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TSCG : Fabius ne veut pas « se déjuger », et vous ?

Le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) n’en finit pas de remuer les différentes composantes de la gauche. Le week-end qui vient de s’écouler a vu le conseil fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts s’opposer, par 75 % des voix exprimées, à ce traité qui grave dans le marbre l’austérité ad vitam aeternam. C’est un bougé assez significatif qui a causé encore une de ces sorties dont est coutumier Dany le jaune.

A tout le moins, EELV a le mérite d’une certaine cohérence, que je salue, alors que je n’ai jamais été avare de critiques contre ce parti. L’issue de son conseil fédéral témoigne de l’élargissement du front du refus, par rapport à un traité qui prive la représentation démocratique élue par le peuple de ses derniers outils d’action.

Ce week-end, j’ai eu l’occasion de retrouver, grâce à mes amis de la Télé de gauche, un certains nombre de déclarations émanant de sommités du parti dit « sérieux ». Je vous les laisse regarder et partager.

On va commencer par l’ancien héraut du « non socialiste » en 2005, Laurent Fabius :

 

La sortie de Benoît Hamon n’est pas mal non plus :

 

Arnaud Montebourg laisse rêveur :

 

Jean-Marc Ayrault se fait le porte-parole du groupe des députés socialistes :

 

Enfin, pour la bonne bouche, le résident de la république n’est pas inintéressant :

 

En contrepoint, je vous laisse écouter et regarder ce que disent certains de mes amis proches dans la petite vidéo tournée à l’occasion de la Fête de l’Huma.

 

Je veux bien prendre les paris pour savoir qui, à la fin, se « déjugera », selon les jolis mots du ministre des Affaires étrangères.

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Bonus vidéo : Patti Smith « People Have The Power »


TSCG, ce sont les autres qui en parlent le mieux

Ceci, comme dirait Magritte, n’est pas une note de blog. Le flot de l’actualité me submerge de réflexions contradictoires et j’ai peu la tête à coucher sur l’écran de mon (puis de vos) ordinateur(s) des états d’âme. Aussi, je vais m’effacer pour donner la voix aux copains. C’est que l’heure est grave ! Le traité sur la stabilité, la convergence et la gouvernance est à l’ordre du jour. On en a beaucoup causé à la fête de l’Humanité. Alors, pour commencer, prenons quelques minutes pour savoir ce que c’est que ce fichu traité en vidéo :

 

Sur le blog l’Art et la manière, qu’il co-écrit avec Florian, Romain nous en a touché deux mots dès la fin août :

« Ah qu’il était beau ce traité préparé par Sarkozy. La promesse électorale (pourquoi je m’évertue à m’y référer alors que tout le monde sait que c’est de la connerie)… donc cette promesse c’était de renégocier ce pacte notamment en y intégrant un volet « croissance ». Evidemment, nous, sales gauchistes, on n’était pas très contents. Mais la réalité s’est révélée encore pire puisque que les négociations sont quasi-inexistantes et que ladite croissance ne fait l’objet que d’un ridicule pourcent d’investissement qui ne fera pas longtemps illusion. Le fond du traité, lui, est intact : austérité, austérité et… austérité. Puis si vous n’êtes pas content un arsenal répressif est prévu pour les pays récalcitrants. « What else ? » diraient les financiers. »

Alors, il a semblé que le résident de l’Elysée et son collègue de Matignon auraient renégocié le TSCG pour le faire passer dans les rangs des députés godillots… heu.. sérieux. L’ami Gauche de combat en rit encore, jaune. Ce qui, pour ce rouge et vert, la fout mal. Il s’en est ému avant de prendre ses congés bien mérités :

