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Camarades, ne cédons pas aux provocations !

Nous voici dans la dernière ligne droite. Le vent souffle de plus en plus fort. La mer est agitée et la vague qui s’apprête à déferler sur le vieux monde à l’agonie est aussi grosse que la bise qui nous agresse s’avère violente. Ne nous trompons pas : il y a un lien entre les deux. Il n’y a aucun hasard si le tir de barrage nourri dont les éditocrates se sont rendus coupables à notre encontre jeudi 12 avril coïncide avec le sondage qui place le Front de Gauche et son candidat à 17 % ce matin, bien devant l’hystérique de Montretout. Ils disposaient des premiers éléments hier.

La perspective d’une nouvelle bonne intervention de notre candidat dans l’émission Des Paroles et des actes, pouvant encore renforcer l’audience que nous nous sommes créées, suffisait à justifier une vulgaire (au sens premier du terme) tentative de déstabilisation. Ils ont joué, ils ont perdu. Parce qu’ils ne nous connaissent pas. Chaque attaque nous renforce. Chaque coup porté indique que nous sommes dans la bonne voie. Et Mélenchon s’est encore bien tiré du piège que lui tendait Pujadas.

De leurs côtés, les agents du parti dit « sérieux », excités par la peur de devoir composer avec une gauche retrouvée, en oublient que leur ennemi devrait être la droite et Nicolas le petit. Les images parlent autant que les mots. Vous les avez en tête. A Toulouse, par exemple, la municipalité PS a diligenté sa police municipale pour arracher nos affiches. A Limoges, les mêmes élus « sérieux » n’avaient eu recours qu’aux forces militantes pour tenter de nous recouvrir. Sans plus de succès. L’enthousiasme de nos propres camarades a suffi à rétablir notre prééminence sur le terrain. Passons donc sur cet épisode malheureux mais bien prévisible qui voit – une nouvelle fois – la social-démocratie se tromper d’adversaire. Il m’affecte un peu, parce que j’habite à quelques mètres de l’église Saint-Bernard… Oui, oui, celle-ci en particulier. Mais, vu ce que j’ai entendu des éléphanteaux du parti « sérieux » dès que j’osais avancer un point de vue argumenté de gauche – « communiste, retourne d’où tu viens » – je ne suis guère étonné. Cela fait bien longtemps que le viseur de la rue Solférino est biaisé.

La violence des attaques dont nous sommes victimes en ce moment, nous autres Front de Gauchistes, constitue la réponse directe à la progression de nos idées dans toutes les composantes de la société. Commentant le sondage déjà évoqué, le journaliste de BFM TV soulignait : « Mélenchon progresse parmi les ouvriers, les jeunes, sur les questions écologiques et parmi les électeurs socialistes ». Faut-il poursuivre plus avant pour expliquer que le Parti « sérieux »¸ EELV et les idéologues à carte de presse, tous défenseurs de l’intégration à l’Europe libérale, nous prennent pour cible ? C’est le combat politique. Là se dessine la ligne d’affrontement : libéralisme ou alternative. Nous avons choisi notre camp, nous assumons les coups qu’on nous porte. Parce que nous assumons les victoires dans la bataille idéologique. Comme le dit mon amie Hélène Le Cacheux, que je vais retrouver pas plus tard que ce soir, « nous redonnons à la classe ouvrière conscience d’elle-même ».

La droite Sarkoziste s’était réapproprié les analyses et méthodes du philosophe marxiste Gramsci sur la bataille culturelle. C’est à partir de là qu’elle avait mené l’offensive de triangulation, se réappropriant un champ symbolique estampillé à gauche : Jaurès, Guy Moquet, l’adresse aux ouvriers. Avec le succès que l’on connaît. Un général, Arnaud de Foïard, a expliqué le tout dans les années 1980 : « La guerre culturelle est un moyen de domination et de conquête par perversion de l’équilibre culturel de l’adversaire. »

Puisque le parti « sérieux » ne relevait pas le gant, nous l’avons fait. Nous avons repris ce qui est à nous – comme arme politique de la classe ouvrière au sens marxiste du terme (ceux qui produisent la plus-value dont ils sont spoliés) -, expliqué, démonté, mis en lumière… Bref, nous avons rendu à notre peuple ce qui lui appartient. Nous lui donnons les outils de la conscience de lui-même et, par-là, de sa propre émancipation. Et vous voulez que ceux qui défendent la résignation à l’ordre établi se laissent faire sans broncher ? Ne rêvons pas les amis. Le pire est encore à venir. La semaine qui vient sera horrible. Encore plus si nous réussissons à prendre les plages du Prado samedi 14 avril et que le candidat « sérieux » ne réussit pas son opération à Vincennes malgré TGV et bus affrétés à grand frais. Mais même à 100 000, ils seront loin de notre prise de la Bastille.

Les laquais dociles de l’oligarchie ont donc bien des raisons d’être aux abois. Nous faisons la démonstration que réhabiliter le clivage gauche-droite, c’est créer les conditions de la victoire de la gauche dans les urnes puis dans la rue. C’est bien ce que nous avons travaillé à produire depuis que nous avons créé le Front de Gauche fin 2008-début 2009. Quel que soit le résultat de cette élection à quatre tours, rien ne sera plus jamais comme avant. Quand le peuple retrouve la conscience de lui-même, la fierté de lui-même, la voie qui est la sienne, la bataille prend un tour plus clair. La victoire électorale ouvrira la voie à la grève générale autant qu’à la constituante. Les deux vont de pair, de toutes les façons.

Voilà donc où nous en sommes, à une grosse semaine du premier tour de l’élection présidentielle. Avec, en sus, un potentiel électoral qui nous place devant Nicolas le petit. Je vous le dis, mes amis, ces huit jours qui viennent vont être violents pour nous. Ceux qui nous intéressent, ce sont ces 200 personnes venues des quartiers populaires à Neuilly-sur-Marne ; ces milliers de voisins, d’amis, d’inconnus aussi que nous croisons sur les marchés, au porte à porte, devant les usines ; ces collègues que l’on invite à la maison. Soyons fermes dans l’argument, décidés dans nos méthodes, ne cédons pas à la provocation.

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Bonus vidéo : Assassin « Sérieux dans nos affaires »

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Chroniques montreuilloises : 6e épisode

Je sais, je sais, amis lecteurs : vous avez raison de m’en vouloir. J’ai délaissé ma bonne ville de Montreuil pendant presque deux mois. A dire le vrai, j’ai été un peu en déplacements et je ne voulais pas trop embêter l’amère. Pour autant, je n’ai cessé de penser à Montreuil puisqu’il apparaît que tout m’y ramène.

