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TSCG : Fabius ne veut pas « se déjuger », et vous ?

Le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) n’en finit pas de remuer les différentes composantes de la gauche. Le week-end qui vient de s’écouler a vu le conseil fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts s’opposer, par 75 % des voix exprimées, à ce traité qui grave dans le marbre l’austérité ad vitam aeternam. C’est un bougé assez significatif qui a causé encore une de ces sorties dont est coutumier Dany le jaune.

A tout le moins, EELV a le mérite d’une certaine cohérence, que je salue, alors que je n’ai jamais été avare de critiques contre ce parti. L’issue de son conseil fédéral témoigne de l’élargissement du front du refus, par rapport à un traité qui prive la représentation démocratique élue par le peuple de ses derniers outils d’action.

Ce week-end, j’ai eu l’occasion de retrouver, grâce à mes amis de la Télé de gauche, un certains nombre de déclarations émanant de sommités du parti dit « sérieux ». Je vous les laisse regarder et partager.

On va commencer par l’ancien héraut du « non socialiste » en 2005, Laurent Fabius :

 

La sortie de Benoît Hamon n’est pas mal non plus :

 

Arnaud Montebourg laisse rêveur :

 

Jean-Marc Ayrault se fait le porte-parole du groupe des députés socialistes :

 

Enfin, pour la bonne bouche, le résident de la république n’est pas inintéressant :

 

En contrepoint, je vous laisse écouter et regarder ce que disent certains de mes amis proches dans la petite vidéo tournée à l’occasion de la Fête de l’Huma.

 

Je veux bien prendre les paris pour savoir qui, à la fin, se « déjugera », selon les jolis mots du ministre des Affaires étrangères.

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Bonus vidéo : Patti Smith « People Have The Power »

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Montre-moi ce que tu n’augmentes pas et je te dirais qui tu sers

J’aurais pu ou dû titrer cette note « le foutage de gueule c’est maintenant ». Mais la formule commence à montrer ses limites. Heureusement, pour ce gouvernement s’entend, que la résignation dure depuis longtemps. Parce que, là, en matière de symboles, nous sommes servis. L’inflation (l’augmentation « naturelle » du coût de la vie en milieu capitaliste ambiant) est estimée à 1,4 %, ce qui est une estimation basse. Le SMIC va bénéficier de son « coup de pouce » : bilan des courses, + 2 %. Ce qui, enlevée l’inflation, fait une hausse du pouvoir d’achat de 0,6 %. Fermez le ban, mesdames, messieurs. On avait beau s’y attendre, ça fait toujours mal au cul. La hausse est de 21,5 € sans l’inflation, 6,90 € avec.

Oui, je fais, du coup, partie de ceux qui estiment, montrés du doigt par le fellow left blogger Politeeks, que « à première vue le changement Hollandais ne va pas assez vite ». Si je rajoute les 355 créations de postes d’enseignants (!) annoncés par Peillon dans le secondaire, comment te dire ? Oh, oui ! T’inquiète coco, j’ai entendu Jérôme Cahuzac ce matin chez Bourdin et sa sortie sur « les ardoises cachées du gouvernement précédent ». Reste que, dans les deux premiers mois, tout est affaire de symbole. Parce que le symbole donne du sens et pas qu’en termes de direction. Et là, le symbole est fort ! Mon ami nouveau front de blogueur Jean-Charles a raison : « C’est un coup d’ongle ». Vous savez, ce coup donné avec l’ongle qui érafle gentiment la confiance accordée.

Ah ouais… Y a l’Europe, tout ça… Cahuzac encore : « Il nous faudra tenir les engagements du gouvernement précédent et tenir la réduction des déficits publics ». Les dépenses seront gelées à un milliard d’euros. Bon… Ça aussi c’est fait, on dirait. L’austérité n’attendra pas demain. Genre aussi, la « règle d’or » ne sera pas remise en cause. Bien au contraire. Incidemment, en écoutant Fox News version française, on apprend – enfin ! – qu’en septembre prochain le gouvernement français devra présenter son projet de loi de finances aux institutions bruxelloises. C’était un des points du Mécanisme européen de stabilité que nous autres, membres du Front de Gauche, dénonçons, sous les risées, depuis des mois. Je n’ai pas entendu Cahuzac remettre ce point en cause. Merci, m’sieur.

Par contre, j’ai entendu la complainte du patronat : « La hausse du SMIC c’est la môôôrt de l’entreprise ! Rendez-vous compte, ces charges (sic) nous étranglent ». Blah blah blah. Et le présentateur d’Itélé cette fois (Fox même made in France, je ne peux pas longtemps) d’ajouter : « Des critiques relayées y compris à gauche ». Suivez son regard vers la rue de Solferino. Faudrait pas remettre en cause la sacro-sainte compétitivité. Non mais des fois…

Sauf que, je crois l’avoir écrit ici déjà, la France était le 4e pays le plus attractif pour les investissements étrangers, du temps où son « coût du travail » était encore plus élevé qu’aujourd’hui, je parle sous le gouvernement Jospin venant d’accoucher des 35 heures (avec annualisation du temps de travail quand même). Ces fameuses 35 heures n’étaient pas pour rien, d’ailleurs, dans ce regain de compétitivité. Pour utiliser le langage de l’ennemi. Sauf que, aussi, l’économie française a longtemps trouvé son moteur dans la consommation des ménages. Longtemps… avant le gouvernement Merkozy.

