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TSCG : Fabius ne veut pas « se déjuger », et vous ?

Le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) n’en finit pas de remuer les différentes composantes de la gauche. Le week-end qui vient de s’écouler a vu le conseil fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts s’opposer, par 75 % des voix exprimées, à ce traité qui grave dans le marbre l’austérité ad vitam aeternam. C’est un bougé assez significatif qui a causé encore une de ces sorties dont est coutumier Dany le jaune.

A tout le moins, EELV a le mérite d’une certaine cohérence, que je salue, alors que je n’ai jamais été avare de critiques contre ce parti. L’issue de son conseil fédéral témoigne de l’élargissement du front du refus, par rapport à un traité qui prive la représentation démocratique élue par le peuple de ses derniers outils d’action.

Ce week-end, j’ai eu l’occasion de retrouver, grâce à mes amis de la Télé de gauche, un certains nombre de déclarations émanant de sommités du parti dit « sérieux ». Je vous les laisse regarder et partager.

On va commencer par l’ancien héraut du « non socialiste » en 2005, Laurent Fabius :

 

La sortie de Benoît Hamon n’est pas mal non plus :

 

Arnaud Montebourg laisse rêveur :

 

Jean-Marc Ayrault se fait le porte-parole du groupe des députés socialistes :

 

Enfin, pour la bonne bouche, le résident de la république n’est pas inintéressant :

 

En contrepoint, je vous laisse écouter et regarder ce que disent certains de mes amis proches dans la petite vidéo tournée à l’occasion de la Fête de l’Huma.

 

Je veux bien prendre les paris pour savoir qui, à la fin, se « déjugera », selon les jolis mots du ministre des Affaires étrangères.

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Bonus vidéo : Patti Smith « People Have The Power »


TSCG, ce sont les autres qui en parlent le mieux

Ceci, comme dirait Magritte, n’est pas une note de blog. Le flot de l’actualité me submerge de réflexions contradictoires et j’ai peu la tête à coucher sur l’écran de mon (puis de vos) ordinateur(s) des états d’âme. Aussi, je vais m’effacer pour donner la voix aux copains. C’est que l’heure est grave ! Le traité sur la stabilité, la convergence et la gouvernance est à l’ordre du jour. On en a beaucoup causé à la fête de l’Humanité. Alors, pour commencer, prenons quelques minutes pour savoir ce que c’est que ce fichu traité en vidéo :

 

Sur le blog l’Art et la manière, qu’il co-écrit avec Florian, Romain nous en a touché deux mots dès la fin août :

« Ah qu’il était beau ce traité préparé par Sarkozy. La promesse électorale (pourquoi je m’évertue à m’y référer alors que tout le monde sait que c’est de la connerie)… donc cette promesse c’était de renégocier ce pacte notamment en y intégrant un volet « croissance ». Evidemment, nous, sales gauchistes, on n’était pas très contents. Mais la réalité s’est révélée encore pire puisque que les négociations sont quasi-inexistantes et que ladite croissance ne fait l’objet que d’un ridicule pourcent d’investissement qui ne fera pas longtemps illusion. Le fond du traité, lui, est intact : austérité, austérité et… austérité. Puis si vous n’êtes pas content un arsenal répressif est prévu pour les pays récalcitrants. « What else ? » diraient les financiers. »

Alors, il a semblé que le résident de l’Elysée et son collègue de Matignon auraient renégocié le TSCG pour le faire passer dans les rangs des députés godillots… heu.. sérieux. L’ami Gauche de combat en rit encore, jaune. Ce qui, pour ce rouge et vert, la fout mal. Il s’en est ému avant de prendre ses congés bien mérités :

« François Hollande et Jean-Marc Ayrault appellent leurs troupes à ratifier le traité budgétaire européen, pourtant négocié par Nicolas Sarkozy avec Angela Merkel (que toute la gauche – dont les socialistes – avait tant critiqué), et cela sans passer par l’assentiment des français. Vive la démocratie. Pour s’en défendre, dans le Journal du dimanche, Jean-Marc Ayrault a déclaré que « l’ajout d’un volet croissance au traité imposé par Hollande «a fait bouger les lignes ». Cela en fera rire plus d’un, et la saillie de Mélenchon sur le sujet est pertinente, par delà l’humour   : «Quelles lignes, quelles pages, quels mots, quelles virgules, la couleur du papier : Rien! ». Et dire que Hollande s’était posé en combattant des marchés financiers… On voit bien aujourd’hui que d’aucunes mauvaises langues avaient raison de prétendre qu’il le faisait avec un sabre de bois. »

