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TSCG : Fabius ne veut pas « se déjuger », et vous ?

Le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) n’en finit pas de remuer les différentes composantes de la gauche. Le week-end qui vient de s’écouler a vu le conseil fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts s’opposer, par 75 % des voix exprimées, à ce traité qui grave dans le marbre l’austérité ad vitam aeternam. C’est un bougé assez significatif qui a causé encore une de ces sorties dont est coutumier Dany le jaune.

A tout le moins, EELV a le mérite d’une certaine cohérence, que je salue, alors que je n’ai jamais été avare de critiques contre ce parti. L’issue de son conseil fédéral témoigne de l’élargissement du front du refus, par rapport à un traité qui prive la représentation démocratique élue par le peuple de ses derniers outils d’action.

Ce week-end, j’ai eu l’occasion de retrouver, grâce à mes amis de la Télé de gauche, un certains nombre de déclarations émanant de sommités du parti dit « sérieux ». Je vous les laisse regarder et partager.

On va commencer par l’ancien héraut du « non socialiste » en 2005, Laurent Fabius :

 

La sortie de Benoît Hamon n’est pas mal non plus :

 

Arnaud Montebourg laisse rêveur :

 

Jean-Marc Ayrault se fait le porte-parole du groupe des députés socialistes :

 

Enfin, pour la bonne bouche, le résident de la république n’est pas inintéressant :

 

En contrepoint, je vous laisse écouter et regarder ce que disent certains de mes amis proches dans la petite vidéo tournée à l’occasion de la Fête de l’Huma.

 

Je veux bien prendre les paris pour savoir qui, à la fin, se « déjugera », selon les jolis mots du ministre des Affaires étrangères.

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Bonus vidéo : Patti Smith « People Have The Power »

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TSCG, ce sont les autres qui en parlent le mieux

Ceci, comme dirait Magritte, n’est pas une note de blog. Le flot de l’actualité me submerge de réflexions contradictoires et j’ai peu la tête à coucher sur l’écran de mon (puis de vos) ordinateur(s) des états d’âme. Aussi, je vais m’effacer pour donner la voix aux copains. C’est que l’heure est grave ! Le traité sur la stabilité, la convergence et la gouvernance est à l’ordre du jour. On en a beaucoup causé à la fête de l’Humanité. Alors, pour commencer, prenons quelques minutes pour savoir ce que c’est que ce fichu traité en vidéo :

 

Sur le blog l’Art et la manière, qu’il co-écrit avec Florian, Romain nous en a touché deux mots dès la fin août :

« Ah qu’il était beau ce traité préparé par Sarkozy. La promesse électorale (pourquoi je m’évertue à m’y référer alors que tout le monde sait que c’est de la connerie)… donc cette promesse c’était de renégocier ce pacte notamment en y intégrant un volet « croissance ». Evidemment, nous, sales gauchistes, on n’était pas très contents. Mais la réalité s’est révélée encore pire puisque que les négociations sont quasi-inexistantes et que ladite croissance ne fait l’objet que d’un ridicule pourcent d’investissement qui ne fera pas longtemps illusion. Le fond du traité, lui, est intact : austérité, austérité et… austérité. Puis si vous n’êtes pas content un arsenal répressif est prévu pour les pays récalcitrants. « What else ? » diraient les financiers. »

Alors, il a semblé que le résident de l’Elysée et son collègue de Matignon auraient renégocié le TSCG pour le faire passer dans les rangs des députés godillots… heu.. sérieux. L’ami Gauche de combat en rit encore, jaune. Ce qui, pour ce rouge et vert, la fout mal. Il s’en est ému avant de prendre ses congés bien mérités :