C’est drôle comme l’actualité percute les réflexions politiques. Demain, c’est le début des soldes. Les commerçants annoncent des réductions significatives dès le premier jour, genre 50 % et plus, rapport au fait que les ménages ne consomment plus. C’est ballot ! Idem avec les vacances. Rhhoooo, z’êtes relous les gens ! Voulez pas faire un crédit pour soutenir les efforts du « président normal » ? Ah… Vous vouliez bien mais votre banquier veut pas ? Parce que le gouvernement ne soutient pas la relance de l’activité par la consommation ? A croire que c’est une sorte de serpent qui se mord la queue.

En tous les cas, on a compris : montre-moi ce que tu n’augmentes pas et je te dirais qui tu sers. Le PS, fidèle à sa nature, sert les intérêts de la bourgeoisie. La droite n’a pas le monopole de ce choix. Nous, on a rendez-vous jeudi :

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Bonus vidéo : Pigface « I Hate You In Real Life Too »


Hollande, un mois déjà…

Voilà donc un mois que le camarade Hollande est président de la République, un mois jour pour jour. Je ne reviens pas sur le plaisir que j’ai éprouvé à contribuer, au travers de mon petit bulletin de vote, comme quatre millions d’électeurs du Front de Gauche, à dégager Nicolas le petit. Ça, c’est fait et c’est bien fait. Reste que maintenant, c’est Françoué qui dirige la France. Ça ne change pas grand chose en fait.

A la gare de Juvisy, hier encore, j’avais droit aux mêmes cow boys, menton haut, regard méprisant, les mains sur le ceinturon surchargé de matériel répressif. A côté de ça, là où il y en a besoin, comme du côté de square Léon à la Goutte d’or, si j’en crois mes voisins, on ne voit toujours pas l’ombre d’un uniforme si ce n’est, une fois toutes les six semaines, quand une douzaine de bagnoles débarque pour disparaître après. Côté flicaille encore, Gervais Gantchou, inculpé pour rébellion, pourrait être le premier papa expulsé de Manuel Valls, équivalent de Sarkozy séquence 2002-2003. A quand le kärcher ?

Côté social ? Les sociaux-démocrates sont égaux à eux-mêmes. Ça jacasse dans le poste et puis tombe la réalité des décrets. Ce mercredi 6 juin au matin, pour fêter le mensoversaire je suppose, c’est celui sur les retraites qui est tombé. Exit la retraite à 60 ans automatique pour celles et ceux ayant travaillé 41 ans et plus. Le changement de lexique entre « trimestres validés » et « trimestres travaillés » réduit les contours des promesses de campagne à un simple aménagement de la contre-réforme des retraites adoptée en 2010 par la droite. Fillon a beau jeu de se gausser. Malheureusement, j’ai bien peur que, si le parti dit « sérieux » a la majorité avec les seuls députés EELV, il puisse se moquer longtemps. Le sinistre de l’Economie, Moscovici, a bien annoncé qu’il maintenait le cap de la réduction des déficits publics à 3% du PIB, pendant que Hollandréou nous amuse avec la « croissance ».

Le PS tente de déshabiller la gauche

Bref, comme l’autre pays du fromage, le gouvernement Hollande, en actes, est bien en dessous de la ligne des eaux qui marque la gauche.

C’est que l’ancien premier secrétaire du PS est un convaincu du social-libéralisme. Ce n’est pas un hasard si le think tank blairiste français Terra Nova truste les postes de collaborateurs de cabinets ministériels. Cette nouvelle matrice a théorisé le divorce entre le PS et les classes populaires dans une vision purement électoraliste, scellant le renoncement à la transformation sociale. Il n’y aura donc que des ajustements « sociaux » aux mesures libérales prises par les précédents gouvernements. Tant que ces gens-là seront capables d’assurer une majorité seuls. Ou avec la droite ? Hé, doucement amis lecteurs ! Je n’ourdis pas de procès d’intention, moi. Laissons venir.

Et qu’en est-il du camarade Françoué lui même ? Ben… Pareil qu’au PS. Le bon mot comme mode de communication, la communication en guise de ligne politique. Un sourire à la caméra. Une photo Depardon. Et cette belle ritournelle dérivée de Christophe : « Je vous dirais les mots creux ». En fait, ce garçon, en digne héritier de Lionel Jospin, ne fait de politique qu’au trébuchet du rapport de forces. Europe Ecologie-Le Vide s’en est rendu compte à son détriment. Deux petits pour cent aux présidentielles, et même la promesse d’une centrale nucléaire fermée par circonscription donnée ne sera probablement pas tenue. D’évidence, seul une majorité de gauche dépendant du groupe Front de Gauche à l’Assemblée nationale sera de nature à lui imposer une politique un peu à gauche, celle qui, finalement, limite la casse.

Quand on se rappelle les résultats concrets de la politique du gouvernement Jospin entre 1997 et 2002, le nombre de privatisations notamment, l’absence de retour en arrière sur la réforme des retraites 1995, la trahison que représente la signature du traité d’Amsterdam contre les engagements de campagne… Quand on regarde les actes du gouvernement Blair, et aussi ceux du Schröder en Allemagne, tous deux exemples à suivre pour Terra Nova… Limiter la casse serait déjà une jolie victoire. Empêcher les sociaux-libéraux de mener à bien leurs projets hallucinés de libéraliser le marché du travail pour « alimenter la croissance », pour moi qui ne suis pas un adepte de la politique du pire, je trouve que c’est en soi un objectif politique.

