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Dimanche ordinaire pour l’amère

Dimanche 29 avril 2012

8h04 : Dominique Voynet à « liste cabinet » (mode sms)
Je ne viens pas à leur cérémonie de la déportation à la con. Faites savoir que je suis retenue par l’organisation du meeting FH à Bercy. Ils comprendront.

8h05 : « Dir Cab » à « maire » (mode sms)
Heu… Tu es sûre ? Personne n’y croira…

8h06 : Dominique Voynet à « Dir Cab » (mode sms)
Je te demande pas ton avis. Tu es personnellement responsable de m’avoir fait présenter une motion demandant de soutenir le PS qui est minoritaire dans MA ville. Donc, ferme-là et fais-toi oublier.

« François, un petit ministère s’il te plaît… »

8h10 : Dominique Voynet à Flamby (mode sms)
Bonjour François, c’est Dominique. Voynet, mais tu le sais, tu as la présentation du numéro. A quelle heure veux-tu qu’on se voit à Bercy ? Il faut que je t’entretienne d’un sujet important.

8h35 : Dominique Voynet à Flamby (mode sms)
François. Je suis alarmée des rumeurs. Ce n’est pas possible de donner un portefeuille à Kim Jong-Il. Tu sais que ce type n’est pas fiable. Moi, je te suis loyale, j’ai toujours été loyale avec le PS.

8h42 : « Dir Cab » à « maire » (mode sms)
Heu… Dominique… Catherine n’est pas dispo pour te remplacer. C’est ennuyeux. Comment on fait ?

8h43 : Dominique Voynet à « Dir Cab » (mode sms)
J’ai autre chose à foutre. Envoie Mosmant. Qu’il serve à quelque chose.

 

« Cette nulle de Martine s’est fait griller Matignon par Ayrault en plus. Trop la loose ! »

8h59 : Dominique Voynet à Cécile D. (mode sms)
Cécile, tu en es où des négos avec ce con de FH ? J’espère que tu ne vas pas placer ton pote Jean-Vincent. C’est à moi que tu dois ton poste à EELV je te rappelle. DV

9h03 : « Dir Cab » à « maire » (appel)
(Appel rejeté)

9h12 : « Dir Cab » à « maire » (mode sms)
Dominique… Daniel M. me dit que tu peux aller te faire f… après ce que tu lui as fait au dernier bureau municipal.

9h13 : Dominique Voynet à « Dir Cab » (mode sms)
Envoie Monteagle et arrête de m’emmerder ou prépare-toi à aller visiter Pôle emploi pour autre chose qu’un pince-fesse.

9h14 : Dominique Voynet à « l’arriviste » (mode sms)
Jean-Vincent, je te rappelle que j’ai soutenu ta candidature aux sénatoriales. Tu me dois bien un retour d’ascenseur. Toi et moi au gouvernement ça aurait plus de gueule que cette arriviste de Duflot, tu crois pas ? Appelle-moi. DV

9h15 : « Dir Cab » à « maire » (mode sms)
Monteagle est d’accord mais il doute de la crédibilité de ton excuse.

9h16 : Dominique Voynet à « Dir Cab » (mode sms)
Je suis au Zimmer en train de boire un café avec FH. Me dérange plus, connard. Mais fais savoir dans toute la mairie dès lundi que je suis ministre.

9h17 : Dominique Voynet à « Flamby » (mode sms)
François, tu sais, j’ai laissé un très bon souvenir à l’Ecologie. Je suis bosseuse et ne tire pas la couverture à moi. Ne te laisse pas faire par Duflot et JVP, ce sont des fourbes. Au premier accroc, ils te laisseront tomber pour JLM. DV

9h25 : Dominique Voynet à Cécile D. (mode sms)
Cécile. Appelle-moi. DV

9h35 : Dominique Voynet à « l’arriviste » (mode sms)
Jean-Vincent, appelle-moi. DV

9h45 : Cécile Duflot à « l’emmerdeuse » (mode sms)
Je suis en rendez-vous avec FH. Arrête avec tes sms. CD

9h46 : Dominique Voynet à Cécile D. (mode sms)
Ah. Tu lui parles de moi. Même la francophonie je suis d’accord. C’est important la francophonie. Et puis, ça fera un ministère de plus pour nous. Réfléchis bien. DV

9h47 : Dominique Voynet à « Flamby » (mode sms)
François, je sais que tu es en rdv avec CD. Ne lui fais pas confiance. L’alliance entre le PS et EELV ne tiens que grâce à moi. Appelle-moi quand tu peux.

« C’est pourtant moi la meilleure, miroir, mon beau miroir »

9h48 : de « Flamby » à Dominique Voynet (mode sms)
Madame Voynet, vous vous vous trompez de numéro. Ici c’est D’hollande, l’ancien directeur des bâtiments de la ville de Montreuil que vous avez viré à votre arrivée comme un malpropre. Bonne journée.

Suite à de nombreuses questions en ce sens qui m’ont été posées en ce sens, je tiens à préciser que ces propos sont fictifs. La réalité qu’ils recouvrent, quant à elle, reste à l’appréciation de chacun.