Des paroles…. et des actes 🙂

Mais d’abord, nous allons parler boutique. En premier lieu, c’est triste – ou pas – mais c’est ainsi : ces Chroniques montreuilloises sont désormais les seules de Montreuil. Le blog qui tentait de me copier, écrit (?) par Bruno Saunier, ex exécuteur des basses œuvres de l’amère, ex premier adjoint, toujours anti-cégétiste primaire, a fermé ses portes. Je n’ai jamais défendu la concurrence libre et non faussée, donc je ne vais pas bouder mon plaisir. Plaisir encore, qui doit être partagé par le cabinet de l’amère puisqu’il n’y est pas étranger à me lire et imprimer mes notes pour ne rien en manquer : ce modeste blog créé en octobre dernier est classé, ce mois d’avril, 22e au top des blogs politiques « les plus influents » selon ebuzzing. Merci Yves, Dominique, Dominique et les autres. Je vous embrasse du fond du cœur. Mais assez d’ego trip, revenons aux tripes des egos écolos. J’aurai pu écrire le « tout à l’ego » écolo mais vous auriez vu méchanceté de ma part…

Ainsi, j’étais à Vierzon où j’ai retrouvé des amis de longue date, un couple adorable avec lequel j’ai partagé de bons moments d’amitié. Or, il se trouve que la ville dans laquelle ils travaillaient tous les deux a basculé à droite en 2001. Mon amie était en charge du service Jeunesse. Pour la pousser à la faute ou à partir de son propre chef, le nouveau maire UMP a donné instruction qu’elle candidate sur le poste qu’elle occupait jusqu’alors. C’est un brin indélicat comme manœuvre. Ah… Mais qu’ouïs-je ? On procède de la même manière à la Ville de Montreuil ? Il me revient en mémoire que plusieurs amis employés communaux ont du faire face à la même situation. Je croyais pourtant que l’amère se voulait de gauche. Remarque, on sait bien : entre vouloir et pouvoir, il y a souvent un fossé.

« Putain, deux ans »

Comme pour ce qui concerne les « squatteurs », en matière de personnel, l’amère ne s’embarrasse plus guère de précaution. Au complexe sportif, c’est un nouveau licenciement – le troisième, sous une forme ou sous une autre, depuis 2008 – qui a lieu. Il faudra que quelqu’un prenne le temps d’ailleurs de compter le nombre de gens que l’amère et ses affidés ont licenciés, virés, poussés au départ. Même, voire surtout parmi ceux qu’elle avait recrutés au sein de la pépinière verte. Il ne doit plus lui rester grand monde comme ami au sein du parti des cannibales. En cela, elle suit la pente d’Eva Joly, lâchée par moustache et le valet de Sarkozy, Dany CB.

C’est ballot pour la législative qui vient. L’amère n’a toujours pas trouvé l’accord qui lui permettrait de sauver l’accent circonflexe qui lui sert de sourcil ni en juin qui vient ni en 2014. L’absence de campagne de monsieur 13,3 % n’est pas assez flagrante – pour fictif qu’il soit, Razzy Hammadi ne quitte pas le flamby des yeux – pour lui ouvrir un boulevard. Elle tente donc de dramatiser et de donner des gages. A l’image des deux susmentionnés, elle verse donc dans le « Mélenchon bashing ». A défaut d’être originale, elle aurait pu tenter d’être bonne. Mais son couplet sur la « vieille gauche » et la virilité, sur RFI, tombent à plat. C’est drôle de regarder la vidéo de l’interview en question : le journaliste ne prend même pas la peine de cacher combien il se fait chier.

L’amère reçoit sur rendez-vous

Las, toutes ces tentatives de complaire au maître : le parti dit « sérieux » ne servent de rien. Dans des Paroles et des actes, mercredi 11 avril, Hollande n’a pas caché que l’accord avec les vers ne le concerne pas. A bon entendeuse, salut.

Reste que l’amère tente, entre deux virées en province pour soutenir Eva comme la corde soutient le pendu, de trouver des repères. Elle a ainsi décidé de recevoir les administrés comme on dit.

La mode revient au fluo, comme dans les 80s

Et pour ne pas se perdre dans « sa » bonne ville, elle a fait éditer un guide des bureaux de vote avec plan et adresse pour chacun. C’est bien. Elle aura peut être un peu moins de mal à trouver son chemin vers la sortie. Parce qu’il y a ce qu’elle dit aux cadres communaux réunis pour un séminaire professionnel (!) :

« Mais je vous le dis sans détours, j’ai bien l’intention d’être réélue en 2014. Et quelles que soient les évolutions démocratiques des décennies à venir, lorsque les historiens se pencheront sur le mandat que nous vivons actuellement, ils ne pourront que constater le grand bond en avant, et les avancées sociales et écologiques majeures réalisées pendant les six premières années. Cette histoire, vous l’écrivez avec nous à votre poste de travail, avec vos équipes. (sic) »

Et il y a la réalité. Et là, je l’entends soupirer, chiraquienne dans l’attitude comme dans le comportement politique : « Putain, deux ans… » Deux ans à rester à Montreuil, sans même un ministère. On va t’aider ma vieille, t’inquiète.

Le geste écocitoyen pour 2014 : remettons l’amère à sa place

Retrouvez les chroniques précédentes :

* Premier épisode ;

* Deuxième épisode ;

* Troisième épisode ;

* Quatrième épisode ;

* Cinquième épisode.

je me la pète un peu, c’est le web 2.0 qui veut ça 🙂

Bonus michto : retrouvez-moi dans l’émission Michto ma radio du 25 mars, en téléchargement.

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Bonus vidéo : Melissa Auf Der Maur & Karen Elson « Devil’s Plaything »


Chroniques montreuilloises : 5e épisode

Je ne pensais sincèrement pas avoir à écrire ce cinquième volet des Chroniques montreuilloises aussi rapidement. Mais puisque l’occasion m’en est fournie, je ne vais pas mégoter.

L’amère nous refait la fuite de Varennes

Je vous avais laissés, chères lectrices, chers lecteurs, avec cette information concernant la restriction du droit de réunion pour les agents communaux de Montreuil, concernant le Comité des œuvres sociales (COS). Contrairement aux usages en vigueur dans toutes les collectivités ou presque, l’amère a imposé que, pour participer à l’assemblée du COS prévue mardi 31 janvier, il faille poser une heure d’information syndicale. Le résultat a, je suppose, dépassé les espérances : une réunion qui attire en temps normal une grosse centaine de personnes a rassemblé au final 500 territoriaux. Je vous demande d’applaudir la brillante démarche des élus. Lesquels ont encore été inspirés deux jours plus tard.