C’est aussi cela l’enjeu de ces législatives. C’est aussi pour cela que nous menons campagne, nous autres frontdegauchistes ; c’est pourquoi nous pensons que donner une caution « rouge » à ce gouvernement serait stupide. Le seul moyen de débattre sérieusement avec le parti dit « sérieux », c’est de le battre dans les urnes. Si nous n’y parvenons pas, ce ne sera pas de sa faute à lui. Juste de la nôtre.

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Bonus vidéo : Zend Avesta « A la manière »


La politique, c’est maintenant !

Bon, ça y est. Comme bien d’autres, dans ma to do list, j’ai pu rayer l’entrée « virer le salaud » de l’Elysée. Ça ne va pas changer tout, ni même changer grand-chose dans le fond. Mais comme je le disais à l’épicier à côté de chez moi, alors que quelques klaxons intermittents retentissaient dans les rues calmes de mon 18e arrondissement si populaire : « ça sent tout de suite moins mauvais ».

Si vous voulez tout savoir, dimanche 6 mai, j’ai utilisé, comme annoncé, le bulletin Hollande pour assurer la victoire des valeurs républicaines face à une droite en voie de fascisation avancée. Je l’avais dit, je l’ai fait, sans gants, sans pinces sur le nez. Il ne s’agit pas d’un geste politique : juste de nettoyer une plaie ouverte depuis 7-8 ans. Ou encore plus précisément : c’est comme enlever une écharde. Ca fait mal mais, après, ça va mieux ! J’ai l’estomac noué une bonne partie de la journée : avec ce genre de pourris accrochés à leur pouvoir, on peut s’attendre à tout. Vers 17h30, l’amie Hélène, au travers d’un texto évoquant une « gueule de bois » laissait entendre que les carottes étaient cuites pour le petit facho. Mais, moi, je voulais attendre pour être sûr. De retour à la maison, l’ordi, le portable, la RTBF, les sms, la RTS… 53-47 ! Twitter est en fusion.

En route donc pour la soirée électorale organisée par le Parti de Gauche dans le 18e arrondissement. Il est sept heures et demie et ils sont déjà pas mal nombreux dans la salle du Café de la Piscine, place Hébert. Ouais… on est comme ça nous, on se réunit place Hébert. C’est encore plus classe que rue Robespierre. Bref, je retrouve Bruno, Danielle, Jean-Michel, cette Claude dont j’ai fait la connaissance place Stalingrad deux jours plus tôt, Alice.. Il y mon voisin blogueur Rue Affre mais pas Stéf Des pas perdus. Il n’y a pas de suspens. A voir les mines des unes et des autres, pas de retournement de situation possible. Le Batave va bien devancer le lointain cousin d’Orban. Quand, finalement, le visage de Hollande apparaît sur l’écran, c’est une salve de « dégage Sarko ! » qui fuse dans le bar bondé. Sentiment du devoir accompli.

Les clients habituels sont venus nous rejoindre. Ils applaudissent aussi. Mais on est loin de l’enthousiasme. Quelques « on a gagné » ; des klaxons timides vers 20h45 ; une voiture avec le nouveau drapeau du parti dit « sérieux » : blanc le drapeau ; un autre véhicule arborant un superbe drapeau français et rempli de Français aux peaux bien tannées… Au demeurant, la tannée, pour Sarko, n’est pas assez nette à mon goût. Et quand je l’entends pérorer son discours, lequel devait être d’adieu et n’est finalement que d’au revoir, je me dis que le plus dur reste à faire. Ce salopard, avec ses projets d’une nouvelle droite très décomplexée, a déjà des idées de revanche en tête. Il nous les a glissées dimanche soir, à qui veut bien les entendre. Et, au final, avec ces idées qui « n’étaient pas factices », a-t-il pris bien soin de préciser, il fait plus de 48 %…

Il va falloir décontaminer sérieusement notre pays… Sauf que les gens du parti dit « sérieux », avec mépris et condescendance, derrière des rapports du Cevipof pour dire que rien n’est grave et que tout va bien, que le FN est encore celui de 1995… Pauvres truffes que vous êtes ! Vous n’avez pas lu, sur vos cartes électorales ? Ce ne sont pas les pauvres qui votent Marine. Mais voilà que je m’énerve alors que vous, amis lecteurs, ne méritez pas mon courroux. Bon… Donc, j’ai ouï quelques mots du nouveau président, entre deux discussions avec des amis de longue date ou d’hier. Dont une Rachida, venue avec son Fabien, et avec qui nous avons appris pas mal. Bien plus qu’en écoutant notre nouveau chef de l’Etat.

Parce que « les réformes de structure », qui doivent audiblement être menées avant une législation sur le pouvoir d’achat ou sur le droit au logement, moi ça ne m’a pas surpris. A dire le vrai, ça n’a pas l’air d’avoir surpris grand monde. Surtout pas la châtelaine de Montretout qui se frotte les mains avec appétit. Peut-être que cette absence de surprise est la raison majeure pour laquelle il y a, dans les quartiers populaires, si peu d’enthousiasme au final.

Cela dit, nous avons fait le boulot. 11 % des voix sur 51 % et des brouettes… Nous avons solidement contribué à virer le facho souriant de l’Elysée. Mais il faut continuer à occuper le terrain : expliquer que le contrat social est à reconstruire ; qu’il y a une autre Europe à construire ; que les richesses doivent être redistribuées ; que le peuple doit reprendre toute sa place. Nous avons cinq petites semaines pour franchir une deuxième étape, comme nos amis Grecs ont prouvé qu’il est possible de le faire.

la politique, c’est maintenant.

