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La gauche pour de bon, l’écologie pour de vrai, la république pour tous

En ces temps où les mots sont vidés de leur sens, bataille idéologique aidant, il n’est pas inopportun de se préoccuper de tenter de redéfinir ce qu’est une politique publique de gauche au niveau des collectivités territoriales. Bien que jacobin de culture et marxiste de formation, ce qui m’attire vers le centralisme, je considère aujourd’hui – alors que mon Parti – le Parti de Gauche – apporte sa pierre à la refondation doctrinale de la gauche – que l’expérience de terrain peut aider à reconstruire ce corpus idéologique dont nous sommes tous en quête.

L’enjeu n’est plus aujourd’hui de « gérer » les collectivités locales. Je fais partie de ceux : militants, agents, élus, qui ont l’ambition de participer à la reconstruction des solidarités républicaines, à l’heure où les tenants du libéralisme, au pouvoir, s’acharnent à vider l’Etat de son sens autant que de ses capacités d’intervention au profit des citoyens. Nous avons l’ambition d’aider l’habitant à s’émanciper en devenant pleinement lui-même. Nous tenons déjà là les deux bouts de la corde : l’enjeu collectif, avec la solidarité, l’enjeu individuel, au travers de l’émancipation ; l’un alimentant l’autre de manière dialectique.

C’est pour cela que nous sommes attachés à la prééminence de la commune, comme fondement de l’organisation républicaine de la France. Il ne s’agit pas, pour nous, de passéisme ou de nostalgie. Nous affirmons, bien au contraire, la modernité de la commune comme creuset du vivre ensemble mais aussi, et surtout, de la résistance. L’Histoire nous rappelle que c’est toujours de la commune que sont nés les grands mouvements émancipateurs : de la Grande Révolution de 1792-1793 au Front Populaire, en passant par les Communes de 1871 : Paris bien évidemment, mais aussi Lyon et Marseille, pour ne citer que celles-ci. C’est là la raison fondamentale de notre opposition résolue à la réforme des collectivités locales présentée par le gouvernement, sur la base du rapport de la Commission Balladur. Enfin, repartir de la commune, c’est aussi repartir du réel, un réel qui conditionne notre vision politique.

Dans ce cadre, le premier objectif demeure de permettre aux citoyens de se dégager des aliénations que constituent le travail, la consommation, les déplacements que génèrent ces deux premiers éléments, pour qu’ils puissent se consacrer à eux-mêmes autant qu’à ce qui les entoure : l’environnement, les autres, la ville… autant d’éléments de socialisation, de solidarité et d’émancipation, j’y reviens. C’est dans ce cadre précis que nous envisageons le concept de ville lente, puisque le temps est devenu un enjeu majeur, au même titre que les conditions économiques et sociales. Nous n’opposons pas ces dimensions, bien au contraire.

En matière sociale, le premier devoir d’une collectivité demeure de faire vivre la solidarité, en renforçant le lien social mais aussi en mettant en œuvre des services au prix le plus bas, voire tendant vers la gratuité. C’est aussi lutter contre l’idéologie dominante en refusant de concéder au secteur marchand des pans entiers de l’action publique mais bien au contraire, en réintégrant dans le secteur public tout ce qui peut l’être. De fait, en sanctuarisant tout ce qui peut l’être hors du domaine marchand, nous offrons un gain substantiel en termes économiques à nos concitoyens. Ils sont protégés des effets de la spéculation inhérents à la marchandisation galopante.

J’ai eu l’occasion de le dire et de l’écrire déjà, pour nous l’enjeu est de concourir à l’émancipation du citoyen. Or, pour arriver à l’émancipation, il faut du temps : temps pour l’accès à la culture ; pour la vie sociale, affective, amicale ; pour l’implication citoyenne. Et ce temps est devenu, pour la plupart d’entre-nous, la variable d’ajustement en raison du temps croissant consacré aux déplacements domicile-travail, à la consommation… C’est pourquoi nous nous proposons de repenser l’urbanisme pour réduire l’importance de ces temps là, que nous jugeons aliénants, pour ralentir la ville.

Et nous considérons que, pour ralentir la ville, il faut la densifier. Par densifier la ville, il ne s’agit pas de favoriser l’étalement urbain ou le bétonnage mais bien de permettre à la Ville d’assumer l’ensemble de ses fonctions : développement économique pour créer des emplois qui profiteront aux habitants ; habitat pour assumer et réaliser la mixité sociale ; services publics pour répondre aux besoins premiers des citoyens : culture, sports et loisirs ; espaces de nature préservés pour un cadre de vie amélioré. Mais je n’oublie pas qu’une des fonctions premières de la ville demeure l’apprentissage de la vie sociale. D’où toute l’importance des équipements publics, qui sont à la fois des lieux de services, de rencontre donc de lien social. Ils constituent autant de traits d’union entre les différentes parties du territoire.