Je conçois que, malgré la vidéo ci-dessus, vous avez du mal à comprendre de quoi il s’agit concrètement. Le mieux encore reste de se plonger dans le texte. Et c’est l’ami Nico, de la Rénovitude, qui se l’est procuré. En voici le premier chapitre :

« TITRE I

OBJET ET CHAMP D’APPLICATION

Article 1

1. Par le présent traité, les parties concontractantes conviennent, en tant qu’Etats membres de l’Union européenne, de démolir le pilier économique de l’Union économique et monétaire en adoptant un ensemble de chaînes destinées à étouffer l’activité, rendre encore plus obscure la gouvernance de la zone euro, en soutenant ainsi la réalisation des objectifs de l’Union européenne de désarmer les états, réduire les politiques de justice sociale et dégommer les services publics.
2. Le présent traité s’applique intégralement aux parties concontractantes dont la monnaie est l’euro sans aucun moyen de recours des peuples composant les dites parties concontractantes. Il s’applique également aux autres parties concontractantes, dans la mesure et selon les conditions prévues à l’article 14, c’est dire que vous n’avez pas le choix. »

Le reste est à lire sur la Rénovitude, par ici.

Ah oui… ça mate, n’est-ce pas ? C’est que le TSCG, à la fin, c’est bien le Traité d’une saloperie carrément généralisée, comme le dit si bien Syd. A l’appui de cette thèse, laquelle pourrait apparaître simpliste à nos « amis » du parti dit « sérieux », voici un extrait du vrai traité qu’A Gauche pour de vrai s’est goinfré, enfin de celui qui n’a pas été traduit en français de tous les jours :

Sur la base de la coordination des politiques économiques définie dans le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, les parties contractantes s’engagent à œuvrer conjointement à une politique économique qui favorise le bon fonctionnement de l’Union économique et monétaire et qui promeut la croissance économique grâce au renforcement de la convergence et de la compétitivité. À cette fin, les parties contractantes entreprennent les actions et adoptent les mesures nécessaires dans tous les domaines essentiels au bon fonctionnement de la zone euro, en vue de réaliser les objectifs que constituent le renforcement de la compétitivité…”

Finissons-en là. Il n’y a d’autre chose à faire que de signer la pétition « Non à l’austérité perpétuelle en Europe ». Elle est claire et simple :

« En imposant l’austérité à marche forcée, le Pacte budgétaire menace de plonger l’Europe dans la récession et le chômage de masse. Il va priver les États de moyens indispensables pour sortir de la crise sociale et environnementale. Pour mieux rassurer les créanciers et les spéculateurs, il place l’austérité au-dessus de la démocratie. Nous vous demandons de rejeter ce Traité d’austérité, et de permettre ainsi de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe. »

Ah si ! Il y a autre chose à faire encore : aller manifester le 30 septembre à Nation !

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Bonus vidéo : Family Affair Project « Saturation »

 

 

 


Espagne : la répression pour imposer un ordre nouveau

C’est un cap nouveau qui vient d’être franchi en Espagne. J’ai déjà évoqué la violence de la répression dont est victime le mouvement de grève des mineurs. Il ne se passe pas une semaine sans que l’on dénombre de nouveaux blessés dans toutes les régions touchées par le conflit. Mais, les affrontements qui ont eu lieu à Madrid dans la journée du mecredi 11 juillet et qui se sont soldés par près de 80 blessés et pas loin de 10 arrestations, témoignent du passage d’un cap symbolique.

Sur twitter, une de mes correspondantes espagnoles lançait cette accusation en direction de la police : « Ils nous ont attaqués ! ». Les images collectées hier après-midi confortent son propos. Les forces anti-émeutes ont utilisés des armes tirant des balles en caoutchouc provoquant des blessures sérieuses mais pas mortelles. Si le gouvernement fait état de la présence de groupes violents parmi les manifestants, la théorie du piège contre la grande majorité d’entre-eux commence à se vérifier. Selon des témoignages concordants, les manifestants venus des provinces espagnoles devaient regagner des bus pour rentrer chez eux. Quand ils s’en sont rapprochés, les unités anti-émeutes les y attendaient. La chasse aux mineurs et à leurs soutiens semble s’être poursuivie une bonne partie de la soirée, notamment du côté de la Puerta Del Sol.

Les forces de l’ordre, elles mêmes, confirment : « Suppressions de droits syndicaux, quotas d’arrestations illégales à respecter, protocoles et uniformes inspirés de l’armée… » : Le premier syndicat de policiers espagnols – le Syndicat unifié de la police – dénonce une tentative de militarisation de leurs missions et de leur corporation. Son secrétaire général exprime également son soutien au mouvement des indignésC’est que, derrière le conflit des « gueules noires », se trame une épreuve de force entre le gouvernement conservateur et le mouvement social.