En effet, la CGT avec le soutien de membres de la FSU ont appelé à une journée de grève et à une manifestation pour demander le respect de la démocratie sociale et une vraie politique sociale en lieu et place d’une mise sous tutelle du COS. Pour tenter de casser le mouvement, les élus verts repeints en jaune sont allés distribuer des tracts dans les services municipaux. Je tiens en ma possession un témoignage d’agent qui corrobore mon affirmation. Je suis bien sûr que, dans le cadre de la démocratie si chère à l’amère, nous verrons bientôt les élus de la minorité passer à leur tour dans les services pour distribuer aux agents leur propre point de vue sur la politique sociale à mener en direction du personnel.

Là encore, je vous demande de bien vouloir applaudir les conséquences des actes de l’amère et de son équipe : en plein hiver, par moins dix degrés celsius, 1 000 agents ont manifesté entre midi et deux devant l’hôtel de ville, pendant que 30 écoles ne pouvaient assurer la restauration scolaire ainsi que les accueils périscolaires et que 4 crèches, le Centre communal d’action sociale (CCAS) et d’autres services étaient totalement fermés à la population. Pendant que, selon des témoignages concordants, l’amère jouait une version extrêmement moderne et motorisée de la fuite de Varennes, une partie des manifestants s’en est allée occuper l’hôtel de ville en scandant « la mairie est à nous ». Je vous rassure, aucune dégradation, autre que celle du dialogue social déjà enregistrée depuis de nombreux mois, n’est à recenser.

Il aura fallu tout cela pour que, finalement, le dialogue débute avec une première séance de négociations aussi imprévue, du point de vue des élus, que victorieuse pour les membres des syndicats tous réunis autour de la table. Je vous invite à lire le communiqué de presse de la CGT sur ce sujet.

L’amère prend son courage à deux mains pour affronter le personnel communal

Du courage, du courage, du courage !

Je vous avais aussi indiqué, lors du précédent épisode, que l’amère tentait de modifier substantiellement la représentation montreuilloise au sein du conseil de la communauté d’agglomération Est-Ensemble. Ce point devrait venir en débat lors du conseil municipal de jeudi. Vous le savez, je nourris des vœux pour Poil de Carotte. Parmi ceux-ci, qu’elle retrouve du courage. J’ose donc espérer que l’amère de Montreuil ne cédera pas à l’intimidation ni à la menace de voir le nom du dernier soutien d’Eva Joly encore actif mis en avant dans la presse pour déni de démocratie voire pour stalinisme. La loi est avec elle, qu’elle retire donc leurs mandat de délégués à l’agglo à ses anciens amis du Renouveau socialiste montreuillois. Il ne serait pas digne de l’amère de se laisser impressionner par un vulgaire président d’agglo dont on sait par ailleurs qu’il est finalement assez arrangeant et ouvert au dialogue… Quoi ? je fais de l’ironie ? C’est pas mon genre, vous le savez bien.

L’amère après son entretien avec Bertrand Kern

La Rose et le velléda

Et puisque l’on parle encore du RSM, de plus en plus en ordre de bataille pour aller porter ses propres couleurs aux élections législatives – je me suis même laissé dire qu’ils disposent d’un solide suppléant sur Bagnolet -, un petit détour. Jamais avares de nous surprendre, Alexandre Tuaillon vient de créer un nouveau mouvement politique sur Montreuil : la Rose et le velléda, antenne locale de l’association créée par Arnaud Montebourg. C’est pratique le véléda, ça s’efface facilement et on ne peut pas garder traces des écrits précédents. C’est très Montebourgeois comme pratique. Quoi que, à l’attendre en conseil municipal, jamais on ne croirait que mon ami Alexandre ait été un jour l’allié le plus solide de l’amère. Le temps passe et le tableau est blanc, le véléda permet de dessiner un nouvel horizon pour celui qui n’est pas encore secrétaire de section socialiste à Montreuil, mais ça ne saurait trop tarder.

A dire le vrai, ce serait un juste retour des choses. Quoi que l’on pense de leur attitude en 2008, ce sont quand même les seuls à faire campagne visible pour Hollande et à faire vivre le poing, le rose et, aujourd’hui, le velléda.

Alexandre Tuaillon crée un nouveau mouvement politique

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Bonus acte gratuit : télécharge tranquillement Gonzales « Working Together (Boys Noize Dub Remix)

Bonus vidéo : Silmarils « Cours vite »


Chroniques montreuilloises : 4e épisode

Après le succès des épisodes un, deux et trois, voici donc la tant attendue 4e partie des Chroniques montreuilloises. Sans vantardise aucune, cette petite série est en passe de détrôner le blog éponyme animé par un ancien premier adjoint de Montreuil fort connu pour son anti-cégétisme primaire.

En la matière, il doit regretter d’avoir quitté la majorité de l’amère tant cette dernière se déchaîne à tout va contre l’organisation syndicale que les agents communaux ont placé en tête. Il faut dire que les tentatives de créer des syndicats « maison », pour ne pas dire « jaunes », ont viré court : SUD est un échec, la CFDT est inaudible. L’amère et ses amis n’ont donc d’autres choix que de s’en prendre, bille en tête à la CGT. Pas sûr que le calcul soit bon, pour se réconcilier avec un personnel communal qui a déjà montré sa défiance en observant un mot d’ordre de grève local, dirigé contre l’amère et ses méthodes, à plus de 70 %, avec rassemblement de plus d’un millier d’agents devant l’hôtel de ville à la clé. Je travaille dans les collectivités depuis 1992 et je n’ai jamais vu cela auparavant.

L’amère apprenant que le personnel communal existe

Je ne vais pas la plaindre, l’amère ; je devrais même saluer un tel exploit. Je me souviens qu’en mars 2008, la rouquine avait été accueillie avec bienveillance, sur le thème « ça ne peut pas être pire qu’avec le précédent ». Ben, visiblement, si. Je connais même des territoriaux de Montreuil qui avaient fait campagne pour elle et qui, aujourd’hui, ont chopé leur carte à la CGT. Un tel succès mérite une salve d’applaudissements. Messieurs du cabinet de l’amère, puisque je sais que vous me lisez, je vous félicite. Pour le coup, je crois que ce n’est pas utile d’espérer qu’en mars le Parti socialiste vous donne satisfaction et retire Razzy Hammadi.

Au demeurant, on le cherche toujours lui. Episodiquement, sur twitter, on apprend qu’il participe à une émission de radio ou de télé. Il a aussi été vu à Montreuil, samedi 28 janvier, pour le grand raout de la fédération nationale de l’environnement. Il accompagnait son candidat à la présidentielle. Pour une fois qu’il voit Montreuil Razzy… Cela dit, peut être que, finalement, Alexie « qui ? » Lorca va l’aider maintenant que celui qu’elle soutenait en coulisses a compris qu’il ne servait de rien de se présenter.