Pour autant, si nous défendons une ville intégrée avec l’ensemble de ses fonctions, nous rejetons l’idée d’une ville autarcique et refermée sur elle-même. Nous avons trop souffert de cette conception de quartiers autosuffisants, en vogue dans les années 1970, qui, finalement, confinent aujourd’hui à la ghettoïsation, les différentes facettes de la crise économique inhérente au capitalisme étant passées par là. Je fais partie de ceux qui militent donc pour une ville ouverte sur ses semblables, qui concourt au brassage, à la circulation des Hommes comme des idées. Cela suppose une nouvelle architecture des transports en commun ainsi que la gratuité de ces déplacements pour inciter à ne plus utiliser sa voiture. L’accélération des transports que génère leur massification (RER, tram-train, etc.) permet de ralentir le rythme de vie en libérant du temps. Nous y sommes toujours.

Densifier la ville donc pour maîtriser les espaces, les affecter au mieux de leurs caractéristiques aux diverses fonctions urbaines : voici l’enjeu. Dans ce cadre, il convient de se doter des outils réglementaires nécessaires à la maîtrise foncière, jusqu’au droit de préemption, notamment pour lutter contre la spéculation, les marchands de sommeil ou leur équivalent économique. Il est aussi essentiel de fixer des objectifs en termes de répercussion pour les citoyens lorsque les agents et les élus territoriaux négocient l’implantation d’une entreprise sur notre territoire. N’hésitons pas à parler de densité d’emplois à l’hectare.

Par ailleurs, mes camarades et moi défendons une vision clairement écologique de la Ville. C’est aussi ce point qui nous amène à défendre un urbanisme dense. Je n’ai donc pas peur de dire que moins les bâtiments, quelle que soit leur rôle (habitat, service, économie), auront d’emprise au sol, mieux nous pourrons intégrer les diverses fonctionnalités urbaines dans le respect de notre environnement commun. En effet, moins d’emprise signifie moins de sol imperméabilisé et donc une vie de ville plus en phase avec la nature. Dans ce cadre, il faut réfléchir sérieusement à une révision, pour le moins, de l’idéologie très sarkoziste de la « France des propriétaires ». Bien que figurant comme revendication des Révolutionnaires de 1789, prenons en compte le contexte, je ne crois pas que la propriété immobilière individuelle participe au bien commun. Ce, même si, aujourd’hui, l’aspiration de nos amis, voisins, parents parfois, pousse dans ce sens.

Pour revenir à la vision de l’action publique que je défends, et que des élus mettent en œuvre , elle relève de la planification, dans chacune des quatre fonctionnalités que j’ai déjà identifiées ; laquelle planification a une ambition écologique. Par planification, nous entendons des choses simples : anticiper les besoins, prévoir les étapes, tenir le calendrier. Il ne s’agit pas de remettre à l’honneur le Gosplan, loin s’en faut, mais de se doter d’une méthode rigoureuse, tant l’action publique, aujourd’hui, nécessite fermeté dans la conviction mais aussi rigueur dans l’exécution.

Cette ambition, avec un outil privilégié et une méthode définie, nécessite toutefois une condition tant, en apparence, elle peut apparaître comme contraignante pour le citoyen. Cette condition a pour nom l’éducation populaire. Le rôle militant des élus, avant même la construction de la ville, demeure d’être un éducateur du peuple, c’est-à-dire l’amener à prendre conscience des enjeux, à s’approprier les ambitions collectives, à prendre à bras le corps les contradictions pour les résoudre. Cela nécessite un travail intense de débat, de confrontation, dans une relation de proximité avec le plus grand nombre de citoyen. Notre conception de l’élu est aux antipodes de la culture dominante qui réclame des élus gestionnaires, à l’hyper technicité, mais retranchés dans leur tour d’ivoire. Nous avons suffisamment confiance à la technicité des agents territoriaux, à leur attachement aux territoires sur lesquels ils interviennent autant qu’ils y vivent, pour savoir que la première tâche des élus est de se rendre disponibles pour le débat citoyen, qui précède et conditionne l’émancipation. Dès lors que le citoyen peut y consacrer du temps…

Au final, notre pensée est articulée autour de trois piliers d’égale importance : la gauche pour de bon, l’écologie pour de vrai, la République pour tous. C’est là le sens de notre contribution au débat en cours sur la nature de l’action publique, son rôle, son but.

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Soyez dans le coup, quittez le PG !

C’est le dernier gimmick à la mode. Après une séquence électorale complexe, qui se traduit par une augmentation du nombre de voix captées par le Front de Gauche mais aussi une baisse du nombre de ses députés, les rancœurs s’expriment. Les départs se font publics. A tout le moins, profitons de ce que les lumières des caméras sont encore – un peu – braquées sur nous pour donner quelque éclat à des postures individuelles. Donc, Jacques Rigaudiat (il m’a fallu du temps pour savoir qui c’était) quitte le Parti de Gauche. Dans sa foulée, mais sans grand lien, quelques camarades des Bouches-du-Rhône font de même. Il y en a d’autres. Qu’ils se dépêchent, bientôt les médias ne s’intéresseront plus à nous.

