Archives de Tag: gabriel amard

Lyonnaise des Eaux, pour préserver ses intérêts, tous les coups seraient permis

Version enrichie de l’article que j’ai rédigé, à chaud ce matin, pour le site du Parti de gauche.

Quand l’oligarchie sent ses intérêts vitaux menacés, aucune pratique ne la rebute. C’est ce que l’on apprend à la lecture d’un article de Marianne sobrement intitulé « Comment une multinationale a voulu déstabiliser un élu du Parti de Gauche ». En l’occurrence, la Lyonnaise des Eaux, filiale du groupe Suez Environnement, aurait missionné fin 2011 un cabinet de conseil en communication, Vae Solis (« malheur à ceux qui marchent seul » en latin), pour « discréditer sur le fond » la régie publique Eau des Lacs de l’Essonne et son président, Gabriel Amard, par ailleurs secrétaire national du Parti de Gauche. La Lyonnaise des Eaux semble aussi avoir aussi donné pour mission au cabinet Vae Solis « d’empêcher in fine un accord entre la régie publique Eau des Lacs de l’Essonne et Eau de Paris » sur la fourniture d’eau potabilisée…

Il faut savoir que la régie publique Eau des Lacs de l’Essonne a été créée après une votation citoyenne organisée par les élus de la Communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne en juin 2010. Il s’est agi alors, pour notre camarade Gabriel Amard, de laisser aux citoyens le choix du mode d’approvisionnement en eau potable après la sortie de la ville de Viry-Chatillon du Syndicat des Eaux d’Île-de-France. Au final, ce sont 4 945 personnes qui ont participé, votant à 95 % pour la régie publique. Il y a donc un mandat démocratique derrière la délibération prise par la Communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne. Mais cela n’a pas l’heur d’impressionner beaucoup la Lyonnaise des eaux, dirait-on… Dans son éditorial de la lettre électronique des Lacs de l’Essonne, Gabriel souligne d’ailleurs : « Les choix discordants, même quand ils sont le fruit d’un processus démocratique, ne suscitent chez (les multinationales de l’eau) que mépris. »

La régie est entrée en service le 1er janvier 2011, succédant à Veolia, le concurrent historique de Lyonnaise des Eaux. Cette dernière société a bénéficié d’un marché de gré à gré (l’eau n’est pas soumise aux règles des marchés publics) pour assurer la continuité de service. La négociation a porté ses fruits et le prix du mètre cube facturé par la Lyonnaise a baissé…

Les conséquences ne se sont pas fait attendre pour les usagers : une baisse du tarif d’accès au service de l’eau de 37 %, la gratuité des 3 premiers litres d’eau par jour et par personne, une hausse nette des investissements sur le réseau de distribution. La preuve par l’exemple que le service public est moins cher et plus efficace que le privé. Aucun actionnaire à rétribuer, pas de montage financier complexe pour faire circuler l’argent au sein du groupe en multipliant les sources de profit, pas d’exigence de rentabilité exigées par les places financières… C’est autant de moins pour l’usager qui n’est plus vache à lait. C’est bien cela que la Lyonnaise des Eaux semble vouloir discréditer pour préserver les bénéfices colossaux qu’elle réalise sur le dos des citoyens.

L’autre point qui pourrait l’avoir piquée au vif, expliquant la brutalité de la méthode (si elle est avérée), reste qu’elle serait potentiellement remplacée par Eau de Paris dans l’approvisionnement en eau potable. Cela montre que, même en concédant un tarif dit « préférentiel », les majors de l’eau réalisent encore pas mal de bénéfices. C’est là qu’il faut chercher l’explication à cette volonté « d’empêcher in fine un accord entre la régie publique Eau des Lacs de l’Essonne et Eau de Paris , déjà évoquée.