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Bonus vidéo : Blondie « Call Me (The Messiah Dubstep Remix) »

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François et Jean-François font du pédalo – Acte 4 scène 1

Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;

  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;

  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;

  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

Devine qui vient manger à la maison ce soir ?

Acte 4 scène 1

Jean-François est dans son bureau de la mairie de Meaux, il fulmine, tournant en rond comme un lion dans sa cage. François est seul, dans son bureau du conseil général de Corrèze. Il est assis derrière le plan de travail, vide, se tenant la tête entre les mains. Soudain, son téléphone portable sonne.

François H. (il s’empare de l’appareil de manière fébrile) : Allo ? Allo ? C’est qui ?

Jean-François C. : C’est moi ! Qui veux-tu que ce soit ?

François H. : Ben… Je sais pas… Ca aurait pu être Valérie…

Jean-François C. : Oui, mais non ! C’est moi !

François H. : Ca va ?

Jean-François C. : Bien sûr que non, ça ne va pas ! T’es bête ou quoi ? Tu es devant le nain hystérique dans MA ville ! Faut que j’ajoute les voix de l’autre timbrée de Montretout pour que la droite dépasse la gauche et tu voudrais que j’aille bien ?

François H. : Mais… Je ne l’ai pas fait exprès !

Jean-François C. : Ca je le sais tocard ! Tu ne fais rien exprès, surtout pas de gagner ! Mais là, tu comprends, ça va finir par se voir !

François H. : Quoi qui va finir par se voir ?

Jean-François C. (éructant) : Mais c’est pas possible ! Tu es encore plus débile que le Nain le dit ! Ca va se voir que je veux que l’autre con se casse ! Même Fillon me frappe dans le dos. Tu sais ce qu’il a osé dire ce résidu de séguiniste ?

François H. : Tu sais… Mis à part Paris-Match et Gala, et encore pour voir si je suis en photo, je lis pas trop les journaux. C’est mes collaborateurs qui font ça pour moi.

Jean-François C. (soupirant) : Il a dit que je faisais bien mon boulot à la tête de l’UMP. Comme vacherie, ça se pose là ! Nabot-Léon va avoir plus que des doutes ! Je suis perdu, tu comprends ?

François H. (réfléchit un long moment puis lâche) : Heu… Non.

Jean-François C. (renifle, au bord des larmes) : Pourquoi je te demande si tu comprends… Même moi, je commence à déconner… Enfin, tout n’est pas perdu. Le nain va perdre ! Ce sera déjà ça de pris. Pour le reste, j’aurais un peu de temps… Au moins jusqu’en 2014.

"Arrêtez ou je retiens ma respiration !"

François H. (surpris) : Mais… Les présidentielles, c’est en 2017…

Jean-François C. (il éclate de colère) : Parce que tu crois que, si je perds les municipales – et c’est possible vu le score de l’autre tâche le 22 avril -, ils me laisseront à la tête de l’UMP ? Tu veux que je te fasse un dessin ou quoi ?

François H. (intimidé) : Mais… Avec les voix du FN… Tu disais toi même… Avec ma politique, il va rester haut.

Jean-François C. (tente de reprendre son calme) : Ca… Je le sais. Il va même augmenter. C’est aussi ça mon problème. Marine a accepté de pas faire élire le petit roquet teigneux cette fois-ci…

François H. : Elle est gentille, tu vois bien. On peut compter sur elle

Jean-François C. (pète à nouveau un câble) : Mais non ! Elle est pas gentille du tout ! On veut tous la fusion, ou l’alliance au moins, entre l’UMP et le FN. Elle fait des efforts. Nous aussi, avec Marianni, Lucca et les autres demeurés de PACA. Mais, ce qu’elle veut, c’est prendre la tête du truc. Et là… Moi… Moi… Ben, je suis foutu !

François H. (éberlué) : Foutu comment ?

Jean-François C. (au bord de la crise nerfs) : Mais… Foutu comme foutu ! C’est simple : c’est où la Marine ou ton copain Mélenchon !

François H. (se raidit) : C’est pas mon copain ! Il mégote ! Il veut que je convainque ses électeurs… Tu te rends compte ?

Jean-François C. : Je me rends surtout compte qu’il a raison et que toi, tu préfères t’adresser au Front national alors que les électeurs de Marine sont de droite pour de vrai ! Avec ta « colère sociale », tu es en retard de deux élections. Sarko, lui, il a compris : il cite Pétain, il parle du lebensraum, il plagie la blondasse… Bref… Comme il sait que c’est perdu, plutôt que de me mettre le pied à l’étrier, il la légitime, elle !

François H. (en panique) : Mais… C’est pas possible !