Razzy Hammadi et Alexie Lorca en campagne

Du côté de ceux qui font vivre le PS sur Montreuil, alors qu’ils ont été exclu c’est un comble, on dirait que des choses se préparent. Le Renouveau socialiste montreuillois, puisque c’est bien d’eux dont je veux parler, a remis son site à jour. Le ton est un peu plus musclé aussi. De là à dire que Mouna Viprey va se présenter aux élections législatives, il n’y a qu’un pas… Que je vous laisse franchir. Au demeurant, ce blog est bientôt la dernière possibilité d’expression pour nos renégats préférés.

Une délibération, à l’ordre du jour du prochain conseil municipal de Montreuil, va modifier substantiellement la représentation de la ville dans les instances de la Communauté d’agglomération Est-Ensemble. De source sûre, les membres du Renouveau Socialiste Montreuillois, qui siègent dans cette Agglo, en seront écartés. Ils avaient tout de même une vice-présidence avec Mouna Viprey et une présidence de commission, à l’Agenda 21, avec Alexandre Tuaillon. Exit donc les fâcheux ! Va juste falloir expliquer à Bertrand Kern, le président d’Est-Ensemble, que tout son bureau communautaire est à revoir pour cause de règlements de compte politiciens à Montreuil. Est-ce que l’amère va revendiquer une vice-présidence pour elle à l’occasion ? Ce serait drôle.

Mouna Viprey peinte par l’amère

Au-delà de la dureté du divorce dans ce qui fut le couple politique des années 2008 et 2009, force est de constater que l’amère a bien du mal à vivre la contradiction. Dans le fond, il n’y a rien d’illégal à cette décision, rien n’oblige encore à désigner des membres de l’opposition municipale dans les instances des établissements publics de coopération intercommunale. C’est juste une pure question de démocratie. Après tout, pourquoi s’embêter avec cela ? Elle a montré ce qu’elle pensait de la démocrassie (pas de faute) en excluant les membres de l’opposition des instances paritaires de dialogue social il y a quelques mois de cela.

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Bonus vidéo : The Dead Kennedys « Holiday In Cambodia »


Montreuil : l’amère muselle son personnel

L’amère de Montreuil, ne supporte vraiment pas la contradiction. Pour celles et ceux qui la connaissent de près, ce n’est pas une nouveauté. Elle vient de manifester, une nouvelle fois, son peu de goût pour l’expression démocratique, dès lors qu’elle ne va pas dans le sens de ses intérêts, ce jour. En effet, elle a fait, par la voix électronique de son adjointe au Personnel Hélène Zeidenberg, dont c’est bien le rôle, interdire aux agents communaux de participer aux Assemblées générales du Comités des œuvres sociales (COS).

Expression démocratique à Montreuil (allégorie)

Faut-il voir dans cette oukase, que l’on peut quasiment assimiler à une violation de la loi, la riposte de l’amère après le rassemblement spontané d’une grosse centaine d’agents sous ses fenêtres à l’issue de l’assemblée des salariés de la mairie qui s’est tenue mardi dernier ? Où est-ce une manière de faire vivre le « dialogue social » auquel l’ex sénatrice de Seine-Saint-Denis se dit très « attachée » ?

Il faut dire que les décisions de la majorité Europe Ecologie-Les Verts, qui transfèrent sur le budget du COS le financement d’action qui sont normalement du ressort de la municipalité, ont bien du mal passer. Selon mes informations, deux préavis de grève sont déposés consécutivement à l’assemblée de mardi dernier. Le premier est programmé pour vendredi 3 février ; le second, pour le jour du conseil municipal du 9 février.

Scarlet O'Hara a les faveurs des agents communaux

Je l’ai déjà écrit, ces transferts de compétences vont avoir pour conséquence que le budget dont le COS aura la libre administration sera diminué de moitié. Un observateur attentif est également en droit de se poser la question de la légalité de telles mesures. On peut enfin, quand on voit les choses de loin, s’étonner du peu de démocratie dans les décisions prises par les élus de la majorité dirigée par madame Voynet.

Mais c’est uniquement lorsque l’on regarde les choses de loin. Précédemment, l’amère de Montreuil a lancé, sur la base d’une étude qui n’a d’audit et de sérieux que le nom, une campagne de dénigrement de la CGT, organisation majoritaire au sein du personnel communal de Montreuil ; campagne qui s’apparente rien moins qu’à un procès stalinien. Je vous renvoie à la lecture de l’étude qu’a publiée la CGT sur la réalité des dépenses du COS pour que vous puissiez juger vous-mêmes.

La révolution écologique : le droit de la fermer

Il ne faut pas oublier non plus que, contrairement à ce qu’en avait décidé son prédécesseur honni, les élus de l’opposition municipale ne sont plus autorisés à siéger dans les instances paritaires où sont évoquées les choix d’organisation des services…

Enfin, quelques mois plus tôt, le 12 décembre 2010, à l’occasion de l’inauguration du marché rénové de la Croix de Chavaux, un rassemblement de sympathiques militants du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et du Parti de Gauche (PG) a été organisé pour protester contre la fermeture du centre municipal de santé du Bas-Montreuil. Dans la tradition, mégaphones et slogans accompagnaient le dit rassemblement. Mégaphone qui finit sa triste vie arraché et cassé par Patrick Petitjean, alors adjoint de madame Voynet. Des membres du cabinet de l’amère ont été jusqu’à l’échauffourée, blessant un des manifestants.

Je croyais, benoîtement, ce genre de méthodes assimilé au stalinisme qu’a toujours prétendu combattre madame l’amère.

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Bonus vidéo : Combichrist « Shut Up and Swallow »


Montreuil : l’amère vire à droite

Depuis ce jour fatidique de mars 2008, qui a vu l’alliance de la carpe écolo et des lapins ex socialos prendre la mairie de Montreuil, je me pose la question : la municipalité verte est-elle le laboratoire par l’exemple de ce qu’est une gestion Europe Ecologie-Les Verts à l’échelle de la ville ? C’est bien difficile à vérifier tant les zécolos, au niveau national, n’ont pas l’air de mettre en exergue la politique de l’amère. D’un autre côté, c’est peut être rassurant tant les décisions de l’ex sénatrice-maire sont empreintes d’une jolie couleur de droite. La question de l’action sociale, singulièrement en matière de personnelle, est révélatrice en la matière.

Elle se voile la face

Je défends que la gauche est du côté des solidarités collectives, c’est même le cœur de ce qui constitue la gauche. Solidarité collective passant par la responsabilité et l’implication individuelle pour parvenir à l’émancipation de chacun. La droite privilégie pour sa part la charité et l’individualisation de l’aide, pour maintenir chacun dans son coin. Jusque là, rien de neuf, n’est-ce pas ? En quoi ce petit rappel aurait-il un rapport avec notre très chère amère (et je ne parle pas de ses indemnités) ?