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Bonus vidéo : The Prodigy « Breathe »


A mes amis du Front de Gauche qui ne veulent pas voter Hollande

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes au pied du mur. Dimanche, nous avons le rude choix entre Sarkozy et Hollande. Vous êtes encore nombreux à songer aller à la pèche, à voter blanc (!), à biffer le bulletin de votre « non choix » voir à vouloir glisser à nouveau le bulletin frappé du nom du candidat du Front de Gauche. Je le comprends, d’autant mieux que j’ai eu – longtemps – cette même envie. Mais, aujourd’hui, je veux vous inviter à prendre le temps d’y réfléchir. Je veux vous dire pourquoi moi, je vais utiliser le vote Hollande. En espérant que ces quelques modestes mots pourraient vous amener à faire le même choix que moi.

Après la bande du Fouquet’s, le gang du Bristol s’apprête à faire main basse sur la vie

Je vais d’abord évoquer les raisons qui peuvent justifier que l’on ne vote pas Hollande. Il y a tout ce que j’ai déjà écrit, ce que d’autres militants du Front de Gauche ont mis en lumière. Je ne retire rien de ces mots durs que j’ai eu contre le candidat de la social-démocratie, notamment en matière de renoncement devant l’avancée idéologique du libéralisme en France et en Europe. La pantalonnade autour de l’adoption du Mécanisme Européen de Stabilité en constitue la dernière illustration en date et, très probablement, la plus éclairante.

Mais, sur ce point, regardons ce que Sarkozy s’apprête à faire, en héraut des « 200 familles » version 2012 qu’il est. Nicolas le petit est le porteur des intérêts de classe d’une oligarchie qui veut prendre sa revanche sur le Front populaire et le programme du Conseil national de la résistance. C’est à dire qu’il veut, définitivement, liquider les derniers outils de protection sociale collective et républicaine dont s’est dotée la classe ouvrière.

Le 6 mai à 20 heures, la République met une claque à Sarkozy

Je vais prendre le temps d’évoquer la question de la Sécurité sociale, dont le budget annuel avoisine les 500 milliards d’euros. Abondé par les cotisations sociales des employés et, pour les entreprises qui les règlent, les cotisations sociales part employeur, ce budget échappe – pour l’instant – aux appétits du marché. Lequel ne voit pas cela d’un bon œil ! En Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, ce secteur de la protection sociale est déjà dévolu aux groupes financiers. L’ambition de Nicolas, frère de Guillaume Sarkozy dirigeant du groupe (encore) paritaire de protection sociale Malakoff-Médéric, demeure d’ouvrir ce secteur protégé à la concurrence libre et non faussée.

Je pourrais aussi évoquer la liquidation des services publics autant nationaux que de proximité pour remettre aux mains des marchés des activités qui lui échappent encore là aussi. Sachons que, sous l’impulsion de la gauche, enfin de sa partie la plus conscientisée, les mobilisations citoyennes tendent à ramener l’activité dans le secteur public, c’est notamment le cas sur l’eau. Un exemple que je connais bien pour y être professionnellement, autant que de manière militante, impliqué. Il y a là bataille colossale tant sur le plan idéologique que financier, pour développer ou casser les services publics.

Assurément, permettre l’élection de Nicolas Sarkozy, c’est lui offrir les moyens de mener à bien la mission que lui ont confiée les tenants de l’oligarchie. Si Sarko et sa bande de furieux conservent le pouvoir, il achèvera la destruction systématique de notre bien commun. Certes, Hollande ne fera pas vraiment mieux. Mais il nous sera plus aisé de mobiliser contre lui si, d’aventure, il osait défier son électorat de cette manière. Quoi qu’il en soit, si Hollande est élu, notre travail continuera dans les urnes avec les élections législatives puis dans la rue. Nous finirons notre travail dialectique qui amène l’irruption citoyenne dans la vie politique en combinant mobilisations de masse et victoires électorales. Voilà, pour la part politique de mon vote.

Il y a, dans mon vote, une part – et c’est la plus importante – de valeurs. Quoi qu’il en soit, Hollande reste un républicain et un démocrate. Je dénie ces qualités au candidat que j’espère bientôt sorti. Il faut lire que Sarkozy assume de reprendre les thèses de l’extrême-droite et que ce n’est pas un calcul tactique. Il faut voir le comportement de ses thuriféraires qui clament, en marge des meetings, « la France aux Français » ; qui s’en prennent physiquement à la journaliste vedette de la version française de Fox news (!), après avoir molestée une journaliste de Médiapart ; qui hurlent leur haine de l’autre. Ce n’est pas cela la France que je veux, celle dans laquelle j’ai grandi et qui me laisse ce doux ressenti d’être chez moi malgré mes origines bien diverses. Il y a en moi de celui qu’on traitait de « boche », du « polak », du basque… Je suis un métèque aux yeux des tenants de l’ordre moral. Jusqu’à présent, j’ai pu vivre cela avec fierté et bonheur dans mon pays. Je voudrais que cela puisse durer jusqu’à la fin de toutes les éternités. Pourtant, c’est avec cette France multiculturelle, avec cette République bigarrée parce que laïque, que Sarko et les siens veulent en finir. Ce projet, à lui seul, mérite qu’on l’écrase à coups de talons.

Si même la droite lâche Sarko…

Enfin, plus le résultat de François Hollande au soir du second tour sera élevé, moins il lui appartiendra. A contrario, un vote étriqué l’amènera à radicaliser ses pratiques politiques à partir de l’affirmation « ces gens ont voté POUR moi ». Ne lui offrons surtout pas ce cadeau.

