Archives de Tag: PG

TSCG : Fabius ne veut pas « se déjuger », et vous ?

Le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) n’en finit pas de remuer les différentes composantes de la gauche. Le week-end qui vient de s’écouler a vu le conseil fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts s’opposer, par 75 % des voix exprimées, à ce traité qui grave dans le marbre l’austérité ad vitam aeternam. C’est un bougé assez significatif qui a causé encore une de ces sorties dont est coutumier Dany le jaune.

A tout le moins, EELV a le mérite d’une certaine cohérence, que je salue, alors que je n’ai jamais été avare de critiques contre ce parti. L’issue de son conseil fédéral témoigne de l’élargissement du front du refus, par rapport à un traité qui prive la représentation démocratique élue par le peuple de ses derniers outils d’action.

Ce week-end, j’ai eu l’occasion de retrouver, grâce à mes amis de la Télé de gauche, un certains nombre de déclarations émanant de sommités du parti dit « sérieux ». Je vous les laisse regarder et partager.

On va commencer par l’ancien héraut du « non socialiste » en 2005, Laurent Fabius :

 

La sortie de Benoît Hamon n’est pas mal non plus :

 

Arnaud Montebourg laisse rêveur :

 

Jean-Marc Ayrault se fait le porte-parole du groupe des députés socialistes :

 

Enfin, pour la bonne bouche, le résident de la république n’est pas inintéressant :

 

En contrepoint, je vous laisse écouter et regarder ce que disent certains de mes amis proches dans la petite vidéo tournée à l’occasion de la Fête de l’Huma.

 

Je veux bien prendre les paris pour savoir qui, à la fin, se « déjugera », selon les jolis mots du ministre des Affaires étrangères.

————————————–

Bonus vidéo : Patti Smith « People Have The Power »


Bon anniversaire la République !

« La République nous appelle ! » J’espère que ce morceau de phrase sonne familier à l’oreille de certains d’entre-vous. Il est d’actualité puisque nous célébrons, en ce 21 septembre, le 220e anniversair de la Ière République française. C’est en effet au lendemain de la victoire de Valmy sur les Prussiens que les députés de la Convention nationale décident sur proposition de Collot d’Herbois – et à l’unanimité – d’abolir la monarchie et de proclamer la République. La Ière République sera votée et proclamée le lendemain, 22 septembre 1792. Mais l’abolition de la royauté est une date clé dans ce processus.

Ce n’est pas un micro-événement que nous allons commémorer

Vendredi 21 septembre 2012
à 17 heures
Devant le Panthéon à Paris

Si le processus révolutionnaire a été entamé en 1789, avec cette date de la prise de la Bastille, suivie du 4 août – nuit au cours de laquelle sont abolis les privilèges (mais avec possibilité de rachat), la proclamation de la République ouvre un nouveau champ du possible. La monarchie constitutionnelle et la prise de pouvoir par la bourgeoisie sont remises en cause par l’irruption, dans le champ politique, du peuple, notamment parisien. Ce que l’on appelle communément les sans culottes.

Ce peuple aspire à une autre répartition des richesses, une autre organisation du pouvoir. Il va prendre en main ses destinées, à partir du travail de conscientisation et d’éducation populaire politique mené par les clubs, dont le célèbre club des Jacobins. A Paris, les sans culottes et leurs représentants élus, devant la « Patrie en danger », vont s’organiser au sein de la toute première Commune de Paris, ancêtre de celle que j’étudie. Cette Commune va peser sur les débats de la Convention nationale et infléchir les décisions politiques qu’elle sera amenée à prendre.

Par bien des aspects, la Commune de Paris de 1792 à 1794, lorsque la réaction thermidorienne l’abat en même temps que Robespierre et ses amis, est plus radicale que la représentation nationale. C’est qu’à Paris, la confrontation de classes est bien plus violente qu’en Province. Dans les provinces de la jeune République, la guerre civile efface, dans la perception collective, le combat de classe. Il nous est facile, avec deux siècles et plus de recul, d’analyser la guerre civile qui se déchaîne en Vendée, Bretagne ; à Lyon, Marseille, Toulon, comme autant de traductions meurtrières de cette lutte des classes. Dans l’instant politique 1792-1794, il n’en est rien. A leur décharge, Marx n’est pas encore passé par là.