Il suffit de se replonger dans ses dernières décisions en matière d’action sociale pour le personnel communal. Vous avez suivi que Poil de carotte a une rancune particulière contre la CGT et qu’elle utilise le Comité des œuvres sociales du personnel dans sa vindicte personnelle contre le syndicat que le personnel a eu le culot de choisir comme son organisation représentative à plus de 60 %.

L'amère étrangle le personnel communal réduit à la mendicité

En premier lieu, le budget effectif du COS va baisser de 50 %. La municipalité entend faire payer par cette association loi 1901, en violation complète de la loi donc, le financement d’un certain nombre de politiques à destination des agents. Le détail vous en est donné dans le tract de la CGT des communaux Montreuil que vous trouverez à la fin de cet article.

Tout aussi révélateur demeure les choix opérés en matière de restauration des agents. Jusqu’à présent, les agents communaux allaient manger chez Monoprix, restaurant avec lequel la municipalité avait passé convention. Les termes de ladite permettaient aux agents aux rémunérations les plus basses de bénéficier d’un vrai repas avec entrée, plat et dessert sans participation de leur part. Pour beaucoup, c’était le seul vrai repas équilibré de la journée. Un vrai geste social.

Voynet est une soixante-huitarde

Fidèle aux idéaux de mai 68 l'amère Voynet

Désormais, ce sera tickets restaurant pour tous. Avec un titre de façade de combien ? La « subvention » municipale passant de 6,66€ à 3€ par jour et par repas, cela doit être un ticket resto de 6 euros, genre. Avec ça, un soda et un kebab c’est tout ce qu’on peut se payer sans en rajouter de sa poche. Vous avez dit « progrès social » ? Seuls les cadres de catégorie A, et encore s’ils n’ont pas trop d’enfants à charge ou si ce sont des contractuels au traitement revalorisé individuellement, pourront continuer à profiter d’un repas digne de ce nom.

Voilà donc, par l’exemple à défaut de « par le menu », la réalité de la politique sociale de l’amère. Qu’en aurait-il été si, en plus, elle avait du, comme l’a suggéré son inénarrable Cuffini, aller pointer au CCAS ?

Téléchargez le tract du syndicat CGT des communaux de Montreuil.

Hold-up sur la politique sociale : La maire de Montreuil décide d’enterrer notre COS

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Bonus vidéo : Bleeding Pigs « Il n’y a plus rien » courtesy of Askatom


Tous mes voeux, madame l’amère

Madame l’amère,

Dans quelques heures, vous allez prononcer vos vœux aux personnalités et corps constitués. Comme je n’ai pas été invité, ce qui est normal n’étant pas une personnalité et ce qui me permettra de ne pas avoir à refuser une seconde fois de vous serrer la main – vous savez pourquoi -, je veux pouvoir vous présenter mes propres vœux pour cette année qui commence.

Montreuil a besoin d'une cure de détox en ce moment

En premier lieu, madame l’amère, je vous souhaite « tout le bonheur du monde et que quelqu’un vous prenne la main ». Vous pourriez découvrir, hors des caméras, cette bonne ville de Montreuil, dont vous pourriez apprendre à avoir moins peur. Vous pourriez aussi vous rendre compte qu’elle ne vous a pas attendu pour être « in » et regorger de talents, d’artistes, de créateurs qui en font la renommée bien au delà des salons parisiens ou de la brasserie Zimmer chère à votre cœur. Las, je crains qu’avec votre emploi du temps, vous n’en ayez guère le loisir. C’est compliqué une campagne électorale, encore plus quand il s’agit de soutenir la candidate désignée par ce parti cannibale qu’est, de toute mémoire, Europe Ecologie-Les Verts. Vous avez payé cher – 1,57 % des suffrages en 2007 – pour le savoir.

Je vous souhaite, madame l’amère, d’avoir enfin des idées pour ne plus être contrainte de vous adonner à la politique du coucou. Vous annoncez bien des projets. Pour connaître un peu ma ville et le fonctionnement d’une collectivité locale, celle de Montreuil en particulier, je suis au regret de constater que vous vous arroger les réalisations lancées par votre prédécesseur. Votre touche personnelle consiste à en travestir la finalité. Mais je ne m’étendrai pas sur ce sujet, non par manque d’éléments concrets mais parce que j’ai promis à vos amis de Montreuil Vraiment d’en faire la démonstration plus avant dans une note que je finalise ces jours à venir.

C'est pas bien de voler les projets des autres

Je vous souhaite, madame l’amère, de ne plus avoir peur des oukases de votre parti. Vous avez été odieusement évincée de la liste des sénatoriales en Seine-Saint-Denis, au nom du « non cumul des mandats » quand votre ennemi intime, Noël Mamère, est toujours député maire de Bègles. Peut être que ses 5,2 % à l’élection présidentielle de 2002 pondère sa position en interne. Mais c’est injuste pour vous qui respectez autant les statuts d’un appareil qui vous le rend si peu… Je sous souhaite donc de vous présenter à l’élection législative de juin prochain contre le député sortant et contre le candidat désigné par le Parti socialiste. Cela ferait taire, madame l’amère, les mauvaises langues qui, à mon image, s’amusent à entretenir le portrait d’une élue timorée et craignant le verdict des urnes dans un scrutin uninominal.

Je vous souhaite que la candidate dont vous êtes une des dernières supportrices aille jusqu’au bout de sa dernière sortie, qui déclare que « François Hollande est (son et donc votre) champion ». Cela vous laisserait bien du temps pour vous qui en avez tant besoin. Pour vous présenter, seule contre tous, à la législative ?

En même temps avec des amis comme ça....

Je vous souhaite encore, madame l’amère, de ne plus avoir besoin de pointer au Centre Communal d’action sociale ou, au choix, de ne plus être entourée de Cuffini. Avec des amis semblables, pas besoin de moi pour avoir mauvaise presse.

Et puisque je suis d’humeur généreuse, je vous souhaite de voir vos références numériques augmenter sensiblement. Trois occurrences dans mes alerte Google, ça fait peu. Je vais donc, avec toute ma mauvaise foi revendiquée, tâcher de vous aider à regagner un peu de cette popularité qui vous a quittée ces derniers temps. Je sais que, en bonne politique que vous êtes, vous avez fait votre l’adage du bon communicant : « En bien ou en mal, l’important reste que l’on parle de moi ».

Et pour finir sur une bonne note, puisque j’entends – très égoïstement, des personnages tels que vous, croquables et raillables à l’envie, ne sont pas légion – que vous restiez longtemps en poste, je vous souhaite de ne pas donner plus de crédit que cela à ceux fâcheux qui vous tancent sur votre bilan carbone. Donc, passez plein de belles vacances à Tahiti.

Mon dieu, que la Bretagne est belle...

En revanche, bon nombre de mes amis étant Bretons d’origine, vous comprendrez que, par égard pour eux, je ne vous souhaite pas de redevenir ministre. Ce serait sinistre et Erika est un si beau prénom. Ce serait bien qu’il redevienne à la mode.