Voilà, mes chers amis, mes chers camarades, les quelques mots que je voulais vous adresser. Je sais bien qu’ils n’ont d’importance que celle que je leur accorde. Mais j’avais envie de les partager avec vous. Ce n’est qu’un bulletin, qui ne nous engage à rien sur le fond. Le plus important, nous continuerons de le construire ensemble comme nous le faisons depuis 2009. Pensez-y.

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Bonus vidéo : The Rolling Stones « You Can’t Alxways Get What You Want »
(spécialement dédicacé à Solero30 et à son blog)


Ni blanc, ni nul, un vrai bulletin contre Sarko

Je l’ai écrit plus tôt dans la journée : j’avais, au départ, l’intention de voter Mélenchon au second tour de la présidentielle, si le candidat du parti dit « sérieux » était placé haut dans les sondages. J’ai changé d’avis depuis le soir du premier tour de cette élection. Mon vote est clair et définitif : j’utiliserai le bulletin de vote François Hollande, pour battre Nicolas le petit.

Dessin de Jacques Tardi offert au Front de Gauche

J’ai pris en pleine gueule ce 22 avril au soir. Il y a d’abord eu l’intervention de l’héritière de Montretout ; puis, celle de l’hystérique de Neuilly-sur-Seine. J’avais déjà en tête qu’il fallait que cet agité dégage. Pour tout un tas de raisons déjà évoquées ici : sa vision politique arc-boutée sur la théorie du choc des civilisations ; son engagement à démanteler – pan après pan – le pacte républicain et les outils de protection collective issus du programme du Conseil national de la Résistance ; son credo d’une Europe soumise à la loi des marchés. Rien n’a changé en la matière.

A l’évidence, comme je l’ai écrit aussi, le candidat du parti dit « sérieux » ne diffère guère sur le dernier point. Hollande, et son parti, ont montré qu’entre Papandréou et Theodorakis, ils ont choisi. Les choses sont claires de ce point de vue là. Je ne retire pas un mot, ne déplace pas une virgule, des critiques claires que j’ai émises à l’encontre de ceux-là. Initialement, je me réservai le droit de voter pour eux au second tour de la présidentielle en cas de duel serré… Une seule pensée m’animait : le sort de celles et ceux qui n’ont aucun moyen de se défendre légalement : roms et « sans papiers ». Ces deux groupes ont été victimes d’une traque sans merci pendant plus de cinq ans. Pour avoir vécu dans les hauts de Belleville pendant 3 ans, j’ai encore en tête les traques de Chinois clandestins se terminant en véritables rafles. Militant à Montreuil, je n’ignore rien des responsabilités de Sarko dans la situation dramatique infligée aux ressortissants européens que sont les Roms, privés du droit d’accéder à l’emploi et aux prestations sociales sur notre territoire.

Aujourd’hui pourtant, Hollande est donné à 53,5 % des intentions de vote et je vais, quand même, voter pour lui. Si vous m’accordez un tant soit peu de crédit, je vous invite à faire de même. Pour une raison simple. La droite est passée dans une nouvelle dimension qui l’ amène à reprendre à son compte, de manière consciente et assumée, les thèses de l’extrême-droite. Ce qui est en jeu, c’est donc plus qu’une question d’allégeance aux marchés, c’est un choix de société.

Si l’on résume en peu de mots, durant ces présidentielles, les électeurs avaient le choix entre gagner plus d’argent et virer les Arabes. Nicolas le petit et l’héritière de Montretout ont choisi d’apporter la même proposition de réponse : « moins de bougnoules ». Il n’y a plus de différences de programme entre les deux qu’à la marge. Ils se reconnaissent dans une idéologie qui n’a pour moteur que la haine de l’autre, la division des Français, l’asservissement de la classe ouvrière à la finance mondialisée. Dans un scénario à l’italienne, la droite n’a désormais pour seule préoccupation que de savoir qui de Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen détiendra le leadership sur son camp.

Assurément, voter Hollande ne suffira pas à les renvoyer aux oubliettes de l’histoire. Le Front de Gauche a pour vocation de terrasser la bête immonde en éradiquant ses raisons d’être :

  • fin de la concurrence libre et non faussée entre les travailleurs d’ici et d’ailleurs ;

  • Refus des diktats de l’Europe libérale mais construction d’une Europe des peuples et des citoyens ;

  • Reprendre au capital les 10 points de richesses produites en France que la finance a volé au monde du travail.

C’est pour cela que je ferai campagne aux élections législatives avec mes amis Gabriel Amard, Jean-Pierre Brard, Bruno Bellegarde, Riva Gherchanoc et Laetitia Suchecki entre autres. Mais d’ici là, en attendant de nous donner les moyens politiques d’en finir avec les tenants de la contre-révolution, il faut juste réaffirmer un choix de société. Un engagement ferme en faveur de la République et de son triptyque : Liberté, Egalité, Fraternité. Ce choix de société, qui est le mien, m’amène à prendre le bulletin François Hollande, sans illusion mais sans état d’âme, pour battre les tenants du néo-conservatisme à la française. Mon vote ne sera pas un choix politique, mais un choix de valeurs.

Bonus militant : Face à la droite extrême, faire front à gauche le tract d’entre deux tours de Gabriel Amard.

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Bonus vidéo : Sérum « Le Choix »


François et Jean-François font du pédalo – Acte 4 scène 1

Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;

  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;

  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;

  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

Devine qui vient manger à la maison ce soir ?