« François Hollande et Jean-Marc Ayrault appellent leurs troupes à ratifier le traité budgétaire européen, pourtant négocié par Nicolas Sarkozy avec Angela Merkel (que toute la gauche – dont les socialistes – avait tant critiqué), et cela sans passer par l’assentiment des français. Vive la démocratie. Pour s’en défendre, dans le Journal du dimanche, Jean-Marc Ayrault a déclaré que « l’ajout d’un volet croissance au traité imposé par Hollande «a fait bouger les lignes ». Cela en fera rire plus d’un, et la saillie de Mélenchon sur le sujet est pertinente, par delà l’humour   : «Quelles lignes, quelles pages, quels mots, quelles virgules, la couleur du papier : Rien! ». Et dire que Hollande s’était posé en combattant des marchés financiers… On voit bien aujourd’hui que d’aucunes mauvaises langues avaient raison de prétendre qu’il le faisait avec un sabre de bois. »

Je conçois que, malgré la vidéo ci-dessus, vous avez du mal à comprendre de quoi il s’agit concrètement. Le mieux encore reste de se plonger dans le texte. Et c’est l’ami Nico, de la Rénovitude, qui se l’est procuré. En voici le premier chapitre :

« TITRE I

OBJET ET CHAMP D’APPLICATION

Article 1

1. Par le présent traité, les parties concontractantes conviennent, en tant qu’Etats membres de l’Union européenne, de démolir le pilier économique de l’Union économique et monétaire en adoptant un ensemble de chaînes destinées à étouffer l’activité, rendre encore plus obscure la gouvernance de la zone euro, en soutenant ainsi la réalisation des objectifs de l’Union européenne de désarmer les états, réduire les politiques de justice sociale et dégommer les services publics.
2. Le présent traité s’applique intégralement aux parties concontractantes dont la monnaie est l’euro sans aucun moyen de recours des peuples composant les dites parties concontractantes. Il s’applique également aux autres parties concontractantes, dans la mesure et selon les conditions prévues à l’article 14, c’est dire que vous n’avez pas le choix. »

Le reste est à lire sur la Rénovitude, par ici.

Ah oui… ça mate, n’est-ce pas ? C’est que le TSCG, à la fin, c’est bien le Traité d’une saloperie carrément généralisée, comme le dit si bien Syd. A l’appui de cette thèse, laquelle pourrait apparaître simpliste à nos « amis » du parti dit « sérieux », voici un extrait du vrai traité qu’A Gauche pour de vrai s’est goinfré, enfin de celui qui n’a pas été traduit en français de tous les jours :

Sur la base de la coordination des politiques économiques définie dans le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, les parties contractantes s’engagent à œuvrer conjointement à une politique économique qui favorise le bon fonctionnement de l’Union économique et monétaire et qui promeut la croissance économique grâce au renforcement de la convergence et de la compétitivité. À cette fin, les parties contractantes entreprennent les actions et adoptent les mesures nécessaires dans tous les domaines essentiels au bon fonctionnement de la zone euro, en vue de réaliser les objectifs que constituent le renforcement de la compétitivité…”

Finissons-en là. Il n’y a d’autre chose à faire que de signer la pétition « Non à l’austérité perpétuelle en Europe ». Elle est claire et simple :

« En imposant l’austérité à marche forcée, le Pacte budgétaire menace de plonger l’Europe dans la récession et le chômage de masse. Il va priver les États de moyens indispensables pour sortir de la crise sociale et environnementale. Pour mieux rassurer les créanciers et les spéculateurs, il place l’austérité au-dessus de la démocratie. Nous vous demandons de rejeter ce Traité d’austérité, et de permettre ainsi de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe. »

Ah si ! Il y a autre chose à faire encore : aller manifester le 30 septembre à Nation !

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Bonus vidéo : Family Affair Project « Saturation »

 

 

 


« C’est la rue qui gouverne », et nous sommes prêts !

Ah ! Les manifs ! Hier, j’étais un peu secoué. La nième forfaiture des sociaux-traîtres… pardon… ça va me passer un de ces jours – ou pas – … donc, après la enième forfaiture des sociaux-démocrates mardi 28 février, pendant que Flamby s’acharnait à rassurer encore la City, cette fois en faisant des mamours au patron du Labour Party, j’étais dans la rue. Pas seul, je vous rassure. On était quelques dizaines de milliers un peu partout en France, pour protester contre l’eurostérité. Ça m’a remonté le moral, en vrai. Je ne m’attendais pas à ce que les sénateurs socialistes soient plus courageux que leurs collègues députés. Bon, nous les avions prévenus, faudra pas qu’ils s’étonnent le 22 avril prochain. Mais revenons à ceux qui ne sont pas des moutons.

