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Chroniques montreuilloises : 13e épisode

Dimanche 23 septembre
12h03 : Dominique Voynet personnel à « Président » (mode sms)

François, je te l’avais dit : Cécile est une nulle, elle ne tient rien ! Ce n’était pas le bon choix. Moi, tu me connais, je suis sûre. Et mon bilan comme ministre de l’Environnement est excellent.

Lundi 24 septembre
10h24 : Jean-Marc Ayrault à Dominique Voynet personnel (mode sms)

Dominique… On attend le verdict dans le procès Erika demain. JMA

10h26 : Dominique Voynet à dircab (mode sms)
Fais-moi adopter une motion de soutien au traité à la con, là, jeudi. TTU !

10h27 : Dircab à « l’amère » (mode sms)
Mais Dominique, le parti a voté contre ce week-end…

10h30 : Dominique Voynet à dircab (mode sms)
T’es con ou quoi ? J’ai pas été claire ? Fais-moi passer cette motion, le reste c’est mes oignons !

Comme souvent à Montreuil, les choses se règlent par textos. C’est toujours pratique quand on n’aime pas la ville qu’on dirige. Mais en l’occurrence, ce jeudi 27 septembre au soir lors du conseil municipal, l’amère devrait faire proposer une motion de soutien au gouvernement et au Traité de stabilité, de coordination et de gouvernance en Europe. Ce, alors que son propre parti a voté contre à une nette majorité le week-end écoulé. Que Le Monde ait demandé la démission de ses camarades ministres semble peu lui chaloir. A dire le vrai, ce n’est pas la solidarité de parti qui l’étouffe.

Les élus se reconnaissant dans le Front de Gauche ont, eux, déposé un vœu pour manifester l’opposition de la Ville de Montreuil au traité austéritaire. Il y aurait donc deux motions différentes au conseil. Sauf que… Sauf que l’amère a demandé aux élus Front de Gauche de « se rapprocher des auteurs de la motion (favorable au TSCG) pour élaborer une position commune ». Comme si le lapin pouvait s’entendre avec la carpe. Ou le fond politique s’accorder avec de basses manœuvres politiciennes en vue de récupérer un maroquin ministériel…

On attend, toujours sur le fond, des prises de position de l’amère et de ses amis sur la situation de PSA et la fermeture du site d’Aulnay. Juste parce que 200 salariés employés par des sous-traitants de Peugeot-Citroën bossent à Montreuil. Je dis ça, je dis rien… Cela répondrait aux injonctions de l’adjointe à l’amère déléguée aux personnes âgées. Icelle a fait circuler un « billet d’humeur », dont j’ai cru au départ qu’il était un « billet d’humour ». Pour ne pas que vous me traitiez d’aguicheur, je vous en communique la conclusion :

« Nous avons été élu(e)-s pour construire une nouvelle réponse mêlant emploi, solidarité, environnement et démocratie renforcée. Oui à l’innovation sociale, environnementale, démocratique…  
Oui aux investissements permettant la relocalisation de l’économie et la mise en valeur des savoir-faire locaux.
Oui à la construction de logements sociaux et privés
Oui à la rénovation thermique de tous les logements, publics et privés.
Oui à un aménagement du territoire équilibré avec des services publics bien répartis.
C’est le nouveau cap que nous avons proposé lors de la campagne municipale de 2008, nous avons été élu(s)-e pour toutes ces raisons !
Un Montreuil plus meilleur, plus solidaire et écologique ! (sic) »

A tout le moins, on connaît déjà le programme d’Europe Ecologie – Le Vide pour 2014. Comme Sarkozy 2012 était le premier détracteur de Sarkozy 2007-2011, EELV 2014 sera donc le premier opposant à l’amère 2008-2013.

Le Cri du peuple à la fête de l’Huma

Pendant ce temps-là, j’ai rencontré le député fictif sur le stand du PCF Montreuil à la Fête de l’Huma. Il m’en a appris de belles. Notamment, « je te donne un scoop Nathanaël » : « Pour 2014, je ne m’interdis rien ». Fleur Pellerin appréciera. L’amère aussi. Le député, lui, apprécie la bière, le rouge plus que le blanc et les gros cigares. Quand je vous dis que c’est un jeune comme les autres.

Et tiens, pour conclure, messieurs du cabinet : ce n’est pas très gentil d’avoir voulu me faire endosser la responsabilité des tracts injurieux, que j’avais dénoncés ici même, ayant circulé à l’encontre du député fictif pendant la campagne des législatives. J’assume de flirter avec la ligne jaune mais je ne verse jamais dans la diffamation. Vous êtes bien placés pour le savoir si je me remémore une discussion téléphonique avec Yves Miramont (« Miracon » selon l’amère) que j’alertais sur des accusations ignobles dont faisait l’objet la rouquine. Je saurai m’en souvenir.

Le choc des titans : le député fictif face au Cri du peuple

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Bonus vidéo : OTH « Requiem pour un démon » (dédicace à @Quibuzzqui)

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A Montreuil, le Front de Gauche, cette belle feuille blanche

Ce qui est bien avec les vacances, c’est que cela permet la prise de recul et, par là, la prise de conscience sur des événements passés même si récents. On ne s’en rend pas compte, forcément, tout de suite mais, au fil des discussions, les évidences prennent corps. Ainsi pour le Front de Gauche à Montreuil, que j’assimile désormais à une belle page blanche. Oh ! Nous avons des fondations solides, un projet national affirmé, un programme : L’Humain d’abord. Des militants. Mais, à Montreuil, nous avons la chance d’avoir l’avenir pour nous. Je m’explique.

La séquence ouverte en 2008 par la défaite de la gauche aux élections municipales est close avec la défaite de Jean-Pierre Brard aux élections législatives. L’histoire se conclut de manière triste pour un élu qui n’a jamais démérité et a contribué, au contraire, à transformer Montreuil, faisant passer cette ville dans l’ère de la modernité. Certes, le bonhomme avait ses défauts mais j’assume d’avoir dit devant caméra à son sujet : « Jean-Pierre, c ‘était probablement une calotte glaciaire sur la vie politique locale. Aujourd’hui, en revanche, nous assistons à la dérive des icebergs jusque dans la vie sociale et en matière d’urbanisme ». Je ne retire aucun de ces mots. Je regrette cependant que le nouveau député ne justifie, par ses atermoiements sur le TSCG par exemple (contrairement à ce qu’il avait annoncé par voie de presse, il « hésite » à présent entre le non et l’abstention), les qualificatifs peu amènes dont je l’ai déjà affublé.