De facto, le parallèle avec la répression qu’a déchaîné Margaret Thatcher contre les mineurs britanniques en 1984 s’impose. Certes, les situations historiques, politiques et sociales sont différentes. Mais les deux gouvernements conservateurs sont soumis au même enjeu : imposer à leur population un changement aussi radical que rapide, et donc brutal, de société. Il s’agit d’en finir, assez définitivement, avec un modèle de société : le welfare state en Grande-Bretagne ; une société encore industrialisée et finançant ses services publics par ce biais en Espagne.

Victime d’un tir de la police anti-émeute, cette fillette aurait 11 ans

Il y a, au-delà des Pyrénées, une seconde raison. L’adoption d’un plan d’austérité d’un montant de 100 milliards d’euros par le parlement espagnol le 9 juillet va entraîner des coupes sombres dans les budgets sociaux, les services publics, les industries où l’état central détient encore des participations. C’est une accélération sans précédent de l’intégration de l’Espagne dans une Europe ultra-libérale dessinée par la Banque Centrale Européenne et son bras politique, la Commission Européenne. L’Espagne – ou du moins les Espagnols – entrevoit le spectre de la Grèce. Ces mesures, très impopulaires, sont en capacité de soulever un pays où la contestation agissante est bien plus répandue que dans notre bel hexagone.

A l’été 2011, j’ai passé une quinzaine de jours dans le nord de ce pays. Outre que j’ai noté un nombre incroyable d’inscriptions politiques sur les murs, j’ai croisé à plusieurs reprises, en plein mois d’août, des rassemblements d’indignés. Les centrales syndicales majeures, UGT et Commissiones obreras (CCOO) y sont fortes et disposent d’une audience large. L’Espagne, c’est enfin le pays de l’anarcho-syndicalisme de masse. Même si la CNT n’est plus aussi puissante qu’elle l’était dans les années 30, avec plus d’un million de membres, elle garde encore son impact au sein de la classe ouvrière consciente. Dans ce contexte, pour la droite au pouvoir à Madrid, casser les reins des mineurs a une vocation politique claire. Si la réaction parvient à défaire cette corporation hautement symbolique, ce serait un message définitif envoyé à l’ensemble des forces de progrès hispaniques.

Il en va, pour Rajoy, de sa crédibilité devant ses « partenaires » européens. On sait que la Commission Européenne conditionne l’attribution des prêts de la BCE à la stricte tenue des objectifs de réduction des dépenses publiques. Le Partido Popular au pouvoir a donc un besoin vital de museler la contestation sociale. C’est le gage des « aides » européennes autant que celui de mener à bien son projet de remodelage du modèle social espagnol. Le tout dans le cadre du nouvel âge du capitalisme, un âge dans lequel l’accumulation des richesses par l’oligarchie n’a plus besoin des productions industrielles nationales. La financiarisation de l’économie est devenue telle que le maintien d’une activité de production est devenue un frein à l’enrichissement de la classe possédante.

 

Bonus militant :

Des rassemblements de soutien au peuple espagnol, aux mineurs en lutte et contre la répression policière sont prévus samedi 14 juillet un peu partout en France. Voici la liste des lieux et heures que je me suis procurée.

