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Au charbon avec Mélenchon – 3e épisode

Suite des Chroniques du Hamster sur la campagne de Mélenchon et Poly dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais.

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On a beau être une tête dure, « a men’ donné », il faut se faire une raison, je ne vais pas attendre qu’un gouvernement de gauche digne de ce nom remette le service public ferroviaire sur les bons rails et je me résigne à passer le permis. C’est une des leçons de la campagne, j’ai pu constater une fois encore à quel point le réseau express régional est mis à mal. Suppressions de trains, retards et le manque de personnel pour informer les usagers, choses qui contribuent au quotidien à privilégier la voiture comme moyen de transport par défaut dans la région. Ajoutez la météo capricieuse et grisâtre, et vous comprendrez pourquoi j’envisageais le temps fort de la journée avec appréhension. Manifester un jour de fête des mères en prime, plutôt risqué. Précision, ce n’est pas l’œuvre du régime de Vichy. Elle a été officialisée en France en 1928, et inscrite au calendrier en 1941.

Il est déjà temps de repérer le parcours de la marche. On part du puits Dahomey pour se rendre à travers les cités ouvrières jusqu’aux bureaux de la compagnie à Billy-Montigny. Une bonne heure de marche soutenue, sans compter les deux haltes prévues sur le parcours. Au même moment la scène sur laquelle se tiendra le meeting à la fin de la marche est en cours de montage, tandis que des militants s’affairent à draper de rouge les murs, arbres et grilles de l’imposant bâtiment qui abritait autrefois les bureaux de la compagnie des mines. L’équipe des colleurs d’affiches s’assure que sur le parcours on ne trouve plus trace de la pollution visuelle de l’héritière de Montretout et de ses amis aux crânes rasés.

Une intense activité militante, réalisée avec sérieux par des bénévoles qui ont confectionné des dizaines de pancartes colorées qui seront portées par la foule quelques heures plus tard. Un premier car se gare, des camarades de la région parisienne qui arrivent, des militants qui viennent apporter leur aide et d’autres qui vont assurer le service d’ordre. Il y aura bien une poignée de cars de la région, mais bien moins nombreux que ce que fantasme l‘extrême-droite vociférant contre une « invasion » venue de toute la France. Le lendemain, la même extrême-droite minimisera l’événement pour dénombrer « 800 personnes ».

Le temps passe vite, la restauration sera expédiée, tandis que la rue qui longe l’ancien carreau de la mine se remplit. Des ballons, rouges, les pancartes sont distribués, le cortège s’organise : derrière la banderole du Front de Gauche, on retrouve les cortèges d’entreprises (Samsonite, Française de mécanique, collectif de précaires). Puis suivent les mineurs marocains, la CGT, les associations antiracistes (Sos Racisme, Mrap) et le cortège féministe du Front de Gauche. Les sans-papiers sont également présents.

Avant que la marche ne s’ébranle, Jean Luc Mélenchon, accompagné par Sonia – arrière-petite-fille d’Emilienne Mopty -, dépose une gerbe de fleurs au pied du monument commémorant la grève des mineurs de 1941. Émilienne Mopty, résistante, avant pris la tête des manifestations de femmes durant la grève, à Hénin-Liétard le 29 mai et Billy-Montigny le 4 juin. La grève atteindra son apogée les jours suivants, 100 000 mineurs cesseront le travail. L’occupant allemand constatant une grève quasi totale sur le bassin minier, la répression sera féroce. Les autorités suspendent les salaires, mais aussi les cartes de ravitaillement. Des centaines de mineurs seront arrêtés et condamnés aux travaux forcés, cent d’entre eux fusillés. Émilienne sera arrêtée l’année suivante, torturée et finalement exécutée.

Et le cortège pour l’humain d’abord s’élance en musique. Une foule chaleureuse et festive, et surtout nombreuse : 3 000 selon la police, 4000 pour la Voix du Nord, 6 000 pour le Front de Gauche. Quoi qu’il en soit, c’est un succès qui marche, à la mémoire de celles et ceux qui ont eu le courage de se soulever. Au-delà de l’hommage rendu, c’est aussi une manifestation revendicative, contre l’austérité et pour revendiquer de nouveaux droits. Toutes ces choses que le Parti dit Sérieux a oubliées depuis longtemps.

L’accueil des habitants est chaleureux et certains se joignent à la marche. On arrive enfin devant les anciens bureaux de la compagnie, les stands accueillent les manifestants. Un village militant aux allures de fête de l’Huma. C’est enfin le temps des discours sur la scène, Bruno Troni, candidat du Front de Gauche dans la circonscription voisine, Michelle Demessine, Martine Billard et enfin Jean Luc Mélenchon. La dernière ligne droite de la campagne s’annonce.

Nota bene : toutes les photos, sauf celle de la stèle, sont de Rémy Blang, mon ami Mosellan et bien plus 🙂

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Bonus vidéo : Chanson en hommage à Emilienne Mopty


Dans le Nord Pas-de-Calais, le FN tombe le masque

Merci pour cette image Jean-Michel

Quand le Front national prend peur, les digues sautent, le discours sur la « normalisation » disparaît et les bons vieux réflexes reprennent le dessus. J’avais eu l’info par le téléphone rouge ce matin au réveil, me demandant ce que j’allais en faire. On a pas mal discuté avec les amis et puis Ariane Walter a craqué le morceau sur son agoravox. Alors, oui, hier soir – mardi 29 mai – à Phalempin, au cœur de la 6e circonscription du Nord, la voisine directe de la 11e circonscription du Pas-de-Calais, une quinzaine de militants d’extrême-droite ont reproduit les actes de leurs aînés nazis en « bordelisant » une réunion publique du Front de Gauche. Le sang-froid des camarades a permis que nul ne soit blessé.

Le rêve secret des partisans de Marion Anne Perrine ?

Pendant deux heures, j’ai pensé qu’il ne fallait pas écrire sur ce sujet. Parce qu’il pouvait laisser croire que les fachos avaient gagné l’espace de quelques heures. Mais, après réflexion, l’incident est trop grave et mérite d’être porté sur la place publique. Il montre bien que les fascistes qui soutiennent la « vague bleu Marion Anne Perinne » sont entrain de perdre pied face à l’offensive républicaine que mène le Front de Gauche. A la peur de se voir battus, ils répondent par la violence. On connaît le cycle. Donc, non, le F-Haine n’a pas changé. Derrrière un vernis refait flambant neuf, il s’agit toujours des mêmes. Ceux qui répondent aux arguments à coups de barre à mine. Ceux qui fracassent les locaux des organisations syndicales ou des forces de gauche. Ceux qui intimident quand on tentent de convaincre.

Quelques jours plus tôt, la 11e circonscription du Pas-de-Calais a vu la distribution d’un tract anonyme avec la photo de Jean-Luc Mélenchon, un extrait de son discours de Marseille et un « votons Mélenchon ». En bas de page, une calligraphie dans un style arabe mais, après vérification, sans sens puisqu’écrit de gauche à droite quand l’arabe s’écrit de droite à gauche. Ce tract, pour lequel l’équipe du Front de Gauche a porté plainte, semble bien émaner des proches de Marion Anne Perrine Le Pen. Steeve Briois, animateur du F-Haine à Hénin-Beaumont et secrétaire général du Parti, ne nie même pas le faits, si j’en crois l’article de Marianne.