Sur la page blanche du Front de Gauche, il y a donc à construire, en référence au programme L’Humain d’abord, « Montreuil d’abord ». Nous avons la chance de ne plus être otages des ambitions personnelles, des destins nationaux rêvés, des luttes intestines autant que fratricides. Face à la personnalisation qu’incarne l’amère, personnalisation outrancière qui constitue sa seule planche de salut éventuel, il nous appartient de créer cette équipe, l’addition des talents, nécessaires pour reconstruire une ville saccagée, mise en pièces, par l’incurie des élus de la majorité et de l’amère en premier lieu. J’ai confiance, parce que nous ne sommes pas prisonniers d’un passé désormais révolu : nous y parviendrons sans mal.

Nous y parviendrons d’autant mieux que les composantes historiques du Front de Gauche montreuillois ne peuvent plus se regarder le nombril. L’arrivée des camarades de la Gauche anticapitaliste, l’irruption des citoyens qui demandent des comptes autant qu’ils exigent de pouvoir s’impliquer durablement dans le processus politique, nous empêchent heureusement de nous adonner à nos jeux favoris. Nous allons donc pouvoir finir de construire un projet politique pour notre ville, un programme d’actions et de mobilisations, des outils d’éducation populaire. Bref, tenir la feuille de route d’un Front de Gauche qui assume la richesse de sa diversité.

Et qui assume son ambition, localement comme nationalement, de faire la nique à la social-démocratie verte ou rose, en menant le débat, la confrontation, en mettant en lumière les clivages. Parce que non ! On ne gère pas la ville de la même manière selon que l’on soit dit « socialiste », ver vide ou Front de Gauche. Nous différons sur bien des aspects et c’est tant mieux ! La réaffirmation de clivages est vivifiante pour la démocratie. C’est TINA (« there is no alternative ») qui détourne les citoyens des urnes. Pas la radicalité ! En ouvrant une perspective radicalement différente, elle permet au contraire de ramener dans le giron du débat des gens qui s’en étaient détourné. Rien que pour cela, je peux me féliciter du rôle du Front de Gauche dans les douze mois écoulés.

L’autre aspect positif de notre passé récent, c’est l’affirmation d’une cohérence. Sans me gausser outre mesure, vous savez bien que ce n’est pas du tout le genre de la maison, il est assez stupéfiant de comparer la manière dont deux villes dites « socialistes » sont gérées. On passe du jour à la nuit et souvent de la nuit à l’ennui. Idem pour les villes dirigées par Europe Ecologie-Le Vide. Qu’on regarde Montreuil, par exemple, qu’on compare à Bègles et qu’on rigole. A tout le moins, au Front de Gauche, nous poussons les marqueurs d’un projet politique adaptable aux situations locales mais dont l’identification est simple.

Mais ne grillons pas les étapes, avant les municipales, nous avons bien des urgences à affronter. Le TSCG en premier lieu, je l’ai évoqué. Nous avons rendez-vous le 30 septembre et les Montreuillois qui ont dit majoritairement « non » à l’ancêtre de ce traité d’austérité sauront se mobiliser une nouvelle fois pour obtenir un référendum. Il y a l’avenir du Centre hospitalier intercommunal André-Grégoire qui nous mobilise aussi, comme nous avons su le faire dans l’unité déjà, même si c’est sans succès, contre la fermeture du Centre municipal de santé du Bas-Montreuil… Finalement, je vais peut être revenir sur mes mots : en matière de casse des services publics, l’amère assume une forme de cohérence. Mais trêve de méchanceté, la question des Rroms ou celle des sans papiers aussi nécessite notre implication.

Sur ces points, n’ayez crainte. Représenté par une seule ou plusieurs de ses composantes, en bloc ou de front – nous sommes fiers de notre diversité, de notre multiplicité -, le Front de gauche sera à sa place. En première ligne du combat. Drapeau(x) en avant.

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Bonus vidéo : Swift Guad « La Montreuilloise »


A Montreuil, le Front de Gauche lance le débat sur l’urbanisme

A Montreuil aussi, c’est l’heure de la rentrée politique. Outre les nombreuses réunions d’appareil qui se succèdent, les diverses composantes du Front de Gauche multiplient les initiatives. Même si chacun y va de la sienne, ce fleurissement de rencontres contribue à l’animation du débat politique en ce mois de septembre. Que mille fleurs éclosent, disait l’autre. Nous, au Front de Gauche, on a l’esprit et la pratique écologique. Donc, on ne va se priver de suivre ce conseil. Parmi les différents rendez-vous, il y en a un sur lequel j’attire votre attention. Notamment parce que je m’y exprimerai sur les questions liées à l’urbanisme, tachant d’exposer quelle est notre vision – en général – de cette composante importante d’une politique publique locale.

Cette réunion publique a lieu lundi 10 septembre à 19h30 dans la salle Franklin.

Ce sont mes amis du Rassemblement de la Gauche citoyenne de Montreuil dont les conseillers municipaux Danièle Creachcadec et Gaylord Le Chequer qui m’ont invité à venir présenter les options politiques que je défends et que j’ai eu l’occasion de préciser dans ces colonnes comme dans mes contributions à l’ouvrage collectif Terres de Gauche, abécédaire des radicalités concrètes. Je crois savoir que l’ouvrage sera en vente ce soir-là, soit dit en passant.

Pour préciser l’objet de ce débat, je m’efface derrière mes hôtes d’un soir, parce que leur invitation fixe bien les choses et surtout révèle une approche dans laquelle je me retrouve pleinement :

« L’urbanisme est souvent présenté aux citoyens comme une question technique. Pour beaucoup, c’est l’affaire des spécialistes, des promoteurs, des techniciens, des architectes, urbanistes, etc. Quant aux élus eux-mêmes, l’urbanisme est souvent pour eux synonyme d’une bureaucratie tatillonne.
Absent des débats démocratiques et politiques, l’urbanisme ne fait parler de lui qu’à l’occasion de crises et de confrontations comme celle née de l’adoption du Plan Local de l’Urbanisme de Montreuil aujourd’hui annulé par décision du tribunal administratif.
Pourtant, l’urbanisme ne se réduit pas à la seule question de la production de logements. Il s’agit aussi d’emplois, d’équipements, de services publics, etc. Bref, d’un cadre de vie conçu et imaginé pour rendre une ville toujours plus accueillante, plus solidaire, plus durable.