Acte 4 scène 1

Jean-François est dans son bureau de la mairie de Meaux, il fulmine, tournant en rond comme un lion dans sa cage. François est seul, dans son bureau du conseil général de Corrèze. Il est assis derrière le plan de travail, vide, se tenant la tête entre les mains. Soudain, son téléphone portable sonne.

François H. (il s’empare de l’appareil de manière fébrile) : Allo ? Allo ? C’est qui ?

Jean-François C. : C’est moi ! Qui veux-tu que ce soit ?

François H. : Ben… Je sais pas… Ca aurait pu être Valérie…

Jean-François C. : Oui, mais non ! C’est moi !

François H. : Ca va ?

Jean-François C. : Bien sûr que non, ça ne va pas ! T’es bête ou quoi ? Tu es devant le nain hystérique dans MA ville ! Faut que j’ajoute les voix de l’autre timbrée de Montretout pour que la droite dépasse la gauche et tu voudrais que j’aille bien ?

François H. : Mais… Je ne l’ai pas fait exprès !

Jean-François C. : Ca je le sais tocard ! Tu ne fais rien exprès, surtout pas de gagner ! Mais là, tu comprends, ça va finir par se voir !

François H. : Quoi qui va finir par se voir ?

Jean-François C. (éructant) : Mais c’est pas possible ! Tu es encore plus débile que le Nain le dit ! Ca va se voir que je veux que l’autre con se casse ! Même Fillon me frappe dans le dos. Tu sais ce qu’il a osé dire ce résidu de séguiniste ?

François H. : Tu sais… Mis à part Paris-Match et Gala, et encore pour voir si je suis en photo, je lis pas trop les journaux. C’est mes collaborateurs qui font ça pour moi.

Jean-François C. (soupirant) : Il a dit que je faisais bien mon boulot à la tête de l’UMP. Comme vacherie, ça se pose là ! Nabot-Léon va avoir plus que des doutes ! Je suis perdu, tu comprends ?

François H. (réfléchit un long moment puis lâche) : Heu… Non.

Jean-François C. (renifle, au bord des larmes) : Pourquoi je te demande si tu comprends… Même moi, je commence à déconner… Enfin, tout n’est pas perdu. Le nain va perdre ! Ce sera déjà ça de pris. Pour le reste, j’aurais un peu de temps… Au moins jusqu’en 2014.

"Arrêtez ou je retiens ma respiration !"

François H. (surpris) : Mais… Les présidentielles, c’est en 2017…

Jean-François C. (il éclate de colère) : Parce que tu crois que, si je perds les municipales – et c’est possible vu le score de l’autre tâche le 22 avril -, ils me laisseront à la tête de l’UMP ? Tu veux que je te fasse un dessin ou quoi ?

François H. (intimidé) : Mais… Avec les voix du FN… Tu disais toi même… Avec ma politique, il va rester haut.

Jean-François C. (tente de reprendre son calme) : Ca… Je le sais. Il va même augmenter. C’est aussi ça mon problème. Marine a accepté de pas faire élire le petit roquet teigneux cette fois-ci…

François H. : Elle est gentille, tu vois bien. On peut compter sur elle

Jean-François C. (pète à nouveau un câble) : Mais non ! Elle est pas gentille du tout ! On veut tous la fusion, ou l’alliance au moins, entre l’UMP et le FN. Elle fait des efforts. Nous aussi, avec Marianni, Lucca et les autres demeurés de PACA. Mais, ce qu’elle veut, c’est prendre la tête du truc. Et là… Moi… Moi… Ben, je suis foutu !

François H. (éberlué) : Foutu comment ?

Jean-François C. (au bord de la crise nerfs) : Mais… Foutu comme foutu ! C’est simple : c’est où la Marine ou ton copain Mélenchon !

François H. (se raidit) : C’est pas mon copain ! Il mégote ! Il veut que je convainque ses électeurs… Tu te rends compte ?

Jean-François C. : Je me rends surtout compte qu’il a raison et que toi, tu préfères t’adresser au Front national alors que les électeurs de Marine sont de droite pour de vrai ! Avec ta « colère sociale », tu es en retard de deux élections. Sarko, lui, il a compris : il cite Pétain, il parle du lebensraum, il plagie la blondasse… Bref… Comme il sait que c’est perdu, plutôt que de me mettre le pied à l’étrier, il la légitime, elle !

François H. (en panique) : Mais… C’est pas possible !

Jean-François C. (résigné) : Si… C’est trop possible même. Je serai jamais président… (Il éclate en sanglots et raccroche)

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Bonus vidéo : Fyah T « Backstabba (Feat. Jah Mason) »


Pour Hollande, la figuration c’est maintenant

Nom d’un petit flan aux œufs ! Mais quelle est cette manie de tirer dans le dos des travailleurs qui habite la social-démocratie ? Le candidat dit « sérieux » est fort ce 18 avril du ralliement de figures bien connues de la gauche : Azouz Beggag, Martin Hirsch, Jean-Jacques Aillagon, Fadela Amara… Il semblerait même que l’ancien vendeur de l’Humanité dimanche Jacques Chirac se souvienne de sa jeunesse énarchique pour se prononcer en faveur du président du conseil général de Corrèze. A moins que ce ne soit qu’une conséquence des relations de bon voisinage.