Jean-François C. (résigné) : Si… C’est trop possible même. Je serai jamais président… (Il éclate en sanglots et raccroche)

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Bonus vidéo : Fyah T « Backstabba (Feat. Jah Mason) »


Pour Hollande, la figuration c’est maintenant

Nom d’un petit flan aux œufs ! Mais quelle est cette manie de tirer dans le dos des travailleurs qui habite la social-démocratie ? Le candidat dit « sérieux » est fort ce 18 avril du ralliement de figures bien connues de la gauche : Azouz Beggag, Martin Hirsch, Jean-Jacques Aillagon, Fadela Amara… Il semblerait même que l’ancien vendeur de l’Humanité dimanche Jacques Chirac se souvienne de sa jeunesse énarchique pour se prononcer en faveur du président du conseil général de Corrèze. A moins que ce ne soit qu’une conséquence des relations de bon voisinage.

Alors, qu’est-ce qui prend le héraut autoproclamé des anciens futurs ou futurs anciens ministres, si sûrs de leur élection qu’ils sont déjà entrain de se livrer à une lutte des places féroces ? Ce jeudi, il était l’invité de la matinale spéciale présidentielle de France Inter. Le début est conforme à ce qu’est la candidature « sérieuse », dans le renoncement à « changer la vie » propre au Parti « sérieux » depuis 1983. Il vante les mérites de la « discipline budgétaire ». Jusque là, rien de nouveau, le conformisme est constant.

Ca veut dire : gouverner !

Puis, vient l’attaque, sournoise. Vers 6 minutes et 50 secondes. Voilà ce qu’il déclare, tout de go et sans honte :

« Je ne suis pas candidat simplement pour figurer au premier tour et dire « regardez comme j’ai fait un bon résultat et puis on va attendre parce que c’est trop dur ». »

Oh ! Je sais bien : il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Alors, je le réécris : nous sommes là pour gouverner. N’en déplaise à François H., nous ambitionnons de gouverner ce pays. Et le plus tôt sera le mieux ! C’est pour cela que nous avons identifié nos adversaires : la droite et la finance, dont nous connaissons le visage et l’adresse. C’est pour cela que nous avons la volonté de virer devant le parti dit « sérieux ». La situation de la France, de l’Europe en général, est trop préoccupante, trop dure pour les habitants et les citoyens, pour faire de la figuration. Si nous avons décidé de créer le Parti de Gauche, puis le Front de Gauche, c’est parce que nous voulons incarner enfin l’alternative plus que l’alternance.

Cela étant, Flamby a bien montré qui est le figurant dans cette élection à quatre tours. Et il s’y connaît avec ses 15 000 figurants à Lille (pour 25 000 revendiqués) quand nous avons rassemblé 23 000 citoyens au même endroit. Le figurant donc, c’est lui ! En acceptant la « discipline budgétaire », il affirme son choix : devant les oukases de Bruxelles et de la Banque centrale européenne, face aux prédateurs de l’Eurex, il accepte la rigueur jugée « nécessaire ». Si c’est cela faire de la politique… L’ami Prismo Esse résume les choses fort bien :

« Depuis 2009 (et l’adoption – grâce au parti dit « sérieux » – du Traité européen de Lisbonne – NDA), une politique véritablement humaine est vaine. Il est désormais, dans notre pays et dans tous ceux de l’Europe de Lisbonne, impossible de mener à bien une politique de gauche. La France est contrainte d’appliquer 80 % de sa réglementation et de ses lois sous l’autorité du parlement européen ! Cela équivaut à une impossibilité de réformer notre économie, purement et simplement, vers la mise en œuvre d’une économie sociale et environnementale réelle. »

Je m’explique bien mieux certaines choses : le primat de la comptabilité dans le projet dit « sérieux » n’a servi que de faire monter les chiffres de l’abstention. Et c’est ce que nous, au Front de Gauche, nous combattons. Parce que la politique n’est pas qu’affaire de chiffres. Encore que, selon Owni et son véritomètre, nous soyons tout de même ceux qui les maîtrisent le mieux, soit dit en passant.

Y a beaucoup de bleu chez Hollande quand même

Maîtriser pour s’affranchir, c’est en quelque sorte notre manière de faire la politique. Partir du réel pour aller vers l’idéal. Cela exige de nous que nous prenions le pouvoir, à chaque niveau. Ce n’est qu’en assumant la responsabilité politique la plus élevée : la direction du gouvernement, que nous pourrons faire mieux que le parti « sérieux ». Pour cela, une seule solution : le vote Mélenchon les 22 avril et 6 mai puis Front de Gauche les 10 et 17 juin. Permettons ainsi à Flamby de se livrer à son art favori : la figuration libre.

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Bonus vidéo : Ministry « Lies, Lies, Lies »


François et Jean-François font du pédalo – Acte 3, scène 2

Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;

  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;

  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;

  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

Le grand cirque, c'est maintenant

Acte 3 scène 2

 

Il est tard dans la nuit. Jean-François est seul dans son bureau au siège de l’UMP, François est tout aussi isolé dans son vaste bureau du siège de sa campagne. Ils ont les traits tirés.

François H. (parle bas) : Allo ? Allo, Jeff ?

Jean-François C. (un peu surpris) : Ah, c’est toi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Je ne veux plus que tu m’appelles, ça devient dur là.