La finalité est donc de construire une société et pour cela il est nécessaire que la population participe, que des associations s’en mêlent et que la démocratie soit au cœur de la démarche. »

Il y a peu à rajouter. En somme, l’urbanisme c’est le choix politique des moyens de circulation, de répartition des surfaces, pour vivre ensemble. J’ai eu l’occasion d’écrire que, pour moi, une ville doit répondre à quatre fonctions majeures : logement, emploi, services publics, espaces partagés. Chaque fonction nécessite des espaces pour sa mise en œuvre, sachant que la superficie d’une ville est contrainte. On ne peut pas l’étendre à l’infini. Il convient donc d’opérer des choix. Dans l’allotissement des sols mais aussi dans le mode de construction priorisé dans chaque type de fonction.

Chaque type de construction a des avantages et des inconvénients. Les constructions en hauteur nécessitent moins d’emprise au sol et permettent une densification, notamment en termes de logement mais aussi d’activités économiques, moins « consommatrice » d’espace. Pourtant, ce type de bâtiment n’est guère du goût du public en ce moment, quand il a l’occasion de s’exprimer.

Or, ces choix, fondamentaux pour pouvoir vivre ensemble dans un projet et un espace partagé, sont fondamentaux. Ils nécessitent, comme l’appellent de leurs vœux les élus Front de Gauche que sont Gaylord et Danièle, une appropriation par les citoyens et donc un débat démocratique. Si possible serein. Avec cette réunion publique, les amis du RGC lancent les bases théoriques de ce débat. Je suis heureux qu’ils le fassent tant l’urbanisme reste souvent le mal aimé du débat public. Je suis aussi touché qu’ils m’aient invité pour en parler avec vous.

Je rentrerai donc plus dans le détail des conceptions qui m’animent en tant que technicien de l’action publique locale et en tant que militant. Entendons-nous bien cependant, quoi qu’il en soit, je ne rentrerai pas dans le détail de l’urbanisme montreuillois, si ce n’est en réponse à vos questions. Là n’est pas notre propos partagé avec les organisateurs. Le temps viendra bien assez vite pour que nous écrivions ensemble l’urbanisme que nous voulons, ensemble, sur cette page blanche qu’est le Front de Gauche à Montreuil après les élections législatives.

A lundi ?

Un ami de longue date

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Bonus vidéo : 93 Lyrics « Laisse Crâner »


Intermède éthylique et matinal à Montreuil

Avec le mauvais esprit qui me caractérise, je ne résiste pas au plaisir vous faire partager l’échange de sms que j’ai eu, dimanche 15 juillet dans l’après-midi. Les noms n’ont pas été changés, il n’y a aucun innocent à protéger.

Indic : Qui s’est pointé bourré à une commémoration à 10h30 ce matin ?
Moi : Non ? C’est mon cadeau ?

Indic : Yes. Alors un nom ?
Moi : L’amère ?

Indic : Nan. Pas là. Un autre.
Moi : Petitjean !

Indic : Sérieux, tu vois Petitjean à la commémoration de la rafle du vél d’hiv ?
Moi : Me rappelle plus son nom… Ah si ! Monteagle !

Indic : Nan. Lui il a fait le discours de l’amère. Bien anti-communiste.
Moi : Alors, je sèche 😦

Indic : Ben… 1,54m. Socialiste. Député.
Moi : la vache !

Indic : Un beau discours vide avec des phrases creuses dedans. Le tout imbibé. Vive le baba.

Le député fictif est au centre avec le verre à la main

Bon… Sérieusement… Il est jeune. Il a la même vie que les ados de son âge : le samedi soir, c’est binge drinking. Z’allez pas en faire un flan ? (Lui, si, sûrement, il en a fait un dans la nuit). Pour une fois qu’on a un député, même fictif, qui a la même vie que ses concitoyens… Ah ? Vous pensez qu’un parlementaire doit donner l’exemple ? Vous êtes trop méchants en vrai.

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Bonus vidéo : The Specials « Too Much Too Young »


Chroniques montreuilloises : 11e épisode

« C’est un roman d’amitié qui commence », disait la chanson dans les années 80. A lire les courtoisies que tweete l’amère au député fictif, c’est la lune de miel entre la rouquine et Hammadi. Elle a honoré de sa présence le banquet républicain organisé par le nouveau député de Montreuil-Bagnolet le 7 juillet. Un banquet où « 500 personnes (étaient) prévues » mais dont nous n’aurons aucune photo d’ensemble, juste quelques plans serrés. Je sais comment faire croire qu’il y a du monde quand c’est un plantage. C’est même mon métier, ou une partie. Bref, entre l’amère et son député, c’est l’amour. Comme aux premiers jours d’avril 2008, entre elle et Mouna Viprey.

Tout n’était alors que joie, félicité, bons sentiments. Sauf pour celles et ceux qui savaient lire entre les lignes. Je me souviens, dans cette salle des fêtes où était réuni le personnel communal, le propos de Mouna : « Je suis première adjointe chargée de l’enfance avec vocation à avoir une délégation plus générale ». Nous étions quelques uns à comprendre « j’ai vocation à être maire bis ». Bis repetita aujourd’hui avec le député fictif qui a bien l’intention d’être maire, quelque part. En témoigne ce savoureux tract distribué dans toutes les boîtes à lettres de la circonscription, dans lequel il écrit, sans vergogne :

« Je rencontrerai rapidement l’ensemble des élus locaux, quelle que soit leur sensibilité politique, pour faire le point sur les dossiers urgents et préparer les bases d’un travail efficace dans votre seul intérêt. (…) Je présenterai prochainement l’équipe qui sera à mes côtés pour porter le changement et défendre nos territoires. »

Pour mémoire, un député est censé élaborer et voter les lois. C’est pour que les nouveaux députés puissent pleinement réaliser ce mandat que le parti dit « sérieux » s’est (s’était ?) engagé sur le non cumul des mandats. Quel besoin, pour écrire les lois, de vouloir rencontrer les élus locaux et défendre « nos territoires » ? A moins que… Non ? Le député de fiction voudrait-il se pose en maire de fiction ? D’où son appel pressant au rassemblement ? Mais non, ce n’est que du mauvais esprit. Razzy H. est tout entier concentré sur son mandat de parlementaire. Et ce n’est pas parce que de mauvaises langues l’affubleraient d’une relation supposée particulière aux choses d’argent qu’il faudrait voir un lapsus révélateur dans la phrase suivante, extraite elle aussi du tract distribué en toutes boîtes :

« Je siégerai dès cette semaine à l’Assemblée nationale, qui tiendra ensuite une cession (sic) extraordinaire ».