Faut le dire, une manifestation contre l’eurostérité, contre le Mécanisme européen de stabilité en clair, n’allons pas nous voiler la face, ce n’est pas ce qui rassemble le plus. C’est pas super sexy, comme motif de mobilisation. Faut prendre le temps d’expliquer, de démonter les arguments entendus à la télévision dans la bouche des propagandistes libéraux… Pardon, des analystes éminents et autres journalistes à la mode Apathie. Pas facile de faire le lien entre ce « traité pourri », la Grèce et sa feuille de paie. Et puis, la période électorale n’est, finalement, pas si propice que ça. Mon collègue, il a pas envie de se faire récupérer, tu comprends ; il sait ce qu’il « a à faire » et, genre, ça se passera, « entre lui et lui », le 22 avril prochain.

Donc, nous étions un peu dans l’entre-soi, faut bien le dire. Et un entre-soi comme ça, moi je vous le dis, c’est pas mal. Ça a même une belle gueule. J’ai en tête tous ces visages, plus ou moins connus : mes camarades syndiqués ; militants politiques aussi, pour la plupart ; mes amis. Aujourd’hui, encore une fois, c’était donc « dans la rue que ça se passe ». On a bien hurlé. Je vous dis pas quand le Mélenchon a montré sa bobine les « Résistance ! Résistance ! Résistance ! » qui ont fusé de tous les côtés. Mais, nous n’avons pas fait que cela. On discute beaucoup dans les manifs. On réfléchit. On se confronte. C’est du brut d’intelligence. Et quand la foule se démonte les poumons à pousser au plus haut les « c’est la rue qui gouverne ! », je peux vous dire que nous le pensons. Et que nous sommes prêts !

Ouais… Nous sommes sacrément prêts à gouverner. Pas uniquement parce que nous avons un programme, même si c’est primordial. Nous avons en effet un beau programme, L’Humain d’abord, mettant en musique autant qu’en lumière un projet cohérent pour le pays et au-delà. Chiffré, argumenté, décliné en mesures applicables immédiatement mais aussi à moyen et long terme, il offre l’alternative, celle que TINA refuse de voir.

Mais, qui plus est, nous avons les belles personnes pour le mettre en œuvre ce programme. C’est ce qui m’a marqué aujourd’hui. Et je n’étais qu’à Paris. Mais, dans cette foule rassemblée, je vois des têtes bien faites, des têtes bien pleines, de celles qui réfléchissent, qui refusent les évidences assénées depuis les chaires professorales ou médiatiques, qui bousculent les idées reçues.

Là, y a déjà trois futurs dirigeants de ce pays. Et certainement plus, mais les 3 je les connais.

Le matin, quelques heures avant d’aller en manif, à la modeste part qui me revient, je bossais avec Gabriel Amard sur les questions liées aux collectivités locales et, notamment, à l’intercommunalité. Mais, il y a aussi Laetitia qui travaille sur un nouveau partenariat entre la France et l’Afrique. Il y a Claire qui a des idées bien précises sur le logement et que je m’en vais solliciter pour participer à la rédaction d’une proposition de loi sur le sujet. Il y en a tant que je vais les passer sous silence et qu’elles ou ils ne m’en voudront certainement pas. Mais on a aussi les camarades pour porter haut ces idées et les mettre en œuvre, qui en tant que ministre, qui en tant que députée, qui en tant qu’élu local, qui en tant que fonctionnaire de haut niveau…

Bref, nous sommes là. Nous sommes prêts. D’autant plus prêts que notre premier geste sera d’associer les citoyens à la coélaboration de notre politique au travers de la constituante que nous convoquerons. Oui ! Que votre siège de campagne soit dans le XVe ou dans le VIIe arrondissement, sachez-le bien : c’est la rue qui gouverne ! Et nous sommes prêts à gouverner !