Alors, qu’est-ce qui prend le héraut autoproclamé des anciens futurs ou futurs anciens ministres, si sûrs de leur élection qu’ils sont déjà entrain de se livrer à une lutte des places féroces ? Ce jeudi, il était l’invité de la matinale spéciale présidentielle de France Inter. Le début est conforme à ce qu’est la candidature « sérieuse », dans le renoncement à « changer la vie » propre au Parti « sérieux » depuis 1983. Il vante les mérites de la « discipline budgétaire ». Jusque là, rien de nouveau, le conformisme est constant.

Ca veut dire : gouverner !

Puis, vient l’attaque, sournoise. Vers 6 minutes et 50 secondes. Voilà ce qu’il déclare, tout de go et sans honte :

« Je ne suis pas candidat simplement pour figurer au premier tour et dire « regardez comme j’ai fait un bon résultat et puis on va attendre parce que c’est trop dur ». »

Oh ! Je sais bien : il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Alors, je le réécris : nous sommes là pour gouverner. N’en déplaise à François H., nous ambitionnons de gouverner ce pays. Et le plus tôt sera le mieux ! C’est pour cela que nous avons identifié nos adversaires : la droite et la finance, dont nous connaissons le visage et l’adresse. C’est pour cela que nous avons la volonté de virer devant le parti dit « sérieux ». La situation de la France, de l’Europe en général, est trop préoccupante, trop dure pour les habitants et les citoyens, pour faire de la figuration. Si nous avons décidé de créer le Parti de Gauche, puis le Front de Gauche, c’est parce que nous voulons incarner enfin l’alternative plus que l’alternance.

Cela étant, Flamby a bien montré qui est le figurant dans cette élection à quatre tours. Et il s’y connaît avec ses 15 000 figurants à Lille (pour 25 000 revendiqués) quand nous avons rassemblé 23 000 citoyens au même endroit. Le figurant donc, c’est lui ! En acceptant la « discipline budgétaire », il affirme son choix : devant les oukases de Bruxelles et de la Banque centrale européenne, face aux prédateurs de l’Eurex, il accepte la rigueur jugée « nécessaire ». Si c’est cela faire de la politique… L’ami Prismo Esse résume les choses fort bien :

« Depuis 2009 (et l’adoption – grâce au parti dit « sérieux » – du Traité européen de Lisbonne – NDA), une politique véritablement humaine est vaine. Il est désormais, dans notre pays et dans tous ceux de l’Europe de Lisbonne, impossible de mener à bien une politique de gauche. La France est contrainte d’appliquer 80 % de sa réglementation et de ses lois sous l’autorité du parlement européen ! Cela équivaut à une impossibilité de réformer notre économie, purement et simplement, vers la mise en œuvre d’une économie sociale et environnementale réelle. »

Je m’explique bien mieux certaines choses : le primat de la comptabilité dans le projet dit « sérieux » n’a servi que de faire monter les chiffres de l’abstention. Et c’est ce que nous, au Front de Gauche, nous combattons. Parce que la politique n’est pas qu’affaire de chiffres. Encore que, selon Owni et son véritomètre, nous soyons tout de même ceux qui les maîtrisent le mieux, soit dit en passant.

Y a beaucoup de bleu chez Hollande quand même

Maîtriser pour s’affranchir, c’est en quelque sorte notre manière de faire la politique. Partir du réel pour aller vers l’idéal. Cela exige de nous que nous prenions le pouvoir, à chaque niveau. Ce n’est qu’en assumant la responsabilité politique la plus élevée : la direction du gouvernement, que nous pourrons faire mieux que le parti « sérieux ». Pour cela, une seule solution : le vote Mélenchon les 22 avril et 6 mai puis Front de Gauche les 10 et 17 juin. Permettons ainsi à Flamby de se livrer à son art favori : la figuration libre.

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Bonus vidéo : Ministry « Lies, Lies, Lies »


François et Jean-François font du pédalo – Acte 3, scène 2

Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;

  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;

  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;

  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

Le grand cirque, c'est maintenant

Acte 3 scène 2

 

Il est tard dans la nuit. Jean-François est seul dans son bureau au siège de l’UMP, François est tout aussi isolé dans son vaste bureau du siège de sa campagne. Ils ont les traits tirés.

François H. (parle bas) : Allo ? Allo, Jeff ?

Jean-François C. (un peu surpris) : Ah, c’est toi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Je ne veux plus que tu m’appelles, ça devient dur là.

François H. : Je sais, mais je suis perdu là. Rien ne va plus…

Jean-François C. : Ne m’en parle pas ! Le nain de l’Elysée est furax contre moi. Il est persuadé que j’ai fait exprès de plomber le meeting de la Concorde… Pourtant, j’ai essayé d’être discret.

« Je crois que Sarko c’est rendu compte de quelque chose »

François H. : Mon souci, c’est que Vincennes n’a pas été plus flambant. C’est encore le rouge qui sort victorieux de ce week-end. J’ai peur, Jeff ! Je crève de trouille. Tu es sûr que Sarko sera au second tour ?

Jean-François C. : Ben… ça devient compliqué. On a repris des voix au FN, j’ai poussé le nabot à le doubler sur son extrême-droite… Mais mon souci c’est que – entre toi, Mélenchon et Joly – sondages après sondages, c’est toute la gauche qui progresse.

François H. (le coupe violemment) : Ah non ! Eva et moi, nous n’avons rien à voir avec lui ! J’ai été on ne peut plus clair sur ce sujet !