* Paris 14h00 | Ambassade
Adresse : 22, avenue Marceau
* Besançon 14h00| Consulat Honoraire
Adresse : 2 E, rue Isembart, Résidence « le président » – 25000 Besançon
* Fort-de-France (Martinique) 14h00 | Consulat Honoraire
Adresse : Pointe La Rose 97231 Le Robert
* Bayonne 14h00 | Consulat général
Adresse : Résidence du Parc 4, avenue du B.A.B. – 64100 Bayonne
* Bordeaux 14h00| Consulat général
Adresse : 1, rue Notre-Dame 33000 Bordeaux
* Dijon 14h00| Vice-Consulat Honoraire
Adresse : 11, rue du Tillot 21000 Dijon
* Le Havre 14h00 | Vice-Consulat Honoraire
Adresse : Europe building Quai de l’Europe B.P 119 76051 Le Havre Cédex
* La Rochelle 14h00 | Vice-Consulat Honoraire
Adresse : Quai des Chaluts – Port de Pêche Chef de Baie 17045 La Rochelle Cedex 01
* Lyon 14h00 | Consulat général
Adresse : 1, rue Louis Guérin 69100 Villeurbanne
* Marseille 14h00 | Consulat général
Adresse : 38, rue Edouard Delanglade 13006 Marseille
* Montpellier 14h00 | Consulat général
Adresse : 24, rue Marceau – B.P. 51221 34010 Montpellier Cédex 01
* Nice 14h00 | Vice-Consulat Honoraire
Adresse : 4, boulevard Jean Jaurès 06300 NICE
* Pau 14h00 | Consulat général
Adresse : 6, place Royale 64000 Pau
* Perpignan 14h00 | Consulat général
Adresse : 12, rue Franklin 66000 Perpignan
* Rennes 14h00 | Consulat Honoraire
Adresse : 2, allée des Açores 35200 Rennes
* Rouen 14H00 Vice Consulat, :22 Rue de la Croix d’Yonville, 76000 Rouen
* Strasbourg 14h00 | Consulat général
Adresse : 13, quai Kléber B.P 40026 67001 Strasbourg Cédex
* Toulouse 14h00| Consulat général
Adresse : 16, rue Sainte Anne 31000 Toulouse
* Toulon 14h00| Vice-Consulat Honoraire
Adresse : 215, avenue de la Victoire Immeuble Le Mont d’Or 83100 Toulon

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Bonus vidéo : Kortatu « A La Calle »


Κραυγή του λαού : Alexis Tsipras lance son cri aux peuples

Meeting pluvieux, meeting heureux. Ou presque. Il n’y a que contre les parapluies que les centaines d’amis du Front de Gauche ont pesté ce lundi 21 mai. J’y retrouve Angelina et Arthur Fontel ainsi que l’éternel David Réveillault. Pour une fois, je ne suis pas de service d’ordre, vu que je dois écrire le compte-rendu du meeting pour le site du Parti de Gauche.

A quelques encablures de l’Assemblée nationale, où siégeront bientôt les représentants élus du peuple, il y a donc du monde à une heure inhabituelle : 18h30, pour accueillir chaleureusement Alexis Tsipras, que le peuple Grec a choisi comme incarnation de sa gauche. Dans la journée, il y a eu une réunion de travail importante. Et on en retrouve les participants sur la tribune : Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche ; Jean-Luc Mélenchon ; Maité Mola, co-présidente du Parti de la Gauche européenne, et Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. La conférence de presse « extraordinaire », selon Pierre Laurent, a vu l’ensemble des médias français se presser pour interroger celui qui incarne la rupture politique au niveau européen.

Sous la pluie battante, il me faut prendre des notes. Heureusement, un camarade, qui restera hélas anonyme, m’abrite sous son parapluie. Quand les orateurs arrivent, la douche froide ne calme personne. Et la clameur s’empare de la petite place Edouard-Herriot. A dire le vrai, c’est en héros que nous accueillons Alexis Tsipras.

Le leader actuel de la gauche grecque, qui a amené Syriza de 4,9 % des voix en 2009 à 16,5 %, est considéré comme le potentiel vainqueur du nouveau scrutin hellène, provoqué par l’absence de majorité parlementaire. Il aura lieu le 17 juin. Avant même qu’il n’ait lieu, la percée électorale de Syriza est le vrai événement politique en Europe. Rien n’aura été épargné à l’équivalent grec du Front de Gauche. Ni les menaces, ni le chantage sur le mode « si vous votez Syriza, c’est la sortie de l’euro ». Jean-Luc Mélenchon, concluant les interventions, rappelle que « rien ne permet à l’Union européenne de faire sortir un pays de l’euro ». Et de lancer à l’attention des dirigeants de Bruxelles, comme au nouveau locataire de l’Elysée : « Arrêtez de mépriser cet homme (Alexis Tsipras) ! Vous devez le recevoir et discuter sérieusement avec lui ! »

Photo : Mespetitesfables Angelina

Au demeurant, Alexis Tsipras est conscient de la responsabilité nouvelle qui est celle de son organisation. Il l’aborde avec humilité mais avec courage. « Le combat que nous menons, c’est le combat de tous les peuples d’Europe. C’est le combat contre l’austérité et pour la dignité ! », lance, dans sa langue, le chef de file des 52 députés de Syriza. Qui précise encore : « L’Europe n’appartient pas à madame Merkel. L’avenir de notre continent, c’est bien la démocratie et la cohésion sociale. Et, ce combat, nous allons le gagner ! Ensemble ! » Les militants, les amis, les passants lui répondent : « Résistance ! Résistance ! Résistance ! » Visiblement, il n’y a aucun problème de compréhension. Certes, le traducteur fait bien son travail mais, plus au fond, le langage du cœur abolit les frontières fussent-elles linguistiques.

