle de créer les conditions pour revendiquer en 2014, une tête de liste aux élections municipales, avec le soutien du Parti socialiste ? Cela serait pour elle la perspective d’un second mandat qui est à ce jour fortement compromis.
Personne n’est dupe !
La section socialiste de Montreuil regrette cette énième manœuvre politicienne qui montre à quel point la maire de Montreuil est plus passionnée par la cuisine politicienne que par l’intérêt général des Montreuilloises et des Montreuillois, et le souci du rassemblement de la gauche. »

Ambiance chez les socialistes ! D’autant qu’ils ne contestent pas que le ralliement de l’amère à Hamamdi. Ils conspuent ce dernier aussi au travers d’un communiqué douteux distribué dans les boîtes et dont voici la reproduction en photo. Je précise que je ne le publie qu’à fin d’information et qu’à titre personnel, je condamne ce genre de pratique.

Oui… moi aussi, je me suis dit que c’était tellement gros que certains de mes amis pouvaient en avoir été à l’origine. Par le hasard du calendrier, ma pomme, en tant que membre de l’équipe d’animation du Parti de Gauche en Seine-Saint-Denis et de Montreuil, a déjeuné avec Jean-Pierre Brard jeudi 31 mai. Vu l’état de nos relations, je me suis permis de demander à mon député ce qu’il en était. Entre nous, ce sont des choses qu’on peut se permettre. Et, me rappelant sa réaction, c’est clair qu’il n’y est pour rien. Au final, c’est bien difficile de savoir qui est qui, dans cette ville. Ou alors, ça rappelle le tristement célèbre « protégez-moi de mes amis, je me charge de mes ennemis ».

Entendons-nous bien, au demeurant : je suis d’accord pour informer, pour railler. Mais pas pour démolir aussi consciencieusement quelqu’un. Le procédé du tract anonyme est dégueulasse. Je le condamne avec la plus grande fermeté. Si je publie les affiches qui ont été collées sur les cabines téléphoniques, c’est parce qu’elles me rappellent la campagne crade organisée contre Manuel Martinez lors des élections cantonales, campagne qui n’a bénéficié qu’à Catherine Pilon, alors héraut des sociaux-démocrates.

Et alors ? Est-ce que nous verrons la non ministre aux côtés de Benoît Hamon, ministre délégué à l’économie sociale et solidaire, sur le marché de Croix de Chavaux ? L’ancien chef de file de la gôche du Parti dit « sérieux » vient y soutenir sa créature à 13h dimanche. Que tout le monde se rassure, les militants du Parti de gauche ne viendront pas taquiner l’ancienne et le nouveau ministres. Nous serons à Hénin-Beaumont, luttant contre le F-Haine pendant que les écolos-socialopes (pas de faute) n’ont de cesse que de tenter d’éradiquer le Front de Gauche.

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Bonus vidéo : Fear Factory « Final Exit »


Face à la droite populaire, Riva Gherchanoc fait front à gauche

Comment vous parler avec un minimum de recul de Riva Gherchanoc ? C’est une sacrée gageure pour moi, la connaissant comme je la connais, depuis 2006. Je me souviens de ce bout de femme toute en cheveux roux qui tentait, après une année à étudier le Droit à Bordeaux, de tenir le coup avec son Revenu minimum d’insertion. Je me souviens de ses prises de parole enflammées quand elle avait à faire connaître les injustices dont elle était témoin. Je me souviens, je le vis encore à dire le vrai, cette énergie incroyable, de celles qui abattent les montagnes.

Aujourd’hui, Riva n’est pas à proprement dire assagie. Toute membre du bureau national du Parti de Gauche qu’elle soit, toute candidate aux élections législatives dans la 3e circonscription de la Seine-Saint-Denis, elle reste cette femme engagée qui réagit au quart de tour quand les « siens » sont victimes d’injustice. Je dois préciser, à ce moment précis, que les « siens », ça fait du monde. Elle compte dans cet ensemble les habitants des quartiers populaires, les femmes, la jeunesse séquano-dyonisienne (celle qu’elle connaît le mieux), les précaires… Oh, ne croyez pas que la plus jeune candidate à la députation de mon département ait le tempérament maternel. Il ne s’agit pas de cela. Je parlerais plutôt d’une empathie profonde, cette capacité rare à faire siennes les souffrances des autres.