Ce genre de manip’ est clairement destinée à remobiliser l’électorat de base du FN, les plus racistes, les plus hargneux envers l’étranger, ceux qui lâchent leurs chiens contre nos camarades. C’est que la Marine est proche de couler au vu de la campagne méticuleuse autant que joyeuse que nous, le Front de Gauche, menons face à elle. Il n’y a qu’à relire la précédente Chronique du Hamster, son récit d’une Marion Anne Perrine Le Pen parcourant le marché à la course, dans une nuée de caméras, pour s’éclipser bien vite et, de l’autre côté, le temps lent des discussions, des poignées de main, des échanges, des blagues de Mélenchon avec ses électeurs. Pour les nostalgiques de l’Algérie française, de l’Indochine et autres billevesées chères à l’extrême-droite, la messe est dite. Elle est funèbre. Et la rage reprend le dessus.

Je les ai connus, les mêmes, à Vitrolles quand nous étions entrain de porter l’estocade mortelle au couple Mégret. Des membres de la sécurité du MNR, qui a préparé la ligne politique actuelle de Marion Anne Perrine Le Pen, passaient le temps à rouer de coups les militants de Ras l’Front et autres activistes de gauche. Comme de juste, ils s’en prennent à ceux de leurs adversaires qu’ils trouvent les plus dangereux politiquement. Est-ce au parti dit « sérieux’ » qu’ils s’attaquent aujourd’hui ? Allons, c’est méchant de ma part. Le PS ne s’en prend pas au FN, juste à Mélenchon et au Front de Gauche. C’est comique de voir les sociaux-démocrates verser dans la ligne kominternienne 3e période.

Enfin, cessons de tergiverser. Et j’arrête de me faire plaisir, promis. Nous allons voir jusqu’où le FN va savoir se tenir. S’il en est capable. Selon mes sources, le staff de campagne de Marion Anne Perrine Le Pen est en train de rameuter le ban et l’arrière-ban des extrêmes-droites du nord et du nord-Quiévrain. En jeu, la tenue du bal populaire du Front de Gauche à Villeneuve-d’Asq avec l’ami Ugo Bernalicis. Et, surtout, la marche du 3 juin dans la 11e circonscription. Est-ce que, malgré les caméras, les nervis du Bloc identitaire, des solidaristes et autres groupuscules fascistes, vont être capables de se tenir calme ? On verra bien.

Quoi qu’il puisse en coûter, si les masques tombent, à tout le moins la vérité sera rétablie. Relooké ou pas, le F-Haine aime à flirter avec les fafs.

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Bonus vidéo : Blink 182 « Violence »


Mélenchon vient chez moi… deux fois !

Je vais juste faire une précision en début de note parce que, des fois, certains ont du mal à me suivre : j’habite dans le 18e arrondissement de Paris, je travaille à Viry-Chatillon et je milite à Montreuil. Ce triangle, né d’un choix personnel, me fait pas mal profiter des joies des transports en commun. Et, en ce début de semaine, m’offre la possibilité d’accueillir Mélenchon chez moi par deux fois.

Mélenchon fait place à François-Mitterrand

La première, c’est ce soir : place François-Mitterrand à Viry-Chatillon pour un meeting de soutien à mes amis François Delapierre et Gabriel Amard. Une fois n’est pas coutume, j’y serai de nouveau de service d’ordre. C’est une tâche militante que j’aime bien, dans le fond. Et qui me change des sollicitations habituelles comme l’écriture de tracts ou le conseil en stratégie politique.

Au cours de cette double campagne, c’est donc la deuxième fois que Jean-Luc se rend dans les quartiers populaires des Lacs de l’Essonne. La première, c’était à Grigny au cœur de la Grande Borne. Là, c’est un quartier virychatillonais mais jouxtant Grigny qui porte le nom du premier président de gauche élu sous la Ve République. Connaissant bien Gabriel Amard, organisateur de ce meeting en plein air comme de la plupart de ceux de la présidentielles, le clin d’œil au rassembleur de la gauche, autour du programme commun, est assumé. Autant que le choix renouvelé des quartiers populaires que le Front de Gauche semble bien le seul à ne pas oublier. Faut dire que ceux que l’oligarichie entend laisser « sans voix » restent au cœur de nos préoccupations. Parce que nous sommes nombreux à venir de là.

La Goutte d’or aux côtés de Mélenchon

Le lendemain, donc mercredi 30 mai à partir de 10 heures, c’est dans le quartier où j’habite que Jean-Luc fera une visite de terrain. Ce quartier, l’un des derniers à mériter le nom de « quartier populaire » à Paris, est celui, dans la capitale, qui a donné le plus de voix au Front de Gauche lors de l’élection présidentielle. Nous approchons les 20 %. Il faut dire que notre maison commune y est bien implantée, dynamique et bien représentative des habitants.

De même pour le duo que nous présentons à l’élection législative et que vient soutenir Jean-Luc. Le titulaire, c’est Ian Brossat dont déjà eu l’occasion de vous parler. La suppléante, c’est Danièle Obono, une des animatrices de Convergences et Alternative (composante du Front de Gauche issue du NPA). A eux deux, ils changent la donne politique face à un parti dit « sérieux » et à son député sortant, gentil cumulard. Il est pas méchant Daniel Vaillant. Not very dangerous. A telle enseigne que la patronne de mon café préféré me disait encore l’autre jour : « Vaillant, pour nous, le 18e, il n’a pas fait grand chose ». Passons.

J’en profite pour vous expliquer pourquoi, au-delà de leur appartenance politique, je soutiens Ian et Danièle :

« La première fois que j’ai eu à rencontrer Ian Brossat, tout nouvel habitant de la Goutte d’Or que j’étais, c’était pour un problème de sécurité des piétons au croisement de la Chapelle et de Marx-Dormoy. Depuis, j’ai appris à connaître ce militant de terrain infatigable, toujours disponible, même le dimanche.
Avec lui, l’utopie concrète prend tout son sens : une voie de construction encore inexplorée qui devient, un jour, réalité. Parce que la force des êtres humains rassemblés nous en donne les moyens.
Si je vote et vous invite à voter pour Ian Brossat, c’est pour ces deux raisons : l’engagement dans le réel et cette capacité à se donner les moyens de le transformer. »

Tout ça n’empêche que la Commune refleurira

Les copains du 18e arrondissement, je les avais croisés plus tôt dans le week-end, samedi pour être précis, au mur des Fédérés. Nous y étions pour rendre hommage à nos morts. Mais aussi pour continuer à partir à l’assaut du ciel. Je vous renvoie à la note qu’a écrite l’ami Dareljedid sur son blog :

« Mais on vient surtout dire que la Commune est vivante. Qu’elle est l’amorce de la traînée de poudre qui parcourt nos temps, qu’elle nous rappelle qu’il faut se lever, qu’il faut prendre parti, qu’on y laisse des plumes, mais que la révolution est là, qu’elle rejaillit toujours, qu’elle continue d’irriguer nos rêves, nos actions, qu’elle nous appelle. »

Je n’ai rien à rajouter. L’ami a trouvé les mots justes pour expliquer ce que nous faisions là.

