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BNP Pantin : le Front de Gauche prend les Bastilles de la finance

Ajout de dernière minute : BNP Paribas va supprimer 1.396 postes dont 373 en France.
Rappel: Baudouin Prot, 2 628 108 € de rémunération en 2010 et 5 millions de bonus. (merci à Pierre Deruelle pour l’info)

Il y a des torches et des lampions. Il y a surtout plus d’une centaine de militants qui ont pris sur leur temps et sur eux de braver le froid et la nuit. Ce mardi 15 novembre, à l’appel des organisations du Front de Gauche de Seine-Saint-Denis, ils sont réunis devant l’immeuble verre et acier de BNP Security Services à Pantin. Pour tous, il s’agit de « prendre les Bastilles de la finance ». Après les interventions chez Moody’s, cette opération rappelle que le Front de Gauche entend bien « placer les banques sous le contrôle social du peuple », selon le mot d’Hervé Bramy, conseiller général PCF de Seine-Saint-Denis et animateur du Front de Gauche départemental.

Cette nouvelle mobilisation contre la financiarisation de l’économie intervient aussi après les hold-up contre la démocratie opérés sous la direction des marchés financiers en Italie et en Grèce la semaine précédente.

Parmi les militants rassemblés, Marie-Georges Buffet, députée PCF du département, et Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche venue en voisine depuis Paris. On note aussi la présence de François Callaret, dirigeant départemental de la Gauche Unitaire, et de Juliette Prados, animatrice du Parti de Gauche Seine-Saint-Denis. On est venus de Montreuil, de Tremblay-en-France, de Neuilly-sur-Marne, de toutes les villes de Seine-Saint-Denis, encore sous le choc de l’annonce par PSA de 6 000 suppressions de postes en Europe, dont 4 000 en France. Le constructeur automobile est bien présent chez nous, avec le site d’Aulnay-sous-Bois et ses 3 500 salariés.

Se frottant les mains pour lutter contre le froid, certains boivent un café pour se réchauffer pendant que d’autres distribuent des tracts aux salariés de la BNP qui les prennent. Dans les discussions, on se rappelle qu’en 1789, année de la prise de la Bastille, 2 % de la population détenait les 2/3 de la richesse nationale ; aujourd’hui, ils ne sont plus que 1 % à accumuler ces 2/3 de la richesse française. Il est malheureux que le slogan de 1989, « il reste des Bastilles à prendre »¸ soit toujours d’une actualité brûlante.

Juliette Prados (PG), Marie-Georges Buffet (PCF) et Hervé Bramy (FDG)

Après les sommets européens sur la fameuse « crise de la dette », Marie-Georges Buffet rappelle : « Il n’y a pas de crise de la dette, ni de l’euro ! S’il y a une crise, c’est celle de la financiarisation contre l’économie réelle ». Et de rappeler les mesures d’austérité, qui frappe essentiellement les ménages et les petites entreprises. De fait, les deux plans d’austérité présentés coup sur coup par le gouvernement s’élèvent à 18 milliards d’euros dont 13 portent sur les ménages…

C’est dans cette optique que, ce mardi, les députés débattent du Projet de loi de financement de la sécurité sociale. Un débat houleux qui voit deux logiques s’imposer. Et que Martine Billard, députée de Paris, résume : le montant des exonérations de cotisations sociales part employeur et d’exonération fiscale se chiffre à 175 milliards d’euros quand le déficit est annoncé à 140 milliards d’euros. « S’il y a crise, c’est en augmentant les recettes que l’on en sortira », tranche la co-présidente du Parti de Gauche.

Alors que la nuit finit de tomber, chacun se donne rendez-vous pour samedi 3 décembre, sur la place de la Bourse à Paris, pour une nouvelle initiative citoyenne.

Article également paru sur le blog du Parti de Gauche Seine-Saint-Denis ainsi que sur le site du Parti de Gauche.

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Pour mieux profiter de cet article, téléchargez et écoutez :
Battles « Wall Street »

Bonus vidéo : The Redskins « Bring It Down »

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Dette, euro: la crise? Quelle crise?