François H. : Je sais, mais je suis perdu là. Rien ne va plus…

Jean-François C. : Ne m’en parle pas ! Le nain de l’Elysée est furax contre moi. Il est persuadé que j’ai fait exprès de plomber le meeting de la Concorde… Pourtant, j’ai essayé d’être discret.

« Je crois que Sarko c’est rendu compte de quelque chose »

François H. : Mon souci, c’est que Vincennes n’a pas été plus flambant. C’est encore le rouge qui sort victorieux de ce week-end. J’ai peur, Jeff ! Je crève de trouille. Tu es sûr que Sarko sera au second tour ?

Jean-François C. : Ben… ça devient compliqué. On a repris des voix au FN, j’ai poussé le nabot à le doubler sur son extrême-droite… Mais mon souci c’est que – entre toi, Mélenchon et Joly – sondages après sondages, c’est toute la gauche qui progresse.

François H. (le coupe violemment) : Ah non ! Eva et moi, nous n’avons rien à voir avec lui ! J’ai été on ne peut plus clair sur ce sujet !

Jean-François C. (au bord des larmes) : Ouais, ouais… Je sais. Le résultat, c’est qu’il monte à côté de toi. Oh… bien sûr ! Tu restes en tête, parce que Bayrou s’effondre et que tu récupères son électorat. Mais ce foutu Mélenchon ne cesse de progresser. C’est le seul que toutes les enquêtes d’opinion donne en hausse constante d’un sondage à l’autre.

"Mais qu'est-ce que je fous dans cette galère moi ?"

François H. : Alors, c’est quoi ton problème, tant que je reste devant ?

Jean-François C. (s’énerve) : Mais… Mais… Tu comprends pas ? Tu es vraiment aussi con que tout le monde le dit ? Tu ne vois vraiment pas ?

François H. (déstabilisé) : Ben… Ben… Heu…

Jean-François C. (au bord de la crise de nerfs) : Triple con ! Tu ne vois pas que le risque c’est que Mélenchon soit au second tour contre toi ?

François H. (timide) : Mais, je gagnerai dans ce cas.

Jean-François C. (tape sur son bureau, hurle dans son téléphone) : D’abord, rien n’est moins sûr ! Tu ne vois pas que le pays est tout chamboulé ? Nos repères ne fonctionnent plus ! Normalement, il aurait dû rester à 10 % le rouge ! Mais non ! Il cartonne dans tous les meetings. A cause de lui, et de son Front de Gauche, on a dû organiser en quatrième vitesse des meetings en plein air ! Toi, tu l’as copié en diffusant tes meetings sur le net. Et puis… Et puis… Si j’appelle à voter pour toi, tu gagneras. On fera le coup de la « peur du rouge ». L’union sacrée et tout ça. On fera un gouvernement d’union nationale. Mais, la fois suivante, il sera élu. Lui ou un autre. Et moi… Et moi… Adieu l’Elysée. J’aurais que Meaux pour pleurer.

François H. (apeuré) : Tu crois vraiment ?

Jean-François C. : Mais c’est évident ! Partout où on fait des gouvernement d’alliance droite-socialiste, ça ouvre la porte aux bolchéviques ! Et quand ils sont là, c’est pour des années !

François H. : Mais… Comment a-t-on pu en arriver là ?

Jean-François C. (vire une pile de courriers siglés « confidentiel » de son bureau) : C’est de ta faute ! T’aurais pas pu faire une campagne de gauche, comme je te le demande depuis des mois ? Non ! T’as voulu jouer le deuxième tour dès le premier. T’as rien compris à ce qu’il s’est passé en 2002. Tu n’es qu’un con. Je te jure, je te le ferai payer jusqu’au dernier centime ! (Il jette son portable contre le mur).

François H. : Allo ? Allo ? … Jeff ??? … il a dû rentrer dans un tunnel.

La peur du rouge est-elle bien raisonnable ?

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Bonus vidéo : Jéronimo « J’ai peur des Américains »


Camarades, ne cédons pas aux provocations !

Nous voici dans la dernière ligne droite. Le vent souffle de plus en plus fort. La mer est agitée et la vague qui s’apprête à déferler sur le vieux monde à l’agonie est aussi grosse que la bise qui nous agresse s’avère violente. Ne nous trompons pas : il y a un lien entre les deux. Il n’y a aucun hasard si le tir de barrage nourri dont les éditocrates se sont rendus coupables à notre encontre jeudi 12 avril coïncide avec le sondage qui place le Front de Gauche et son candidat à 17 % ce matin, bien devant l’hystérique de Montretout. Ils disposaient des premiers éléments hier.

La perspective d’une nouvelle bonne intervention de notre candidat dans l’émission Des Paroles et des actes, pouvant encore renforcer l’audience que nous nous sommes créées, suffisait à justifier une vulgaire (au sens premier du terme) tentative de déstabilisation. Ils ont joué, ils ont perdu. Parce qu’ils ne nous connaissent pas. Chaque attaque nous renforce. Chaque coup porté indique que nous sommes dans la bonne voie. Et Mélenchon s’est encore bien tiré du piège que lui tendait Pujadas.