Lagarde meurt

Pendant ce long week-end, le combat de classes, évoqué par la Commune, n’a pas cessé. Ni au Québec, ni en Grèce. Il faut soutenir les peuples qui se battent là-bas. Leurs luttes sont exemplaires. Ils témoignent que la résistance aux oligarques peut mettre leur système en échec. Ça rend colère les défenseurs du système, comme cette « fonctionnaire internationale » de Christine Lagarde qui –  avec ses quelques 400 000 euros nets annuels non imposables – se permet de déclarer tout de go :

« Les Grecs devraient commencer par s’entraider collectivement, en payant tous leurs impôts. »

Celle-là, elle est forte. Et bien fausse. Mais elle montre bien comment, en ce moment, la montée de la gauche populaire grecque fait perdre le sens commun aux tenants de la pensée inique.

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Bonus vidéo : Jane’s Addiction « Stop »


Au charbon avec Mélenchon – 2e épisode

La campagne sur la 11e circonscription du Pas-de-Calais a atteint son rythme de croisière. Le local qui abrite le QG de campagne à Hénin-Beaumont est désormais tapissé de tableaux permettant de suivre les initiatives quotidiennes, le nombre d’inscrits, les tractages… Rien n’est laissé au hasard, les cartes des communes, nombre de boîtes aux lettres par ville. C’est un déploiement minutieux auquel on assiste, et c’est ce que l’on retrouve d’ailleurs dans la plupart des campagnes législatives menées par le Front de Gauche.

Ce matin les équipes s’activent pour diffuser sur le marché d’Hénin-Beaumont. On prépare les tables, les équipes se répartissent, les « mélenchanteurs » arrivent, parmi lesquels Romain Jammes. Le service d’ordre va s’assurer que le marché sera fréquentable pour éviter une mauvaise rencontre avec l’héritière de Montretout et ses sbires. Hé oui, n’en déplaise aux rédacteurs en chef avides de confrontation sanglante et de bataille rangée pour faire péter l’audimat, nous passons le mot aux journalistes reporters d’images présents, ils n’auront pas ce que veulent leurs employeurs parisiens. On laisse la fille-à-papa traverser le marché au pas de course, bien entourée par des caméras. Les militants se sont placés aux points de passages les plus importants du marché, et l’on constate assez vite qu’on trouve plus de stands qui vendent des fraises de Phalempin que de présence militante de l’extrême droite.

Photo de l’ami Rémy Blang

Avis aux amateurs, la barquette de fraise locale oscille entre 3,50 € et 4,95 €. Passons sur les péripéties de la main invisible du marché sur la fraise. Jean-Luc Mélenchon arrive, et l’on voit une tout autre pratique politique à l’œuvre. On prend son temps, on discute avec les gens. Il n’y a pas le moindre intérêt à traverser tout le marché au pas de course (encore moins au pas de l’oie – Note du rédac chef). On constate encore une fois, comme à Libercourt la veille, que l’accueil est plutôt chaleureux. Il est déjà temps de se restaurer. Mais avant cela, nous nous rendons à la salle située à Courrières où va se tenir le meeting du jour.

L’équipe technique s’affaire pour installer la décoration et surtout mettre en place la sonorisation et l’éclairage.

Photo de l’ami Remy Blang

Dehors, une équipe de collage s’assure que l’affichage soit aux couleurs du Front de Gauche. L’appel de l’estomac se fait plus pressant, on a tous de bonnes adresses locales. Pour ma part, j’ai suivi les conseils de l’ami Jean-Jacques, un QG approprié, La Belle Anglaise, un décor sympathique digne d’un pub, des portraits de guitaristes de blues légendaires, des ballons ovales qui trônent derrière le comptoir. En prime, la bière est fraîche et la nourriture vaut le détour.

Autre détour, par la gare de Lens pour récupérer Benoît Schneckenburger, et retour à la salle : des militants de tous âges finissent de décorer la salle aux couleurs du Front de Gauche. Il est temps de réunir l’équipe du service d’ordre pour un briefing rapide. Hommes et femmes expérimentés et débutants du Réseau Gracchus Babeuf sont présents. L’occasion de rappeler que c’est une tâche militante parfois ingrate mais nécessaire pour que nos initiatives se déroulent le mieux possible. Rien à voir avec les clichés qui ont la vie dure sur les gros bras, il s’agit simplement d’être en capacité de se protéger, une tradition du mouvement ouvrier née un siècle plus tôt.

Photo de l’ami Rémy Blang

La salle se remplit doucement, beaucoup flânent sur la pelouse en attendant les orateurs. L’animation musicale à l’extérieur permet de patienter. D’autres vont faire le plein de céréales au bar. Le meeting commence, devant plusieurs centaines de personnes, Hervé Poly fait une brève intervention. C’est au tour du camarade à la cravate rouge. Jean-Luc Mélenchon revient sur ces questions locales qui méritent une réponse nationale et évoque le cas du procès de Samsonite où seul le Front de Gauche était présent pour soutenir les salariés. D’ailleurs, sur les questions sociales, on attend toujours que la tête de gondole de l’extrême droite, ou le candidat qui fait voter les morts, se montrent. Mais il est tellement plus facile de persifler auprès d’organes de presse complaisants sur la couleur du parachute que de défendre les salariés !

Le discours de Jean-Luc Mélenchon est comme d’habitude dense et intense. Il évoque tant de choses, de la catastrophe de Courrières à la première Convention collective de branche négociée dans le bassin minier, berceau du mouvement ouvrier. Enfin, il évoque la prochaine étape publique le 3 juin, une marche qui partira du puits Dahomey pour se rendre à Billy-Montigny, sur le modèle de celle menée par la résistante communiste Émilienne Mopty en mai-juin 1941, pendant les grèves des mineurs. Le meeting s’achève déjà, Jean-Luc Mélenchon prend le temps de répondre aux nombreuses sollicitations puis tout le monde se disperse en attendant de se revoir très vite à la prochaine étape. Dans les corons comme partout ailleurs, on ne lâche rien !

 

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Bonus vidéo : Silmarils « Va y avoir du sport »

 


Au charbon avec Mélenchon – 1er épisode

Vous allez pouvoir lire le premier épisode de ces Chroniques du hamster, le mien ami chez qui je dors quand je vais dans Ch’nord. Le gars hamster est impliqué assez directement dans la campagne du candidat du Front de Gauche dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Il va nous raconter cette campagne, vue de dedans.

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Au fil des conversations avec le Cri du Peuple il nous paraissait évident qu’il fallait parler de la manière dont allait se dérouler la campagne de Jean-Luc Mélenchon et Hervé Poly au pays des boyaux rouges. Pas de place ici à la polémique sur l’intérêt de cette candidature, les stratèges de salon ne sont d’aucune utilité dans une bataille qui se joue sur le terrain. Désormais le débat sera tranché par le peuple souverain, 125 000 personnes se prononceront sur le choix crucial entre l’ethnique ou le social.