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Bonus vidéo : The Sonics « The Witch »


Chroniques montreuillloises : 3e épisode

Et bien, je ne me doutais pas que la série des « Chroniques montreuilloises » allait connaître un rythme aussi soutenu. Nous voici donc déjà à l’épisode 3. Je rappelle, à titre informatif, que ce n’est pas une fiction. Malheureusement.

Ne manquez pas le conseil municipal qui a lieu ce soir et samedi matin. Il porte sur le budget, on devrait encore bien rire, jaune. Etonnant quand on parle des verts… Mais à « Montreuil la rouge », c’est ainsi.

Le « rêve français » de Bartolone appliqué aux « Sorins »

La première info date de ce jeudi 15 décembre au matin. Le tribunal administratif a donné raison au président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Les « Sorins » sont donc expulsables. Ce doit être une manifestation du « rêve français » cher à François Hollande. Petit retour : 250 personnes, expulsées déjà de l’ancienne usine de la rue des Sorins, se sont installées sur le terrain Andr-Blain, boulevard de Chanzy à Montreuil. Plusieurs interventions ont eu lieu pour éviter de plonger ces familles dans une précarité aggravée. La dernière en date émane de mes amis du Parti de Gauche Montreuil, qui ont saisi le groupe Front de Gauche au Conseil général. Pour autant, le « parrain » de la Seine-Saint-Denis n’a pas jugé utile de retirer sa demande d’expulsion. Et le verdict est tombé ce matin…

Le "rêve français" selon Claude Bartolone

Photo : Sébastien Estebanez

Cherche Razzy Hammadi désespérément

On attend la réaction du candidat désigné par la rue de Solférino, Razzy Hammadi. Pour le moment, le brillant challenger du maire d’Orly en 2008, monsieur 13,30 %, est présent… sur twitter. Et apparaît de ci de là dans les lieux branchés de Montreuil, ce qui doit lui apparaître comme une campagne de terrain harassante. Je me suis laissé dire qu’il ne bénéficie pas vraiment de guides locaux. Pour ce qui est de la législative, les militants de la section PS de la ville sont, au mieux, aux abonnés absents quand ils ne « réfléchissent » pas à soutenir une éventuelle candidature alternative. Pour la présidentielle, ils sont bien sur les marchés. Quoi de plus normal quand leur candidat, François Hollande, se fixe comme objectif de « mettre de l’efficacité dans les marchés » ? Ah, ce n’est pas les mêmes dont nous parlons ?

Elle m'a dit

La dernière fois qu’on a vu Razzy sur un marché, c’était efficace, c’était à Orly

L’accueil républicain de l’amère pour le « populiste »

Je dois bien m’en rendre compte, la législative rend les militants politiques montreuillois fous. Mais, à leur décharge, elle rend aussi les élus, l’amère au premier chef, raide dingue tout pareil. Comment comprendre sinon qu’elle a pris le pari de la provocation lors de la venue à Montreuil du candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle ? Petit rappel : à l’occasion de la cérémonie du Huit-Mai-1945, marquant la victoire de la démocratie contre le nazisme, l’amère s’en était pris à Mélenchon le traitant, à mots couverts de « populiste ». C’est justement ce populiste auquel elle prétend avoir voulu présenter ses salutations républicaines dimanche 11 décembre, lors du meeting tenu au grand hall du parc Montreau. Bien que Juliette Prados lui ait recommandé de ne pas venir, l’amère s’est invitée dans la salle du meeting où, comme de juste, elle s’est faite accueillir… vertement. Ce qui a provoqué ce touite :

« @DominiqueVoynet Dominique Voynet

J’ai accueilli #JLMélenchon à son meeting de #Montreuil, mieux que certains de ses militants ne m’ont accueillie… #Usages Républicains ? »

Le laconisme de ce message montre bien que sa manœuvre a échoué. Personne ne l’a giflée contrairement à ce qu’elle devait espérer.

Lutte libre à Montreuil

Pour l’amère de Montreuil, tous les coups sont permis

Cogner la CGT pour se refaire la pilule dans le personnel

Pauvre petit chose qui a dû se contenter de quelques noms d’oiseaux. A croire que sa charge des jours précédents contre le Comité des œuvres sociales de la mairie, véritable procès stalinien que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer, a fini d’exacerber un climat de tension général. Comme s’il y en avait vraiment besoin… A propos du rapport écrit sur commande, et qui n’a rien d’un audit mais lequel sert de détonateur à la charge que veut mener l’amère contre la CGT, il faut s’arrêter un instant sur sa raison d’être. Petit retour en arrière encore. En février 2010, près de deux agents communaux de Montreuil sur trois cessent le travail pendant une journée pour protester contre la politique managériale de la nouvelle municipalité et contre la désorganisation des services qui en résulte. Un rassemblement organisé place Jean-Jaurès se forme, fort de plus d’un millier de personnes.
Faut bien reconnaître que l’amère provoque de l’amertume parmi les agents. Aujourd’hui, alors que les élections municipales se rapprochent, la rouquine tente de reprendre la main auprès des communaux. Hé, c’est qu’ils sont 1 500 à voter et à avoir de la famille ainsi que des amis à Montreuil. Faudrait voir à pas perdre l’élection à cause d’eux. En défense de l’amère, il y a eu un précédent : l’attitude du précédent premier magistrat envers le personnel communal n’a pas qu’un peu contribué à sa défaite en mars 2008. Donc, cogner la CGT pour tenter de retrouver les faveurs du personnel, c’est le calcul politique de l’ancienne sénatrice-maire. On va voir ce que cela va donner dans les semaines à venir.

La gauche monte au front

Bon… Et le Front de Gauche dans tout ça ? Il va pas mal, merci pour lui. Le banquet de lancement de campagne de Jean-Pierre Brard, député sortant et candidat du Front de Gauche, a été un succès. Et le meeting présidentiel de Jean-Luc Mélenchon qui l’a clôturé a vu l’assistance grossir encore. Quand on fait de la politique sur le fond, ça marche toujours au final.

Meeting de Jean-Luc Mélenchon à Montreuil

Salle comble pour le meeting « Place au peuple » à Montreuil le 11 décembre

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Bonus vidéo : Lofofora « Social Killer »


Soleil vert chez Europe Ecologie-Les Verts

Billet dédicacé à mon amie Ariane Calvo, avec mon affection sincère.

« Soleil vert, c’est de la chair humaine ! » Et, visiblement, le Soleil vert reste l’aliment préféré d’Europe Ecologie-Les Verts. Aujourd’hui, Eva Joly est mise sur la sellette par ceux-là même qui l’ont désignée après un vote, dont des amis proches me laissaient entendre qu’il était celui de l’appareil vert contre les bisounours Europe Ecologie soutiens de Hulot. Il y a neuf ans de cela, c’est le pauvre ancien mao Alain Lipietz qui faisait les frais du goût écolo pour l’automutilation.