« François Hollande et Jean-Marc Ayrault appellent leurs troupes à ratifier le traité budgétaire européen, pourtant négocié par Nicolas Sarkozy avec Angela Merkel (que toute la gauche – dont les socialistes – avait tant critiqué), et cela sans passer par l’assentiment des français. Vive la démocratie. Pour s’en défendre, dans le Journal du dimanche, Jean-Marc Ayrault a déclaré que « l’ajout d’un volet croissance au traité imposé par Hollande «a fait bouger les lignes ». Cela en fera rire plus d’un, et la saillie de Mélenchon sur le sujet est pertinente, par delà l’humour   : «Quelles lignes, quelles pages, quels mots, quelles virgules, la couleur du papier : Rien! ». Et dire que Hollande s’était posé en combattant des marchés financiers… On voit bien aujourd’hui que d’aucunes mauvaises langues avaient raison de prétendre qu’il le faisait avec un sabre de bois. »

Je conçois que, malgré la vidéo ci-dessus, vous avez du mal à comprendre de quoi il s’agit concrètement. Le mieux encore reste de se plonger dans le texte. Et c’est l’ami Nico, de la Rénovitude, qui se l’est procuré. En voici le premier chapitre :

« TITRE I

OBJET ET CHAMP D’APPLICATION

Article 1

1. Par le présent traité, les parties concontractantes conviennent, en tant qu’Etats membres de l’Union européenne, de démolir le pilier économique de l’Union économique et monétaire en adoptant un ensemble de chaînes destinées à étouffer l’activité, rendre encore plus obscure la gouvernance de la zone euro, en soutenant ainsi la réalisation des objectifs de l’Union européenne de désarmer les états, réduire les politiques de justice sociale et dégommer les services publics.
2. Le présent traité s’applique intégralement aux parties concontractantes dont la monnaie est l’euro sans aucun moyen de recours des peuples composant les dites parties concontractantes. Il s’applique également aux autres parties concontractantes, dans la mesure et selon les conditions prévues à l’article 14, c’est dire que vous n’avez pas le choix. »

Le reste est à lire sur la Rénovitude, par ici.

Ah oui… ça mate, n’est-ce pas ? C’est que le TSCG, à la fin, c’est bien le Traité d’une saloperie carrément généralisée, comme le dit si bien Syd. A l’appui de cette thèse, laquelle pourrait apparaître simpliste à nos « amis » du parti dit « sérieux », voici un extrait du vrai traité qu’A Gauche pour de vrai s’est goinfré, enfin de celui qui n’a pas été traduit en français de tous les jours :

Sur la base de la coordination des politiques économiques définie dans le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, les parties contractantes s’engagent à œuvrer conjointement à une politique économique qui favorise le bon fonctionnement de l’Union économique et monétaire et qui promeut la croissance économique grâce au renforcement de la convergence et de la compétitivité. À cette fin, les parties contractantes entreprennent les actions et adoptent les mesures nécessaires dans tous les domaines essentiels au bon fonctionnement de la zone euro, en vue de réaliser les objectifs que constituent le renforcement de la compétitivité…”

Finissons-en là. Il n’y a d’autre chose à faire que de signer la pétition « Non à l’austérité perpétuelle en Europe ». Elle est claire et simple :

« En imposant l’austérité à marche forcée, le Pacte budgétaire menace de plonger l’Europe dans la récession et le chômage de masse. Il va priver les États de moyens indispensables pour sortir de la crise sociale et environnementale. Pour mieux rassurer les créanciers et les spéculateurs, il place l’austérité au-dessus de la démocratie. Nous vous demandons de rejeter ce Traité d’austérité, et de permettre ainsi de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe. »

Ah si ! Il y a autre chose à faire encore : aller manifester le 30 septembre à Nation !