Après avoir récupéré Jean Luc Mélenchon et son équipe à la gare de Lille, nous partons à Oignies au cœur du bassin minier et des terrils pour une diffusion de tracts sur le marché. Malgré nos affirmations répétées aux Parisiens que la veille il faisait un temps magnifique, on voit bien que les camarades sont un poil sceptiques. Conséquence de la drache qui s’est abattue, le marché s’est un peu dépeuplé. Il en faudrait plus pour arrêter la mise en route de la campagne. Hervé Poly et les camarades de ce Pas-de-Calais sont présents, notamment Odette Dauchet, maire communiste de la ville de Carvin de 1985 à 2001, date à laquelle Philippe Kemel a réussi le tour de force de l’emporter en s’alliant avec la droite.

Depuis il a démontré sa toute-puissance en faisant voter des morts pour obtenir la place de candidat à la députation. Evidemment, cette « victoire » a fâché ses concurrents malheureux : le député sortant, Albert Facon, et le maire d’Oignies Jean-Pierre Corbisez. D’ailleurs, puisqu’on en parle au moment où la pluie s’arrête, le voilà le maire d’Oignies qui accueille Jean Luc Mélenchon et lui offre un parapluie. Bien plus chaleureux que l’amère de Lille occupée à jouer le numéro de l’élue locale, pour critiquer le choix du Front de Gauche sur la circonscription.

L’accueil est chaleureux, la force joyeuse arpente le marché tranquillement, tandis que Jean-Luc se retrouve  avec un sachet de saucisson de cheval et en propose à tout le monde. Hervé Poly souligne que c’est du Percheron (du nom du patron historique du PS du Pas-de-Calais – NDA) et qu’il faut le bouffer. L’allusion n’échappe pas aux militants locaux. Si quelques commerçants sont un peu fermés, les habitants se sont montrés accueillants, et viennent spontanément pour discuter, poser des questions, et constater que Jean-Luc est bel et bien présent. Qu’on ne se méprenne pas, ce n’est pas un mouvement de foule en délire qui réclame des autographes, il y a là des habitants satisfaits de voir des candidats qui ne réduisent pas la 11e circonscription à la seule ville d’Hénin-Beaumont.

Il est temps de partir à Evin Malmaison pour une réception. Bernard Stasweski, le maire communiste, nous reçoit cordialement, l’occasion de reparler de la lutte de Metaleurop. Jean Luc discute également avec des jeunes présents à la réception et en profite pour expliquer ce que symbolise le triangle rouge qu’il porte à sa veste. Il ne représente pas seulement le signe distinctif porté par les opposants politiques déportés par les nazis. Il fut utilisé bien plus tôt, en 1890, à l’occasion du Premier Mai pour revendiquer la réduction à 8 heures de la journée de travail, et symboliser le partage de la journée en trois (travail, sommeil, loisirs). Odette, Bernard, véronique et Cathy comme Hervé et d’autres quelques jours plus tôt ont réservé un bon accueil à Jean-Luc Mélenchon. On ne va pas le cacher, avec la réputation rugueuse de la fédération du Pas-de-Calais du Parti Communiste Français, nous n’imaginions pas que les rapports humains seraient aussi fraternels.

Direction Courcelles-lès-Lens pour se restaurer près du canal de la Deule, à la gare d’eau, ancien haut lieu de l’industrie batelière (renseignements pris, on n’y fabrique pas de pédalos). On en profite pour faire avaler un potjevleesch (avec des frites forcément !) aux Parisiens. Dernière étape de la journée, Hénin-Beaumont, où se tient une réunion de travail dans les locaux flambant neufs du PCF qui va abriter le siège de campagne du Front de Gauche dans son ensemble.

Une ambiance studieuse de rigueur, Jean-Luc présente sa vision de la campagne et propose toute une série d’initiatives pour rythmer la campagne. On doit « être une force joyeuse. Contrairement à ceux d’en face qui s’emmerdent comme des rats morts quand ils se réunissent entre eux ». Hervé Poly prend le relais et décrit la campagne telle qu’elle s’est déroulée jusqu’à présent, avec des éléments chiffrés et précis sur les besoins militants, sur ce que représentent les tractages sur la circonscription, et sur les forces et faiblesses du réseau militant impliqué. Tout un tas d’éléments précieux pour la suite des évènements. On ne repart pas de zéro, et l’expérience accumulée permet d’évaluer ou orienter les efforts militants. La suite de la campagne approche.

Déjà, le 18 mai un meeting en plein air est en vue, à Méricourt dans l’éco-quartier (regroupant logements et services publics) construit sur le carreau de l’ancienne fosse du 4-5 Sud.

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Bonus vidéo : Anthrax & Public Enemy « Bring The Noise »


Ami gauchiste : ton problème c’est pas Mélenchon, c’est le patron !

Après une première missive électronique à mes amis gauchistes, au sens léniniste du terme, je reviens vers vous, membres du NPA et de Lutte Ouvrière, du Parti Ouvrier Indépendant et autre ARS. Au départ de ce courrier, des échanges assez vifs avec le camarade recriweb sur touittère, au sujet de Mélenchon. Ce dernier, comme s’il n’en avait pas assez de l’acrimonie d’Europe Ecologie-Le Vide, de la haine de classe de Marion Anne Perrine héritière Le Pen, de la vindicte du parti dit « sérieux », le voici voué aux gémonies par nos camarades d’extrême-gauche. A telle enseigne que le NPA et LO présentent contre lui, chacun, un candidat dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais.

Ce mercredi 16 mai, au matin, l’attaque prenait des tours de jésuitisime. Tel militant « communiste révolutionnaire » se demandait :

« C’est quoi le but de la lettre de Mélenchon (à Jean-Marc Ayrault – NDA) ? Pousser à « gauche » un gouvernement pro-patronal ? Personne pour me répondre ? »

Il y a des questions rhétoriques qui n’en sont pas. Celle-ci est un chef d’œuvre du genre, puisque la réponse serait contenue dans la question. Alors, allons-y les camarades ! Et mettons tout sur la table. L’accusation est celle de réformisme, n’est-ce pas ? Nous serions les alliés fidèles du parti dit « sérieux ». Alors, nous allons reprendre les choses par l’absence de début. Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. En guise de preuve, notre soit disant « allié » n’a de cesse que de nous matraquer, avec autant de détermination que vous autres. Je passe sur les attaques en creux de Martine Aubry contre le candidat du Front de Gauche dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Elles n’ont échappé à personne. Je passe aussi sur les alliances cannibales entre le PS et EELV contre le Front de Gauche à Tremblay-Sevran-Villepinte ou à Montreuil-Bagnolet. Les voilà, vos preuves d’amour !