De leurs côtés, les agents du parti dit « sérieux », excités par la peur de devoir composer avec une gauche retrouvée, en oublient que leur ennemi devrait être la droite et Nicolas le petit. Les images parlent autant que les mots. Vous les avez en tête. A Toulouse, par exemple, la municipalité PS a diligenté sa police municipale pour arracher nos affiches. A Limoges, les mêmes élus « sérieux » n’avaient eu recours qu’aux forces militantes pour tenter de nous recouvrir. Sans plus de succès. L’enthousiasme de nos propres camarades a suffi à rétablir notre prééminence sur le terrain. Passons donc sur cet épisode malheureux mais bien prévisible qui voit – une nouvelle fois – la social-démocratie se tromper d’adversaire. Il m’affecte un peu, parce que j’habite à quelques mètres de l’église Saint-Bernard… Oui, oui, celle-ci en particulier. Mais, vu ce que j’ai entendu des éléphanteaux du parti « sérieux » dès que j’osais avancer un point de vue argumenté de gauche – « communiste, retourne d’où tu viens » – je ne suis guère étonné. Cela fait bien longtemps que le viseur de la rue Solférino est biaisé.

La violence des attaques dont nous sommes victimes en ce moment, nous autres Front de Gauchistes, constitue la réponse directe à la progression de nos idées dans toutes les composantes de la société. Commentant le sondage déjà évoqué, le journaliste de BFM TV soulignait : « Mélenchon progresse parmi les ouvriers, les jeunes, sur les questions écologiques et parmi les électeurs socialistes ». Faut-il poursuivre plus avant pour expliquer que le Parti « sérieux »¸ EELV et les idéologues à carte de presse, tous défenseurs de l’intégration à l’Europe libérale, nous prennent pour cible ? C’est le combat politique. Là se dessine la ligne d’affrontement : libéralisme ou alternative. Nous avons choisi notre camp, nous assumons les coups qu’on nous porte. Parce que nous assumons les victoires dans la bataille idéologique. Comme le dit mon amie Hélène Le Cacheux, que je vais retrouver pas plus tard que ce soir, « nous redonnons à la classe ouvrière conscience d’elle-même ».

La droite Sarkoziste s’était réapproprié les analyses et méthodes du philosophe marxiste Gramsci sur la bataille culturelle. C’est à partir de là qu’elle avait mené l’offensive de triangulation, se réappropriant un champ symbolique estampillé à gauche : Jaurès, Guy Moquet, l’adresse aux ouvriers. Avec le succès que l’on connaît. Un général, Arnaud de Foïard, a expliqué le tout dans les années 1980 : « La guerre culturelle est un moyen de domination et de conquête par perversion de l’équilibre culturel de l’adversaire. »

Puisque le parti « sérieux » ne relevait pas le gant, nous l’avons fait. Nous avons repris ce qui est à nous – comme arme politique de la classe ouvrière au sens marxiste du terme (ceux qui produisent la plus-value dont ils sont spoliés) -, expliqué, démonté, mis en lumière… Bref, nous avons rendu à notre peuple ce qui lui appartient. Nous lui donnons les outils de la conscience de lui-même et, par-là, de sa propre émancipation. Et vous voulez que ceux qui défendent la résignation à l’ordre établi se laissent faire sans broncher ? Ne rêvons pas les amis. Le pire est encore à venir. La semaine qui vient sera horrible. Encore plus si nous réussissons à prendre les plages du Prado samedi 14 avril et que le candidat « sérieux » ne réussit pas son opération à Vincennes malgré TGV et bus affrétés à grand frais. Mais même à 100 000, ils seront loin de notre prise de la Bastille.

Les laquais dociles de l’oligarchie ont donc bien des raisons d’être aux abois. Nous faisons la démonstration que réhabiliter le clivage gauche-droite, c’est créer les conditions de la victoire de la gauche dans les urnes puis dans la rue. C’est bien ce que nous avons travaillé à produire depuis que nous avons créé le Front de Gauche fin 2008-début 2009. Quel que soit le résultat de cette élection à quatre tours, rien ne sera plus jamais comme avant. Quand le peuple retrouve la conscience de lui-même, la fierté de lui-même, la voie qui est la sienne, la bataille prend un tour plus clair. La victoire électorale ouvrira la voie à la grève générale autant qu’à la constituante. Les deux vont de pair, de toutes les façons.

Voilà donc où nous en sommes, à une grosse semaine du premier tour de l’élection présidentielle. Avec, en sus, un potentiel électoral qui nous place devant Nicolas le petit. Je vous le dis, mes amis, ces huit jours qui viennent vont être violents pour nous. Ceux qui nous intéressent, ce sont ces 200 personnes venues des quartiers populaires à Neuilly-sur-Marne ; ces milliers de voisins, d’amis, d’inconnus aussi que nous croisons sur les marchés, au porte à porte, devant les usines ; ces collègues que l’on invite à la maison. Soyons fermes dans l’argument, décidés dans nos méthodes, ne cédons pas à la provocation.