Il s’agit plus que d’un élan de solidarité internationale romantique. Chacun a compris que, derrière « la guerre menée au peuple grec » selon les mots d’Alexis Tsipras, ce sont tous les peuples de l’Union européenne qui sont visés. Aussi, le rassemblement sur la place Edouard-Herriot est une étape, une « nouvelle rupture » rappelle Pierre Laurent, dans les batailles à venir pour les peuples unis. Alexis Tsipras appelle le peuple de France, celui qui « a ouvert la voie des possibles en donnant 4 millions de voix au Front de gauche », à se lancer dans la lutte au travers de « manifestations, de rassemblement, d’actes de solidarité concrets, pour que les gouvernements libéraux et sociaux-démocrates arrêtent leurs chantages contre les peuples ».

Jean-Luc Mélenchon montre que le message est bien passé. « Une brèche a été ouverte, comme nous l’avons annoncé, en Grèce. Il nous appartient maintenant d’ouvrir l’alternative. Nous ne sommes pas dans un jeu, mais dans un moment historique dans lequel nous avons tous un rôle à tenir ». A nouveau, l’assemblée répond : « Résistance ! Résistance ! Résistance ! » Puis, sous la pluie, chacun repart à son poste de combat. Le moral gonflé à bloc. La victoire de l’autre gauche est possible ! Nos cousins grecs nous en donnent la preuve par l’exemple.

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Bonus vidéo : Eric B & Rakim « Follow The Leader »


Faute de courage, Hollande a du culot

Chacun ici se souvient de l’épisode tragi-comique de l’adoption du Mécanisme européen de stabilité. Ce traité, adopté à la va-vite dans la fausse urgence créée de toute pièce par la montée du « péril grec », a vu les députés du parti dit « sérieux » se déballonner telle une baudruche géante. A l’époque, le porte parole des députés « sérieux », Jean-Marc Ayrault, expliquait doctement le sens d’une « asbtention dynamique » :

« Voter en l’état le traité sur le MES brouillerait notre message en direction des Français et des Européens. La détermination des socialistes, avec François Hollande, à renégocier le traité est intacte. Voter non donnerait le sentiment que nous refusons la solidarité. Voter oui, le sentiment que rien ne peut changer. Nous défendons donc l’abstention… »

Trop tard François, fallait le lire avant.

Pourquoi revenir sur cette tartuferie du candidat du parti dit « sérieux » ? C’est simple, mon ami Hum de But a interrogé récemment encore – il est têtu le camarade – Flamby sur ce fameux MES. Et a rendu publique la réponse, que je vous reproduis intégralement :

« Francois HOLLANDE DEPUTE 15:47 (Il y a 29 minutes)
Bonjour,
Nous avons bien reçu votre message et vous en remercions.
François Hollande a pointé dès l’origine, les risques et les limites du projet de Traité Européen adopté par le sommet des chefs d’Etat en janvier dernier.
En cas de succès à l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai prochains, François Hollande s’engage à agir auprès de tous nos partenaires européens, pour une vraie renégociation de ce traité, qui n’apporte aucune réponse aux questions cruciales de nécessaire solidarité européenne et de croissance. C’est un engagement solennel.
Ainsi, nous plaidons fermement pour une relance de la croissance et de l’emploi, en France et en Europe, sans laquelle, d’ailleurs, il ne peut y avoir de réduction durable des déficits et de l’endettement.
L’austérité généralisée ne saurait être la solution, ni pour l’avenir du projet européen, ni pour celui des peuples, encore moins pour la réussite de l’indispensable désendettement.

Bien cordialement,
L’équipe courriel de François HOLLANDE »

Balaise non ? Et pas culotté du tout. Le candidat qui « n’est pas dangereux », quand il s’adresse aux banquiers de la City, veut vraiment nous faire croire qu’il se battra pour renégocier le traité ? S’il a vraiment « pointé, dès l’origine, les risques et les limites du Traité européen », que n’a-t-il demandé à ses ouailles de voter contre ? Un traité pareil, ça ne se renégocie pas. Une fois qu’il est adopté, on ne peut pas revenir en arrière. Pour négocier, c’était avant.

Dans le fond, Hollande, c’est bien du flan.

 

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Bonus vidéo : Lily Allen « Fuck You (Remix) »


Qui ne vote pas Mélenchon, vote Sarkozy !