Au final, peu importe que la Lyonnaise des Eaux ait fait appel à un cabinet de lobbying pour mener à bien sa tentative. Peu importe que le cabinet animé par un militant PS ait eu besoin de proposer son aide bienveillante aux élus UMP de Viry-Chatillon. Plus inquiétant, sur le fond politique, est que, comme le révèle Marianne, le responsable de cette mission au sein de Vae Solis soit aujourd’hui le chef de cabinet du ministre de l’Agriculture. Comme le souligne le communiqué de presse du Parti de Gauche, « c’est un très mauvais signal politique envoyé aux défenseurs du service public de l’eau » que l’on compte même au gouvernement : Pierre Moscovici et Manuel Valls, dans les collectivités qu’ils présidaient avant de devenir ministres, ont aussi fait le choix de la régie publique.

Bonus pièce à conviction : la note rédigée par le cabinet Vae Solis à l’attention de Lyonnaise des Eaux (format pdf)

Sur le même sujet :

———————————

Bonus vidéo : Vice Squad « Stand Strong, Stand Proud »


A Viry-Chatillon, en famille avec Mélenchon

On était quasiment en famille, ce mardi 29 mai au soir, place François-Mitterrand à Viry-Chatillon. A la tribune, autour de Jean-Luc Mélenchon le fondateur, il y a François Delapierre et Gabriel Amard. Si Jean-Luc n’avait déjà une fille, on pourrait aisément dire qu’il était entouré de ses deux fils politiques. Mais, nous ne sommes pas un clan d’une part. Et d’autre part, si François et Gabriel sont si proches de Mélenchon, c’est juste parce qu’ils bossent énormément tous les deux. Gabriel a été dernièrement le grand organisateur des meetings de la présidentielle, François a dirigé la campagne du Front de Gauche. Dans ce meeting de circonscriptions, Jean-Luc -toujours fidèle en amitié – a voulu remercier ces deux hommes qui, happés par leur engagement national, ont délaissé leurs propres campagnes.

En effet, François est candidat dans la 10e circonscription de l’Essonne, qui regroupe entre autres Grigny, Morsang-sur-Orge, Sainte-Geneviève des Bois, Saint-Michel sur Orge… Il relève le défi de ramener cette circonscription très à gauche, comme au temps où Julien Dray (qui n’a pas souhaité renouveler son mandat), jeune député, était encore à la gauche socialiste. « Delap », comme nous l’appelons tous, fait face à Malek Boutih… Ce dernier a réussi à se faire désigner candidat face à une autre « bébé Dray », Fatima Ogbi que je connais puisqu’elle est élue à la Communauté de l’agglomération Les Lacs de l’Essonne. N’étant pas au PS, il ne m’appartient pas de commenter les conditions dans lesquelles Boutih a battu Ogbi.

François Delapierre, lui, connaît bien cette partie de l’Essonne pour y avoir usé ses fonds de culotte de jeune militant, d’abord à SOS-Racisme puis au PS. Il y vient toujours en tant que conseiller régional PG Île-de-France. François n’a peut-être pas le charisme tribunicien de Jean-Luc, c’est un de ces créateurs d’idées dont le discours passe par la conviction. Il joue moins sur la corde sensible mais cela n’empêche pas qu’on y adhère. Je me souviens d’une anecdote à son sujet. Je venais de rejoindre l’association Pour la République sociale après avoir rompu, certains diront avec éclat, avec Montebourg. Jean-Luc me reçoit après que j’ai eu plusieurs échanges avec « Delap ». Nous en venons à parler de ce dernier. Et Jean-Luc me lâche : « Tu sais, je suis un philosophe dans le fond. Et pour un philosophe, il n’y a pas de plus grand bonheur que lorsque l’élève dépasse le maître ». Je me prends à rêver que François rejoigne Jean-Luc à l’Assemblée.