Comme je suis gentil, je ne traduirai pas par « député à céder ». Parce que des bails à céder, sur Montreuil, il y en a quelques uns. C’est même l’heure des manœuvres immobilières pour qui en a les moyens. L’info n’a fait pas grand bruit, mais le tribunal administratif a cassé la délibération instaurant le Plan local de l’urbanisme (PLU). Ce texte réglementaire définit les règles d’urbanisation de la commune et notamment les zones où l’on peut construire mais aussi la manière dont on peut construire. Grosso modo, pour qui sait lire un PLU, on peut savoir si la part belle est faite aux promoteurs ou aux habitants, les intérêts des deux sont difficilement conciliables. Il faut se souvenir sur ce sujet des propos de Jacques Archimbaud, directeur du cabinet de l’amère d’alors, qui dévoilait en février 2010, dans les colonnes de L’Express, la stratégie urbaine d’Europe Ecologie-Le Vide à Montreuil :

« Notre atout, c’est qu’un quart de l’espace public demeure à l’abandon. Des logements seront construits sur ce foncier libre. Cela augmentera les prix de l’immobilier et éloignera les couches les plus populaires vers les 2e et 3e couronnes. Mais certains y trouveront leur compte, vendant leur pavillon à des bobos avec une grosse plus value. »

Cette petite citation éclaire les grandes orientations du PLU de l’amère que vient de casser le Tribunal administratif. Je vous renvoie à la déclaration de mon ami Gaylord Le Chequer qui a bien montré les enjeux de cette décision qui empêche, heureusement, que Montreuil ne soit à vendre. Mais je ne résiste pas au plaisir de citer les propos de Pierre Mathon, ancien responsable des Verts du 93 et d’Île-de-France :

« Le PLU […]instaure un zonage qui permettra à des propriétaires privés et publics de bétonner, de morceler et de défigurer, de manière irréversible, l’espace des murs à pêches, lui faisant perdre son identité et son intérêt. Il faut ensuiteengager une véritable concertation. […]Il serait pour le moins paradoxal qu’une mairie Verte ne prenne pas ces dispositions, contraignant ainsi les écologistes à combattre son projet d’urbanisation des Murs à pêches comme nous avons combattu celui de Jean-Pierre Brard. »

A celles et ceux qui me rétorqueront « que proposez-vous à la place ? », je vous invite à lire ma contribution, un peu théorique certes mais que je me ferais grand plaisir de décliner en pratique localement dès lors que les squatteurs de l’hôtel de ville auront quitté les lieux.

C’est la crise du logement : cette belle demeure datant de 1935 est en partie squattée, notamment au 1er étage.

Bon, il est temps de conclure cette petite chronique sur une note un peu drôle, pour vous souhaiter bonnes vacances. Vous avez sûrement noté que le dénommé Alain Callès est conseiller municipal « délégué à la lutte contre les discriminations ». C’est un vrai enjeu politique, surtout dans une ville aussi métissée et populaire que l’est Montreuil. On peut donc se féliciter que ce soit un ancien président du Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples qui ait en charge ce dossier. Peut-on se féliciter que ce dernier publie par deux fois sur un site qui a tenté en 2010, avec le Bloc Identitaire, d’organiser un apéro pinard saucisson dans mon quartier, la Goutte d’or ?

Allez, bonnes vacances !

Bonus copain : retrouvez la sélection juin 2012 des Montreuillois de Rizome Corp (c)

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Bonus vidéo : The Sex Pistols « Holidays In The Sun »


A Montreuil et Bagnolet, pour nous, c’est Brard

Bon, avec tout ça, je n’ai rien écrit sur les législatives à Montreuil et Bagnolet. J’ai encore moins écrit clairement pour qui, et pourquoi, j’appelle à voter. Donc, en toute clarté : je soutiens Jean-Pierre Brard, le candidat du Front de Gauche. Comme la FASE, comme le Rassemblement de la Gauche citoyenne de Montreuil, comme mon Parti. Sans mégoter, sans ergoter, sans « on aurait pu mieux choisir ». J’ai déjà expliqué quelque part que je me considère comme un brardiste tranquille.

Au début, il y a le fond : pourquoi il est indispensable, pour notre peuple, de disposer du plus grand nombre de parlementaires Front de Gauche possible. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le sujet ici et . Je vous épargne donc les redites, vu que vous êtes, pour l’essentiel, des lectrices et des lecteurs réguliers de ce petit objet nommé le Cri du peuple. Pour les nouveaux venus, disons en bref : des députés Front de Gauche c’est utile pour battre la droite, pour avoir des points d’appui pour les luttes, pour rappeler au parti dit « sérieux » quel est le chemin vers l’égalité, la justice sociale et l’émancipation. Puis, plus nous aurons de députés Front de Gauche, plus nous aurons des outils pour construire la Révolution citoyenne.

Sur Montreuil, comme ailleurs, le Front de Gauche vit, avant tout, grâce aux centaines de Montreuillois qui n’ont d’autre engagement que cette campagne qui bouscule les lignes politiques traditionnelles et les vieilles idées délégataires. Plus que jamais, l’irruption citoyenne constitue la première étape de la prise du pouvoir par le peuple. Je souhaite donc la réussite de ce processus neuf, en rupture avec les expériences politiques passées, puisque résolument tournées vers les individus qui veulent s’emparer du Front de Gauche. Sur la 7e circonscription de la Seine-Saint-Denis, Jean-Pierre Brard est l’outil politique adéquat pour ce faire.

Pour en revenir à lui en personne, il faut savoir que Jean-Pierre est avant tout un excellent député. Ses interventions à l’Assemblée sont de celles qui fixent les enjeux, éclairent le combat, éveillent les consciences. J’ai en mémoire son explication de vote contre le Mécanisme européen de stabilité. C’est de la vraie politique, un grand moment d’éducation populaire, tant Jean-Pierre sait que, grâce aux réseaux sociaux, sa parole peut sortir de l’hémicycle. Ne serait-ce que pour cela, pour cette parole claire, les Montreuillois et les Bagnoltais ont besoin d’un Brard à l’Assemblée.

Le Front de gauche a également besoin d’un élu expérimenté, qui sait où et quoi chercher dans le galimatias des textes de loi présentés par tel ou tel gouvernement ou parlementaire. Son travail en commission est salué jusqu’aux bancs de la droite. C’est aussi cela l’avantage d’avoir quelques années de présence sur les bancs de l’Assemblée. Je dis ça, oui, pour celles et ceux qui n’ont d’arguments politiques face à Brard que celui de l’âge et de la longévité en tant que parlementaire. J’espère que les mêmes en ont autant au service de Noël Mamère, élu depuis quinze ans. Le jeunisme et le non-cumul dans le temps ne font pas une ligne politique, je vous prie de ne pas m’excuser de le rappeler.