Je ne veux pas commencer ce post sans présenter mes excuses à mes excellents camarades tant de Lutte Ouvrière que du Nouveau Parti anticapitaliste. Nous représentons, vous et nous du Front de Gauche, la gauche de rupture, clairement anticapitaliste. Las, pour l’heure, nos chemins divergent toujours. Question de programme pour Lutte Ouvrière, de méthodes pour le NPA. Je vous en prie, ne vous sentez pas agressés par le propos qui va suivre, je m’adresse avant tout au camp de la social-démocratie.

J’avais donc, hier sur touittère, un échange cordial et courtois avec un membre du Parti socialiste ou, à tout le moins, un soutien affirmé à François le batave. Soit dit en passant, j’aime beaucoup cet internationalisme dans les « gauches » : un Hollandais mou (pourtant les fromages bataves sont généralement à pâte dure) ; une Norvégienne devenue Française conseillée par un Franco-Allemand ; un Français né au Maroc… ça nous change heureusement des discours puants sur l’identité nationale. Mais, je vais tâcher de ne point trop me disperser.

Donc, j’avais cet échange. A propos du Mécanisme européen de stabilité et de la forfaiture que représente, à mes humbles yeux, l’abstention sur un sujet aussi essentiel pour le peuple. Et ce débatteur de sortir, brut de pomme : « Est-ce que l’électorat de base sait ce que c’est le MES, je ne crois pas. L’électorat de base est intéressé par le pouvoir d’achat, le chômage, la sécurité ». Fermez le ban ! Et passez lui ce mépris souverain pour « l’électorat de base ». En premier lieu, à l’attention de ce monsieur ainsi que de ses semblables, qu’il me soit permis de préciser ceci : le MES a un lien direct avec le chômage, le pouvoir d’achat, les services publics dont celui chargé d’assurer la sécurité. Il n’y a qu’à aller voir en Grèce pour le comprendre. Pour plus de détails, je vous renvoie à la lecture d’un thuriféraire de François H. (non, il n’a pas 13 ans, n’est pas drogué ni prostitué – encore que, sur ce dernier point, on puisse avoir des doutes, politiquement parlant s’entend) ; Gérard Filoche a en effet dressé une petite liste des malversations dont est victime le peuple grec. Le seul hic, c’est que le chef de file de Filoche a diligenté l’abstention à ce pillage de démocratie. Seuls 16 députés socialistes et apparentés ont voté contre le texte.

Pour ma part, j’ai l’heur de ne pas souffrir de schizophrénie politique. Donc, le leader que je me suis choisi, Jean-Luc Mélenchon, a publié une tribune sur le MES dans Libération du lundi 20 février. Il y souligne ceci :

« Dans le Mécanisme européen de stabilité, la France s’engage à injecter, « de manière irrévocable et inconditionnelle », une contribution immédiate de 16,3 milliards d’euros. Le traité dit que la France devra donner jusqu’à 142,7 milliards d’euros en cas de besoin. Une telle somme représenterait près de la moitié du budget de l’État Cette hypothèse n’a rien de théorique : il suffirait que le « Mécanisme » ait à secourir l’Espagne et l’Italie pour que ses capacités maximales de prêts soient atteintes. »

On le lit, les sommes en jeu sont considérables. Comment pouvoir accroire que de tels versements n’auront aucune conséquence sur les priorités politiques que pourraient être le soutien, voire la revalorisation du pouvoir d’achat (par exemple, au travers d’un SMIC à 1 700 euros) ; la politique de ré-industrialisation nécessaire à la lutte contre le chômage ; le maintien et le développement des services publics ? C’est une aberration de croire que le Mécanisme européen de stabilité n’aura pas de répercussion sur la France. Parce qu’il est d’abord un outil politique, dessiné par les penseurs libéraux qui bossent dans les arrières-cours de l’Élysée et dans les bureaux de la CDU d’Angela Merkel. Il a vocation à parachever la casse systématique des services publics menée en Europe, la mise à sac des protections collectives (dont le budget en France est équivalent à celui de l’État, et pour l’heure dans l’ensemble préservé des appétits du marché). C’est donc mensonge que de vouloir faire avaler à nos concitoyens transformés en gogos qu’il s’agit là d’un « outil de solidarité« , comme l’a glissé Pierre Moscovici mercredi 22 février.

A ce niveau-là de duplicité, j’ai la tristesse de le dire : la lâcheté des parlementaires socialistes les a menés sur la voie de la trahison de la classe ouvrière et, plus généralement, du peuple. Les dirigeants du PS ont fait un choix conscient. A partir de cet instant, qui ne vote pas Mélenchon vote pour Nicolas Sarkozy. Ou pour sa copie, ce qui est pire.