Et Gabriel aussi. « Gab », c’est celui qui, contre toutes les attentes, prend la mairie de Viry-Chatillon à la droite en 1995 à la tête d’une liste rassemblant toute la gauche. Gaby, comme on l’appelle aussi, a réussi à implanter durablement la gauche à Viry-Chatillon alors que la ville vote à droite aux élections nationales. Sauf en 2012. Il a réussi, aussi, à tenir la ligne du non-cumul des mandats. Maire, il passe la main à Simone Mathieu en 2006 avant de lui assurer une confortable réélection en 2008. Conseiller général, il dirige la campagne qui permet à Paul da Silva de lui succéder en 2008. Gabriel, bête politique hors classe, est d’abord quelqu’un qui pense aux autres, qui a chevillée corps la construction de l’organisation. Il est aussi, des nôtres, celui qui met en œuvre – au poste qui est le sien – les radicalités concrètes que porte le Parti de Gauche au sein du Front de Gauche.

Florent qui est venu me rejoindre commente, les discours finis : « C’est surprenant d’entendre Delapierre et Amard. Comme ils sont plus ancrés dans le local, ils sont plus radicaux ». En écho, j’ai cette sortie de Méluche dans je ne sais plus quelle émission télé : « De tous, je suis probablement le plus modéré ». C’est vrai que nous sommes de ceux qui n’hésitent pas à expérimenter localement les solutions qui pourront devenir lois au niveau national quand nous serons au pouvoir. Parce que – sous peu – nous y serons.

Il y a un parfum singulier dans l’air. Jean-Luc est chez lui en Essonne. Il connaît bien ce département pour en avoir été un des responsables politiques de premier plan. Il en a été sénateur aussi. Il a arpenté chacune de ses communes et, à dire le vrai, n’importe où se serait-il présenté dans ce département, il aurait été élu. Finalement, il a choisi d’aller porter le fer face à Marion Anne Perinne Le Pen dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Ce faisant, il a exprimé sa vérité : entre François, Gabriel et les autres, l’Essonne est entre de bonnes mains. Et les autres ne sont pas que membres du PG. A la fin du meeting, les candidats du Front de Gauche issus du PCF présents rejoignent la famille sur la scène. Belle image.

Raccompagné par Florent, je peux rentrer chez moi, satisfait. Grâce à mon ami Georges Tréboal, j’ai pu assumer ma place de responsable de la sécurité autour de la scène. Georges m’a appris à faire un vrai barriérage de sécu. Quelques heures de repos et je vais à nouveau retrouver Mélenchon. Cette fois, avec Ian Brossat. Dans mon quartier de la Goutte d’or.


Mélenchon vient chez moi… deux fois !

Je vais juste faire une précision en début de note parce que, des fois, certains ont du mal à me suivre : j’habite dans le 18e arrondissement de Paris, je travaille à Viry-Chatillon et je milite à Montreuil. Ce triangle, né d’un choix personnel, me fait pas mal profiter des joies des transports en commun. Et, en ce début de semaine, m’offre la possibilité d’accueillir Mélenchon chez moi par deux fois.

Mélenchon fait place à François-Mitterrand

La première, c’est ce soir : place François-Mitterrand à Viry-Chatillon pour un meeting de soutien à mes amis François Delapierre et Gabriel Amard. Une fois n’est pas coutume, j’y serai de nouveau de service d’ordre. C’est une tâche militante que j’aime bien, dans le fond. Et qui me change des sollicitations habituelles comme l’écriture de tracts ou le conseil en stratégie politique.

Au cours de cette double campagne, c’est donc la deuxième fois que Jean-Luc se rend dans les quartiers populaires des Lacs de l’Essonne. La première, c’était à Grigny au cœur de la Grande Borne. Là, c’est un quartier virychatillonais mais jouxtant Grigny qui porte le nom du premier président de gauche élu sous la Ve République. Connaissant bien Gabriel Amard, organisateur de ce meeting en plein air comme de la plupart de ceux de la présidentielles, le clin d’œil au rassembleur de la gauche, autour du programme commun, est assumé. Autant que le choix renouvelé des quartiers populaires que le Front de Gauche semble bien le seul à ne pas oublier. Faut dire que ceux que l’oligarichie entend laisser « sans voix » restent au cœur de nos préoccupations. Parce que nous sommes nombreux à venir de là.