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Bonus vidéo : Fonky Family « Art de rue »


Contre l’austérité, unité dans la rue

Ça fait du bien de prendre quelques jours de repos. Comme vous avez pu le constater, je me suis offert quatre jours de repos. Et je reprends un jour de grève. Ah oui ! Y a grève aujourd’hui. Ce n’est pas en regardant les infos qu’on va s’en rendre compte, je sais bien. Du coup, je vais prendre quelques lignes pour vous expliquer de quoi il s’agit.

Vous savez que l’Europe serait en crise et que, grâce à ce superbe prétexte, les plans d’austérité déferlent sur les peuples. En France, comme ailleurs, la coalition des libéraux et des sociaux-traîtres… Pardon, des sociaux-démocrates entend institutionnaliser cette austérité avec le Mécanisme Européen de Stabilité. Si doute il y a avait, l’abstention des socialistes, majoritaires au Sénat, finit de nous dessiller les yeux.

Dans ce contexte, la Confédération européenne des syndicats (CES) a initié une journée de grève et de mobilisation à l’échelle du Continent. Dans sa déclaration du 25 janvier dernier, la CES est extrêmement claire :

« Les 8 et 9 décembre 2011, le Conseil européen a décidé de s’engager dans un accord international visant à renforcer la discipline budgétaire. Les gouvernements ont estimé que le renforcement des obligations budgétaires ferait reprendre confiance aux marchés et sauverait l’euro. La décision a été suivie par des négociations intenses et semi-secrètes afin de parvenir à un accord pour la fin du mois de janvier 2012. Le processus de négociation a ignoré le contrôle démocratique qui devrait normalement caractériser toute réforme de l’Union, notamment en n’impliquant pas pleinement le Parlement européen. La CES déplore ce processus non démocratique et ses conséquences non démocratiques au niveau national.
Les dirigeants européens ont tort de croire qu’un nouveau traité restaurera la croissance et résoudra la crise de la dette souveraine sans le renforcement de la démocratie au niveau européen – avec notamment une participation totale des partenaires sociaux aux niveaux européen et national – ni sans nouveaux engagements spécifiques sur les euro-obligations et la taxe sur les transactions financières. Les nouvelles règles en matière de gouvernance économique ne devraient pas être dissimulées derrière des questions techniques par les dirigeants européens.
La CES s’oppose à ce nouveau traité. Bien que nous soyons en faveur de règles communes et d’une gouvernance économique, nous ne pouvons soutenir ces règles. Nous sommes convaincus que les propositions du traité affaibliront l’Europe au lieu de la renforcer. Le nouveau traité réduira le soutien de la population pour l’intégration européenne, ralentira la croissance et augmentera le taux de chômage. »

En France, le MES et les mesures européennes de convergence austéritaire sont aggravées par un gouvernement au service du patronat. Il y a la « TVA sociale » mais aussi le détricotage du droit du travail au travers des accords « compétitivité emploi ». Mon ami Despasperdus les a décryptés ici, je me suis servi de ses explications pour animer une Assemblée citoyenne à Ris-Orangis.

Tout cela justifie amplement de perdre une nouvelle journée de salaire et de descendre dans la rue. Et comme les sociaux-démocrates ont montré qu’ils ne sont pas dignes de confiance dans le combat de classes qui se déroule en ce moment, l’unité que nous allons réaliser dans la rue exige un nouveau débouché politique dans les urnes. Vous le savez, moi, je fais partie de ceux qui proposent autant qu’ils construisent le Front de Gauche comme ce débouché. Pour moi, il n’y a plus d’alternative. J’avais écrit il y a peu « Qui ne vote pas Mélenchon, vote Sarkozy ». Mon ami Eric Coquerel, conseiller du candidat du Front de Gauche à la présidentielle, déclare lui : « Une seule solution contre le traité Merkel-Sarkozy, le vote Mélenchon ».

Rendez-vous, pour les Parisiens et les Banlieusards à 14h place de la Bastille. Vous me trouverez au point fixe du Parti de Gauche au niveau de la station de métro Faidherbe-Chaligny.

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Bonus vidéo : Bérurier Noir « Descendons dans la rue »


Theodorakis ou Papandreou, il faut choisir !