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Bonus vidéo : Family Affair Project « Saturation »

 

 

 


Ma fête de l’Huma, notre fête de l’Humain

Dur de résumer trois jours de fête de l’Huma en quelques mots. Pourtant, cette fête-ci, particulièrement, doit être racontée. Pour celles et ceux qui n’étaient pas là, pour le message qu’elle porte. Parce qu’elle nous donne rendez-vous dans moins de deux semaines, désormais, à Paris pour la manifestation nationale exigeant un référendum sur le TSCG. Ce fichu traité a bien été au cœur de tous les débats, formels comme informels. L’ami Syd d’A Gauche pour de vrai en a réalisé un résumé en vidéo que je vous conseille de regarder. Et pas seulement parce qu’il m’a interviewé aux côtés d’autres.

Photo par José Angel

Donc, commençons par là : il y avait Syd et plein d’amis. La Fête de l’Huma c’est d’abord ce moment de convivialité, celui au cours duquel tu fraternises avec tout un chacun. Mais aussi où tu retrouves tes potes perdus de vue – ou pas. C’est sûr qu’à coup de perrier et de boisson capitaliste brune à bulles, j’attire moins la convivialité que mes amis à la moustache moussue blanche. Heureusement, un bon nombre ne me laissera pas tomber voire viendra me chercher quand j’aurai accompli mes tâches militante

Ah… Ben ouais les gars. Quand on est militant, on milite à la Fête de l’Huma. Même mi hermano n’a pas pu résister malgré ses bonnes décisions. Donc, pour moi ce sera service d’ordre le samedi, sept heures durant avec une pause à la Savoie pour la fondue avec mon « fils ». Lequel en profite pour griller mon bro’ Dareljedid sur le badge provoc’ qui me va bien. SO et c’est pas de la tarte quand, vers 17h30, Jean-Luc prend la parole pour une carte blanche sur la Révolution citoyenne. Pendant une heure, vite devenue une heure trente, notre co-président (au Parti de Gauche) prend le temps d’expliquer ce concept, l’implication citoyenne, la démocratie en ce qu’elle a de révolutionnaire, l’Amérique du Sud, le TSCG. C’est le temps où l’avenue Pablo-Picasso est bouchée pire que le périph’ à 6 heures du soir. Faut veiller au matériel, histoire que les auditeurs ne prennent pas un haut-parleur sur la tête. Faut garder un œil sur les gens, aux alentours, des fois qu’il y ait un malaise sous ce cagnard.

Avant et après, c’est plus cool. Je discute avec les amis venus de loin. Il y a Romain, Simon et Laura, Rudy, Stéphane mon presque voisin du 18e, Nico et Syd venus en famille tous les deux… La liste est longue. Bien longue. Sous mes yeux, Gabriel Amard fait un tabac en mettant en lumière les agissements en eaux troubles de la Lyonnaise qui a tenté de lui faire la peau. Bref, une nouvelle fois, le stand du Parti de Gauche tient bien sa place dans la fête. Pas évident, à la base : si désormais nous sommes bien ancrés dans ce paysage du parc départemental de La Courneuve, ce n’est jamais facile pour un stand non PCF de se faire sa place. Et notez que nous n’avons pas encore quatre ans d’existence en tant qu’organisation.

SO donc mais je trouve un moment pour un petit plaisir. Stop. Contexte. C’est mon cher ami David qui a la charge de la programmation musicale du stand et de l’organisation des concerts qui en rythment la vie. David, c’est la discrétion même. Et l’efficacité. Avec peu de moyens (lire plus haut et ajoutez à la jeunesse de notre parti le fait qu’on n’a pas une tune en caisse en fait), il parvient à offrir une scène qui a de la gueule. Croyez-vous que ça le fasse sourire ? Il tire un peu la gueule, oui, qui trouve que le son n’est pas assez bon. Il court, il vole. Et lâche, tout de même : « Au fond, Nath, c’est quand même que du bonheur ». Quand tu milites ami lecteur, même la tâche la plus ingrate prend du sens. La mener à bien rend donc content. C’est aussi simple que ça. T’es pas convaincu ? L’an prochain, viens et fais l’expérience.