La Goutte d’or aux côtés de Mélenchon

Le lendemain, donc mercredi 30 mai à partir de 10 heures, c’est dans le quartier où j’habite que Jean-Luc fera une visite de terrain. Ce quartier, l’un des derniers à mériter le nom de « quartier populaire » à Paris, est celui, dans la capitale, qui a donné le plus de voix au Front de Gauche lors de l’élection présidentielle. Nous approchons les 20 %. Il faut dire que notre maison commune y est bien implantée, dynamique et bien représentative des habitants.

De même pour le duo que nous présentons à l’élection législative et que vient soutenir Jean-Luc. Le titulaire, c’est Ian Brossat dont déjà eu l’occasion de vous parler. La suppléante, c’est Danièle Obono, une des animatrices de Convergences et Alternative (composante du Front de Gauche issue du NPA). A eux deux, ils changent la donne politique face à un parti dit « sérieux » et à son député sortant, gentil cumulard. Il est pas méchant Daniel Vaillant. Not very dangerous. A telle enseigne que la patronne de mon café préféré me disait encore l’autre jour : « Vaillant, pour nous, le 18e, il n’a pas fait grand chose ». Passons.

J’en profite pour vous expliquer pourquoi, au-delà de leur appartenance politique, je soutiens Ian et Danièle :

« La première fois que j’ai eu à rencontrer Ian Brossat, tout nouvel habitant de la Goutte d’Or que j’étais, c’était pour un problème de sécurité des piétons au croisement de la Chapelle et de Marx-Dormoy. Depuis, j’ai appris à connaître ce militant de terrain infatigable, toujours disponible, même le dimanche.
Avec lui, l’utopie concrète prend tout son sens : une voie de construction encore inexplorée qui devient, un jour, réalité. Parce que la force des êtres humains rassemblés nous en donne les moyens.
Si je vote et vous invite à voter pour Ian Brossat, c’est pour ces deux raisons : l’engagement dans le réel et cette capacité à se donner les moyens de le transformer. »

Tout ça n’empêche que la Commune refleurira

Les copains du 18e arrondissement, je les avais croisés plus tôt dans le week-end, samedi pour être précis, au mur des Fédérés. Nous y étions pour rendre hommage à nos morts. Mais aussi pour continuer à partir à l’assaut du ciel. Je vous renvoie à la note qu’a écrite l’ami Dareljedid sur son blog :

« Mais on vient surtout dire que la Commune est vivante. Qu’elle est l’amorce de la traînée de poudre qui parcourt nos temps, qu’elle nous rappelle qu’il faut se lever, qu’il faut prendre parti, qu’on y laisse des plumes, mais que la révolution est là, qu’elle rejaillit toujours, qu’elle continue d’irriguer nos rêves, nos actions, qu’elle nous appelle. »

Je n’ai rien à rajouter. L’ami a trouvé les mots justes pour expliquer ce que nous faisions là.

Lagarde meurt

Pendant ce long week-end, le combat de classes, évoqué par la Commune, n’a pas cessé. Ni au Québec, ni en Grèce. Il faut soutenir les peuples qui se battent là-bas. Leurs luttes sont exemplaires. Ils témoignent que la résistance aux oligarques peut mettre leur système en échec. Ça rend colère les défenseurs du système, comme cette « fonctionnaire internationale » de Christine Lagarde qui –  avec ses quelques 400 000 euros nets annuels non imposables – se permet de déclarer tout de go :

« Les Grecs devraient commencer par s’entraider collectivement, en payant tous leurs impôts. »

Celle-là, elle est forte. Et bien fausse. Mais elle montre bien comment, en ce moment, la montée de la gauche populaire grecque fait perdre le sens commun aux tenants de la pensée inique.