Je me suis aussi dit, connaissant le bonhomme, qu’il devait être un sacré bosseur. Et pas un élu d’apparence qui ne cherchait que les indemnités et un peu de préséance. Bien m’en a pris, je suis allé visiter sa page sur le site de l’Assemblée. Je renonce à compter le nombre de questions écrites, orales et autres interventions diverses. Allez donc vérifier vous mêmes, ce sera aussi simple et vous constaterez que je ne raconte pas de conneries.

Enfin, pour ne pas surcharger cette note inutilement, le Jean-Pierre je l’ai toujours retrouvé dans les luttes sociales. Il n’y a pas une manifestation contre les retraites qu’il ait manquée, sauf à tenir le perchoir de l’Assemblée pour y défendre notre cause. Voilà donc, une raison de plus pour lui renouveler notre confiance.

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Bonus vidéo : Ke$ha « We R Who We R (Artistic Raw & Loopers Remix) »


Chroniques montreuilloises : 8e épisode

J’aurais aussi dû intituler ce billet Portrait de l’amère en froussarde ! Mais j’aime bien les Chroniques montreuilloises, surtout depuis que leur succès a entraîné la disparition du blog du regretté et congédié premier adjoint. Bref, petit retour sur Montreuil en période d’élections législatives. Après la démonstration du 4*4 d’Eva Joly aux présidentielles.

En premier lieu, donc, les vœux que j’avais formés pour l’amère n’ont servi de rien. Elle éprouve toujours une sainte frousse des Montreuillois. Au point qu’elle a décidé de ne pas se présenter, directement ou par le biais d’une Catherine Pilon (certes bien démonétisée depuis son échec aux cantonales) aux élections législatives. Europe Ecologie-Les Verts, sur Montreuil et Bagnolet, soutient Razzy Hammadi dès le premier tour. Selon le Monde, l’amère aurait bien voulu mais elle n’était « pas sûre de l’emporter ». Ca, si ce n’est pas du courage politique… Bien sûr, la (f)rousse nous ressort le joli couplet sur la division, le rassemblement, la majorité présidentielle. Les responsables nationaux de son parti doivent goûter de se voir si cruellement rappeler leur rôle de marchepied du parti dit « sérieux ». A Bagnolet, Mireille Ferri n’a pas fini de s’étrangler en buvant son thé bio et regardant les simagrées de sa voisine. L’élue régionale tacle : « Je suis effarée (…) une stratégie illisible est rarement gagnante ». L’ambiance est bonne à Europe Ecologie-le Vide.

Bon, peut être que l’amère, après avoir essoré les Renégats socialistes de Montreuil (RSM), espère dévergonder le canal habituel. Genre « je vous aide à faire élire Hammadi, vous m’aidez en 2014 ». Mais je suis bien sûr que mon ami Alexandre Tuaillon et ses camarades sauront rappeler les faits à leurs anciens camarades. Ah… Je ne vous ai pas dit ? En politique, Alexandre ne défend pas vraiment (goûtez l’euphémisme) les mêmes visées politiques que moi. En clair, c’est un social-démocrate qui a montré que l’union des forces de gauche, le désistement républicain, tout ça, c’est pas son truc. Nous sommes donc adversaires politiques. Et ça m’a l’air parti pour durer. Après, dans la vie, c’est un type adorable, intelligent, et donc un ami. Pour ne pas s’engueuler, on évite de parler de politique. Après, comme c’est le leader du RSM, je n’éviterai jamais de bien l’éreinter. Et de rappeler à tous qu’il est responsable de la présence de sa nouvelle ennemie à la tête de la ville.

Mais revenons à nos moutons. Il n’y a pas que les renégats qui vont rappeler à Solférino comment l’amère se comporte en politique. Déjà, certains ont tiré. Alexie Lorca (Alexie qui ? Oui, je sais, ça me le fait à chaque fois), a dégainé un joli communiqué que je vous fais partager avec joie :

« ASSEZ DE CALCULS POLITICIENS !

Les Montreuillois en ont assez des manœuvres politiciennes. Hier, pour gagner l’élection municipale, Madame Voynet reniait le désistement républicain qui prévaut entre les partis de gauche, et offrait ainsi à la droite le choix d’arbitrer le second tour.
Face aux errements de plus en plus nombreux de la politique municipale, les socialistes montreuillois qui siègent au Conseil municipal ont progressivement glissé du statut de «groupe minoritaire» à celui « de groupe d’opposition ».
A mi mandat, les Montreuillois ont d’ores et déjà sanctionné la Maire. Sa 1ère adjointe a été battue aux dernières élections cantonales ; la candidate à l’élection présidentielle, Eva Joly n’a obtenu que 4,4 % des voix.
Aujourd’hui, pour les élections législatives, Madame Voynet trahit l’accord validé par son propre parti. Cet accord interdit l’alliance électorale EELV-PS contre un Député sortant du Front de gauche. Pourtant, Madame Voynet a décidé de faire campagne pour le candidat investi par le Parti socialiste.
Au-delà des déclarations de Madame Voynet qui justifie son choix par sa volonté de faire battre le Député sortant, ne s’agirait-il pas pour elle de créer les conditions pour revendiquer en 2014, une tête de liste aux élections municipales, avec le soutien du Parti socialiste ? Cela serait pour elle la perspective d’un second mandat qui est à ce jour fortement compromis.
Personne n’est dupe !
La section socialiste de Montreuil regrette cette énième manœuvre politicienne qui montre à quel point la maire de Montreuil est plus passionnée par la cuisine politicienne que par l’intérêt général des Montreuilloises et des Montreuillois, et le souci du rassemblement de la gauche. »

Ambiance chez les socialistes ! D’autant qu’ils ne contestent pas que le ralliement de l’amère à Hamamdi. Ils conspuent ce dernier aussi au travers d’un communiqué douteux distribué dans les boîtes et dont voici la reproduction en photo. Je précise que je ne le publie qu’à fin d’information et qu’à titre personnel, je condamne ce genre de pratique.