Je zappe au dimanche matin. Si vous m’avez cherché au stand du PG c’était raté. Pour moi, cette matinée était très politique. Et j’ai passé du temps sur tous les stands qui comptent pour Montreuil. Celui qui arborait encore l’an passé les couleurs de la FASE a grandi et abrite désormais aussi Convergence et Alternative, les Alternatifs, l’association des Communistes unitaires, les nouveaux venus de la Gauche Anticapitaliste. Puis, direction Montreuil. Evidemment. L’apéro des forces de gauche, ça ne se rate pas. Contrairement au débat sur PSA auquel je voulais participer mais que, SO en sous-effectif aidant, j’ai dû rater. En passant, il y a avait vraiment trop d’entreprises en lutte présentes à la fête… En fait, non. Il n’y en avait pas trop. C’est juste que, parfois, je voudrais croire que le changement c’est maintenant. Il ne le sera que si nous décidons de nous en mêler. La vraie leçon de cette fête de l’Huma.

Au final, pour reprendre mon fil, à la Fête de l’Huma, faut pas prévoir grand-chose surtout si tu es militant. Parce que tu ne tiens jamais ton programme. Mais les contreparties sont tellement fortes que ce n’est pas grave du tout. Et puis, je ne vais pas me plaindre. J’ai vu New Order.

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Bonus vidéo : Patti Smith « Gloria » (live @ Fête de l’Huma 2012)


PSA : un milliard pour fermer Aulnay, les salariés paient encore l’addition

Le communiqué que nous avons écrit pour le Parti de Gauche de Seine-Saint-Denis

 

Comme nous l’avons dénoncé depuis le mois de février 2012, le groupe PSA vient de confirmer son « plan de restructuration » d’un montant d’un milliard d’euros. Ce plan entérine la fermeture du site PSA d’Aulnay-sous-Bois, condamnant ses 3 300 salariés directs et les quelque 7 000 travaillant dans la sous-traitance. Au total, ce sont 10 000 emplois que le groupe va supprimer dans le monde.

Le groupe, qui rassemble les constructeurs automobiles Citroën et Peugeot, a certes vu ses bénéfices diminuer de 48 % entre 2010 et 2011, pour un bénéfice net final de 588 millions d’euros. PSA utilise la baisse de rendement pour les actionnaires pour justifier un plan d’austérité de 800 millions d’euros en octobre 2011, revalorisé à un milliard d’économie en ce début d’année 2012.

Mais de quoi parlons-nous ? Est-ce que PSA perd de l’argent ? Non, il gagne 588 millions d’euros après impôts ! Ce n’est pas rien, tout de même. Voici quelques autres chiffres émanant de la direction, qui témoignent de la bonne santé de PSA :

· Record historique du chiffre d’affaire : près de 60 milliards avec une progression de 6,9 % ;

· Bénéfice net positif à + 588 millions ;

· Résultat opérationnel à 1,3 milliard.

Ceci alors que nous sommes en période de crise, c’est connu. Ce faisant, PSA, désormais allié du groupe américain General Motors, s’inscrit dans la logique capitaliste : détruire l’emploi pour accroître ses bénéfices boursiers. Certes le marché automobile s’est contracté en Europe. La généralisation des politiques d’austérité qui cassent le pouvoir d’achat et l’emploi sont les premières responsables de cette situation.

Pour autant, PSA ne diminuera pas ses capacités de production. Au contraire, il les délocalisera dans des pays où la « marchandise humaine » coûte moins cher, où les normes environnementales sont moins drastiques. Qu’importe si, pour faire revenir la production dans les pays où elle peut être « consommée », il faut encore aggraver notre empreinte carbone. Il faut juste se rappeler que, sur un modèle courant de berline, le « coût du travail », sans mis en avant par le MEDEF et sa courroie de transmission politique l’UMP, ne représente qu’entre 15 et 18 %.