—————————

Bonus vidéo : Jane’s Addiction « Stop »


Moi, militant PG, ministre… pour la gratuité

Pendant quelques heures, j’ai été membre de l’Altergouvernement, en qualité de commissaire du peuple délégué à la gratuité en actes. C’était mercredi 23 mai, au Théâtre du Grand Parquet dans le 18e arrondissement de Paris. Avec les amis de l’Altergouvernement, nous avons procédé à la présentation publique de la loi cadre portant création de l’Agence nationale de la gratuité, dont le siège est à Grigny, dans le Rhône. Le ministre en charge du dossier est Paul Ariès, secondé par Jean-Louis Sagot-Duvauroux, a d’abord présenté les attendus de ce choix politique.

La réunion du conseil des ministres de l’Altergouvernement, tenue le matin même, avait posé à son ordre du jour un point unique : le capitalisme nous fait-il jouir ? Le constat a rapidement été posé : le capitalisme est un système diablement efficace puisqu’il parvient à imposer un style et un mode de vie, basés sur la consommation ; c’est la « jouissance d’emprise, la jouissance d’avoir », précise Paul Ariès. Pourtant, à la fin, il ne propose qu’un marché de dupes : demain, la plus grande majorité des personnes ne vivra toujours pas comme des petits bourgeois, tant le capitalisme a besoin des inégalités pour se perpétuer.

Jean-Louis SAgot-Duvauroux, Paul Ariès, Nathanaël Uhl

La question demeure de sortir du système. Or, Paul Ariès, Jean-Louis Sagot-Duvauroux et moi même, en tant qu’intervenant, partageons qu’une certaine gauche, la « gauche placebo » selon le propos de Paul, a bien perdu le mode d’emploi pour sortir du capitalisme. L’attrapant « par la queue » selon l’expression imagée de Jean-Louis, la gratuité peut constituer un espace de radicalité concrète sortant, définitivement, des pans entiers d’échanges de la sphère marchande. Si cette démarche peut apparaître utopique, elle ne l’est que tant que l’utopie reste un possible non exploré. Et de nombreuses collectivités s’engagent à défricher cette voie nouvelle. Il en est ainsi de la Communauté d’agglomération du pays d’Aubagne avec la gratuité des transports en commun ou de la Communauté d’agglomération les Lacs de l’Essonne que je représentais avec l’eau notamment. Pour ce qui concerne mon Agglo, nous avions organisé avec le Sarkophage un colloque sur le thème « Viv(r)e la gratuité des services publics » en 2010.

Au premier chef, ce sont en effet les biens communs de l’humanité qui doivent échapper à la logique du profit et de la spéculation, laquelle se traduit souvent par des aberrations écologiques. Qu’on y pense : je rappelle que la politique tarifaire pour l’eau potable mise en œuvre par Véolia, avec l’aval du Syndicat des Eaux d’Île-de-France, débouche sur le fait que celui qui consomme le plus d’eau la paie le moins cher. Ceci alors que la ressource naturelle en eau potable est précieuse car en voie de raréfaction. Aux Lacs de l’Essonne, nous décrétons, a contrario, la gratuité de l’abonnement, parce qu’on ne peut pas faire payer l’accès à l’eau potable. Puis, nous avons mis en œuvre, dans la même logique, la gratuité des 3 premiers litres d’eau par jour et par personne, indispensables à la survie. Ce, tout en diminuant de 37 % le tarif d’accès au service de l’eau. A Aubagne, la gratuité des transports publics ne coûte rien à l’usager, puisque l’argent nécessaire provient du versement transport acquitté par les entreprises.

Oui, nous l’assumons, la gratuité a un coût, économiquement parlant. Mais elle dégage surtout d’énormes bénéfices sociaux. Jean-Louis Sagot-Duvauroux explique ainsi, toujours sur Aubagne, qu’appliquée aux transports en commun de l’agglomération, elle s’est traduite par une baisse nette des incivilités et du sentiment d’insécurité. Elle a amélioré les relations intergénérationnelles. Elle a modifié les comportements des jeunes, notamment, qui ne tiennent plus les murs dans leurs quartiers mais découvrent leur environnement. Résultat des courses : en deux ans, la fréquentation des bus a augmenté de 150 %. Et l’efficacité sociale en est renforcée. Ah oui, il faut préciser que, lorsqu’on se lance dans la gratuité, on change forcément de référentiel. La rentabilité ne se mesure plus en termes financiers mais bien en matière de lien social, d’appropriation du bien commun, de réinvestissement des espaces publics.