Le mot «crise» n’a aucun sens pour donner un contenu à la situation que nous vivons. Le combat qui se mène est celui d’un rapport de force entre le pouvoir financier et la politique.
Jack London, dans son livre Le Talon de fer, paru en 1906, prévoyait que sans une mobilisation «révolutionnaire» de la société, le capitalisme financier l’emporterait.
Le temps est venu.

Bruno Leprince

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Enfin ! Sonnez hautbois, résonnez musettes ! Le sommet européen a accouché d’un accord. La Grèce est sauvée ! L’euro aussi ! L’Europe enfin ! La dette, c’est fini. Sera-ce là le dernier rebondissement de la nième saison de notre grande série « La Crise frappe à votre porte » ? On veut y croire. Sauf que la crise n’a pas lieu. Il n’y a pas, à dire le vrai, de crise économique. Ni en Europe, ni ailleurs. Le jeu de yoyo des bourses continentales et internationales auquel nous assistons depuis 2008 et l’éclatement de la bulle spéculative liée aux fameuses subprimes n’est que l’avatar le plus visible de la grande restructuration du capital financier transnational.

Cette restructuration est rendue nécessaire par l’évolution fondamentale du Capital. Auparavant, il était assis sur la production de richesses matérielles et leur commercialisation. Comme l’a montré intox2007 dans une note de blog, ce n’est plus le cas aujourd’hui. J’en profite pour lui piquer ses tableaux et, comme lui, citer un économiste loin de partager les idées du Parti de Gauche, Pierre Larroutourou.

« Au total, en 30 ans, ce sont quelques 150 % du PIB de l’ensemble de nos pays qui sont partis vers les marchés financiers au lieu d’aller aux salariés et donc aussi à l’Etat, via la TVA. Cet argent a-t-il profité à la recherche ou à l’investissement ? Non. Toutes les études montrent que l’investissement et la recherche sont stables. Ces sommes colossales ont été accaparées par un tout petit nombre d’individus. Rendez-vous compte : l’Europe s’épuise depuis des mois à trouver 110 milliards pour sauver la Grèce alors que la fortune cumulée des 0,2% les plus riches de la planète est estimée à 39 000 milliards ! »

Tableau aimablement pompé sur http://www.intox2007.info

Démonstration est donc faite que le Capital aujourd’hui ne se développe plus par la production mais par la spéculation boursière. Le corollaire de cette affaire demeure que, pour développer ses parts de profits, il a besoin de réduire ses effectifs.

A partir de là, on peut mieux observer les différents épisodes de notre fameuse saga « Demain, les banques s’effondrent ». Le capital, comme l’a précisé Marx en son temps, a besoin d’organiser ses propres crises pour se restructurer en permanence. Cette restructuration a pour nom « concentration » dans un univers qui n’a de concurrentiel que le nom. A croire que tout a été organisé pour que les banques disparaissent, absorbées de manière darwinienne, par les plus grosses : Dexia n’est que le dernier exemple d’une longue série dont ma mémoire défaillante ne garde pas le détail.

L’autre aspect de cette restructuration demeure la conquête de nouveaux marchés. Aujourd’hui sont pointés les pays qui conservent encore un service public fort : la Grèce était en première ligne. L’accompagnement des fameux « plans de sauvetage » se traduit par la vente forcée des entreprises hellènes nationalisées.

contre le plan de sauvetage présenté par l'Union européenne

En France, on le sent poindre, après la retraite, c’est bien l’ensemble du système collectif de protection sociale qui va être livré sous peu en pâture aux marchés. Sachons, en passant, qu’il s’agit là d’un marché dont le montant est équivalent à celui du budget de l’Etat, soit aux environs de 2 500 milliards d’euros. Une paille… Et de quoi se goberger pendant des plombes à faire fructifier, sous forme de fonds de pensions, ces sommes colossales sur les marchés spéculatifs.

Et après, on va nous expliquer doctement que c’est la crise. Tu parles Charles !

Face à cela, il n’y a de solutions que de fermer les bourses et de nationaliser les banques, comme le suggère Frédéric Lordon, des économistes atterrés, dans cette vidéo de la télélibre.fr.

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La bande son de cette note :

* Ministry « New World Order » (mp3)

* The Redskins « You Want It ? They’ve Got It All » (mp3)