Le Parti de Gauche de Seine-Saint-Denis, comme il l’a fait à plusieurs reprises depuis la première fuite sur ce plan de liquidation, était encore aux côtés des salariés d’Aulnay-sous-Bois ce jeudi 12 juillet, à l’issue du comité central d’entreprises.

Ils sont rappelé notre revendication de longue date : une planification écologique permettrait d’envisager très sérieusement la construction de modèles respectueux de l’environnement. Il est possible de s’orienter dès maintenant dans ce sens pourvu que la direction le veuille. Pour cela, elle doit activer son centre de recherche et proposer pour Aulnay la fabrication d’une nouvelle voiture répondant aux exigences de l’époque.

Enfin, le Parti de gauche réclame une loi d’urgence proclamant un droit de véto des représentants syndicaux dans les Comités d’entreprise et l’interdiction immédiate des licenciements boursiers soit votée le plus vite possible.

Le Parti de Gauche Seine-Saint-Denis

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Bonus vidéo : Buzzcocks « Fast Cars »


Le Front de Gauche naît de la rupture avec l’union sacrée

C’est drôle comment l’actualité peut percuter parfois des réflexions plus profondes, des recherches intellectuelles… En fait, une promesse aussi. Donc, depuis quelques jours, je suis dans l’écriture autour de l’actu, notamment contre le Front national. D’un autre côté, j’ai promis de longue date à Bernard Langlois une réflexion sur la nature du Front de Gauche. Nous avions entamé un échange sur ce sujet via touittère. Sa thèse, que je résume, est que le Front de Gauche est une sorte de SFIO d’avant 1914 débarrassée de ses éléments opportunistes ; mon propos est que le Front de Gauche ressemble à la jeune Section française de l’internationale communiste issue du congrès de Tours en décembre 1920. Le tout, évidemment, avec le recul et la distance que nécessite ce genre de comparaison. Qui ne sont pas raisons.

Or, ce jour, où j’avais prévu d’écrire cette présente note, j’ai commencé par lancer mon idée de hashtag sur touittère : #frontcontrefront. Du coup, je suis allé fouiller un peu. Et puis mon amie et camarade et collègue Juliette Prados m’envoie un lien vers le bloug du FN Villeurbanne. Tout ça a un lien, vous allez voir. Donc, je lis le dit bloug et je tombe sur ce magnifique « Jean-Luc Mélenchon, le candidat de l’Internationale communiste ». Du coup, fallait bien que j’honore ma promesse à Bernard. Et retour au Front de Gauche.

Créé à trois par la Gauche unitaire (ex militants unitaires de la Ligue Communiste révolutionnaire qui n’ont pas rejoint le Nouveau Parti Anticapitaliste), le Parti Communiste Français et le Parti de Gauche, le Front de Gauche agrège aujourd’hui Convergences et Alternatives (ex du NPA), la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), le Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), République et Socialisme… Plus, surtout, les centaines, les milliers d’anciens ou de jamais militants qui se retrouvent autant dans la démarche de rassemblement des icebergs de la gauche de transformation sociale que dans le programme de rupture proposé par ce Front de gauche.

Je m’attarderais juste un peu sur le Parti de Gauche, puisque c’est celui auquel, vous l’avez compris désormais, j’appartiens. Communiste de cœur, et même de formation, je me suis retrouvé dans ce « parti creuset », l’expression est importante. En effet, il regroupe, pour sa seule part, des anciens socialistes ; des anciens communistes ; des militants de l’écologie radicale à l’image de Martine Billard, notre coprésidente ; des libertaires, d’autant plus aisément que Mélenchon invoque la figure tutélaire de Louise Michel parmi nos inspirations ; des syndicalistes ; des féministes… Il faut avoir vécu le discours de l’Île-Saint-Denis le 29 novembre 2008 et peser chaque mot du discours de Jean-Luc pour comprendre que ce que nous lancions, de notre côté, était courageux, novateur, déjà en rupture.