Mais la gratuité peut aussi s’appliquer, comme le disent les poètes antillais cités par Paul Ariès, aux « produits à haute valeur culturelle ». En l’inscrivant dans une démarche d’éducation populaire. C’est notre choix aux Lacs de l’Essonne, avec Gabriel Amard. Cette année, par exemple, nous mettons en place la gratuité du service public de mise à disposition de vélos  – les V’Lacs, équivalent modeste des Vélibs parisiens – mais aussi des composteurs individuels. Il s’agit là de choix politiques assumés dans la construction de la planification écologique. Nous nous en servons comme un outil d’éducation populaire pour conscientiser sur les rapports étroits de dépendance entre l’être humain et son écosystème.

Dans ce cadre, la gratuité constitue bien la réponse qu’amène les gauches antiproductivistes aux urgences économique, écologique, anthropologique. Avec un enjeu : « dépasser la réponse capitaliste au pouvoir d’achat », précise Paul Ariès qui entend être le ministre de « la réponse aux besoins sociaux ». Mais, au delà, la gratuité porte en elle de faire société autrement. Et surtout, de faire société ensemble quand le capitalisme n’a d’intérêt – pour préserver les siens – que de diviser la classe ouvrière.

Prochaine séance de l’Altergouvernement : mardi 26 juin à 19h, l’information avec Aline Paillé, le au Théâtre du Grand Parquet, 20 rue du Département, 75018 Paris.

————————

Bonus vidéo : Miss Li « Bourgeois Shangri-La »


Ma pause-déj’ avec Gabriel Amard à McDo

Je vais vraiment vous parler de ma pause-déjeuner de ce mercredi 9 mai. Si, je suis sérieux, nous sommes allés à McDo, au centre commercial de Viry-Chatillon. Je vais en profiter pour faire coup double et initier ma série de portraits de candidats en campagne. Parce que je n’y suis pas allé seul : j’étais en compagnie de Gabriel Amard, candidat du Front de Gauche dans la 7e circonscription de l’Essonne. C’est lui qui m’a invité d’ailleurs. Au menu, spécial, il y avait le soutien aux salariés de l’enseigne de restauration rapide qui se mobilisent dans le cadre de leur Négociation annuelle obligatoire (NAO).

Faut dire que Gabriel (oui, je l’appelle par son prénom, c’est un camarade et quelqu’un que j’aime beaucoup) est avant toute chose un militant. Tout président de la Communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne qu’il soit, il est toujours disponible quand l’urgence commande. Là, l’urgence c’est que les syndicats négocient salaires et conditions de travail avec la direction de McDo France. Dans un contexte tendu et avec des pratiques…

Vous le savez, l’enseigne au clown rime beaucoup avec « mal bouffe ». Même si elle se targue d’avoir amélioré la qualité de ses produits, pour fournir la viande, les « légumes » et le pain nécessaires aux sandwiches, on n’est pas dans l’agriculture raisonnée, respectueuse de l’environnement, tout ça… Tout ça qui tient au cœur de Gabriel, lequel milite pour la relocalisation de l’économie dans une perspective de planification écologique. C’est à dire : réconcilier l’être humain avec son environnement.

Pendant une manifestation contre la réforme des retraites, en 2010, à Draveil.