Jean-François C. (au bord des larmes) : Ouais, ouais… Je sais. Le résultat, c’est qu’il monte à côté de toi. Oh… bien sûr ! Tu restes en tête, parce que Bayrou s’effondre et que tu récupères son électorat. Mais ce foutu Mélenchon ne cesse de progresser. C’est le seul que toutes les enquêtes d’opinion donne en hausse constante d’un sondage à l’autre.

"Mais qu'est-ce que je fous dans cette galère moi ?"

François H. : Alors, c’est quoi ton problème, tant que je reste devant ?

Jean-François C. (s’énerve) : Mais… Mais… Tu comprends pas ? Tu es vraiment aussi con que tout le monde le dit ? Tu ne vois vraiment pas ?

François H. (déstabilisé) : Ben… Ben… Heu…

Jean-François C. (au bord de la crise de nerfs) : Triple con ! Tu ne vois pas que le risque c’est que Mélenchon soit au second tour contre toi ?

François H. (timide) : Mais, je gagnerai dans ce cas.

Jean-François C. (tape sur son bureau, hurle dans son téléphone) : D’abord, rien n’est moins sûr ! Tu ne vois pas que le pays est tout chamboulé ? Nos repères ne fonctionnent plus ! Normalement, il aurait dû rester à 10 % le rouge ! Mais non ! Il cartonne dans tous les meetings. A cause de lui, et de son Front de Gauche, on a dû organiser en quatrième vitesse des meetings en plein air ! Toi, tu l’as copié en diffusant tes meetings sur le net. Et puis… Et puis… Si j’appelle à voter pour toi, tu gagneras. On fera le coup de la « peur du rouge ». L’union sacrée et tout ça. On fera un gouvernement d’union nationale. Mais, la fois suivante, il sera élu. Lui ou un autre. Et moi… Et moi… Adieu l’Elysée. J’aurais que Meaux pour pleurer.

François H. (apeuré) : Tu crois vraiment ?

Jean-François C. : Mais c’est évident ! Partout où on fait des gouvernement d’alliance droite-socialiste, ça ouvre la porte aux bolchéviques ! Et quand ils sont là, c’est pour des années !

François H. : Mais… Comment a-t-on pu en arriver là ?

Jean-François C. (vire une pile de courriers siglés « confidentiel » de son bureau) : C’est de ta faute ! T’aurais pas pu faire une campagne de gauche, comme je te le demande depuis des mois ? Non ! T’as voulu jouer le deuxième tour dès le premier. T’as rien compris à ce qu’il s’est passé en 2002. Tu n’es qu’un con. Je te jure, je te le ferai payer jusqu’au dernier centime ! (Il jette son portable contre le mur).

François H. : Allo ? Allo ? … Jeff ??? … il a dû rentrer dans un tunnel.

La peur du rouge est-elle bien raisonnable ?

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Bonus vidéo : Jéronimo « J’ai peur des Américains »


Faute de courage, Hollande a du culot

Chacun ici se souvient de l’épisode tragi-comique de l’adoption du Mécanisme européen de stabilité. Ce traité, adopté à la va-vite dans la fausse urgence créée de toute pièce par la montée du « péril grec », a vu les députés du parti dit « sérieux » se déballonner telle une baudruche géante. A l’époque, le porte parole des députés « sérieux », Jean-Marc Ayrault, expliquait doctement le sens d’une « asbtention dynamique » :

« Voter en l’état le traité sur le MES brouillerait notre message en direction des Français et des Européens. La détermination des socialistes, avec François Hollande, à renégocier le traité est intacte. Voter non donnerait le sentiment que nous refusons la solidarité. Voter oui, le sentiment que rien ne peut changer. Nous défendons donc l’abstention… »

Trop tard François, fallait le lire avant.

Pourquoi revenir sur cette tartuferie du candidat du parti dit « sérieux » ? C’est simple, mon ami Hum de But a interrogé récemment encore – il est têtu le camarade – Flamby sur ce fameux MES. Et a rendu publique la réponse, que je vous reproduis intégralement :

« Francois HOLLANDE DEPUTE 15:47 (Il y a 29 minutes)
Bonjour,
Nous avons bien reçu votre message et vous en remercions.
François Hollande a pointé dès l’origine, les risques et les limites du projet de Traité Européen adopté par le sommet des chefs d’Etat en janvier dernier.
En cas de succès à l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai prochains, François Hollande s’engage à agir auprès de tous nos partenaires européens, pour une vraie renégociation de ce traité, qui n’apporte aucune réponse aux questions cruciales de nécessaire solidarité européenne et de croissance. C’est un engagement solennel.
Ainsi, nous plaidons fermement pour une relance de la croissance et de l’emploi, en France et en Europe, sans laquelle, d’ailleurs, il ne peut y avoir de réduction durable des déficits et de l’endettement.
L’austérité généralisée ne saurait être la solution, ni pour l’avenir du projet européen, ni pour celui des peuples, encore moins pour la réussite de l’indispensable désendettement.

Bien cordialement,
L’équipe courriel de François HOLLANDE »

Balaise non ? Et pas culotté du tout. Le candidat qui « n’est pas dangereux », quand il s’adresse aux banquiers de la City, veut vraiment nous faire croire qu’il se battra pour renégocier le traité ? S’il a vraiment « pointé, dès l’origine, les risques et les limites du Traité européen », que n’a-t-il demandé à ses ouailles de voter contre ? Un traité pareil, ça ne se renégocie pas. Une fois qu’il est adopté, on ne peut pas revenir en arrière. Pour négocier, c’était avant.

Dans le fond, Hollande, c’est bien du flan.

 

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Bonus vidéo : Lily Allen « Fuck You (Remix) »