Mais revenons au point de départ de l’échange : la lettre du chef de file du Front de Gauche au nouveau premier ministre. Nous faisons, par sa plume, un certain nombre de propositions concrètes et immédiates pour améliorer tout de suite le sort de la classe ouvrière et des habitants des quartiers populaires de ce pays. Hou, le réformisme indigne ! Parce qu’il est réformiste de vouloir que les conditions matérielles d’existence de millions de salariés de ce pays se trouvent améliorées ? Parce qu’il est indigne d’un parti révolutionnaire d’œuvrer pour que, immédiatement, les mauvais coups du patronat et de la finance soient déjoués ? Je me permets de citer trois propositions formulées dans ce vil courrier :

« * L’interdiction des licenciements boursiers et suppressions d’emplois dans les entreprises bénéficiaires. Cette mesure de bon sens économique vise à empêcher des saccages comme ceux de Continental ou Samsonite. Elle empêcherait les actionnaires de préparer de nouvelles suppressions d’emplois dans des groupes bénéficiaires, de l’automobile (PSA, Renault etc), à la chimie (Sanofi-Aventis) en passant par les banques.
* La création d’un droit de véto des élus du personnel en cas de fermeture ou délocalisation et l’obligation d’examiner les propositions des salariés. Ces droits nouveaux des travailleurs permettraient par exemple aux salariés de l’automobile de Sevelnord ou de PSA Aulnay de faire entendre leur point de vue à des actionnaires jusqu’ici tout puissants.
* Un droit de préemption de l’activité par les salariés réunis en coopérative, avec un soutien juridique et financier public, comme le réclame depuis plus de 600 jours les salariés de l’usine Univelever-Fralib. Un tel droit aurait aussi permis d’envisager sous une perspective autrement plus positive la reprise de l’activité de SeaFrance. »

C’est effectivement de la haute trahison. Bon, je vais en finir avec l’ironie, puisque mes amis gauchistes manquent souvent d’humour. Revenons donc au fond, qui reste, depuis 1920 et La Maladie infantile du communisme, la question du rapport au parlementarisme. Lutte ouvrière, sur cette question, tranche : « Le pouvoir viendra du peuple, pas des urnes ». Je vais laisser Lénine répondre :

« Comment peut-on dire que « le parlementarisme a fait son temps politiquement », si des « millions » et des « légions » de prolétaires non seulement s’affirment encore pour le parlementarisme en général, mais sont franchement « contre-révolutionnaires »!? Il est évident qu’en Allemagne (et aujourd’hui en France – NDA) le parlementarisme n’a pas encore fait son temps politiquement. Il est évident que les « gauches » d’Allemagne (et aujourd’hui en France – NDA) ont pris leur désir, leur façon de voir en idéologie et en politique, pour une réalité objective. C’est là pour des révolutionnaires la plus dangereuse erreur. »

Quelle est notre manière à nous, militants du Front de Gauche et – pour ce qui me concerne – du Parti de Gauche ? Nous avons repris les choses par le bon bout : l’analyse historique et sa relecture en perspective. Le marxisme n’a aucune historicité. Il n’a, dans aucun pays, à aucune période, été mis en œuvre réellement. Par ailleurs, dans la marche vers le socialisme, les tentatives qui ont été faites ont toutes en commun de parier sur la transformation des structures de production, comme outil de transformation de la structure du pouvoir. Ce qui a amené, au mieux, un capitalisme monopoliste d’Etat. Au pire, la barbarie de Pol Pot ou de la Corée du Nord.

Nous, nous faisons le pari de l’éducation populaire politique pour transformer les consciences et amener la classe ouvrière à vouloir et à agir en faveur de la révolution. Permettez que je m’en réfère encore au camarade Lénine :

« On ne peut vaincre avec l’avant-garde seule. Jeter l’avant-garde seule dans la bataille décisive, tant que la classe tout entière, tant que les grandes masses n’ont pas pris soit une attitude d’appui direct à l’avant-garde, soit tout au moins de neutralité bienveillante, qui les rende complètement incapables de soutenir son adversaire, ce serait une sottise, et même un crime. Or, pour que vraiment la classe tout entière, pour que vraiment les grandes masses de travailleurs et d’opprimés du Capital en arrivent à une telle position, la propagande seule, l’agitation seule ne suffisent pas. Pour cela, il faut que ces masses fassent leur propre expérience politique. »

Avec le Front de Gauche, nous menons la campagne de conscientisation en direction des ouvriers, des celles et ceux qui se croient membres de cette construction idéologique qu’est la « classe moyenne », pour que chacun acquière cette conscience d’appartenir au final au prolétariat dans sa définition marxiste du terme. Faire la révolution dans les têtes est la condition sine qua non pour que la révolution des rapports de production – qui ne sont qu’un des aspects de la politique – mette fin aux rapports de domination de classe. Notre enjeu est là, notre bataille quotidienne, c’est là que nous la menons.

Enfin, nous avons placé – dans la bataille politique – le curseur des priorités au niveau de la lutte contre le fascisme nouvelle période incarné dans le Front national voire une fraction de l’UMP. Est-ce là le signe d’une dangereuse dégénérescence sociale-démocrate ? Je vais m’en référer, une fois n’est pas coutume, à Léon Trotsky pour répondre à cette vision des choses :

« La montée d’un mouvement fasciste de masse est en quelque sorte une institutionnalisation de la guerre civile, où, toutefois, les deux parties ont objectivement une chance de l’emporter (…). Si les fascistes réussissent à balayer (…) la classe ouvrière organisée, à l[a] paralyser, à l[a] décourager et à l[a] démoraliser, la victoire leur est assurée. Si, par contre, le mouvement ouvrier réussit à repousser l’assaut et à prendre lui-même l’initiative, il infligera une défaite décisive non seulement au fascisme, mais aussi au capitalisme qui l’a engendré. »

Voici la raison essentielle qui nous pousse à monter au Front, une fois de plus, au niveau national et singulièrement dans le Pas-de-Calais. Voilà, mes amis, quelques petits mots dont j’espère qu’ils vous seront utiles pour réfléchir à vos priorités politiques.

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Bonus vidéo : Pop Will Eat Itself « Kick To Kill »


Vitrolles pour comprendre Hénin-Beaumont

Pour commencer ce billet, une fois n’est pas coutume, je veux me rendre agréable à l’héritière de Montretout. Depuis des années, elle est affublée d’un quolibet qui la rend vague. Aussi, j’entends lui restituer son patronyme en entier : Marion Anne Perrine Le Pen, née à Neuilly-sur-Seine, résidant au manoir de Montretout à Saint-Cloud. Héritière, de manière indirecte, de la fortune de M. Lambert, patron décédé des cimenteries éponymes. Voilà, je pense qu’une injustice est réparée : Marine, c’est vraiment trop « peuple » quand on a une aussi belle ascendance. A l’heure où nous nous battons pour que la classe ouvrière retrouve ses symboles, je veux contribuer à ce que la grande bourgeoisie, dont est issue la Le Pen, retrouve les siens. Voilà donc le retour de Marion Anne Perrine Le Pen.