De ce côté-là, le président d’Agglo ne se contente pas de jolis mots, il est passé au stade de la preuve par l’exemple. Dans l’établissement public de coopération intercommunale qu’il préside, plus de produits phytosanitaires depuis 2009. La gestion différenciée des espaces verts est à l’œuvre. Les projets d’aménagement mené par les Lacs de l’Essonne luttent contre l’imperméabilisation des sols… Je passe sur la mise en œuvre d’une monnaie complémentaire, en cours, et la perspective d’une exploitation agricole, sous l’égide de la communauté de l’agglo, destinée notamment à produire des fruits et légumes bios pour les écoles des villes membres : Viry-Chatillon et Grigny. Il est aussi connu pour son combat infatigable en faveur de la gestion publique de l’eau qui l’a conduit à sortir du Syndicat des Eaux d’Île-de-France pour créer la régie publique Eau des Lacs de l’Essonne, aboutissement d’un combat de quinze ans. On peut parler, tout à fait, de radicalités concrètes traduites en actes. Ce n’est pas pour rien que Gabriel Amard est aussi secrétaire général de l’association La Gauche par l’exemple, association des élus du Parti de Gauche et apparentés.

Mais, la Gauche par l’exemple, quand on réclame d’être aux côtés des salariés en lutte, c’est aussi de s’y trouver, même quand les caméras ne sont pas là. Gabriel, ça, il sait faire. Je me souviens de l’avoir entendu, depuis le bureau d’à côté, négocier avec des patrons pour obtenir des contrats de travail réguliers, préalables à la régularisation de travailleurs que leur état précaire condamnait à être sans papiers. C’était il y a plus d’un an, il était pourtant déjà candidat aux cantonales. Ce mercredi 9 mai midi, saisi par les camarades syndiqués, il s’agissait d’aller peser sur la direction de McDo alors que les organisations syndicales tentent d’arracher des avancées dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire sur les salaires et les conditions de travail.

C’est que McDo rime aussi avec « mal boulot ». Pour peu qu’on s’y intéresse, on sait qu’il y a beaucoup de temps partiel parmi les salariés de l’enseigne d’outre-Atlantique. Du temps partiel imposé à des personnes souvent jeunes, issues des quartiers populaires, peu formées et pas informées sur leurs droits. Conséquence directe de ce travail jetable, le turn over est de 80 %. De la même manière qu’on surexploite la terre pour élever des bœufs en batterie, on surexploite les jeunes travailleurs avant, une fois essorés, de les jeter à la rue. Pendant ce temps-là, les actionnaires états-uniens empochent les dollars. Et les franchisés, comme l’enseigne de Viry-Chatillon, astreinte à une dîme de 20 % du chiffre d’affaires, accroissent encore la rentabilité et la productivité individuelle des salariés.

Voilà donc mon Gabriel qui saute sa pause déjeuner, avant d’aller récupérer sa fille de quatre ans comme tous les mercredis, pour assurer une distribution de tracts à l’attention des clients entre autres. Le soir, une fois sa douce rentrée à la maison, il ira animer une réunion d’assemblée citoyenne à Athis-Mons.

* * *

7e circonscription de l’Essonne : Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge, Paray-Vieille-Poste, Savigny-sur-Orge, Viry-Chatillon
Score de Jean-Luc Mélenchon : 6 897 voix, 12,53 % des suffrages

————————————–

Bonus vidéo : Al Greene « A Change Is Gonna Come »


Ecologie pour de vrai : le vote nécessaire, c’est le Front de Gauche

Je vais m’y tenir, parce que c’est là que réside l’important. Je ne parlerai pas, ce mercredi 21 mars au matin, alors que les médias se focalisent sur ce seul sujet du tueur de Toulouse. Les commentaires qui pleuvent ne me feront pas dévier de mon cap. Nous devons dépasser l’événement, prendre le recul nécessaire, nous devons parler de ce qu’il met en cause dans notre capacité à vivre ensemble. J’avais prévu, dans ce cadre, d’écrire sur l’écologie. C’est ce que je vais faire, d’autant que mon ami Gabriel Amard me donne la raison de ce faire.

