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Le conseil national du PCF ouvre la voie au maintien du Front de Gauche

Avec ce blog, j’essaie de faire le suivi des dossiers. Et de faire partager les quelques infos que j’ai quand il y a questions ou enjeuxx. Il en est un qui a un peu chauffé les esprits de dossier à enjeu : les rumeurs sur l’entrée au gouvernement de ministres communistes. J’y avais consacré une note grâce notamment aux témoignages de camarades membres de la direction du Parti Communiste français. Je vais donc poursuivre ce dossier qui me tient à cœur d’autant que, ce lundi matin, avait lieu un conseil national du PCF portant, entre autres, sur le sujet de la participation.

La semaine passée, j’avais eu quelques camarades secrétaires de section qui ne cachaient pas les difficultés. « Avec le score pas bon du premier tour des législatives, tu as des copains qui pensent que la seule solution, pour assurer notre lisibilité, ce sont des ministres au gouvernement », me confiait l’un d’eux. Evidemment, à la sortie du second tour, les camarades du parti dit « sérieux » n’ont pas manqué de réitérer leurs appels du pied. De Bartolone à Hamon, missi domini de la « cause », chacun y est allé de son appel au Front de Gauche. Le but est clair : faire porter la co-responsabilité de l’austérité annoncée à toutes les forces de gauche, y compris le Front de Gauche. Marie-Goerge Buffet, intervenant sur France 3 Île-de-France, avait bien mis les choses au clair. Mais sait-on jamais ? La députée de Seine-Saint-Denis, une des plus ferventes architectes du Front de Gauche, n’est plus qu’une voix – certes fortes et écoutée – parmi les autres au sein de la direction du PCF. Aussi, ce matin, j’étais aux aguets.

Le premier écho de ce conseil national d’importance pour l’avenir du Front de Gauche (parce que c’est juste de cela dont il s’agit dans le fond) m’est parvenu par un tweet de Franck Mouly : « Nicole Borvo présentée comme ministrable : « Hollande félicite les Grecs (pour avoir donné une majorité à la droite pro-mémorandum – NDA). Ça donne à réfléchir ». » Premier soupir de soulagement. Puis, dans Le Monde, un article fait état de la position de Pierre Laurent : « Les conditions pour une entrée des communistes au gouvernement ne sont pas remplies ».

Je me suis procuré le rapport introductif de Pierre et le bulletin de vote soumis aux communistes. Je vous les fais partager à la fin de cette note. Mais auparavant, je vous donne un extrait du rapport de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Il y explique assez clairement le point de vue de Colonel-Fabien :

« Sur le gouvernement, les choses sont claires pour nous. Nous avons vocation à prendre nos responsabilités pour mettre en œuvre des politiques de transformation sociale. Nous avons maintes réaffirmé que la prise en compte de nos propositions était évidemment un critère essentiel. Ces appels sont restés lettre morte, le Président répétant à de nombreuses reprises que la seule boussole gouvernementale serait son programme de premier tour.
Or non seulement, nous ne nous reconnaissons pas dans une conception présidentialiste du gouvernement mais de surcroît nous croyons indispensables à la réussite du changement des inflexions à ce projet. C'est pourquoi si nous estimons que les conditions de notre participation au gouvernement Ayrault ne sont pas aujourd'hui réunies, notre objectif est de modifier cette situation. Nous restons disponibles si ces conditions évoluaient. Nous voulons continuer à être utile à atteindre cet objectif ; et pour cette raison nous ne voulons pas renoncer à notre liberté d' agir pour obtenir les inflexions majeures qui nous paraissent indispensables. Nous entendons être une force active et positive au Parlement. »

C'est cette base de réflexion que la direction du Parti Communiste présente à ses militants. Lesquels se réunissent dès ce soir et jusqu'à demain soir inclus pour voter lors d'assemblées générales par sections et par villes. L'ensemble des résultats sera rassemblé et débattu lors d'une conférence nationale extraordinaire, tenue à huis-clos, mercredi qui vient à La Mutualité à Paris.

Sur le fond, la non participation de membres du PCF au gouvernement maintient très ouverte la porte vers la continuation du Front de Gauche voire son approfondissement. Nous, militants du Parti de Gauche, en débattrons samedi et dimanche lors de notre propre conseil national. Les autres composantes que je n'oublie jamais auront aussi leurs mots à apporter à la corbeille. Rien n'est décidé, rien n'est fermé, tout reste à construire. Parce que c'est bien cela l'urgence politique du moment.

Bonus militants :

Rapport Pierre Laurent 18 juin-1

Bulletin de vote

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Bonus vidéo : Black Eyed Pees « Meet Me Halfway (Richard Vission Remix) »

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L’intox du moment : le PCF au gouvernement

Bulletin d’information météorologique relayé dans la plupart des médias : le PCF pourrait faire son entrée au gouvernement après les législatives. Ce matin, un articulet va même jusqu’à citer un nom, celui de la sénatrice communiste de Paris, Nicole Borvo. La crédibilité de ce nom tient à ce que son entrée au gouvernement pourrait permettre l’entrée de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, au Sénat.

Au Cri du peuple, la question de la participation du Front de gauche au gouvernement est sensible, selon une formulation chère à l’ami Sydné. Du côté du Parti de gauche, la question est tranchée. Dans les conditions actuelles, c’est niet. Du côté de la FASE, Clémentine Autain me confirme que c’est « non » également. Je n’ai pas assez de contacts personnels avec les camarades de Gauche unitaire pour pouvoir être affirmatif, mais j’ai la sensation qu’ils sont assez opposés à l’idée de rejoindre une gouvernement social-démocrate. Reste donc la question de la participation du PCF. Ce mardi 5 juin, Marie-George Buffet a expliqué sur une radio qu’une entrée des communistes au gouvernement serait envisageable sous couvert d’une vraie politique de gauche matérialisée, entre autres choses, par la création d’un pôle public bancaire, l’interdiction des licenciements boursiers… Notre programme partagé, quoi. Jusque là, rien qui ne puisse m’hérisser le poil.