Oui… moi aussi, je me suis dit que c’était tellement gros que certains de mes amis pouvaient en avoir été à l’origine. Par le hasard du calendrier, ma pomme, en tant que membre de l’équipe d’animation du Parti de Gauche en Seine-Saint-Denis et de Montreuil, a déjeuné avec Jean-Pierre Brard jeudi 31 mai. Vu l’état de nos relations, je me suis permis de demander à mon député ce qu’il en était. Entre nous, ce sont des choses qu’on peut se permettre. Et, me rappelant sa réaction, c’est clair qu’il n’y est pour rien. Au final, c’est bien difficile de savoir qui est qui, dans cette ville. Ou alors, ça rappelle le tristement célèbre « protégez-moi de mes amis, je me charge de mes ennemis ».

Entendons-nous bien, au demeurant : je suis d’accord pour informer, pour railler. Mais pas pour démolir aussi consciencieusement quelqu’un. Le procédé du tract anonyme est dégueulasse. Je le condamne avec la plus grande fermeté. Si je publie les affiches qui ont été collées sur les cabines téléphoniques, c’est parce qu’elles me rappellent la campagne crade organisée contre Manuel Martinez lors des élections cantonales, campagne qui n’a bénéficié qu’à Catherine Pilon, alors héraut des sociaux-démocrates.

Et alors ? Est-ce que nous verrons la non ministre aux côtés de Benoît Hamon, ministre délégué à l’économie sociale et solidaire, sur le marché de Croix de Chavaux ? L’ancien chef de file de la gôche du Parti dit « sérieux » vient y soutenir sa créature à 13h dimanche. Que tout le monde se rassure, les militants du Parti de gauche ne viendront pas taquiner l’ancienne et le nouveau ministres. Nous serons à Hénin-Beaumont, luttant contre le F-Haine pendant que les écolos-socialopes (pas de faute) n’ont de cesse que de tenter d’éradiquer le Front de Gauche.

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Bonus vidéo : Fear Factory « Final Exit »


Chroniques montreuilloises : 7e épisode

La porte-parole de la campagne d’Eva Joly est heureuse. Dans ce qu’elle continue d’appeler « sa » ville, la candidate EELV réalise 4,4 % des suffrages. Le quatre-quarts, c’est bien le goûter du pauvre. Je le sais pour en avoir mangé beaucoup dans mon enfance. Elle a donc quelque chose à se mettre sous la dent. Plus peut être qu’au soir du second tour de la présidentielle qui l’a vue organiser un grand raout pour fêter la victoire de son candidat : François Hollande, au meeting duquel, à Bercy, elle n’a même pas figuré au premier rang. Sont-ils ingrats ces socialistes quand même… Bref, le 6 mai au soir, dans la salle des fêtes, devant l’écran géant, mes sources me signalent que les membres du cabinet (coucou, les copains) étaient bien plus nombreux que les Montreuillois.

Mais, le sujet brûlant à Montreuil, ce n’est pas – encore ? – mon passage à l’émission 93100 Michto ma radio, ce dimanche 13 mai. J’y débattrai du Front national avec Alexis Corbière,, en partant de son faible score en Seine-Saint-Denis. Et, tiens, tant que j’en suis à l’ego trip, merci une nouvelle fois au cabinet de faire monter mes statistiques. Grâce à vous, entre autres, Le Cri du peuple a encore gagné 6 places au classement ebuzzing des blogs politiques les plus influents.

Donc, le sujet brûlant reste la question : l’amère sera-t-elle ministre ou pas ? Pour moi, c’est une fourche : il n’y a pas de mauvaise réponse. Si elle ne l’est pas, après les rumeurs en ce sens qu’elle a faites circuler partout, je savourerai son humiliation. Si elle l’est, je serai heureux pour mes amis restés à la mairie de Montreuil et qui pourront enfin souffler. En tous cas, pour Daniel Cohn-Bendit, la question est réglée. Sur le plateau du Grand Journal de Canal Plus mercredi 9 mai, à une question sur la participation de Dominique Voynet au gouvernement, il répond : « Non, elle fait partie de l’histoire des verts ». Moi, j’aime cette franche camaraderie. En retour, l’amère n’en manque pas. Sur le site Rue89, elle se gausse de ses petits compagnons de parti :

« Je regarde de façon distanciée l’agitation de certains de mes camarades, écumant leur carnet d’adresse pour voir tous les socialistes qu’ils connaissent… c’est un peu bizarre. »

Le Cri du peuple se cotise pour offrir un portefeuille à l’amère

Toute ressemblance avec une maire, ex-sénatrice, s’agitant sur son clavier un dimanche ne relèverait que de propos fictifs, bien entendu. C’est bien connu : l’amère n’est pas du genre à accuser autrui de ses propres turpitudes.

La preuve avec ce courrier envoyé aux élus et organisations politiques de la ville. Elle y dénonce les « visites inopportunes de personnalités politiques » dans les services municipaux. Et de préciser qu’elles sont « susceptibles de porter atteinte (à leur) bon fonctionnement ainsi qu’au principe de neutralité et à l’obligation de réserve des agents publics ».

La note de l’amère aux élus et organisations politiques de Montreuil (format PDF).

Dans une note adressée aux directeurs, responsables de service et cadres encadrants, la directrice générale des services complète le propos en appelant à la délation au cas où :

« Je vous demande d’intervenir sans délai auprès de la personnalité concernée (qui serait dans des locaux municipaux non ouverts au public – NDLR), avec courtoisie et fermeté, dès que vous en êtes témoin ou informé, pour faire immédiatement cesser toute propagande dans nos locaux ou sur nos outils (…) Le cas échéant, je vous demande bien sûr d’informer sans délai votre hiérarchie de ces faits. »

La note de la directrice générale des services (format PDF).

Pour réparer la coupure entre haut et bas-Montreuil, l’amère a prévu un téléphérique

Pour mémoire, la dernière fois que des faits similaires à ceux évoqués par l’amère et sa directrice générale des services se sont produits, nous avons eu à déplorer que des élus de la majorité municipale de Montreuil diffusent dans les services un tract politique au contenu très anti-syndical. Doit-on voir là une forme d’arroseur arrosé ? Quoi qu’il en soit, pour le Cri du peuple, le statut de la fonction publique territoriale doit s’appliquer tout le temps. Et à tout le monde, même les élus de la majorité.