A tout le moins, reconnaissons-leur la cohérence environnementale : circuit court, recyclage des déchets, on se nourrit sur son propre écosystème sans apport exogène.

Soleil vert, c'est de la chair humaine

A titre personnel, je n’ai rien pour Eva Joly. Quelqu’une qui s’est questionnée pour savoir si elle allait quêter du côté du MoDem ou des écolos me laisse, vous l’aurez compris, assez sceptique. Mais bon… Dans cette période de déliquescence absolue : du Karachigate starring Ziad Takkiedine à l’affaire Woerth-Bétancourt ; quand les politiques de droite nous affligent avec le fameux « si à cinquante ans t’as pas une rolex, t’as raté ta vie »… la candidature de l’ex magistrate enquêtrice du Pôle financier revêtait des allures de bouffée d’air frais. Certes, son discours avait souvent des accents de « tous pourris », sans que nul ne juge utile de la qualifier de « populiste ». Mais passons… Remettre de la morale en politique n’est pas pour me déplaire. Je confesse volontiers ce pêché.

Petits retours sur les faits pour comprendre le cannibalisme rituel auquel se livrent à nouveau, et avec délectation, ce regroupement de tribus que l’on nomme Europe Ecologie-Les Verts.

La Secte des cannibales

Au début était un accord législatif entre eux et le Parti socialiste, accord assez vide de substance politique pour que la « patronne » du parti vert estime publiquement qu’il ne « constitue pas un accord de gouvernement ». Moi, je reconnais à l’accord législatif PS-EELV la vertu de la décroissance : il est basé sur le troc de 24 circonscriptions pour les dits « écolos » contre la fermeture de 24 réacteurs nucléaires. C’est pourtant un accord assez typique du capitalisme vert puisqu’il entérine aussi le transfert par le PS de la question environnementale à Europe Ecologie-Les Verts, bref de la sous-traitance. Reste en suspens des questions clés qui amènent Eva Joly à se démarquer d’un contrat qu’elle ne partage pas. D’autant moins qu’Areva se sent suffisamment fort pour revendiquer un appel de lobbying pur auprès de François Hollande pour gommer un paragraphe qui tenait visiblement beaucoup à la candidate aux lunettes rouges.

Puis vient le deuxième cran du psychodrame : Eva Joly refuse de répondre à une question sur un appel à voter Flamby au second tour. Le beau prétexte permet à son porte-parole, Yannick Jadon, de quitter la direction de campagne.

Les Verts historiques se précipitent à bras raccourcis sur la pauvre Eva Joly qui n’en demandait pas tant. Noël Mamère, jamais avare d’une vacherie, se fend d’un « si Eva Joly ne soutient pas dès maintenant François Hollande, elle fera campagne sans moi et sans une bonne partie des écolos ». Le soixante-huitard toujours morveux Cohn-Bendit ne manque pas non plus de poignarder dans le dos celle pour qui il a voté à la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts parce qu’il croyait « qu’elle allait perdre ». Il ne reste plus, et ce n’est pas vraiment enthousiasmant pour Eva, que Voynet pour la soutenir contre vents et marée noire.

Mais bon sang de bois ! Vous avez désigné un candidat à la présidentielle pour quoi faire, les Verts ? Pour faire de la figuration ? Pour faire, en sous-main la campagne du PS ? Si vous ne pensez pas un seul instant être au second tour du scrutin, laissez tomber. On fait de la politique pour gagner !

Mais bon, ce genre de considération doit échapper au rassemblement hétéroclite qui regroupe l’ex communiste Jacques Perreux, le « gauchiste » autoproclamé Bové jusqu’à, y a un temps, la droitière Corinne Lepage. Et puis, manger ses propres camarades, c’est probablement ça l’autre manière de faire de la politique si chère à nos verts de plus en plus vides.

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Bonus vidéo : Rammstein « Rammstein » (Directed by David Lynch, extrait de la bande originale du film Lost Highway)


Seine-Saint-Denis : le retour des cannibales

J’adore la Seine-Saint-Denis. C’est un département si particulier. Savez-vous, par exemple, que parmi les 10 plus grandes stars françaises de hip hop et de R’n’B moderne figurent des hommes et des femmes nées en Seine-Saint-Denis ? Savez-vous que Roberto Alagna, un des ténors les plus courus de la planète opéra vient de Clichy-sous-Bois ? Je pourrais dresser une longue liste des atouts du Neuf-trois. Mais, dans l’ensemble, je préfère vous renvoyer à l’Académie des Banlieues qui fait cela bien mieux que moi. Cette association lutte contre l’’attitude des médias bien pensants et des politiques conservateurs à l’encontre de ce beau département où se bâtit, ou pas, l’avenir de l’Île-de-France. Mais, c’est de politique dont je veux parler aujourd’hui.

Neuf Trois en froce

En effet, la Seine-Saint-Denis semble devoir devenir, malgré elle, un laboratoire de la politique. Pour la droite, on le sait. L’UMP et ses sbires ne cessent de la stigmatiser, ô combien. Ils en font la victime d’un système organisé de discrimination économique et social qui ne fait qu’accroître les difficultés bien réelles d’une population comptant environ un million de personnes… Sous l’égide de Claude Guéant, le préfet du département s’est mué en préteur romain à la tête de cohortes revêtant l’uniforme bleu « Marine ». La « police » se livre là à non à une guerre organisée contre l’économie souterraine, dont il faudrait être aveugle pour en nier l’existence, mais bel et bien à un cycle bien rodé de provocation-répression envers une partie bien ciblée de la jeunesse séquano-dyonisienne. Comme s’il fallait détourner l’attention des vrais problèmes oubliés des politiques gouvernementales.

Plus grave, dans ce contexte, c’est qu’une partie de la gauche transforme à son tour le département en laboratoire d’expérience de sa propre recomposition. Je pars du principe vérifié que l’alliance définit le contenu programmatique, ou son absence. Ce qui, dans le cas de la Seine-Saint-Denis, est encore pire que tout.

Tout part d’un tweet de l’excellent Michel Soudais hier, signalant à notre commune attention que Europe Ecologie-Les Verts et le Parti socialiste présenteront un candidat autant unique que commun face au député communiste sortant et membre de la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, François Assensi. J’aime beaucoup François, pour la qualité de son engagement, pour la République Espagnole… Mais là n’est pas le propos. En quoi est-ce que cette candidature commune PS-EELV face à un parlementaire communiste serait choquante allez-vous me demander ? Après tout, ils ne sont pas du même parti. Et il est vrai que je n’ai de cesse de souligner ce qui, à l’intérieur de la gauche, nous différencie, nous les membres du Front de Gauche, des sociaux-démocrates. Alors, voilà !