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Bonus vidéo : Assassin « Sérieux dans nos affaires »


François et Jean-François font du pédalo – Acte 3, scène 1

Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;

  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;

  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;

  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

 

« C’est pas possible que le nain gagne quand même… »

Acte 3 – scène 1

 

François est seul, le matin, très tôt, dans son bureau au siège de campagne. Jean-François est assis à l’arrière de sa voiture. Son téléphone portable sonne.

Jean-François C. (la voix endormi) : Oui ? Allo ? Qui c’est ?

François H. (affolé) : Jeff ! C’est moi, c’est François ! (A la limite de la crise d’hystérie) C’est la catastrophe !

Jean-François C. : Calme-toi ! Qu’est-ce qu’il y a de si grave encore ? Je n’ai plus de nouvelles de toi pendant plus de 3 semaines et là, tu m’appelles en crise…

François H. (le coupe) : Mais c’est horrible !

Jean-François C. (autoritaire) : Arrête de chialer et explique-toi !

François H. (tentant de reprendre sa respiration) : Sarkozy est devant moi, dans les sondages ! Les courbes se croisent, c’est horrible !

Pour une fois, Hollande a tourné à gauche... Fausse route.

Jean-François C. (maîtrisant un éclat de rire) : Ah ben ça… Ce n’est pas comme si je t’avais pas prévenu.

François H. (stupéfait) : Tu vas encore dire que c’est de ma faute ?

Jean-François C. (pouffant) : Non… Allons… Que vas-tu chercher là ?

François H. (reprenant ses esprits) : Ah… Merci ! Parce que, vraiment, j’essaie de faire campagne, t’as vu ? Je fais des meetings, je passe à la radio, je fais des propositions. Y en a même 60.

Jean-François C. (cède à la lassitude) : On voit le résultat. Ce connard de Sarko te passe devant dans les sondages et tu m’appelles en catastrophe. La belle campagne que voilà. Heureusement que je te sauve la mise encore une fois…

François H. (interloqué) : Ah ! Et comment ?

Mais qu'est-ce que je fous dans cette galère ?

Jean-François C. (prend le temps de saisir une barre chocolatée, enlève sans se presser l’emballage, en croque un morceau et, la bouche pleine, reprend) : Tu me fatigues François. J’ai fait une connerie en pensant que tu pouvais y arriver. Alors, je t’explique…

François H. (de nouveau en crise) : Mais… Mais… (il hurle) J’ai fait tout ce que tu m’as dit !!!

Jean-François C. (crie à son tour) : tu as fait tout le contraire de ce que je t’ai dit. Tu es nul ! Tu mènes une campagne qui fait passer Bayrou pour un adepte de Guy Mollet. Tu apparais comme une girouette qui n’a aucun avis ! Tu dis te battre contre la finance et tu vas te précipiter à Londres expliquer que tu n’es pas dangereux ! Abruti ! A cause de toi, Mélenchon a passé les 10 % et, encore, parce que j’empêche que les vrais résultats soient publiés. Sauf que là, je vais bientôt plus pouvoir. Les journaleux veulent la vérité…

François H. (étouffant un sanglot) : Alors… C’est… J’ai perdu ?

Jean-François C. (retrouve son calme) : Non… Enfin… D’abord, il te reste le « vote utile ». Et je fais tout pour que tu ne perdes pas. Heureusement, j’ai la main sur la campagne de Sarko. Je lui fais tenir un discours qui fait paraître la Le Pen pour une dangereuse social-démocrate à Villepinte et, le lendemain, à Parole de candidat, je lui fais tenir les propos de Mélenchon sur les « exilés fiscaux ». A force, ça va bien finir par se voir.

François H. (entre deux sanglots) : Mes conseillers m’ont dit que la triangulation, l’art de piquer les idées des autres pour se faire passer pour ce qu’on n’est pas, ça peut marcher.

Jean-François C. (soudain extrêmement las) : Tes conseillers avaient aussi présenté un amendement sur les exilés fiscaux en 2011. Au final, c’est Mélenchon qui porte la mesure. Toi, tu n’as « rien contre les riches ».

François H. (long silence) : Ah…

Jean-François C. : Et oui… Tu ne m’écoutes jamais. Donc, si tu ne veux pas que nos conversations se retrouvent dans les journaux, tu vas me rendre un service.

François H. (inquiet) : Lequel, Jeff ?

Jean-François C. (menaçant) : Il est hors de question que tu acceptes un portefeuille dans un ministère Mélenchon ! Tu m’entends ? Pas un socialiste dans son gouvernement ! Si tu ne tiens pas parole, je balance tout ! (Il raccroche, rageur, et balance son téléphone portable par la fenêtre de la voiture)

François H. (en larmes) : Jeff… Jeff… Allo ? Jeff… Ne me laisse pas ! J’ai peur !