Parti de Gauche

Hors de question pour moi de discuter la paternité du Front de Gauche entre le PCF et le PG. C’est aussi long et stupide que la fameuse question sur la poule et l’œuf. Le fait est que, quatre ans plus tard, nous y sommes et que le Front de Gauche s’est déjà autodépassé. L’irruption massive du peuple de gauche dans les Assemblées citoyennes du Front de Gauche, cœur de notre campagne électorale, a tout bousculé : le Front de Gauche ne sera plus jamais le cartel électoral qu’il fut à sa création.

Il est déjà le rassemblement vivant et autonome, avec plus ou moins de réussite selon les endroits, de gens de gauche non encartés ; de militants associatifs ; de syndicalistes ; de féministes ; de défenseurs de la cause Lesbienne, Gay, Bi, Trans ; de communistes (ex, futurs voire même actuels dispersés dans plein de chapelles différentes) ; de pablistes voire de trotskistes ; d’anciens maos ; de socialistes conséquents ; d’écolos ; d’alternatifs ; d’anars… Un rassemblement joyeusement hétéroclite qui est en passe, sinon d’homogénéiser sa pensée et ses pratiques, tout au moins d’apprendre à créer ensemble. Et de renverser la table ! Merci à toutes celles et à tous ceux qui vont nous empêcher, nous militants des partis, apparatchiks et fiers de l’être (à tout le moins, j’en suis un et je conchie ceux que cela gène), de retomber dans nos vieux travers… comme les cadres de la SFIO d’avant la première guerre pouvaient le faire.

Parce que je reviens à mon analogie tout de même. Ce rassemblement de gens venus d’horizons bien divers me fait bougrement penser au bouillonnement politique et intellectuel qui a amené à la création du Parti Communiste, autour de la scission de la Section française de l’Internationale Ouvrière à Tours. Bien sûr, cette scission est fondatrice qui marque le passage de la majorité de ce qui était le parti socialiste de l’époque aux thèses bolcheviques popularisées par le triomphe de la révolution des soviets en 1917. Mais c’est oublier le rôle d’autres composantes politiques dans la genèse du PCF. Il y a les pacifistes radicaux, au sein du comité Zimmerwald. Il y a des syndicalistes révolutionnaires. Il y a les déjà communistes car membres du Comité français pour l’adhésion à la IIIe Internationale. Il y a aussi des anarcho-syndicalistes, avec les figures de Rosmer et Monatte entre autres… Et puis, il y aura des anciens combattants, des intellectuels de gauche, des gens vierges de tout engagement préalable.

Création du PCF SFIC

La rupture procède, en premier lieu dans la famille sociale-démocrate, du comportement pendant la guerre. La tradition pacifiste du mouvement ouvrier français est heurtée par « l’union sacrée » dans laquelle se commettent la SFIO et ses dirigeants, parmi lesquels Marcel Sembat ou, plus étonnant, le vulgarisateur du marxisme Jules Guesdes. C’est bien cet évènement politique, au moins autant que la Révolution bolchevique, qui va être aux origines de la naissance du Parti Communiste Français.

Pour le Front de Gauche, c’est une rupture politique majeure, également au sein du bloc identifié comme social-démocrate, qui va accélérer le processus de reconstruction de la gauche radicale. Cette rupture procède du refus de cautionner une nouvelle « union sacrée » mais dans la guerre de classes cette fois.

C’est déjà long comme note, et pourtant je sais que je suis un peu court sur la démonstration. J’ai pourtant encore bien des choses à écrire sur le sujet. Vous n’imaginez même pas…. J’espère juste que le débat continuera dans les commentaires.