Les vrais parents politiques de Marion Anne Perrine née Le Pen

Ceci étant posé, je veux revenir à ce qui n’est pas la propriété de Marion Anne Perrine héritière millionnaire Le Pen : Hénin-Beaumont et la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Beaucoup s’émeuvent des hauts scores de la châtelaine, fière défenseure des intérêts du capital, dans une circonscription éminemment ouvrière, puisque nous sommes là au cœur du bassin minier. Qui s’intéresse à l’histoire du mouvement ouvrier connaît ces noms : Carvin, Wingles, Noeux-les-Mines… Ce sont sites de hautes luttes sociales, de combats à mort avec le fascisme appuyé, comme de juste, par le grand patronat minier. Alors, que vient faire l’héritière de Montretout dans ce pays noir (de charbon) et rouge (du sang des ouvriers) ? Je vous propose, pour comprendre, un détour par Vitrolles, à l’opposé géographique de Hénin.

La ville de Vitrolles a été prise par l’extrême-droite, incarnée par Catherine Mégret, en 1997. Pourtant, cette cité, connue à l’époque pour sa plateforme logistique et son équipe de hand-ball, est un fief socialiste de longue date. Le maire en est Jean-Jacques Anglade. On croise de tout à Vitrolles à l’époque. Et pourtant, la ville va s’offrir à cette tendance de l’extrême-droite qui se voit, déjà, en fer de lance d’une droite autant recomposée que décomplexée. Ce n’est pas le moindre des paradoxes de la Le Pen que celui-ci : près de 14 ans après la scission qui donnera naissance au Mouvement national républicain, Marion Anne Perrine a repris et fait triompher, au sein du Front national, la ligne initiée par Bruno Mégret.

Mais comment Vitrolles a donc pu basculer dans le camp de celles et ceux qui défendent la « préférence nationale » au point de créer une prime pour les « bébés français » ? La responsabilité du parti dit « sérieux » n’est pas mince dans cette histoire. Sur sa fin, le « système Anglade », du nom de celui qui est le maire socialiste jusqu’en 1997, mêle arrogance, clientélisme, affairisme. Jean-Jacques Anglade c’est : gestion opaque, goût démesuré pour la comm’ et ce qui n’est pas encore le « bling bling », plus des démêlées avec la justice dont une mise en examen pour fausse facture… Ah… il y aurait des similitudes avec l’état du Parti dit « sérieux » dans le Pas-de-Calais ? Ah bon…

La comparaison peut ne pas s’arrêter là. Nous sommes dans deux départements où, selon la croyance populaire, dès le moment où elle est floquée du poing et de la rose, une chèvre peut être élue. Dans les Bouches-du-Rhône comme dans le Pas-de-Calais, le seul obstacle à l’élection c’est le petit baron d’à côté qui peut aussi prétendre à la légitimité des urnes. Les aspirations des citoyens, trouver des solutions à leurs problèmes de tous les jours, là n’est pas l’important puisque, à la fin, ils voteront pour vous. Du coup, on peut se permettre de promettre à qui un emploi, à qui un logement, en échange de quelques voix. Et, pour financer tout cela, quelques belles factures sur-dimensionnées. Peu importe…

Or, parfois, les électeurs, même pauvres, ont envie qu’on s’occupe d’eux – vraiment. Or, parfois, les électeurs, même pauvres, aiment avoir des élus sans casserole. Or, parfois, les électeurs, même pauvres, aspirent à ce que les élus qui les représentent leur permettent de rester dignes. Il y a de la morale, dans l’aspiration des électeurs, même pauvres. Or, l’incapacité du Parti dit « sérieux » à faire le ménage, dans les Bouches-du-Rhône comme dans le Pas-de-Calais, va détourner certains de leurs supporteurs. Et, « puisque tout est pourri », autant filer la clé de la baraque à ceux qui ne les ont jamais eues. C’est ainsi que Catherine Mégret arrive à l’hôtel de ville de Vitrolles en 1997. Ouvrant une parenthèse d’un peu plus de cinq ans, au cours de laquelle l’extrême-droite montrera son vrai visage. Elle est, encore plus que d’autres, capable de se mettre hors la loi. Pour en avoir le détail, je vous suggère la lecture du blog de mon ami Didier Hacquart, avec qui j’ai eu le plaisir et l’honneur de militer, quand nous avons ramené Vitrolles dans le giron de la République.

Donc voilà un bref rappel historique qui permet de mieux comprendre pourquoi il est essentiel, pour la gauche, d’être elle-même – « sans complexe et sans casserole ». Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que les militants peuvent à nouveau refaire de la politique et poser les vraies questions : qui a fermé les mines, l’immigré ou le banquier ? Pourquoi on ne trouve plus de boulot, parce que c’est le voisin qui l’a pris ou parce que la financiarisation de l’économie transforme l’être humain en variable d’ajustement ultime ?

Au final, ma conclusion est bien celle-là : si nous sommes contraints d’aller porter le fer en première ligne une nouvelle fois face à l’extrême-droite, c’est bien parce que le parti dit « sérieux » a failli. Comme à Vitrolles, il a connu la débâcle : l’état-major a refusé de prendre ses responsabilités et de mener le nettoyage de ses propres positions. C’est une faillite morale autant que politique qui nous met en première ligne, quand nous aurions pu nous contenter de nous occuper de nous mêmes. Mais, une fois de plus, nous sommes incapables de nous satisfaire de gérer nos bons résultats électoraux : nous sommes habités par l’esprit de responsabilité politique.

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Bonus vidéo : Massilia Sound System « Ma Ville est malade »


Mon 1er Mai avec les sans cartes

Après une sorte de « pause » – j’ai quand même été au conseil national du Parti de Gauche samedi dernier -, je renoue avec ce Cri du peuple. Hier donc, mardi 1er Mai, j’étais dans la rue pour la journée internationale des travailleurs, cette journée de solidarité et de lutte lancée en 1890 par la IIe Internationale pour, à la fois commémorer le massacre des ouvriers de Chicago et mobiliser pour la journée de huit heures. J’avais prévu deux choses : manifester aux côtés de la femme de ma vie et rejoindre les Montreuillois pour défiler avec mes amis et camarades. Je n’ai fait que la première. Désolé les potes, mais y avait carrément trop de monde pour pouvoir se retrouver.