C’est assez courant dans la vie des organisations politiques que des militants brisent avec éclat avec leur parti. Nous, au Parti de Gauche, n’avons pas le monopole de ce genre de gestes. C’est encore plus fréquent après des résultats électoraux en apparence décevants. La difficulté à appréhender la réalité nouvelle, le refus « exprimé de longue date » d’une ligne complexe qui allie radicalité concrète d’un côté et vocation majoritaire de l’autre  – les deux jambes d’une marche en avant entamée il y a trois ans et demi seulement -, les ego mal dégrossis autorisent tous les éclats de voix. Tous les « je vous l’avais bien dit ». Notre candidat à la présidentielle et co-président du parti est assez en ligne de mire.

Certains de ces départs seraient justifiés par des « désaccords profonds » avec la ligne du parti. D’autres s’expliqueraient par « l’absence de démocratie ». La plupart demeurent le fait de cadres intermédiaires qui réclament d’être « co-fondateurs » du Parti de Gauche. Moi aussi j’en suis un. J’ai fait partie de ceux qui dès le 8 novembre ont décidé de se mettre en branle pour créer ce parti à durée de vie limitée puis étaient au meeting de l’Île-Saint-Denis. S’il faut exhiber les brevets, je vais étaler les miens. Mais revenons aux faits, ce sont des cadres intermédiaires du Parti qui s’en vont. Au moment que j’ai indiqué : juste après les élections. A croire que les résultats les ont déçus, à croire aussi qu’ils n’ont pas eu ce qu’ils attendaient.

Mais, m’objecterez-vous, certaines de leurs critiques peuvent être justifiées. Mais oui ! Sûrement ! En ce cas, pour les différends quant à la ligne aussi bien que sur le manque de démocratie, je ferais remarquer à mon tour deux trois bricoles. Primo : en tant que cadre du parti, chacun a son rôle à jouer dans le respect de la démocratie interne autant que dans sa mise en œuvre. C’est bien même la première de nos responsabilités que de ce faire. Si nous n’y parvenons pas, balayons devant notre porte. Il est bien facile de dire que les membres de la direction nationale phagocytent les débats, empêchent la libre expression des sensibilités, manœuvrent dans leur coin… C’est bien connu, l’enfer c’est les autres.

Je ne suis pas membre du Bureau national du PG mais j’en connais suffisamment de membres pour attester que les points de vue s’y opposent de manière parfois virulente. Les membres du BN, par ailleurs, ont charge, suite à notre vote, de faire vivre la ligne politique du Parti entre deux congrès. Ce ne sont pas, dans les départements où ils sont impliqués, des barons locaux. En Seine-Saint-Denis, la membre du bureau national qui siège au sein de notre coordination départementale se fait souvent chahuter, son mandat ne la protégeant de rien. Riva, puisque c’est elle dont il s’agit, nous fait profiter des débats et nous informe des propositions émises par l’exécutif politique du parti. Fort bien, nous les discutons tout le temps.

Reste la question de la ligne politique. Elle est et doit être questionnée en permanence mais aussi acceptée tant qu’elle n’est pas réécrite. Pourquoi doit-elle être questionnée ? Parce que c’est sain, parce que rien n’est intangible, parce que notre ligne n’est pas parole d’évangile. Bien sûr, 5 000 militants ayant participé à sa définition peuvent avoir tort. Donc, oui, discutons-la. Mais, respectons-la aussi parce qu’elle est notre règle de vie commune entre deux congrès. Et de congrès justement, il est question. Nous allons tenir le nôtre en mars 2013. Dès la rentrée donc, nous allons commencer à débattre, à travailler, à écrire notre feuille de route partagée pour les trois années à venir. Le tout en contribuant à faire grandir le Front de Gauche aux côtés de nos partenaires.

C’est donc étonnant que des camarades chargés de faire vivre la démocratie dans le Parti se plaignent qu’elle ne soit pas assez respectée et en tirent argument pour nous quitter… Il est assez drôle que des camarades qui questionnent avec raison la ligne du parti ne profitent pas de la période de congrès qui s’ouvre pour faire valoir leur voix légitime et s’en aillent avant. Je ne les accable pas, je constate. Bien sûr, comme toute organisation humaine, nous avons nos travers. Bien sûr, il y a chez nous des petits caciques avides de pouvoir dont il serait opportun de se débarrasser. Bien sûr, nous devons collectivement mieux faire.

Qu’on s’entende bien : chacun a ses motifs légitimes de mécontentement contre son parti. J’ai les miens, par exemple, que j’exprime dans les lieux adéquats et aux moments appropriés. Il y a des fois où je parviens à ce que mes désaccords n’en soient plus parce que le point de vue que je défends est pris en compte. Il y a souvent des fois où je me trouve battu ; le respect de la démocratie m’astreint à l’accepter. J’ai écho, dans des départements, que des petits chefs à plumes font et défont les règles à leur convenance : on saura les remettre à leur place. J’ai en tête que des camarades ont été malmenés sans vraie raison. C’est navrant. Cela dit, je ne céderai pas à la mode du moment et je ne quitterai pas le parti.