Ceci n'est pas l'austérité

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Bonus vidéo : Jimmy Cena « Choisis ton camp »


MES : ils ont choisi le « chemin de l’honneur » – version définitive

Triste jour que ce mardi 21 février. Face à la machine infernale, il n’y avait pas de place à l’abstention. Dans un immense mouvement de lâcheté politique, ou de trahison consciente des intérêts du peuple, le groupe des députés socialistes, radicaux, citoyens et divers gauche s’est abstenu sur le vote du Mécanisme européen de stabilité. Seuls 16 au final d’entre-eux ont choisi le « chemin de l’honneur ». En voici la liste nominative finale :

  • Christophe Bouillon (5e circonscription de la Seine-Maritime – PS),
  • Julien Dray (10e circonscription de l’Essonne – PS),
  • Olivier Dussopt (2e circonscription de l’Ardèche – PS),
  • Henri Emmanuelli (3e circonscription des Landes – PS),
  • Martine Faure (9e circonscription de la Gironde – PS),
  • Pierre Forgues (1ère circonscription des Hautes-Pyrénées – PS),
  • Pascale Got (5e circonscription de la Gironde – apparentée),
  • Sandrine Hurel (11e circonscription de la Seine-Maritime – PS),
  • Régis Juanico (1ère circonscription de la Loire – PS),
  • Gilbert Le Bris (8e circonscription du Finistère – PS),
  • Kléber Mesquida (5e circonscription de l’Hérault – PS),
  • Catherine Quéré (3e circonscription de la Charente-Maritime – PS),
  • Marie-Line Reynaud (2e circonscription de la Charente – PS),
  • Chantal Robin-Rodrigo (2e circonscription des Hautes-Pyrénées – PRG),
  • Pascal Terrasse (1ère circonscription de l’Ardèche – PS),
  • Jacques Valax (1ère circonscription du Tarn – PS).

En effet, il y a eu dans la nuit, ou ce matin, des mises au point au sujet du présent scrutin (n° 861) (Sous réserve des dispositions de l’article 68, alinéa 4, du Règlement de l’Assemblée nationale) :

« Mme Gisèle Biémouret, M. Hervé Feron, Mme Odile Saugues, M. Philippe Tourtelier qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote ont fait savoir qu’ils avaient voulu « s’abstenir volontairement ».

J’ai donc modifié la liste par rapport au post initial.

Les férus d’histoire parmi vous, amis lecteurs, trouveront peut être la locution « chemin de l’honneur » forte, voire exagérée. Pour celles et ceux d’entre-vous qui ne la connaissez pas, juste un petit retour en arrière. Sont désignés sous le vocable des « députés du chemin de l’honneur » 27 députés communistes qui ont été déportés dès la fin de l’année 1939 au bagne de Maison-Carrée en Algérie en raison de leur fidélité à leur engagement politique et ce, par la police française.

Pour moi, il ne fait pas de doute que les 20 députés socialistes et apparentés qui ont voté contre le Mécanisme européen de stabilité sont les seuls à avoir conservé intact leur engagement de socialiste et avoir mis un peu de clarté dans la ligne politique qui aurait du être celle de leur parti. L’histoire leur rendra leur honneur.

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Bonus vidéo : Megadeth « New World Order »


Theodorakis ou Papandreou, il faut choisir !

Nous sommes à la croisée des chemins. Il n’y a plus aucun moyen de tergiverser. Demain, mardi 21 février, les députés sont appelés à se prononcer sur le Mécanisme européen de stabilité (MES). Ce nouveau document présenté par l’Union européenne, à la suite de la crise grecque, est un coup d’état, nous explique Raoul-Marc Jennar. De fait, il peut nous transformer, nous les peuples d’Europe, en Grecs dès demain. Dans le sens où les élus dont nous nous sommes dotés par la voie démocratique, n’auront plus aucun pouvoir. Et roule ma poule !

Comprendre le MES et le FESF

C’est fou comme l’actualité, en ce moment, repasse les plats. Je commençais ma note lundi dernier, avec ces images d’affrontements à Athènes. Hier, cela a recommencé. Face aux casseurs de la « troïka », la partie consciente de la classe ouvrière grecque a fait le choix de l’autodéfense. De facto, ils ont mis en œuvre ce fameux article de la constitution montagnarde de 1793 qui consacre le droit du peuple l’insurrection face au pouvoir illégitime.