Je crois vous l’avoir déjà dit, je travaille pour la Communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, que Gabriel préside. A ce poste, je peux témoigner de l’engagement sincère, profond, de longue date des élus du Front de Gauche en faveur de l’écologie pour de vrai. Depuis que je suis arrivé dans cet établissement public de coopération intercommunale en mars 2009, j’ai été amené à accompagner des démarches de restauration de la biodiversité en milieu urbain ; l’abandon définitif du recours aux produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts ; la mise en place de la gestion différenciée ; la sortie du Syndicat des Eaux d’Île-de-France pour créer une régie publique de l’eau ; la création d’un Jardin de la biodiversité ; la mise en place d’une université populaire sur la biodiversité en milieu urbain que nous nommons l’Ecole du jardin planétaire, pour faire lien avec les travaux du paysagiste Gilles Clément.

Aujourd’hui, après avoir participé à l’organisation d’un colloque de « mon » Agglo avec le Sarkophage sur la gratuité des services publics, je suis impliqué dans la création d’une monnaie complémentaire ayant vocation à relocaliser les échanges et donc l’activité, ainsi que dans l’accompagnement de la création d’une ressourcerie. Sous ce dernier vocable se cache les outils nécessaires pour diminuer les déchets à la source au travers de politiques favorisant la réparation des objets. Cela a des conséquences très pratiques puisqu’il faut lutter contre l’obsolescence programmée, au cœur des pratiques productivistes développées par le capitalisme moderne.

Ces actions concrètes ont eu pour vocation d’expérimenter in vivo les réflexions théoriques développées, notamment au sein du Parti de Gauche, en lien avec les courants de la gauche anti-productiviste et objectrice de croissance. Je veux saluer, dans cette jonction, l’importance de mon amie Corinne Morel-Darleux, qui a contribué de manière importante à enrichir notre pensée politique commune. 

C’est grâce à elle, et à d’autres, que nous ne sommes pas des environnementalistes béats. Nous avons conscience de l’empreinte écologique de la France, 5e puissance économique mondiale, et de sa dette écologique en regard des pays du tiers-monde. Pour nous, c’est l’écologie pour de vrai. Elle est forcément politique et assumée comme radicale. Parce qu’elle doit remettre en cause le capitalisme lui-même. Le capitalisme sait s’adapter aux exigences du temps : cela s’appelle le green washing. Le capitalisme vert qui organise le marché des droits à polluer pour trouver de nouvelles sources de profit. Qu’importe si cela se fait sur le dos des pays du tiers-monde. Qu’importe si cela se fait sur le dos des salariés. Nous faisons, nous, la démonstration que les classes populaires ont tout à gagner d’une vraie politique écologique. Cette dernière ne doit pas être la seule préoccupation des classes aisées, bien au contraire.

Aujourd’hui, donc, je suis assez fier de voir le Front de Gauche opposer la « règle verte » à la règle d’or de ceux qui ont accepté le diktat de la finance. Jean-Luc Mélenchon s’est fait le porte-voix de cette « règle verte » lors du meeting de Clermont-Ferrand. Ce texte, qui se traduira en actes concrets dès prise de pouvoir par la voie des urnes, a permis que des militants pour un autre mode de développement, des tenants de l’écologie radicale, des militants de la décroissance et de l’antiproductivisme soutiennent le Front de gauche et son candidat.

Je peux témoigner que, pour ce qui est du Front de Gauche, les actes ont précédé les paroles. Et je ne suis pas surpris du coup, de voir les résultats de la notation des programmes des candidats par la fondation Hubert Reeves, publiés dans 20 Minutes ce matin. Si nous apparaissons comme moins « ambitieux » que la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts sur ce domaine, puisque notre préoccupation écologique apparaît comme plus récente aux yeux du grand public, nous apparaissons comme les plus « réalistes » en la matière, des dix candidats. Pour une candidature, celle du Front de Gauche, que d’aucuns qualifient de « romantique », je trouve ça pas mal.

En tous cas, nous avons la preuve par l’exemple : si on est en faveur de l’écologie pour de vrai, le vote nécessaire, c’est le Front de Gauche.

—————————–

Bonus vidéo : Duval MC « Bla Bla durable »