J’ai réussi à éviter mon propre gimmick : « Le Parti se renforce en s’épurant ».

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Bonus vidéo : New Order « Here To Stay (Felix Da Housecat remix) »


Explications franches à l’AG du PG Seine-Saint-Denis

Il y a de ces réunions dont chacun ressort rincé. Avec, pour beaucoup, un sentiment de pas assez. Voire même un peu d’amertume. L’assemblée générale du Parti de Gauche en Seine-Saint-Denis, tenue mercredi 20 juin au soir à Bobigny, en fait partie. Elle a été longue ; assez dure, ne le cachons pas ; mais nous mesurerons d’ici un à deux mois le bien qu’elle nous a fait à tous. Parce que, au delà des apparences, Juliette Prados, notre co-secrétaire départementale, a raison de résumer ainsi la soirée : « Plus de 90 militants, un bouillonnement d’idées, d’envie, d’analyses… » A chacun de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Ju’ a choisi à moitié plein. Et elle a raison.

Premier acquis de cette soirée, les « pégistes » du 9-3 n’ont occulté aucun débat. Aussi douloureux soit-il, dans le département qui voit le parti socialiste arracher deux sièges au Front de Gauche ; le courageux Patrick Braouezec battu au second tour après avoir enfreint la consigne de désistement républicain ; le Front national présent au deuxième tour dans une circonscription. Nous nous sommes dit les choses franchement, pas toujours sans arrière-pensées. Je vais être le plus honnête possible, même s’il s’agit de mon organisation et que j’en suis, comme on dit, un des « cadres ». Moi, je préfère apparatchik, je n’aime pas me cacher derrière la novlangue qui fait plaisir.

Oui, il y a eu des arrière-pensées, elles sourdaient derrière les propos de franche camaraderie. L’un n’empêche pas l’autre. Nous fumes quelques uns à défendre la ligne de notre parti : le désistement républicain et la caractérisation du parti socialiste comme un parti de gauche. Ne nous en déplaise. Il faudra en débattre, entre autres temps, au moment du congrès dans la préparation duquel nous allons rentrer. Mais cette position n’a pas fait l’unanimité hier soir. Pour des raisons qui tiennent tant de la colère conjoncturelle, je le crois, que de la vision plus fondamentale. Il n’est qu’à se rappeler les applaudissements nourris qui ont salué le propos de Thomas, militant aux Lilas : « Arrêtons de caractériser le PS comme un parti de gauche » voire ceux encore plus vifs quand Gildas envoie : « On aurait dû taper aussi fort sur le PS que sur le FN ». Le Thomas que je cite, dans ses commentaires ce matin, exprime une différence de points de vue entre « intervenants de la tribune » et « intervenants de la salle ». Entre supposés chefs d’un côté, donc, et base tout aussi supposée de l’autre.

Je ne suis pas d’accord avec cette vision des choses. Mais l’arrière pensée prend un autre tour quand des camarades sous-entendent que les anciens socialistes que nous comptons au PG seraient bien trop prompts à apporter leur soutien aux candidats du PS, même face au Front national… Là, je vous le dis à titre personnel : ce genre de chose, ça blesse. Vraiment. Je vais vous dire, pour ce qui me concerne : je défends le désistement républicain parce que c’est la ligne du parti et qu’il est de mon rôle de l’expliquer, de la défendre. Mais ne croyez pas que je le fasse de gaîté de cœur. Moi, en vrai, j’aurais adoré que Braouezec casse les reins d’Anauthin, ce petit roquet infect biberonné aux pires manœuvres politiciennes de l’UNEF. Sauf que voilà, on a une ligne et que les éléments nous donnent raison. Braouezec a été battu parce qu’il est arrivé second au premier tour ! Dire cela ne fait pas de moi un social-traître les camarades !

Comme je ne veux pas renvoyer la responsabilité que d’un côté de la salle, il y a aussi des arrière-pensées en retour. J’ai bien entendu des camarades déplorer ces « éclats gauchistes de pureté révolutionnaire ». D’autres se dire qu’on a intérêt à mettre en place des formations pour mettre tout le monde au carré. Voyez… On ne s’ennuie pas en réunion chez nous. C’est que, dans le vrai du vrai, de ce qui fait un militant – et la politique a beau être le plus froid des monstres froids, on n’en reste pas moins Homme en toute circonstance -, nous en avions tous gros sur le cœur depuis des jours, à devoir tourner tout ça tous seuls dans nos têtes… Là, on pouvait se dire les choses entre nous. Sans que cela prête véritablement à conséquence. Voyez, Thomas avec qui je me suis un peu frotté dans les commentaires, on va se voir. Sûrement autour d’un verre, pour échanger. En toute amitié et camaraderie. Parce que nous savons aussi passer par dessus le ressenti une fois qu’il a été exprimé et entendu.