Parce que la souffrance, Riva a connu. L’angoisse de boucler ses fins de moi, quand on ne dispose que du RMI, elle a vécu. La difficulté à trouver un boulot, alors qu’elle avait assez brillamment réussi son concours de la fonction publique territoriale, elle a senti au plus profond d’elle. Ça forge le caractère mais ça ne blinde pas. En tous cas, ça ne blinde pas Riva qui a toujours chevillé au corps l’Humain d’abord. Quand je la vois discuter avec les habitants de Neuilly-sur-Marne, sur le marché de la ville, ça se sent. C’est un vrai échange, à base d’émotion autant que de raison. Elle ne lâche pas le morceau. S’il faut une heure pour expliquer, elle la prendra, qu’importe le résultat à la fin. Riva est une militante, de cette espèce rare qui s’oublie au profit des autres.

Parfois, pour celles et ceux qu’elle entraîne derrière elle, comme l’ami Franck Boissier, c’est un peu usant. D’autant qu’elle ne connaît pas le sens du mot « compromission ». Ses anciennes camarades de Ni Pute ni soumise s’en souviennent. Elle a mené la bagarre costaud quand Fadela Amara a choisi d’aller jouer les alibis dans le gouvernement Sarkozy. Je commençais à peine à la côtoyer et ses idées étaient aussi claires que l’eau de source. Ni transfuge, ni complice. De gauche. Tout simplement. Avec une légère dose de révolution : elle revendique sincèrement que l’insurrection citoyenne, c’est maintenant.

Pour Riva, une chose est sûre : le bien commun ne supporte plus de demie mesure en cette période de tension sociale extrême. Une tension avivée dans la circonscription la plus méridionale de la Seine-Saint-Denis par la Droite populaire. Son candidat ici se nomme Bruno Beschizza, secrétaire national de l’UMP, ancien permanent syndical de la Police national qui a intégré la préfectorale par la grâce de Nicolas le petit. Les défenseurs du statut de la Fonction publique apprécieront. Les autres, et même ceux que je viens de citer, apprécieront aussi que le « monsieur sécurité » de l’UMP ait fait son entrée en campagne en tractant contre le droit de vote pour les étrangers extra-communautaires. Peu importe qu’ils vivent, travaillent et paient leurs impôts dans ce pays depuis un an, cinq ans ou dix ans. Le racolage en direction de l’électorat FN ne connaît pas de prescription.

Mais pour Riva, l’infamie de Beschizza noon plus ne sera pas prescrite… Faut dire que Gherchanoc, cela ne sonne guère plus français que Beschizza. Sauf que mon amie, elle, se rappelle d’où elle vient. Elle se souvient de ses origines russes si proches qu’avec la législation actuelle, elle ne serait certainement pas attributaire d’une carte nationale d’identité frappée du drapeau tricolore. Son suppléant, Moussa Diakhaté, lui aussi connaît bien ça. En raison d’une erreur administrative, il a connu le triste quotidien des « sans papiers » pendant plusieurs années. Moussa n’en tire ni gloire ni rancœur. Il est juste devenu défenseur des salariés et animateur de la CGT à Neuilly-sur-Marne. Manière de rendre aux autres cette solidarité dont il a pu bénéficier.

C’est drôle de les voir tous les deux, Riva et Moussa, côte à côte, sur les marchés, au porte à porte, dans les réunions publiques ou les assemblées citoyennes. A eux deux, ils forment une équipe solide, à l’image du Front de gauche sur la 3e circonscription. Je vous préviens juste, si vous les croisez, soyez patients : ils sont loquaces.

3e circonscription de la Seine-Saint-Denis : Gournay-sur-Marne, Neuilly-Plaisance, Neuilly-sur-Marne, Noisy-le-Grand.
Score de Jean-Luc Mélenchon : 6 774 voix et 12,64 % des suffrages.

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Bonus vidéo : Lords Of The New Church « Russian Roulette »


Avec Asensi, requiem pour Bob l’épongé

Note dédicacée à mon ami Jacky Corbel

Au départ de cette note est le courrier qu’adresse à Robert Hue mon ami François Asensi, dont j’ai déjà eu à évoquer l’attaque en règle dont il est victime de la part du Brutus de la Seine-Seint-Denis. Ce petit texte m’a replongé des années en arrière. Alors que j’étais encore militant du Parti communiste. Bien que membre du Parti de Gauche aujourd’hui, vous voudrez bien m’accorder que je reste un militant communiste, puisque ce qualificatif renvoie à une vision politique plus qu’à une appartenance partidaire.