J’ai donc défilé avec les non encartés, ces citoyens qui ne revendiquent aucune appartenance politique ou syndicale. Ils étaient sacrément nombreux ! Pour vous donner un ordre d’idée, sachant que l’itinéraire du cortège parisien partait de Denfert-Rochereau pour arriver à Bastille en passant par le boulevard Saint-Germain. Petit extrait de texto échangés avec un ami :

« 17h03 : Lui – t’es où ? Moi UL de Montreuil, un peu après Denfert.
17h06 : Moi – un peu avant le carré de tête, boulevard Saint-Germain.
18h41 : Moi – on vous attend rue de Lappe.
18h46 : Lui – Suis à Luxembourg.
18h47 : Moi – Le défilé est pas fini ???
18h48 : Lui – non. »

Le pont Henri IV vers 17h10 alors que l'UL CGT de Montreuil quitte à peine Denfert-Rochereau

Tout au long du parcours, les trottoirs sont pleins de gens qui nous regardent défiler, nous encouragent ou font une pause avant de reprendre leur cheminement. Aux balcons, il n’est pas rare de voir des personnes arborer des chiffons rouges, comme cette dame qui brandit un pull incarnat au bout d’un manche à balai pour manifester sa solidarité avec nous autres manifestants. J’en profite pour évoquer ce rouge du drapeau de la classe ouvrière qui excite tant la bête à cornes nommée Nicolas le petit. S’il est rouge, c’est tout simplement qu’il symbolise le sang des ouvriers tués par la réaction. A l’origine, lors d’une manifestation réprimée par la troupe, un anonyme trempa sa chemise blanche dans le sang d’un de ses camarades tombés sous les balles et brandit l’étendard de fortune maculé comme signe de ralliement. Quand nous brandissons fièrement nos drapeaux écarlates, c’est ce geste que nous reproduisons : nous pensons à toutes celles et tous ceux qui sont tombés pendant les luttes ouvrières, de Chicago à Fourmies en passant par la Croix-Rousse et les barricades de la rue Myrrha.

Mais revenons à cette journée d’hier, passée aux côtés de celles et ceux qui sont descendus dans la rue juste parce que la situation est trop grave. Alors que je m’extasie devant l’ampleur du rassemblement, « la voilà notre réponse à Sarko », un jeune homme portant son enfant dans un harnais, sa compagne à ses côtés, me répond : « C’est clair ». Il n’est visiblement venu que pour cela, relever le défi lancé par une UMP flirtant avec le Front national et qui se réunit au Trocadéro. Dans cette partie du cortège, l’ambiance est, du coup, assez grave. Pas de chants, pas de slogans, rien d’organisé. Les discussions tournent toutes autour du même sujet : battre Sarko, qui nous insulte, tente de nous diviser… Au hit parade de ce premier mai : l’autocollant du Parti de Gauche « Casse-toi pov’ con » fait un carton. Suivi de très près par « nous sommes tous des travailleurs », seul cri repris par les uns et les autres.

Vue du carré de tête de la manifestation parisienne unitaire

Mais, dans le fond, chacun a le regard porté vers le 6 mai. Une femme, me voyant arborer un autocollant « Mi merche ek Mélenchon », rapporté de la Réunion par un couple d’amis qui en rentre juste, m’interpelle : « Hep, vous, les Front de Gauche. Vous allez pas déconner dimanche ? » Je prends le temps de lui répondre sincèrement :

« A la base, je me tâtais. Si Hollande était donné à 54%, je pensais voter Mélenchon. Mais après avoir entendu Le Pen
puis Sarkozy le soir du premier tour, même si Flamby est donné à 60 %, je voterai pour lui. C’est une opération de salubrité publique. »

Un sourire, on se quitte.

A dire le vrai, il n’y a aucun enthousiasme autour de la candidature présentée par le Parti dit « sérieux ». Pour la plupart de ces personnes, le bulletin Hollande c’est juste le désinfectant sur la plaie SarkoPen. Ça ne fait pas de bien, mais il faut nettoyer le blessure. Les visages reflètent cette manière de voir. On ne sourit guère. En fait, nous sommes là pour laver l’affront national fait par Nicolas le petit à la classe ouvrière de notre pays.

Pour autant, quand nous arrivons à Bastille vers 17h30, la place est déjà à moitié pleine. Spontanément, celles et ceux qui nous attendent se disposent de manière à faire une haie d’honneur aux manifestants. Et là, nouvelles interpellations : « Il est où Mélenchon ? Il arrive quand ? ». Il faudra attendre les amis, le Front de Gauche défile derrière les organisations syndicales.

Arrivée à Bastille vers 17h20

Pendant ce temps-là, au Trocadéro, l’UMP réunit la fange. Elle bouleverse même les règles de l’occupation de l’espace. Ce qui inspire à mon amie Maëlle Dubois ce touit plein d’humour :

« Hé, mais si on tient à 10 par mètre carré ça veut dire que je peux faire des fêtes à 170 personnes chez moi ! #trocadéro »

Dans ce rassemblement on entend bien : « Allez, allez ! la France aux Français ! ». Ce qui est sûr, c’est qu’il y a bien deux France ce premier mai 2012. Il faut choisir son camp.

Bonus mémoire et enjeu : Je vous recommande la note de mon ami Dareljedid dont voici un extrait

« Les lignes n’ont jamais été aussi claires, quelque soit l’efficacité du brouillage et de la confusion que sèment les droites et leurs médias. Nous ne serons pas dupe des attaques minables d’un pouvoir qui pense pouvoir tout galvauder, tout travestir.
Dans les urnes, dans les rues, sur les places, avec les syndicats : elle peut compter sur nous, la droite! Nous serons toujours présents pour lui rappeler qu’on ne joue pas impunément avec notre mémoire et nos symboles. »

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Bonus vidéo : Glasses Malone « May 1st »


Bienvenue à 3 277 821 nouveaux électeurs

Année Voix Pourcentage
2007 : Marie-Georges Buffet 707268 1,93 %
2012 : Jean-Luc Mélenchon 3985089 11,10 %

 

Evolution du score de la gauche radicale

2007 : total voix Besancenot + Buffet + Schivardi + Laguiller : 3 300 254

2012 : total voix Poutou + Melenchon + Arthaud : 4 599 038 soit + 39 %

 

Et maintenant

2007 : total voix Le Pen + Sarkozy + Nihous + De Villiers : 16 522 245

2012 : total voix Le Pen + Sarkozy + Dupont-Aignand : 16 820 161 soit +1,01 %

Les scores du Front de Gauche supérieurs à la moyenne nationale.

Où est l’événement politique ? La gauche radicale – hors NPA et LO – gagne 3 277 821 nouveaux électeurs. En ajoutant nos amis qui ont voté Poutou et Arthaud, la progression est tout de même de 1 298 784. Et on vient encore me dire que l’événement est le rééquilibrage au sein de la droite ? Je me gausse, permettez.

Je me gausse d’autant plus que la participation était en baisse entre 2007 et 2012 et que le Front de gauche, avec son candidat, a sonné le retour de l’idéologie en politique. Cela a été souligné, notre discours était tout sauf simpliste. A contrario, il faisait appel à l’intelligence des individus, quelle que soit leur catégorie sociale. N’en déplaise, même les plus défavorisés de nos concitoyens ont été sensibles à ce discours qui les prenait en considération. Les « pauvres », comme on dit, n’ont pas voté Marine Le Pen mais bien pour Jean-Luc Mélenchon. Les scores du Front de gauche en Seine-Saint-Denis en attestent, qui passent de 20 542 voix et 3,54 % en 2007 à 90 710 voix et 16,99 %. Tout aussi près de moi, en Essonne cette fois, à Grigny, le Front de Gauche tape les 21,23 % quand l’héritière millionnaire de Montretout y est maintenue à 11,5 %. Voilà qui valait d’être rappelé. Le Front de Gauche a un véritable ancrage populaire même s’il parle à l’ensemble des couches de la société.