Le débat a aussi été vif concernant le sens même de la ligne « front contre front ». Comme il l’avait déjà expliqué en réunion de coordination départementale, Raouf est revenu sur le sujet, mettant les pieds dans le plat. Mon excellent camarade de Saint-Ouen a lancé : « Le préchi précha Front contre front (sic) a rendu inaudible nos propositions en matière économique et sociale ». Je ne suis pas sûr que la candidature de Jean-Luc dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais n’ait pas été jugée comme « néfaste » par quelques camarades. Sur cette question, cependant, les échanges ont été moins vifs et moins tranchés que sur la question du PS. Je ne sais plus qui a lié les deux cependant, comme je trouve qu’il est bon de le faire : « Le FN c’est l’ennemi de classe, qui gagne à la confusion. Il faut mener les débats clivants pour éclairer le peuple sur les positions de chacun ». Le prochain clivage tournera autour de l’Europe et de l’austérité. Reste la question des moyens que nous nous donnons pour le mener.

C’est à ce moment là que je suis amené à prendre la parole, de concert avec mon ami Axel de Saint-Denis (là où il milite, c’est pas un noble mais s’il a l’âme chevaleresque). Nous avons mandat de la coordination départementale de présenter le détail des résultats électoraux dans notre département. Mission fort bien accomplie par Axel qui me laisse du coup le soin de parler de notre électorat. Je suis obligé de préciser que notre électorat ressemble beaucoup à l’assistance de la réunion du soir. Classes moyennes et classes moyennes supérieures conscientisées. Peu de classes populaires. Je précise qu’un agent de catégorie de la fonction publique ou un chef d’équipe du privé, ce sont déjà des classes moyennes dans la construction idéologique que nous impose la bourgeoisie. Les classes populaires, quand elles se sont portées sur nous à la présidentielle, nous ont délaissés aux législatives soit pour retourner s’abstenir soit en votant PS. Ne nous fermons pas les yeux, on a encore du boulot pour renouer durablement avec ces citoyens-là. J’en arrive donc à faire le lien avec l’éducation populaire politique au plus près des citoyens, que nous avons délaissée depuis trois ans. Et les nouvelles formes de militantisme et de mobilisation que nous, Parti de Gauche, avons apporté au Front de Gauche.

Je sais, je suis pas très amène parfois.

Je n’aurais pas le temps, vue l’heure et vue ma propension à faire long, de revenir sur les rapports internes au Front de Gauche. Mais je pense que le conseil national de ce week-end sera une nouvelle occasion de débattre. La réunion a donc été passionnée et, comme le tweette Stéfanie, « passionnée ». Et elle aura des suites. Notamment en termes de formation. Sauf que chez nous, une formation ce n’est pas pour t’apprendre la vie mais bien pour se donner les moyens de la construire ensemble cette vie.

Bonus copain : télécharge le titre « Rev-Olution » par Family Affair

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Bonus vidéo : Sly and The Family Affair « Family Affair »


Coordo PG de Seine-Saint-Denis, la réunion qui fait du bien

Ce mercredi 13 juin, j’ai donc participé à ma réunion de coordination du Parti de Gauche en Seine-Saint-Denis, la deuxième de la semaine. Oui, je sais, c’est prenant parfois. Mais, lundi, nous devions nous positionner sur le second tour des législatives, ce qui nous a amenés à rédiger un communiqué de presse appelant au désistement des candidats de gauche arrivés en seconde position lorsqu’il y avait duel entre nous et les sociaux-démocrates. Et mercredi, nous avons planché sur l’analyse des résultats électoraux tant au niveau national que départemental, en global et par circonscriptions.

Cette réunion nous a permis de faire le point sur l’état de colère et de frustration des jeunes adhérents du Parti de Gauche autant que des citoyens impliqués dans le Front de Gauche. Bon nombre de nos amis ont du mal à comprendre autant qu’à accepter la différence qu’il y a entre les quasi quatre millions de voix obtenus par le Front de gauche au premier tour de la présidentielle et les 1,8 millions péniblement obtenus au premier tour de la législative. Comme le disait, je ne sais plus si c’est Nico ou Sydné, enfin l’un des deux, « c’est clair que si on veut commencer son expérience politique par une victoire, vaut mieux aller au PS qu’au Front de Gauche ». Mais le propos, que je partage, ne suffit pas aux camarades.