Bon, ces derniers sont bien en peine, il faut le dire. La question des élections législatives est au cœur de leur souci. L’amère n’est pas chaude pour aller se ramasser. Elle (ou ses sbires) a donc fait diligenter un sondage sur Montreuil. La question en était assez simple. En substance, il s’agissait de savoir comment prendrait une suppléance verte, Catherine Pilon en l’occurrence, pour notre candidat fictif préféré : Razzy Hammadi. Au cas où, la candidature de la dite Catherine, déjà rétamée aux cantonales dans le Bas-Montreuil en 2011, a été aussi testée. On attend avec impatience les résultats du sondage. Sans attendre, les socialistes de Bagnolet ont pris les devants et leur réponse est assez éclairante :

« Les socialistes de Bagnolet ne veulent pas d’un accord ps/verts sur la circonscription Montreuil-Bagnolet pour les élections législatives. Soutien à Emilie Trigo. »

Du côté de Montreuil, les sociaux-démocrates sont toujours aussi insaisissables. Sauf en photo. A l’occasion de la commémoration du 8 mai 1945, ils se sont réunis, en famille. Pardon Gaylord, tu n’es pas concerné par l’appellation « social-démocrate », tu es juste sur la photo. Sur ce joli cliché, on voit toute la famille rassemblée, hors le greffon fictif qui a, décidément, bien du mal à prendre malgré l’excellence de l’horticulture montreuillloise. Celle que même Bagnolet nous envie (je plaisante, évidemment!).

Moi, je me demande si, à l’instar du voisin de Fontenay-sous-Bois David Dornbusch qui a déjà imprimé ses affiches, les socialistes de notre riante cité ne serait pas entrain de préparer un mauvais coup à celle qui rassemble péniblement un score tout terrain (4,4). Seraient-ils entrain de tester une candidature de réconciliation autour d’un ancien secrétaire de section ? Des clichés disséminés ça et là sèment le trouble.

Miranda, c’est maintenant.

Bon, on va s’en tenir là pour aujourd’hui. Je vous dis : à dimanche sur les ondes de radio pays, 93.1, pour une émission spéciale de 93100 Michto ma radio.

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Bonus vidéo : Greenday « Boulevard Of Broken Dreams »


Dimanche ordinaire pour l’amère

Dimanche 29 avril 2012

8h04 : Dominique Voynet à « liste cabinet » (mode sms)
Je ne viens pas à leur cérémonie de la déportation à la con. Faites savoir que je suis retenue par l’organisation du meeting FH à Bercy. Ils comprendront.

8h05 : « Dir Cab » à « maire » (mode sms)
Heu… Tu es sûre ? Personne n’y croira…

8h06 : Dominique Voynet à « Dir Cab » (mode sms)
Je te demande pas ton avis. Tu es personnellement responsable de m’avoir fait présenter une motion demandant de soutenir le PS qui est minoritaire dans MA ville. Donc, ferme-là et fais-toi oublier.

« François, un petit ministère s’il te plaît… »

8h10 : Dominique Voynet à Flamby (mode sms)
Bonjour François, c’est Dominique. Voynet, mais tu le sais, tu as la présentation du numéro. A quelle heure veux-tu qu’on se voit à Bercy ? Il faut que je t’entretienne d’un sujet important.

8h35 : Dominique Voynet à Flamby (mode sms)
François. Je suis alarmée des rumeurs. Ce n’est pas possible de donner un portefeuille à Kim Jong-Il. Tu sais que ce type n’est pas fiable. Moi, je te suis loyale, j’ai toujours été loyale avec le PS.

8h42 : « Dir Cab » à « maire » (mode sms)
Heu… Dominique… Catherine n’est pas dispo pour te remplacer. C’est ennuyeux. Comment on fait ?

8h43 : Dominique Voynet à « Dir Cab » (mode sms)
J’ai autre chose à foutre. Envoie Mosmant. Qu’il serve à quelque chose.

 

« Cette nulle de Martine s’est fait griller Matignon par Ayrault en plus. Trop la loose ! »

8h59 : Dominique Voynet à Cécile D. (mode sms)
Cécile, tu en es où des négos avec ce con de FH ? J’espère que tu ne vas pas placer ton pote Jean-Vincent. C’est à moi que tu dois ton poste à EELV je te rappelle. DV

9h03 : « Dir Cab » à « maire » (appel)
(Appel rejeté)

9h12 : « Dir Cab » à « maire » (mode sms)
Dominique… Daniel M. me dit que tu peux aller te faire f… après ce que tu lui as fait au dernier bureau municipal.

9h13 : Dominique Voynet à « Dir Cab » (mode sms)
Envoie Monteagle et arrête de m’emmerder ou prépare-toi à aller visiter Pôle emploi pour autre chose qu’un pince-fesse.

9h14 : Dominique Voynet à « l’arriviste » (mode sms)
Jean-Vincent, je te rappelle que j’ai soutenu ta candidature aux sénatoriales. Tu me dois bien un retour d’ascenseur. Toi et moi au gouvernement ça aurait plus de gueule que cette arriviste de Duflot, tu crois pas ? Appelle-moi. DV

9h15 : « Dir Cab » à « maire » (mode sms)
Monteagle est d’accord mais il doute de la crédibilité de ton excuse.

9h16 : Dominique Voynet à « Dir Cab » (mode sms)
Je suis au Zimmer en train de boire un café avec FH. Me dérange plus, connard. Mais fais savoir dans toute la mairie dès lundi que je suis ministre.

9h17 : Dominique Voynet à « Flamby » (mode sms)
François, tu sais, j’ai laissé un très bon souvenir à l’Ecologie. Je suis bosseuse et ne tire pas la couverture à moi. Ne te laisse pas faire par Duflot et JVP, ce sont des fourbes. Au premier accroc, ils te laisseront tomber pour JLM. DV

9h25 : Dominique Voynet à Cécile D. (mode sms)
Cécile. Appelle-moi. DV

9h35 : Dominique Voynet à « l’arriviste » (mode sms)
Jean-Vincent, appelle-moi. DV

9h45 : Cécile Duflot à « l’emmerdeuse » (mode sms)
Je suis en rendez-vous avec FH. Arrête avec tes sms. CD

9h46 : Dominique Voynet à Cécile D. (mode sms)
Ah. Tu lui parles de moi. Même la francophonie je suis d’accord. C’est important la francophonie. Et puis, ça fera un ministère de plus pour nous. Réfléchis bien. DV

9h47 : Dominique Voynet à « Flamby » (mode sms)
François, je sais que tu es en rdv avec CD. Ne lui fais pas confiance. L’alliance entre le PS et EELV ne tiens que grâce à moi. Appelle-moi quand tu peux.

« C’est pourtant moi la meilleure, miroir, mon beau miroir »

9h48 : de « Flamby » à Dominique Voynet (mode sms)
Madame Voynet, vous vous vous trompez de numéro. Ici c’est D’hollande, l’ancien directeur des bâtiments de la ville de Montreuil que vous avez viré à votre arrivée comme un malpropre. Bonne journée.