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Bonus vidéo : « L’Appel du Komintern »


#FrontContreFront

A l’évidence, la campagne électorale : présidentielle et législatives, est entrée dans une nouvelle phase. Les lignes forces se clarifient, les oppositions se marquent. Deux camps politiques opposés dominent le débat : le Front de Gauche face au Front national. J’ai écrit pourquoi Jean-Luc Mélenchon a raison de dire « à la fin, ce sera eux contre nous ». J’ai eu tort de croire que la fin arriverait dans quelques années…

Depuis quelques semaines, les camarades du Front de Gauche sont engagés dans un combat au corps à corps avec les frontistes. Notre spécialiste de la question, Alexis Corbière a publié plusieurs articles sur le sujet et publie aujourd’hui même un nouvel ouvrage qui fera date, Le Parti de l’étrangère ; Laurent Mafféis a rédigé un livre démontant les Cinq Mensonges du Front national ; l’ami Despasperdus explique en quoi le FN n’est pas une fatalité… Mon géographe d’ami Nicolas Lambert, lui, fait la démonstration que « Voter FN ne sert à rien ». Sur la blogosphère, le Front de gauche tient la tranchée. Sur le terrain, aussi !

Vincent Adami face à Marine Le Pen

L'image qui symbolise la campagne présidentielle 2012

La journée d’hier est particulièrement révélatrice ! Elle se focalise dans l’Est de la France, terre de mission du Front national. La Le Pen y est allé, hier, pour tenter de flirter avec les ouvriers de l’usine PSA de Montbelliard. Et bien, les camarades du Front de Gauche, Vincent Adami en tête, l’en ont physiquement empêché. Je vous renvoie chez l’ami JesuisCethomme pour le récit complet de l’affrontement.

Le soir, dans ces terres ouvrières dont les militants frontistes s’arrogent, avec arrogance, la possession, Mélenchon tient meeting devant 3 000 personnes, chiffres livrés par le directeur du Palais des sports de Metz. Là, il lance « l’opération nettoyage » contre le FN. Dans la même ville, en novembre, la châtelaine de Montretout avait rassemblé 800 personnes… Fin de la séquence.

Milliardaires de père en fille

Ce matin, j’ai entendu sur RMC que cette journée du mercredi 18 janvier produit déjà des effets et que les militants d’extrême-droite montent le ton leur tour. A l’image de ce candidat aux législatives dans le Puy-de-Dôme, qui se présente comme un conducteur routier et accuse Jean-Luc de toucher « 42 500 euros par mois ». Ils ont compris qui est leur ennemi, qui ne lâchera pas un pouce de terrain devant eux.

Notre stratégie est là, au grand jour : c’est Front contre Front. D’abord, l’explication : le désossage d’une idéologie corporatiste dont les premiers bénéficiaires restent à jamais les membres de l’oligarchie dont fait partie la rentière exilée à Nanterre pour cause de « nouvelle ligne ». Les camarades sont précis, ils cherchent les textes, les écrits du Front national, les situent dans le contexte politique du temps. Deuxio : l’affrontement.

Nous tiendrons la rue

Mis à part les partisans des différentes extrêmes-droites réunies dans cette fédération de la haine qu’est le Front national, il y a dans les membres du Front national des gens qui sont contre le système. Des personnes exaspérées par les conséquences de la lutte des classes à l’œuvre depuis des décennies et qui constatent que la gauche traditionnelle, celle qui se baptise ainsi en tous les cas, les a abandonnés. Ceux-là ne donnent aucune prise aux discours moralisateurs sur le thème « le FN c’est mal ». Ils en ont ras-le-bol tout simplement. A ceux-là, pas la peine de parler par périphrases. Il faut faire la démonstration physique que nous sommes les meilleurs combattants contre le capitalisme.

Alors, oui : à chacun son prosélyte Front national. Ne lâchons rien ! Traquons-les partout ! Ne leur laissons plus aucun espace d’expression sans qu’ils ne nous trouvent en face. Et si la phrase choc ne suffit pas, le poing dans la gueule, lui, saura convaincre.

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Bonus vidéo : Melissmell « Aux Armes » – Merci à Esprit critique pour la découverte