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Bonus vidéo : Ash « Lose Control »


François et Jean-François font du pédalo – Acte 2 scène 2

Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;

  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;

  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;

  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Pré scriptum : Intervention de Jean-Pierre Brard sur le Mécanisme européen de stabilité à l’assemblée nationale, le 21 février 2012.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

 

Il y a déjà une BD consacrée à François Hollande

Acte 2 – scène 2

 

Un bureau vide à l’Assemblée nationale, le soir du 21 février 2012. Jean-François est très en colère, il va et vient en tous sens, en faisant de grands gestes. François se tient dans un des coins de la pièce, mains dans le dos, tête basse.

Jean-François C. (il hurle, au comble de l’exaspération) : Mais c’est pas possible ! François ! Pourquoi tu me fais ça François ? Qu’est-ce que je t’ai fait nom de Dieu ????

François H. (bredouillant) : Mais… Mais…

Jean-François C. (vraiment très énervé) : Arrête ! Il n’y a rien à expliquer. Je ne peux pas te faire confiance !

François H. (larmoyant) : Qu’est-ce tu me reproches encore ?

Jean-François C. (tentant de se reprendre) : Est-ce que tu peux m’expliquer ce vote débile sur le Mécanisme européen de stabilité ?

François H. (retrouvant un peu de contenance) : Ben… C’est comme a dit Martine : on s’abstient parce qu’on est pour la solidarité mais contre l’austérité. C’est une abstention dynamique, offensive !

Jean-François C. (tentant de se maîtriser) : D’accord. Ça, c’est le fond de ta position ?

François H. (soudain affirmatif) : Ah oui ! Depuis le Traité constitutionnel européen, tu sais, on est super pour l’Europe, nous !

"Une abstention dynamique, offensive"

Jean-François C. (oscillant entre désespoir et ironie amère) : François… C’est moi. Tu sais que je sais pourquoi tu as voté et fais voter « oui » au TCE…

François H. (déstabilisé) : Mais… Parce que j’y crois moi à l’Europe.

Jean-François C. (il hurle à nouveau) : Ne me prend pas pour un journaliste triple con ! Je sais que tu as voté et fais voté « oui » parce que Fabius s’était prononcé pour le « non ». Je ne suis pas un crétin !

François H. (perd son calme) : Comment ? Mais…

Jean-François C. (essayant de se calmer à nouveau) : Je vais te dire les choses le plus simplement possible. Le Mécanisme européen de stabilité, c’est Sarko et Merkel qui l’ont créé. C’est un outil purement libéral. A cause de tes conneries vis à vis de Fabius, tu es empêtré dans une course à l’échalote sur la question européenne. Tu ne veux pas te dédire sur le TCE et, comme tout découle de là, tu es coincé.

François H. (retrouvant un sursaut d’orgueil) : Ah Jeff !

Jean-François C. (l’attrapant au col, le visage congestionné de colère, il le plaque contre le mur) : Tais-toi ! Je veux que tu gagnes cette saleté d’élection présidentielle ! Alors, tu vas m’écouter et fermer ta gueule. Tu vois pas qu’à cause de votre abstention à la con, tu remets le nain hystérique en selle ? Vous aviez gagné l’élection avant même que les urnes se prononcent et tu fous tout en l’air !

François H. (le souffle court) : C’est pas vrai. Je te jure que j’essaie… Je vais le battre, notre accord tient toujours.

François Hollande

Jean-François C. (il desserre son étreinte) : Le mal est fait. Tu n’avais qu’à voter contre, ça ne te coûtait rien. Nous, on est majoritaires à l’Assemblée. Tu n’avais pas besoin de t’abstenir : même avec les députés PS contre, on le passait ce texte.

François H. (bredouille, complètement décontenancé) : Mais… et le Sénat ?

Jean-François C. (il le lâche, lui tourne le dos et tourne en rond dans la pièce) : C’est simple. Vous votez contre. Avec de beaux discours de gauche qui font de Mélenchon un dangereux social-démocrate. Tu es élu. Juste après, tu signes ce fichu traité en disant que tu peux pas faire autrement.

François H. (reprenant ses esprits) : Ce serait mentir…

Jean-François C. (dans un geste de dédain) : Arrête tes grands mots. Tu crois qu’il a fait quoi Jospin en 97 avec le traité d’Amsterdam ?

François H. (se grattant la tête) : C’est pas idiot.

Jean-François C. (la main sur la poignée de porte, prêt à sortir) : Alors, tu fais fermer sa gueule à Moscovici, tu reprends les choses en main, tu fais voter les sénateurs contre. Et, peut être, on va oublier qu’en effet, tu n’es qu’un menteur.

François H. (se rengorge) : Je t’en prie ! Pas toi.

Jean-François C. (se retourne, le fusillant du regard) : Je t’en prie. Ferme-là. Tu viens de donner trois points de plus à Mélenchon. Continue comme ça et il sera devant toi. Donc, il gagnera la présidentielle. C’est ça que tu veux ? Moi non. Alors, reprend-toi. Reprend un discours de gauche et gagne-moi cette élection ! Tu crois que nos amis du CAC40 nous paient à quoi toi et moi ? A laisser le terrain aux révolutionnaires ? (Il sort et claque la porte derrière lui)

François H. (il sanglotte) : Je… je… j’en ai marre.