Suite à de nombreuses questions en ce sens qui m’ont été posées en ce sens, je tiens à préciser que ces propos sont fictifs. La réalité qu’ils recouvrent, quant à elle, reste à l’appréciation de chacun.

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Bonus vidéo : Blondie « Call Me (The Messiah Dubstep Remix) »


De retour à la maison, ma réunion de comité

« – Bonjour. Moi, c’est Michel, traminot, syndiqué.

– Moi c’est Maryse, bonjour. J’ai adhéré au soir du 2e tour quand j’ai entendu le discours de Marine Le Pen.

– Bonjour, je suis doctorant. J’habite Montreuil depuis un an. J’ai vu la campagne du Front de Gauche. Je voulais m’impliquer depuis quelques temps, maintenant c’est fait.

– Bonjour, moi c’est Nathanaël. Je suis communiste, membre du PG depuis sa création… »

Voilà comment commence la réunion du comité de Montreuil du Parti de gauche, ce mercredi 25 avril au soir. Comme je n’ai pas mis les pieds dans mon comité depuis le début de l’année, impliqué dans les meetings comme vous le savez, je demande un tour de table pour savoir qui est qui. Mis à part Juliette, Julien, Franck, Céline et Isabelle, je ne connais personne ! Un comble ! Donc, trois nouveaux adhérents nous ont rejoints depuis dimanche et ce fameux premier tour de la présidentielle. Plus d’autres qui ont adhéré pendant la campagne. Sacré coup de neuf chez nous. Heureusement, Juliette m’a prévenu. Merci Juliette.

Coucou Dominique Voynet on arrive

Il est vingt heures et nous sommes près d’une quinzaine autour de la table au centre Garibaldi, dans la bien nommée rue de la Révolution. Laurent, mon compère du réseau Gracchus Babeuf, est en vacances. L’ami Rémi n’a pas pu venir et s’est fait excuser. Riva est en campagne juste à côté. Sébastien bosse. François et Rosanne n’ont pas pu venir. C’est donc une belle assemblée, mine de rien. Juliette pose l’ordre du jour. Pour ne pas se tromper, nous allons rester sur l’analyse du résultat du premier tour et sur le second tour. Nul ne comprendrait qu’on enjambe cette séquence pour basculer sur les législatives. Nous sommes tout de même le parti qui a, le premier, fixé la bataille contre le sarkozisme avec nos affiches « Casse-toi pauvre con » mais aussi nos campagnes sur la laïcité, la retraite à 60 ans…

Il n’y a pas besoin de faire de longs discours pour que chacun s’approprie l’événement politique que constitue le score du Front de Gauche. Avec près de 4 millions de voix, même si personne n’en parle, c’est quand même un sacré coup dans le système qui en finit, déjà, avec l’ambition du bipartisme cultivé rue de Solférino et de la Boétie. Julien, notre co-secrétaire de comité, souligne :

« Ce qui est sacrément intéressant c’est que nous ne récupérons pas uniquement les voix traditionnelles du PC. Nous avons amalgamé des votes nouveaux, des anciens abstentionnistes, des jeunes, l’électorat populaire quoi qu’en disent les observateurs accrédités par l’oligarchie. »

Dans 12 régions sur 22 et dans 44 départements, le Front de Gauche fait plus que son score national.

Photo : Romain JAMMES

Bien sûr, le vote Front national a choqué pas mal de nos camarades. La discussion s’attarde sur ce point. Personne ne se coupe, chacun écoute. L’attention est maximale. Comprendre. Comprendre. Analyser. Pour retourner sur le terrain. Maryse enfonce la porte d’un coup d’épaule : « Ce qui m’a fait peur, dimanche, c’est le discours de Le Pen. J’étais quasiment d’accord avec les deux tiers de ce qu’elle disait. Il faut qu’on prenne ça en compte. » Chacun apporte sa pierre à l’édifice de l’éducation réciproque et collective. On en ressort armés : l’analyse fine des bureaux de vote, notamment à Montreuil et en Seine-Saint-Denis, met en lumière les transferts de voix massifs de Nicolas Sarkozy 2007 vers Le Pen 2012. Ce phénomène, nous l’avions déjà observé à l’issue des élections régionales de 2010. Il dessine la perspective d’un « fascisme souriant », adapté au nouvel âge du capitalisme et qui jouera son rôle de chien de garde de la finance quand il s’agira de liquider les derniers bastions du socle républicain de solidarité et de protection collective.

Petit à petit, les visages fermés du début de la réunion s’éclairent. Ces intelligences mises en commun, procédant de cultures et de postes de combat très différents, se répondent plus qu’elles ne s’opposent. Michel, le syndicaliste de la RATP, se fait lucide et pédagogue. Il insiste notamment sur l’enjeu du 1er Mai face aux tentatives de récupération sarko-pétainistes. Alors qu’il n’a pas encore sa carte du PG dans la poche, il aurait pu faire le rapport politique sans aucun problème. Faut bien le dire, notre campagne, axée sur l’éducation populaire politique, porte de très beaux fruits. Il y a aussi Claude l’ancien « gauchiste », comme il se définit lui-même, vétéran de l’extrême-gauche des années 70 où il a côtoyée Martine Billard, et qui a renoué avec l’action politique tout juste un mois plus tôt. Son souci du détail, son refus permanent de se contenter de quelques paroles officielles, font un bien fou.

Entre tâches départementales et implication nationale, le comité PG de Montreuil a beaucoup donné pendant cette campagne

Organisée et méthodique, la discussion peut s’arrêter au bout d’une heure et quart. C’est le moment des tâches militantes. Nos rendez-vous sont fixés : Premier Mai, avec participation au barbecue de l’union locale CGT comme tous les ans ; meeting contre « Nicolas le petit » place Stalingrad le 4 mai ; battre Sarkozy le 6 mai. Les échanges préalables permettent une chose : sans négocier, sans se vendre, on ira mettre le bulletin de vote pour battre la droite. Par contre, une chose est sûre : nous refusons de signer quelque déclaration commune avec le parti dit « sérieux ». C’est bien tenté mais c’est non, Alexie.

On se répartit le boulot et rendez-vous dans 15 jours. Moi, je sais ce que je dois dire au conseil national samedi. Les camarades m’ont donné ma feuille de route.

Bonus Hara Kiri :

Déconnez pas, je suis dans la ville où Eva Joly fait 4,4%. Ah… Elle est dirigée par EELV ? Oups… LOL coucou l’Amère !

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Bonus vidéo : The Smiths « Back To The Old House »