Le Mécanisme européen de stabilité, nous voyons ce qu’il génère : c’est sous nos yeux. Le salaire minimum à Athènes est ramené à 588 euros par mois, dans une ville aussi chère que Paris ! La sainte alliance de la Banque centrale européenne, de l’Union européenne et du Fonds monétaires international a contraint le gouvernement hellène à brader les services publics, se privant ainsi de tout levier d’action pour mettre en œuvre une politique digne de ce nom. Et, de fait, l’ensemble de la politique à Athènes n’est plus décidée par les parlementaires mais par quelques technocrates bruxellois. Ils pourraient être de Francfort ou de Paris, ce serait pareil : un vrai coup d’état.

Je vous invite à lire la tribune que publie ce jour, dans Libération, Jean-Luc Mélenchon sur la question du MES. Il souligne notamment :

« Les États concernés seront placés sous la tutelle de la cruelle troïka Commission européenne /Banque centrale européenne / FMI. Oui, le FMI basé a Washington ! Il trône dorénavant en « coopération très étroite » à toutes les étapes du Mécanisme. On lui demande une « participation active », aussi bien pour évaluer l’attribution des aides que pour infliger des plans de rigueur et contrôler leur application. Les procédures prévues pour l’intervention de cette odieuse troïka sont aussi opaques qu’autoritaires. De plus, en contradiction avec toutes les règles de fonctionnement de l’Union européenne, le Traité donne à deux États seulement, l’Allemagne et la France un droit de véto pour l’octroi des aides. Ce traité entérine donc un directoire autoritaire de la zone euro. Il impose aussi le secret sur les mécanismes de décision et le fonctionnement du Mécanisme. La France s’expose donc financièrement jusqu’à 142,7 milliards d’euros dans un fonds auquel aucun compte ne pourra être demandé par son gouvernement ou son Parlement. Quel parlementaire est prêt à ce renoncement ? »

De son côté, sur son blog, Gérard Filoche appelle ses camarades socialistes à refuser le MES, demain, pour deux raisons :

« Parce que le MES est un mécanisme de solidarité à l’usage exclusif de la Finance (…) Parce que le MES est indissociable du traité européen que veulent nous infliger Sarkozy et Merkel : le « Traité sur la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire » (TSCG) ».

Il n’y a donc pas de troisième voie au final, dans ce cadre. L’abstention serait un manque de courage cruel pour notre peuple autant qu’une lâcheté politique. Soit on est du côté de Mikis Theodorakis, soit on est du côté de Papandreou.

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Bonus vidéo : Calavera « Chanson noire du capitalisme »


La meilleure réponse au discours de Toulon, c’est Lordon

Bon… Puisque Dany le jaune refuse de le faire, il me faut bien évoquer le mitinge de Toulon, ou Toulon II « le retour du candidat masqué ». Le premier Toulon en 2008 devait « refonder le capitalisme ». Le prési-candidat rabat, trois ans après, la voilure. Il ne s’agit plus aujourd’hui que de « refonder l’Europe ». Dans quelques mois, à ce rythme, il pourra « refonder Neuilly » tombée entre les mains de « l’ignoble » Fromentin.

Discours de Toulon

Il y a finalement peu à dire d’intéressant à ajouter sur ce discours programme, qui constitue une critique en creux de Sarkozy dans Toulon I « le candidat sauve le monde » et « une tentative d’auto-amnistie », comme le signale Jean-Luc Mélenchon.

Enfin… je vais vite et je suis un fainéant sur le coup. Les copains de « Gauche de Combat » ont publié un très bon résumé de ce discours. Je vous en mets un extrait pour que vous alliez le lire en entier. D’accord ?

« Un Président tout dévoué, comme il l’a si clairement démontré tout au long de son mandat, aux classes les plus fortunées, qui estime devoir lever au cours de ce sommet de l’emploi les tabous qui selon lui interdisent l’éradication du chômage… et dont je crains qu’il ne s’agisse, conformément à sa ligne idéologique partisane, de détruire de nouveau encore tel ou tel acquis social. Je m’attends ainsi à ce qu’une fois de plus, après les retraites, on s’attaque à la durée hebdomadaire du travail, ou au SMIC, comme le souhaiterait tant le MEDEF… Et ce que Madame Parisot veut, Sarkozy l’a si souvent appliqué ! »

Le rêve secret de Sarko, devenir Belmondo

En fait, pour moi, la meilleure et seule réponde au discours de Toulon II a été écrite avant même que ce discours. Elle se lit dans D’un retournement l’autre, la pièce de théâtre écrite par Frédéric Lordon, dans laquelle je joue pour les Commandos culturels du Parti de Gauche.

En voici un extrait savoureux, même si d’une qualité technique moyenne…

Allez,  bonne soirée.