Mais bon, il m’en fallait un peu plus. Ancien de la grande maison Colonel-Fabien, j’y garde de nombreux contacts avec les militants et les cadres intermédiaires du Parti. Durant la campagne des présidentielles et celle des législatives, j’ai eu l’occasion – plus qu’une fois – d’échanger sur ce sujet avec mes camarades membres du PCF. Je ne dirais pas qu’il y a unanimité, mais plutôt qu’une très large majorité se dégage pour une autonomie vis à vis du parti dit « sérieux ». Du coup, ce matin, titillé par cet article mentionnant Nicole, je suis allé à la pêche aux infos pour prendre le pouls étant donné que ce sont les communistes eux-mêmes qui trancheront cette question à l’issue du second tour au travers d’un vote démocratique les 18 et 19 juin de mémoire.

Premier coup de fil à Ian Brossat, président du groupe Front de Gauche au conseil de Paris et membre du conseil national du PCF. Il m’accueille tout sourire :

« Participer au gouvernement ? Est-ce que le PS rompt avec l’austérité ? Est-ce qu’il va mettre en œuvre une politique de reconquête des services publics en revenant sur la Révision générale des politiques publiques ? Je ne prends que ces deux exemples. La réponse est « non » donc je crois bien que notre réponse sera la même ».

Je lui parle de Nicole Borvo, qu’il connaît bien. Il sourit encore. « Nicole, elle serait plus à demander qu’on lui foute la paix qu’autre chose ». Je ne m’en tiens pas quitte pour autant, malgré la confiance que j’ai pour Ian. J’appelle donc un permanent de Fabien, genre assez bien placé. La réponse est laconique : « C’est un enfumage de Solférino ». Ah ! Ce serait donc la faute à ces « salauds du PS », facile ! Mais… Attendez ! Je fouille ma mémoire.

C’est la veille, lundi, après la confirmation des résultats du premier tour des élections législatives pour les Français de l’étranger. J’avais une conversation avec Laetitia Suchecki, candidate dans la 9e. Elle me parle de son score, 4,38 % honorables, et de son appel à faire barrage à la droite au 2e tour. Et de la discussion qu’elle a sur le sujet avec le collaborateur du candidat dit « sérieux » Pouria Amirshahi. Réaffirmant son « désaccord sur la ligne politique », Laetitia prend le temps d’expliquer que, non, il n’y aura pas de logo du Front de gauche sur le matériel de Pouria au second tour. Le collaborateur prend alors sa voix de miel : « Ouais, je comprends. C’est le PG qui vous met la pression ».

Alors… Je récapitule. D’un côté, une rumeur insistante sur l’entrée de ministres PCF au gouvernement, relayée par les médias et partie d’on ne sait où. Mais qui fait rager les camarades de Colonel-Fabien. De l’autre, des échanges informels évidemment entre socialos et militants communistes sur le thème « vous êtes otages du PG ». Mais n’y aurait-il pas là une sorte de cohérence ? Voire une tentative de diviser le Front de Gauche, entre les « irresponsables du PG » d’un côté et les « gentils communistes avec qui ont pourrait travailler » de l’autre ? Ce serait gros comme ficelle, mais… Mais ils n’en sont plus à ce stade les socialos.

Le rêve du PS : sous couvert d’un partage du gâteau, faire porter la responsabilité d’une politique austéritaire au FDG

C’est qu’une caution rouge serait de bon aloi dans un gouvernement bien décidé à marcher dans les pas de son prédécesseur sur les questions économiques, notamment. Il n’y a qu’à lire les propos de l’ancien responsable des questions budgétaires au PS pour s’en convaincre. Didier Migaud, aujourd’hui président de la Cour des Comptes, explique doctement qu’il faut réduire les dépenses avant que d’augmenter les recettes. Certes, Martine Aubry, patronne d’un parti en campagne, plaide officiellement pour une hausse des impôts pour certaines catégories de la population mais… Mais si Colonel-Fabien pouvait donner un soupçon de crédibilité de « gauche » au gouvernement Ayrault 2, ce serait mieux.

Du coup, je suis allé voir ce que dit le porte-flingue officieux du PS, Jean-Vincent Placé. L’encore numéro deux d’Europe Ecologie-Le Vide a ceci d’intéressant qu’il dit tout haut ce que la rue de Solférino pense tout bas. Sur RTL, ce mardi matin, il a déclaré :

« Je trouve que François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont fait un bon gouvernement, équilibré, paritaire, sérieux et compétent. Il ne faut pas trop remanier à mon sens. Le seul remaniement qui me paraît politiquement intéressant, c’est l’entrée du Parti communiste français [au gouvernement]. »

Voilà ! Jean-Vincent peut rêver tout ce que lui demande le parti dit « sérieux », n’en reste pas moins que ce seront les militants qui trancheront. Et pas Solférino qui décidera. Ils auront beau dire et beau faire, visiblement, mes amis communistes aiment bien le Front de Gauche. Et se rappellent aussi très bien de ce que le PS a tenté de leur faire en Seine-Saint-Denis ou dans le Val-de-Marne. Et, il y a peu encore, je devais prendre le temps d’expliquer que Mélenchon est sincère quand il dit qu’il ne participera pas au gouvernement Hollandréou. Moi, j’ai confiance dans mes amis communistes. Bien moins en l’honnêteté intellectuelle des sociaux-démocrates.

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Bonus vidéo : Metric « Speed The Collapse »