Tout d’abord, en Seine-Saint-Denis, la gauche devrait avoir comme préoccupation principale le sort des Séquano-Dyonisiens en butte aux attaques caractérisées de la droite. J’ai détaillé ces attaques, je n’y reviens pas. Mais la violence d’icelles nous renvoie collectivement à nos responsabilités envers une population qui vote très majoritairement en faveur de la gauche.

Deuxièmement, force est de constater que, de divisions en affrontements fratricides, la droite se renforce en Seine-Saint-Denis, grappillant siège de député après municipalités, et pas pour construire des politiques publiques en faveur du citoyen lambda. La droite a cela de fort qu’elle affirme son ancrage idéologique et son parti-pris dans la lutte des classes. Ne lui en faisons pas grief, tenons-en compte dans la construction de la riposte. A noter aussi, comme le souligne mon excellent ami et camarade Axel Bruneau, fin analyste de la carte électorale, que l’extrême-droite se renforce en Seine-Saint-Denis notamment dans les classes populaires qui étaient hier proches de l’UMP et se retrouvent gros jean comme devant après les promesses non tenues.

Troisièmement, parce que, présentant les grandes lignes de l’accord entre EELV et le PS pour les législatives, « Martine la battue » avait précisé qu’aucun candidat commun de ces deux formations ne serait présenté contre les sortants communistes. Bon, il est vrai que sa parole, finalement, elle la renie souvent…

Enfin, et surtout, cette candidature cannibale du renégat en chef Stéphane Gatignon contre François Assensi, menée avec l’aval du parrain Bartolone, s’inscrit dans une continuité certaine. Qui dévoile que l’adversaire des sociaux-démocrates en Seine-Saint-Denis n’est absolument pas la droite mais la gauche.

Claude Bartolone est "le Parrain"

Claude Bartolone est "le Parrain"

Reprenons le début. Dans les années 70, Claude Bartolone saute sur la Seine-Saint-Denis tel la Légion sur Kolwezi. Il est élu député à la surprise générale en 1981, surfant sur la vague rose et prend rapidement les rênes de la fédération départementale du PS. Il va développer dès lors la stratégie mitterrandienne de l’union de la gauche dont le but est de tuer le partenaire historique qu’est le Parti Communiste Français. Je vous passe la longue liste des épisodes pour sauter à mon tour, et grâce à l’ellipse, à la double élection cantonale et municipale de 2008. Juste avant ce scrutin, communistes et socialistes sont à parité parfaite au sein du Conseil général. Dans le cadre d’un accord global, signé par les instances nationales, il est revenu à Hervé Bramy (PCF) de présider l’Assemblée. Viennent donc les élections de 2008, un an après la victoire de Sarkozy.

A cette occasion, le Parrain du Pré-Saint-Gervais, qui se fichait comme une guigne de l’assemblée départementale se présente dans le canton de Pantin-Est. Exit l’élu sortant, Didier Segal-Saurel qui n’en demandait pas temps. Mesures d’accompagnement, dans le droit fil d’une décision prise en 2004 par la direction départementale du PS (à la main totale de… Claude Bartolone), ce sera l’assaut généralisé contre les communistes dans tous les cantons de Seine-Saint-Denis ainsi que dans sept villes du département pour les municipales.

Dans tous les cantons où se présente un communiste sortant et dans les villes de Saint-Denis, Bagnolet, Pierrefitte, Tremblay-en-France, La Courneuve, Aubervilliers, Villetaneuse. Au final, l’échec est patent dans six de ces sept villes. Notamment en raison de l’attitude de certains élus qui créeront quelques mois plus tard le Parti de Gauche. Je pense particulièrement à mon très cher ami Daniel Bernard à Bagnolet, à mon pote Christophe Girard à Saint-Denis… Mais Barto n’a pas dit son dernier mot. Et le voilà à la manœuvre aux législatives cette année. Le virage sur l’aile droite de Stéphane Gatignon, passé depuis avec armes et bagages chez les Vers (sans faute d’orthographe) l’aide bien pour tenter de mettre à bas une des figures de la rénovation de la gauche en Seine-Saint-Denis.

Dans ce jeu, qui facilite bien des choses à la droite, j’ai pris comme positivement la mise en place du Front de gauche élargi au niveau départemental. Cet élargissement traduit, en apparence, la fin des querelles dans la famille communiste. Trois ans après le départ des « unitaires » pour créer la FASE, le Front de Gauche permettrait donc de nouer une dynamique nouvelle à gauche, capable non seulement de résister aux appétits cannibales des sociaux-traitres mais aussi de leur rendre coup pour coup. Comme on le prête au camarade Paul Vaillant-Couturier : « Pour un œil, les deux yeux ; pour une dent, toute la gueule ».

A en juger par le résultat de l’élection de mars 2011 dans le canton Montreuil-Ouest, la stratégie est payante qui allie les bons résultats à la cohérence politique du programme partagé. De fait, le renégat Manuel Martinez a été battu sèchement et mon ami Belaïde Bedreddine, portant au 2e tour les couleurs du Front de Gauche, a fait son entrée dans l’hémicycle de Bobigny. Cette victoire est néanmoins en trompe l’œil. Au 1er tour, Bed’ est parti sous les seules couleurs du PCF pendant que la FASE présentait sa propre candidate. Et il a fallu Fukushima pour que les électeurs sociaux-démocrates privilégient la verte Pilon face au radis Martinez. Lequel est distancé par Belaïde de 17 petites voix…

« Et où veux-tu en venir ? », allez-vous, fort logiquement, me demander. C’est pourtant évident : le Front de Gauche ne se décrète pas, il se construit. Mais sa force, c’est l’unité autant que la permanence. Pour cela, il va falloir, à Montreuil comme ailleurs en Seine-Saint-Denis, changer des habitudes. Le triolisme PG-PC-GU n’est plus de mise. Nous avons d’autres amis dans la maison, qui veulent dire leur mot. Tant mieux ! Et si les citoyens, en plus, veulent bien s’en mêler, je vous dis pas la gueule des banquets familiaux… Oui, oui, vous pouvez suivre mon regard au fil de ce message très codé car très montreuillois. Ce sera chouette ! Mais pour que ce soit chouette, faudrait éviter qu’un des grands anciens ne s’arroge cette ancienneté pour dicter sa loi aux autres. Moi je dis ça, c’est personnel. Donc, je ne dis rien. Aux militants de jouer leur rôle. Le mien commence ce soir en réunion de comité PG à Montreuil.

Je vous fais des Poutou.

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Bonus HADOPI : télécharge librement Ministère AMER « Traitres«  et offre-le à tes amis socialistes de Seine-Saint-Denis

Bonus vidéo : regarde dans le même état d’esprit le clip d’EJM « Renégat«