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Bonus vidéo : La Grande Sophie « Du Courage »


PS : vote utile, vote qui mutile

Donc, hier dans UMP matin, l’excellent Pierre Moscovici est revenu à la charge sur le vote utile en invoquant le spectre du 21 avril 2002. A croire que plus la campagne de son poulain Hollande patine, plus le parti socialiste va jouer sur les peurs du peuple de gauche de se voir privé d’une représentation, même la plus pâlotte, au second tour de la présidentielle. Cet appel, qui désespère plus qu’Aulnay-sous-Bois, est une nouvelle mutilation de l’esprit.

Je ne peux dire mieux

Ce rappel incessant du 21 avril 2002 met en exergue l’absence de programme cohérent, d’engagement clairement en rupture avec la décennie que nous venons de vivre. La dernière idiotie en date : ce débat fumeux sur la création de 60 000 postes d’enseignants par « redéploiement » ou par créations effectives, n’est qu’un des stigmates de ce programme flou qui, visiblement, a du mal à convaincre. Jusque dans le camp du parti socialiste où les tenants de feu la gauche de ce parti en viennent à exiger des explications, à l’image de la sénatrice Marie-Noëlle Lienneman, pourtant douée pour avaler les boas constrictor.

Il y a beaucoup à dire sur les lacunes, les non dits, les manques et même les écrits du programme de François Hollande : acceptation de la règle d’or et, très précisément, « l’engagement de ramener le déficit public à moins de 3 % du PIB en 2013 sera tenu », tient à relever Pierre Moscovici dans l’interview accordée à Direct matin, mardi 17 janvier. Comment ? Par une hausse de la fiscalité sur les entreprises ? Non. Par une abrogation du « bouclier fiscal » et le rétablissement de l’Impôt solidarité sur la fortune dans sa pleine et entière conception mitterrandienne ? Je cherche.

Doit-on chercher là, dans ce flou, les raisons qui motivent le refus de François Hollande de débattre avec le candidat du Front de Gauche, programme contre programme ? Parce que nous, nous en avons un : L’Humain d’abord, disponible dans toutes les bonnes librairies.

Ca a plus de gueule que Hollande Bayrou, non ?

Par voie de conséquence, il faudrait renoncer à réfléchir ; à critiquer, fusse-ce de manière constructive ; à exercer notre esprit citoyen, pour voter les yeux fermés, dès le premier tour, pour le candidat social-démocrate. Ce n’est finalement que cela que nous proposent les ténors du parti socialiste, les snipers du candidat Hollande, jusqu’à Gérard Filoche et ses amis de feu la « gauche du PS ». Le tout au nom du « tout sauf Sarkozy ». Bien sûr. Et la marmotte, le chocolat, l’aluminium, tout ça… Autant se faire remplacer le cerveau par un bulletin de vote Hollande tout de suite, messieurs les bien pensants. C’est d’autant plus évident qu’il n’y a aucun risque de second tour Le Pen – Sarkozy. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire sur ce sujet, je n’y reviens donc pas.

Nous connaissons nos responsabilités. Nous pensons très fort aux amis sans papiers traqués, aux Roms victimes de rafles, aux victimes nombreuses de tous les aspects de la politique sarkozistes. Nous aussi, nous éprouvons de la compassion mais pas que ! d’autant plus aisément que nous sommes, en permanence, militants du Front de gauche sur la ligne d’affrontements sur ces questions, aux côtés de nos camarades libertaires, membres du Nouveau Parti Anticipaliste (NPA), du Parti Ouvrier Indépendant (POI) voire de Lutte Ouvrière. Sur cette ligne de front, celle du quotidien, celle où les beaux discours et l’appel à la responsabilité ne suffit plus, nous vous cherchons, « camarades » socialistes. Donc, arrêtez les leçons de morale. Nous savons qui est notre ennemi ! La politique de classe menée depuis dix ans, c’est cela que nous combattons.

C'est donc pas compliqué...

A l’instant où nous parlons, vous auriez bien plus à gagner à exposer des engagements clairs, une doctrine précise, des mesures concrètes pour rompre avec cette politique de classe qui fait tant de mal. Si vous teniez cette ligne, le Front de Gauche n’aurait plus de raison d’être. Las, votre absence de réponse explique notre puissance croissante.

Et les enquêtes d’opinion, pour le peu de crédit que je leur donne, mette en évidence une chose : nous ne nous adressons pas aux mêmes électeurs. Alors, au final, ne cherchez pas à mutiler l’esprit des Français, fichez nous la paix et faites de la politique. Vraiment.

Je veux finir avec cette citation de Gérard Miller, le psy à la mode, dont je ne suis pas fan d’habitude, sur touittère :

« Il ne faut jamais laisser au PS les coudées trop franches. Sans obstacles, sa libido chute illico.
D’où l’intérêt du vote Mélenchon. »

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Bonus vidéo : Depeche Mode « Lie To Me (Dominatrix Remix)