Nous sommes à la croisée des chemins. Il n’y a plus aucun moyen de tergiverser. Demain, mardi 21 février, les députés sont appelés à se prononcer sur le Mécanisme européen de stabilité (MES). Ce nouveau document présenté par l’Union européenne, à la suite de la crise grecque, est un coup d’état, nous explique Raoul-Marc Jennar. De fait, il peut nous transformer, nous les peuples d’Europe, en Grecs dès demain. Dans le sens où les élus dont nous nous sommes dotés par la voie démocratique, n’auront plus aucun pouvoir. Et roule ma poule !

Comprendre le MES et le FESF

C’est fou comme l’actualité, en ce moment, repasse les plats. Je commençais ma note lundi dernier, avec ces images d’affrontements à Athènes. Hier, cela a recommencé. Face aux casseurs de la « troïka », la partie consciente de la classe ouvrière grecque a fait le choix de l’autodéfense. De facto, ils ont mis en œuvre ce fameux article de la constitution montagnarde de 1793 qui consacre le droit du peuple l’insurrection face au pouvoir illégitime.

Le Mécanisme européen de stabilité, nous voyons ce qu’il génère : c’est sous nos yeux. Le salaire minimum à Athènes est ramené à 588 euros par mois, dans une ville aussi chère que Paris ! La sainte alliance de la Banque centrale européenne, de l’Union européenne et du Fonds monétaires international a contraint le gouvernement hellène à brader les services publics, se privant ainsi de tout levier d’action pour mettre en œuvre une politique digne de ce nom. Et, de fait, l’ensemble de la politique à Athènes n’est plus décidée par les parlementaires mais par quelques technocrates bruxellois. Ils pourraient être de Francfort ou de Paris, ce serait pareil : un vrai coup d’état.

Je vous invite à lire la tribune que publie ce jour, dans Libération, Jean-Luc Mélenchon sur la question du MES. Il souligne notamment :

« Les États concernés seront placés sous la tutelle de la cruelle troïka Commission européenne /Banque centrale européenne / FMI. Oui, le FMI basé a Washington ! Il trône dorénavant en « coopération très étroite » à toutes les étapes du Mécanisme. On lui demande une « participation active », aussi bien pour évaluer l’attribution des aides que pour infliger des plans de rigueur et contrôler leur application. Les procédures prévues pour l’intervention de cette odieuse troïka sont aussi opaques qu’autoritaires. De plus, en contradiction avec toutes les règles de fonctionnement de l’Union européenne, le Traité donne à deux États seulement, l’Allemagne et la France un droit de véto pour l’octroi des aides. Ce traité entérine donc un directoire autoritaire de la zone euro. Il impose aussi le secret sur les mécanismes de décision et le fonctionnement du Mécanisme. La France s’expose donc financièrement jusqu’à 142,7 milliards d’euros dans un fonds auquel aucun compte ne pourra être demandé par son gouvernement ou son Parlement. Quel parlementaire est prêt à ce renoncement ? »

De son côté, sur son blog, Gérard Filoche appelle ses camarades socialistes à refuser le MES, demain, pour deux raisons :

« Parce que le MES est un mécanisme de solidarité à l’usage exclusif de la Finance (…) Parce que le MES est indissociable du traité européen que veulent nous infliger Sarkozy et Merkel : le « Traité sur la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire » (TSCG) ».

Il n’y a donc pas de troisième voie au final, dans ce cadre. L’abstention serait un manque de courage cruel pour notre peuple autant qu’une lâcheté politique. Soit on est du côté de Mikis Theodorakis, soit on est du côté de Papandreou.

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Bonus vidéo : Calavera « Chanson noire du capitalisme »


La politique de l’UMP accroît le chômage

Le jour se lève et c’est l’annonce des chiffres du chômage pour octobre 2011. Les premiers qui ont un lien direct avec les politiques d’austérité du gouvernement. Conformément à toutes les prévisions possibles, « ils ne sont pas bons », a cru bon de prévenir l’ineffable Xavier Bertrand, ministre du Travail et des Affaires sociales, dans une allocution radiophonique dimanche 27 novembre au soir. Cette nouvelle hausse est le résultat très concret de la politique du gouvernement.