Pour commencer le travail d’explication, il m’est revenu de faire un point politique en introduction, semble-t-il que ce que j’avais rédigé ici pouvait constituer une base de réflexion. Il se trouve que, par ailleurs, avec mon ami Axel Bruneau, j’ai la co-responsabilité du secteur « élections » pour le Parti de Gauche Seine-Saint-Denis. Bref… J’ai donc exposé nos premières analyses sans fard. La parole a ensuite circulé. Il y avait les camarades des Lilas, Noisy-le-Sec, de La Courneuve, de Saint-Ouen, Saint-Denis, Bagnolet, Aubervilliers ; y avait mon « tonton » Henri, avec qui j’ai assuré pas mal de SO pendant la présidentielle, de Villepinte ; Neuilly-sur-Marne était représenté par Riva, candidate du Front de Gauche ; Bruno Bellegarde représentait tant Romainville que la circonscription sur laquelle il était candidat : Villemonble, Rosny, Gagny… Je représentais Montreuil, pendant que Juliette animait notre réunion de comité concomitante. Bref, on couvrait l’essentiel du département.

Ce qu’il y a de bien dans ce genre de réunion, c’est qu’on parle le même langage. Nos mots ne peuvent pas être interprétés. En sus, malgré une situation particulière sur la 2e circonscription où Patrick Braouezec se maintient face au candidat socialiste arrivé en tête, nous sommes parvenus à ne pas nous engueuler. Parce que les engueulades entre camarades, c’est finalement assez fréquent, on s’en faisait encore récemment le constat avec l’ami Comité de salut public, même s’il a milité dans une autre organisation. Oh ! Bien sûr, nous avons eu quelques mots, comme on dit. Mais à mots couverts, des petites piques comme celle que m’envoie Bruno genre. Mais rien de vraiment méchant.

A force de militer ensemble, nous avons appris à nous connaître. D’où le même langage évoqué plus haut. Après, nous ne sommes pas tous des amis au sens fort du terme, même si j’en compte de vrais dans les treize que nous étions hier soir. Mais je pense que nous sommes tous devenus, au fil du temps, des potes. Et c’est chouette. Faut savoir que le militantisme, comme le boulot, sont des lieux privilégiés de socialisation. Quand, comme moi, on a déménagé quarante huit mille deux centre trois fois, c’est cool au final. Je sais, je sais… Je reviens à notre réunion.

Dans un moment pareil, où pour beaucoup tout vacille, mettre des mots sur les faits, les inscrire dans le temps long, tracer la perspective donc, c’est assez essentiel. En premier lieu parce que cela permet de renouer avec le fond de notre engagement autant que de nos pratiques politiques. Pour y parvenir, nous tirons avantage de la diversité de nos parcours politiques respectifs, de nos points d’observation différents, de nos cultures, de nos goûts aussi. Axel, tiens, lui, son truc, ce sont les chiffres. Il te décortique une circonscription bureau de vote par bureau de vote, avec analyse sociologique et tout. De la dentelle qu’il nous fait le co-secrétaire du comité Saint-Denis Saint-Ouen. Cette orfèvrerie est super utile pour comprendre pourquoi et comment les quartiers populaires ont voté massivement pour le parti dit « sérieux » au nom d’une forme prolongée de vote utile. Elle nous permet aussi de mesurer que nous enracinons notre discours auprès des classes moyennes et moyennes supérieures, même si je combats cette construction idéologique.

Bref. Nous avons bien avancé hier, notamment pour préparer notre assemblée générale départementale qui aura lieu la semaine prochaine. J’aurai à y présenter le rapport sur le Parti de Gauche dans le Front de Gauche : constat et mise en perspective, quelle que soit la situation. Le tout en moins de dix minutes. Ah ! Vous pouvez rigoler ! Mais avec mes digressions permanentes, ça relève des travaux d’Hercule pour moi de me tenir à dix minutes d’exposé. Donc, on a bien bossé. Nous avons au moins un socle d’analyse commun et cohérent que nous avons la charge de partager avec nos camarades dans les comités. Pour permettre à chacun d’aller au delà de cette colère que j’évoquais au début de ma note.

Du coup, je ne sais pas pour Nico, Sydné, Louis, Riva, Bruno, Franciela, Raouf, Daniel, Axel, Laurent, Henri… ont vécu la soirée, mais moi, ça m’a fait du bien. J’ai posé ma rage pour retrouver le chemin de la construction. En passant, je vais vous confier un truc. D’avoir eu la chance de poser mes idées ici dès lundi, d’avoir mené pas mal d’échanges en commentaire avec vous, ça m’a aidé. Ecrire, c’est un bon moyen pour ordonner ses pensées. Si vous n’avez jamais essayé, je vous le conseille.

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Bonus vidéo : The Pipettes « We Are The Pipettes »


Ma pause-déj’ avec Gabriel Amard à McDo

Je vais vraiment vous parler de ma pause-déjeuner de ce mercredi 9 mai. Si, je suis sérieux, nous sommes allés à McDo, au centre commercial de Viry-Chatillon. Je vais en profiter pour faire coup double et initier ma série de portraits de candidats en campagne. Parce que je n’y suis pas allé seul : j’étais en compagnie de Gabriel Amard, candidat du Front de Gauche dans la 7e circonscription de l’Essonne. C’est lui qui m’a invité d’ailleurs. Au menu, spécial, il y avait le soutien aux salariés de l’enseigne de restauration rapide qui se mobilisent dans le cadre de leur Négociation annuelle obligatoire (NAO).