Mais, d’abord, je vous dois la lettre de François à Bob l’épongé :

« How are you, dear Bob,
J’utilise l’anglais puisque pour être « dans l’ère du temps et de la modernité », il faudrait s’adapter au monde tel qu’il est. Ceci est je crois conforme à ta nouvelle façon de penser. Tu apprécieras donc cette attention.
Très franchement, je dois te dire que j’ai appris avec surprise, mais non sans quelque ravissement, que tu venais visiter la ville de Tremblay-en-France laquelle, comme tu le sais sans doute, possède une excellente équipe de handball. Celle-ci joue en première division et a accédé à la finale de la coupe d’Europe l’année passée.
Enfin … tu as pu trouver du temps sur ton agenda pour te rendre à Tremblay-en-France, ce que tu n’as pu faire pendant toutes tes années de mandats de Président de l’Association nationale des Elus Communistes et Républicains, puis de Secrétaire national du Parti Communiste Français, puis Président de ce même parti, enfin Sénateur.
La vraie raison de ta visite, c’est ta participation à une réunion électorale avec ton nouvel allié, le député européen Daniel Cohn-Bendit, pour soutenir une entreprise qui vise à faire battre le député du Front de Gauche.
Connaissant ton bon sens politique, tu n’es pas sans savoir que par le truchement d’un accord de sommet, les appareils d’Europe Ecologie et du PS se sont ligués pour empêcher l’élection d’un député Front de Gauche.
Cher Bob, la politique prend des chemins de traverse assez imprévisibles, mais l’histoire nous rattrape toujours. Lorsque j’ai été exclu de la direction du Parti Communiste, coupable à ses yeux de vouloir moderniser et rénover l’espace communiste en France et rompre avec le pseudo socialisme soviétique, tu entrais à ce moment-là dans cette même direction, gardienne de l’orthodoxie. Et alors là, quel silence de ta part !
J’étais alors, avec des milliers d’autres, victime de procès en sorcellerie, accusé de vouloir liquider le communisme en France … Mais heureusement tu as pris les choses en main et ton score de 3,37 % à l’élection présidentielle de 2002 a dû contribuer à la renaissance des idées communistes en France ! »

Bob à la buvette du Sénat

Je ne peux trop me reconnaître dans ces mots, aussi ironiques soient-ils. Je me souviens, en 1997-1998, mes dernières années comme membre du PCF. Bob était alors « patron » du Parti. Moi, j’étais, sans qu’il ne le sache, dans la même ligne politique que François. Nous étions des rénovateurs, aux côtés de Guy Hermier. François était de ceux qui créent la pensée avec Guy. Moi j’écrivais dans l’hebdomadaire Futurs, sous pseudonyme. Etant par ailleurs salarié du quotidien La Marseillaise, il était peu envisageable – à l’époque – que je collabore à Futurs sous mon vrai nom. La faute en revient non pas aux dirigeants du journal mais bien à l’attitude de l’actionnaire principal, actionnaire dirigé alors par Bob, celui qui vient nous donner aujourd’hui des leçons de démocratie et de rénovation.Sans rire.

Nous défendions le « pôle de la radicalité », regroupement des gauches de transformation sociale, dont j’estime qu’il est la première ébauche théorique de ce qui est aujourd’hui le Front de Gauche. A l’époque, Robert Hue tirait à dia, pour faire du grand parti de la classe ouvrière un courant externe du PS. Sans manquer de flinguer tout ce qui dépassait.

A tout le moins, Bob a une constante : il aura toujours combattu tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à un rassemblement autonome et conquérant face au PS. Aujourd’hui, il vient donc faire de la retape pour Stéphane Gatignon, servant au passage de marchepied médiatique à Dany le jaune. Las, il n’est guère récompensé et attend encore en vain qu’on veuille bien lui accorder un strapontin ministériel. Bientôt, fort heureusement, il ne restera plus rien de Bob l’épongé, tellement le PS l’aura essoré.

Tiens, je vais terminer par une anecdote qui m’est arrivée pendant les élections régionales. Je devais me rendre aux Coteaux de l’Orge, à Viry-Chatillon, dans le cadre de mon boulot. C’était un après-midi de pré printemps. Il faisait beau ce jour-là. Et là, sur qui tombé-je, à peine accompagné d’une personne qui semblait lui servir de guide ? Bob ! Plus épongé que jamais. Seul. Comme toujours. Comme il le restera à jamais. Quand je devrai écrire la nécro de Robert, je n’aurai en tête que cette image d’un nain de jardin abandonné dans un espace trop grand pour lui.

 

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Bonus vidéo : OTH « Euthanasie pour les vieux rockers »