Ce n’est un secret pour personne, à l’intérieur du système capitaliste, la croissance française a cela de spécifique qu’elle est portée essentiellement par la consommation des ménages. Or, cette dernière stagne depuis 2007. Les soubresauts de l’économie mondiale qualifiés de crise ont eu pour effet une hausse de l’inflation et un renchérissement du crédit malgré les baisses de taux directeur opérées successivement par la Banque de France et la Banque Centrale européenne. Cette dernière a fait passer son taux directeur de 1,5 % à 1,25 % le 3 novembre dernier. Sans que cela n’ait d’effet à ce jour sur le recours au crédit auprès des particuliers.

Il faut dire que, quelques jours plus tard, le 7 novembre pour être précis, le gouvernement a annoncé son 2e plan d’austérité après celui exposé en août dernier. Selon le journal Le Monde, en date du 9 novembre courant, le montant des mesures d’austérité touchant les ménages s’élève à 13 milliards, quand les entreprises sont mises à contribution à hauteur de 4,4 milliards d’euros (dont 1,1 milliards pour les seules grandes entreprises). 13 milliards donc, autant en moins que les Français vont consommer quoi qu’en disent les spécialistes autoproclamés comme Jean-Marc Sylvestre.

C’est d’autant plus violent comme mesure que ceux qui consomment finalement le plus sont les ménages les plus modestes. Et pour cause, la consommation n’est pas extensible à l’infini. Aujourd’hui, pour parer au plus pressé, les Français en viennent même à puiser dans leur épargne. Cela a un vrai effet sur l’économie réelle. En effet, la première victime de ces prélèvements, auxquels s’ajoute une baisse des versements, c’est l’Assurance vie. Ce placement à long terme a pour vocation première de financer les emprunts réalisés par l’Etat pour mettre en œuvre son action.

Moins les emprunts d’Etat sont financés par l’Assurance vie, plus la puissance publique doit se retourner vers des solutions de financement auprès des institutions financières… Lesquelles ne manquent pas d’augmenter leurs taux d’intérêt accroissant mécaniquement la dette que la cure d’austérité devait faire diminuer. Cela montre bien que, effectivement, la dette n’est qu’un prétexte. Elle est le dernier argument de communication créé par l’idéologie libérale, j’ai écrit à ce sujet, mais vous renvoie volontiers à l’article rédigé par l’ami Des Pas Perdus.

Au final, donc, nous assistons à un rétrécissement de la consommation donc, qui engendre une diminution de l’activité. Du coup, les grands groupes industriels et financiers prennent des mesures conservatoires : le fameux plan social. Le premier à avoir dégainé est le groupe PSA avec 6 000 suppressions de postes dont 4 000 en France. Quoi qu’il en soit des effets d’annonce, Areva est désormais sur les rangs. Et combien d’autres vont tomber dans les semaines qui viennent jusqu’au prochain plan d’austérité gouvernemental ?

Voilà pourquoi le chômage dépasse un nouveau record depuis 2000 pour se rapprocher dangereusement des 3 millions de personnes officiellement reconnues comme en recherche d’emploi par Pôle Emploi. Xavier Bertrand peut déplorer cette réalité. Il n’a qu’à s’en prendre à François Baroin et François Fillon.

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Bonus vidéo : The Brigades « The Rise And Fall Of Mister Brown« 

 


La « rigueur » d’un plan de communication

La belle campagne de communication que voilà ! La conférence de presse de Fillon, ce lundi 7 novembre à midi, sonne comme le lancement quasi officiel de la campagne électorale 2012 de Nicolas Sarkozy. J’écris « sonne comme » puisque, dans les faits, Sarko est en campagne depuis le lendemain de son élection. Mais, je m’égare. Donc, écrivai-je, c’est une belle campagne de communication que voilà, dont la conférence de presse de Fillon est le point d’orgue. Contrairement à celles et ceux qui pensent que c’est « courageux », qu’il « fallait oser à six mois de la présidentielle » annoncer des mesures aussi impopulaires que celles annoncées par le premier sinistre, je dis : « mes chers amis, vous vous plantez ». Décryptons ensemble ce chef d’œuvre de la communication politique.