Faut dire que Gabriel (oui, je l’appelle par son prénom, c’est un camarade et quelqu’un que j’aime beaucoup) est avant toute chose un militant. Tout président de la Communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne qu’il soit, il est toujours disponible quand l’urgence commande. Là, l’urgence c’est que les syndicats négocient salaires et conditions de travail avec la direction de McDo France. Dans un contexte tendu et avec des pratiques…

Vous le savez, l’enseigne au clown rime beaucoup avec « mal bouffe ». Même si elle se targue d’avoir amélioré la qualité de ses produits, pour fournir la viande, les « légumes » et le pain nécessaires aux sandwiches, on n’est pas dans l’agriculture raisonnée, respectueuse de l’environnement, tout ça… Tout ça qui tient au cœur de Gabriel, lequel milite pour la relocalisation de l’économie dans une perspective de planification écologique. C’est à dire : réconcilier l’être humain avec son environnement.

Pendant une manifestation contre la réforme des retraites, en 2010, à Draveil.

De ce côté-là, le président d’Agglo ne se contente pas de jolis mots, il est passé au stade de la preuve par l’exemple. Dans l’établissement public de coopération intercommunale qu’il préside, plus de produits phytosanitaires depuis 2009. La gestion différenciée des espaces verts est à l’œuvre. Les projets d’aménagement mené par les Lacs de l’Essonne luttent contre l’imperméabilisation des sols… Je passe sur la mise en œuvre d’une monnaie complémentaire, en cours, et la perspective d’une exploitation agricole, sous l’égide de la communauté de l’agglo, destinée notamment à produire des fruits et légumes bios pour les écoles des villes membres : Viry-Chatillon et Grigny. Il est aussi connu pour son combat infatigable en faveur de la gestion publique de l’eau qui l’a conduit à sortir du Syndicat des Eaux d’Île-de-France pour créer la régie publique Eau des Lacs de l’Essonne, aboutissement d’un combat de quinze ans. On peut parler, tout à fait, de radicalités concrètes traduites en actes. Ce n’est pas pour rien que Gabriel Amard est aussi secrétaire général de l’association La Gauche par l’exemple, association des élus du Parti de Gauche et apparentés.

Mais, la Gauche par l’exemple, quand on réclame d’être aux côtés des salariés en lutte, c’est aussi de s’y trouver, même quand les caméras ne sont pas là. Gabriel, ça, il sait faire. Je me souviens de l’avoir entendu, depuis le bureau d’à côté, négocier avec des patrons pour obtenir des contrats de travail réguliers, préalables à la régularisation de travailleurs que leur état précaire condamnait à être sans papiers. C’était il y a plus d’un an, il était pourtant déjà candidat aux cantonales. Ce mercredi 9 mai midi, saisi par les camarades syndiqués, il s’agissait d’aller peser sur la direction de McDo alors que les organisations syndicales tentent d’arracher des avancées dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire sur les salaires et les conditions de travail.

C’est que McDo rime aussi avec « mal boulot ». Pour peu qu’on s’y intéresse, on sait qu’il y a beaucoup de temps partiel parmi les salariés de l’enseigne d’outre-Atlantique. Du temps partiel imposé à des personnes souvent jeunes, issues des quartiers populaires, peu formées et pas informées sur leurs droits. Conséquence directe de ce travail jetable, le turn over est de 80 %. De la même manière qu’on surexploite la terre pour élever des bœufs en batterie, on surexploite les jeunes travailleurs avant, une fois essorés, de les jeter à la rue. Pendant ce temps-là, les actionnaires états-uniens empochent les dollars. Et les franchisés, comme l’enseigne de Viry-Chatillon, astreinte à une dîme de 20 % du chiffre d’affaires, accroissent encore la rentabilité et la productivité individuelle des salariés.

Voilà donc mon Gabriel qui saute sa pause déjeuner, avant d’aller récupérer sa fille de quatre ans comme tous les mercredis, pour assurer une distribution de tracts à l’attention des clients entre autres. Le soir, une fois sa douce rentrée à la maison, il ira animer une réunion d’assemblée citoyenne à Athis-Mons.

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7e circonscription de l’Essonne : Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge, Paray-Vieille-Poste, Savigny-sur-Orge, Viry-Chatillon
Score de Jean-Luc Mélenchon : 6 897 voix, 12,53 % des suffrages

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Bonus vidéo : Al Greene « A Change Is Gonna Come »


Mélenchon, le PS et vous, lettre à mes amis gauchistes

Chères amies et chers amis de l’extrême-gauche, membres du NPA, anarchistes et autres Trotskistes de tout poil,

Je vous écris cette lettre puisque, même si « la consigne est qu’il n’y a pas de consignes », on m’a demandé de vous considérer comme des partenaires. Au regard de notre histoire commune, je me plie bien volontiers à cette amicale préconisation. Aussi, je vais tâcher de répondre aussi fraternellement que possible à un certain nombre d’interrogations que vous avez relayées ces derniers jours.

ni andouillette ni andouille

Photo Christiane Chombeau

Ainsi donc, nous serions, nous les membres du Front de Gauche, entrain de faire campagne pour un candidat qui n’aura pour préoccupation, dès l’échéance présidentielle-législative passée, que de siéger comme ministre dans un gouvernement socialiste. Nous serions donc, singulièrement au Parti de Gauche, que les valets retors et matois du Parti socialiste. Merci de nous mettre en garde contre la personnalité trompeuse de notre porte-voix. Je note là votre souci tout de fraternité et de camaraderie.