J’écrivais hier que nous aurions pu faire la fête, vous comprenez mieux pourquoi ? D’autant que nous venons vraiment de loin.

Pour mémoire, l’évolution du score du Front de Gauche

Européennes 2009 : 1 041 911 voix
Régionales 2010 : 1 137 250 voix
Premier tour présidentielles 2012 : 3 985 089 voix

Nous avons donc la dynamique de l’intelligence et de la conviction en notre faveur. Cela pèsera dans les échéances à venir. Le 6 mai, il faudra compter sur nous qui connaissons la plus forte progression en voix et en pourcentage dans ce pays. Nul ne s’y trompe. Pour ma seule petite part, je viens de recevoir, par divers biais, trois demandes d’adhésion. Mon ami Romain en a réceptionné deux. Damien en a récupéré deux de son côté. De mémoire de militant encarté (soit depuis 1988), je n’ai jamais eu à gérer des adhésions après une « défaite », et Jules Vallès sait que j’en ai subi plus que mon comptant depuis ces 24 ans.

Camarades, vous qui me lisez, ne nous laissons pas enfumer une nouvelle fois. Regardons notre véritomètre.

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Bonus vidéo : Suprême NTM « Plus jamais ça »


La fête aurait dû être belle. Mais…

Ce lundi 23 avril au matin, comme l’a tweeté mon ami Alexandre Tuaillon (tout animateur clé de la campagne de Hollande sur Montreuil qu’il soit), je me réveille avec la gueule de bois bien que je me sois couché à jeun. Pourtant, hier soir, lorsque les résultats du premier tour de l’élection présidentielles sont tombés, nous avions tout pour faire la fête. Avec plus de 11 %, le Front de Gauche créait l’événement politique. Ce n’est aucunement de la méthode Couet de le dire.

Revenons en arrière, en juin 2011, lorsque nos camarades du PCF ont voté en faveur de Jean-Luc Mélenchon comme candidat du Front de Gauche. A l’époque, un score à deux chiffres constituait un objectif en soi, ne l’oublions pas. Nous savions d’où nous venions. Notre gauche avait été bien mise à mal, ses divisions l’atomisaient en multiples groupuscules aux antagonismes souvent violents. Nos paroles, bien que souvent convergentes, en devenaient inaudibles. Les ouvriers, les militants syndicaux, les jeunes, celles et ceux qui avaient cru en la dynamique unitaire des collectifs antilibéraux pendant et après le référendum sur le traité constitutionnel européen… ne nous entendaient plus, entre déception et méfiance. La création du Front de Gauche entre 2008 et 2009 a commencé à dessiner la perspective.

Nous avons réussi à la rendre crédible en faisant des pas les uns vers les autres. Nous avons travaillé ; expliqué notre démarche ; fait de la pédagogie sur le contexte économique social et politique ; élaboré notre programme et l’avons enrichi encore avec nos assemblées citoyennes. Notre campagne des présidentielles a permis de donner une caisse de résonance sans commune mesure à nos propositions et à nos analyses. Souvenons-nous, comme le fait François Delapierre, directeur de campagne de Jean-Luc :

« Nous avons connu une progression fulgurante. Nous sommes la force politique qui a démarré à 3 % dans les sondages et avait fait 6 % aux régionales pour finalement faire le double au premier tour de la présidentielle. Nous sommes la force ascendante. »

Dita Von Teese au meeting de la porte de Versailles (private joke)

Nous avons remis le peuple au cœur de l’agenda politique. Nous avons imposé nos idées dans le débat, au point que plus d’une a été reprise par les candidats de l’ordre établi. Chacun de nos meetings a été une réussite que la plupart nous envie. Nous n’avons pas à rougir : nous avons vraiment fait la meilleure campagne. Et ce lendemain de scrutin, la plupart des observateurs concèdent que le score du Front de Gauche est bien plus qu’honorable. Dans le champ d’une gauche autrefois atomisée, il constitue une sacrée surprise. Clémentine Autain ne dit pas autre chose :

« On avait des projections très audacieuses dans ce qu’on espérait. L’enthousiasme autour de notre campagne et l’affluence dans les meetings nous ont fait rêver à des scores qui ne correspondent pas encore à la réalité du pays… Mais il y a huit mois, on aurait signé pour un score à deux chiffres ! Au début de la campagne, on jouait la survie d’une gauche radicale en France. Passer la barre des 10 %, c’est une première depuis longtemps pour la gauche de transformation sociale et écologique rassemblée. »

Cette dynamique ouvre un nouveau champ des possibles pour construire l’avenir de ce pays. Il nous reste le 6 mai, pour battre la droite ; les 10 et 17 juin pour imposer le Front de Gauche comme la force de l’alternative en France. Décidément, oui ! Tout était réuni pour que nous fassions une fête à tout casser dimanche soir. Mais, cette fête, nous sommes nombreux à ne pas l’avoir faite.

Malgré ce que nous en disions, nous avons été nombreux à croire – avec toute l’irrationalité que porte ce terme – dans les sondages qui nous donnaient hauts et parfois (dans le fond, ils n’ont pas été si nombreux bien que nous les ayons mis en avant) devant le F-Haine. C’était enthousiasmant de se lire à 15 % et cela confortait ce que nous vivions sur le terrain, à notre échelle individuelle. Nous avons bien volontiers oublié que nous ne sommes pas présents partout et pas toujours avec la même énergie. Alors, nous avons envoyé nos belles analyses sur le caractère biaisé des enquêtes d’opinion, leur vacuité encore prouvée, pour y voir des prophéties auxquelles nous avons donné caractère autoréalisateur. Moi même j’ai cédé à cette tentation.

Nous avons aussi pris en pleine gueule le score de l’héritière de Montretout. Parce que nous sommes ainsi, que nous n’avons pas le nombrilisme politique qui nous amènerait à focaliser sur notre propre petite personne, nous avons été abasourdis par ces 20 % puis ces 18 %, pour finir autour de 17 % offerts par Sarkozy à la candidate de la haine et du renoncement. En toute conscience, dans une stratégie au cynisme assumé, Nicolas le petit a fait la campagne de Marine Le Pen. Nous avons donc été dans l’impossibilité d’afficher le sourire de ceux qui sont contents d’eux-mêmes parce que les résultats confortent une position qu’ils n’osaient espérer il y a quelques mois encore.

Dans le fond, je trouve cette « gueule de bois » salutaire. Elle prouve que nous ne faisons pas de la politique comme les autres avec le nez rivé sur nos petits intérêts partidaires mais bien avec la vision globale du monde tel qu’il va ou ne va pas. Dès ce soir, nous repartirons donc sur le terrain, sur les marchés, à la porte des entreprises, avec notre verbe et notre conscience. Nous serons à l’avant-garde du combat face à l’alliance de facto entre l’UMP et le F-Haine. Pour les battre le 6 mai prochain. Et, peut-être que, finalement, le 17 juin au soir nous pourrons enfin la faire cette fête.

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Bonus vidéo : The Pogues « Fiesta »