Accessoirement, ce qui va suivre est mon point de vue personnel, et je le nourris de 25 ans de militantisme et de 19 ans de pratique professionnelle dans la comm politique et institutionnelle.

Le 2e plan d'austérité de François Fillon

Donc, au début n’était pas la dette. J’ai déjà écrit que, à mon sens, il n’y avait pas de crise de la dette ni de l’euro. Las, vous êtes nombreux amis lecteurs, amies lectrices, à ne pas me croire. La dette et les déficits publics sont considérés par 33 % des Français comme les problèmes les plus importants pour le pays, devant le pouvoir d’achat et l’emploi, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France, paru dimanche 30 octobre (pile le jour de mon anniversaire soit dit en passant).

Il faut voir là le résultat d’un matraquage entamé il y a bien longtemps. Qui se souvient de Fillon, toujours le même, déclarant le 22 septembre 2007, « être à la tête d’un état en faillite » ? Tout commence là. Depuis, les déclarations brodant autour de ce thème se sont multipliées, alimentées par le pseudo crises du système financier international en 2008 puis par la pseudo crise de la dette. Cela étant, on nous a rabâché tout l’été que c’était la catastrophe, qu’on courait droit dans le mur, tout ça… Résultat, un premier plan d’austérité de 12 milliards d’euros annoncé le 24 août dernier. Dans l’indifférence quasi générale, à dire le vrai. En raclant les fonds de tiroir, on arrivera à mettre 300.000 personnes dans la rue contre l’austérité le 11 octobre suivant.

Entre ces 2 moments et depuis le dernier, il y a le long feuilleton grec qui a renforcé la peur du lendemain qui déchante. Allaient-ils payer ces fichus
Grecs ? Les Français allaient-ils devoir passer à la caisse pour ces danseuses hellènes ? Le tout accompagné de longues, très longues tirades médiatiques sur le thème « l’Europe est malade de la dette ». Le climat est bon, il est bien planté, la campagne de communication a porté ses fruits, vérifié par le sondage déjà mentionné.

Les syndicats ont appelé à manifester contre la rigueur

C’est dans ce contexte que, depuis quelques jours, la place parisienne : médias et états-majors politiques, bruisse de l’annonce du plan de rigueur 2 « le retour de la revanche ». Tous les possibles ont été évoqués. Dans un édito de l’Express, Christophe Barbier a évoqué la suppression d’une semaine de congés payés. Le gouvernement a laissé filtrer dans la presse qu’il travaillait sérieusement à mettre à place une deuxième journée de solidarité (travailler un jour férié sans être payé). Le Parti socialiste lui-même contribue à alimenter ce que je qualifie de psychose artificielle. Quelques heures avant l’annonce officielle du deuxième plan d’austérité, François Hollande, candidat du PS à la présidentielle, parle de « donner du sens à la rigueur », laissant entendre par là qu’il n’y pas d’autre voie. TINA* son amour…

Le moment est donc bien choisi pour une conférence de presse super pro, carrée comme jamais. Tout y est : mise en scène sobre à l’extrême, air gravissime de circonstance. « Même la tenue de Fillon est empreinte d’austérite: cravate et costumes sombres, très sombres », remarque Benjamin Sportouch, journaliste au service politique de L’Express, sur Twitter. Dans ce contexte, les mesures annoncées par François Fillon apparaissent presque « généreuses » et pas si injustes que cela aux yeux du grand public.
Pis : son antienne sur le « courage » va fonctionner. On prend les paris ?

Ajout de dernière minute: Jean-Luc Mélenchon vient de réagir dans le journal de la mi-journée sur France2. Ecoutez-le si vous voulez.

* TINA : acronyme à la mode, pour abrévier « There is no alternative ».

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Bonus vidéo : un autre point de vue sur la dette et la pseudo crise, Jacques Généreux invité de Salut les terriens!