Je comprends que l’on puisse ne pas partager le programme et les méthodes du Front de Gauche. Il est vrai que la démocratie comme fin et moyen est un dangereux leurre social-démocrate. Nous, que vous traitiez il y a encore peu de Staliniens, apprécions à sa juste valeur cette mise en garde contre l’expression de la volonté populaire et citoyenne. Les masses sont dangereuses, c’est pourquoi vous avez fait le choix de l’action groupusculaire. Moins on est nombreux, plus on est purs, c’est évident. Et moins on est nombreux, plus on est au fait de la volonté du peuple, l’histoire l’a amplement démontré. Je vais cesser là ma petite provocation, espérant, chères et chers camarades, que vous cesserez les vôtres.

Je vais d’abord répondre à votre interrogation sur la participation gouvernementale au travers des faits. Et me contenter de parler de ce que je maîtrise : l’attitude du Parti de Gauche et de ses élus. Dans les régions et départements où le loisir nous en a été donné par les urnes, nous soutenons les majorités de gauche selon un contrat politique clair, mis sur la place publique et soumis, donc, aux suffrages des citoyens. Nous votons les budgets à l’exception de quelques points qui nous semblent centraux : refus des délégations de service public aux opérateurs privés, refus des subventions publiques aux établissements privés, engagement en faveur du logement social… Il y a donc, clairement, des délibérations que nous ne votons pas, voire sur lesquelles nous votons contre.

Cette position nous a amenés à refuser de siéger dans les exécutifs régionaux et départementaux, quitte à ce que cela occasionne des frictions avec nos amis et partenaires du Parti Communiste Français. A cette enseigne, la position du PG a amené la création de deux groupes Front de Gauche au sein du Conseil régional d’Île-de-France. Alors que l’une de nos camarades était auparavant vice-présidente de la dite Région, elle n’est désormais que simple conseillère régionale. En bons staliniens que nous sommes, la ligne ne suppose aucun manquement quoi qu’il en soit de la volonté individuelle de chacun.

Il y a donc fort peu de chances pour que nous puissions accepter de siéger, même comme ministre de plein exercice, dans un gouvernement dominé par les sociaux-démocrates. Encore moins quand on prend en compte la position de celui qui est désormais le candidat social-démocrate : François Hollande. Son choix est celui d’une alliance englobant les centristes, notre position est ferme sur ce point et nous l’avons réaffirmée à plusieurs occasions. Aussi, vous voudrez bien prendre en compte nos écrits autant que nos actes. Je suis bien sûr que vous pouvez mesurer le caractère infondé de ces procès d’intention que vous nous faites, qui n’ont pour but que de tenter de nous discréditer (faisant par là le jeu de nous savons tous bien qui).

Pour revenir au fond, certains d’entre vous nous disent que la victoire de la gauche ne sera que le fruit de la lutte des masses. J’en conviens tout à fait et mes amis du Front de Gauche tout autant que moi. Je ne crois pas du tout faire partie de la fraction anarcho-syndicaliste de ce rassemblement, puisque je suis fondamentalement et viscéralement communiste quoique membre du PG.

Le Front de gauche pour un nouveau Front populaire

Le Front de gauche pour un nouveau Front populaire

Qu’avons-nous dit là encore sur ce sujet ? Cela va peut être vous étonner, mais c’est Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste, qui a résumé notre position dans son discours de clôture de la Fête de l’Humanité : « Quel que soit le résultat des élections législatives, a-t-il déclaré, il faudra que les salariés, le peuple, se mobilise dès le lendemain. » Nous avons tiré les leçons de 1981 et considérons ensemble que la mobilisation populaire contribue au rapport des forces nécessaire pour imposer les mesures de transformation radicale de la société que nécessite la situation politique actuelle.

L’exemple du Front populaire nous rappelle en effet, si besoin est, que lorsque la gauche politique l’emporte, c’est un facteur d’accélération des luttes sociales. Et pour cause, avec une majorité parlementaire solidement ancrée à gauche, il est plus facile d’obtenir victoire qu’avec une majorité de social-démocratie molle.

Voilà, j’ai tenté d’être le plus courtois et le plus fraternel possible. Mais je suis bien sûr que bon nombre d’entre vous souhaiterez contribuer à ce noble débat. Alors, que la parole circule.