Il n’empêche que le peuple parisien et les provinciaux qui partagent sa vision des choses (il en est) n’entend pas se laisser déposséder d’un processus qui prend enfin en compte ses aspirations et ses besoins. Un certain nombre d’élus de la Commune de Paris, comme Robespierre, sont aussi députés à la Convention nationale et, forts du mandat qu’ils tiennent du peuple, agissent pour faire entendre sa voix.

C’est ainsi que va naître la République une et indivisible puis la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen dans sa version démocratique, celle dite « montagnarde », qui proclame le droit à l’insurrection.

Comme le disent mes amis du Parti de Gauche Midi-Pyrénées, il s’agit là d’un « document d’importance universelle ». Si la déclaration de 1789 assoit la liberté comme principal droit de l’homme, celle de 1793 met sur le même plan la liberté et l’égalité. Dès l’article 2, c’est même l’égalité qui est placée en tête des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. « Ces droits sont l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété ». Plus importants qu’une simple déclaration abstraite, les droits de l’homme de 1793 font apparaître les droits positifs qui concrétisent les droits naturels : droits sociaux avec des prestations assurées par l’Etat notamment droit à l’éducation, aux subsistances, manger à sa faim, droit au travail, à la santé… Elle reconnaît ainsi pour la première fois dans l’histoire de l’humanité une série de droits économiques et sociaux comme le droit au travail, à l’instruction, aux secours publics (il n’y a ni retraite, ni sécurité sociale à l’époque).

Autre innovation historiquement fondamentale : l’idée de « souveraineté nationale » est précisée sous la forme concrète de la souveraineté populaire (en 1792/1793 les étrangers ont le droit de vote). Le peuple est souverain, il doit prendre lui même son destin en main. Il s’agit d’un système de démocratie semi directe : en partie directe par les Assemblées de base et le référendum, en partie indirecte par l’assemblée élue.

Voilà en quoi cette Ière République mérite qu’on la célèbre aujourd’hui. Quoi qu’imparfait, son contenu est très largement progressiste. Et ouvre des perspectives encore neuves à l’ensemble du mouvement ouvrier. Alors, oui ! Bon anniversaire la République.

Bonus flash back : Le discours prononcé par Jean-Luc Mélenchon à cette occasion est visible ici.

————————————–

Bonus vidéo : The Adicts « Viva La Revolution »


Ma fête de l’Huma, notre fête de l’Humain

Dur de résumer trois jours de fête de l’Huma en quelques mots. Pourtant, cette fête-ci, particulièrement, doit être racontée. Pour celles et ceux qui n’étaient pas là, pour le message qu’elle porte. Parce qu’elle nous donne rendez-vous dans moins de deux semaines, désormais, à Paris pour la manifestation nationale exigeant un référendum sur le TSCG. Ce fichu traité a bien été au cœur de tous les débats, formels comme informels. L’ami Syd d’A Gauche pour de vrai en a réalisé un résumé en vidéo que je vous conseille de regarder. Et pas seulement parce qu’il m’a interviewé aux côtés d’autres.

Photo par José Angel

Donc, commençons par là : il y avait Syd et plein d’amis. La Fête de l’Huma c’est d’abord ce moment de convivialité, celui au cours duquel tu fraternises avec tout un chacun. Mais aussi où tu retrouves tes potes perdus de vue – ou pas. C’est sûr qu’à coup de perrier et de boisson capitaliste brune à bulles, j’attire moins la convivialité que mes amis à la moustache moussue blanche. Heureusement, un bon nombre ne me laissera pas tomber voire viendra me chercher quand j’aurai accompli mes tâches militante

Ah… Ben ouais les gars. Quand on est militant, on milite à la Fête de l’Huma. Même mi hermano n’a pas pu résister malgré ses bonnes décisions. Donc, pour moi ce sera service d’ordre le samedi, sept heures durant avec une pause à la Savoie pour la fondue avec mon « fils ». Lequel en profite pour griller mon bro’ Dareljedid sur le badge provoc’ qui me va bien. SO et c’est pas de la tarte quand, vers 17h30, Jean-Luc prend la parole pour une carte blanche sur la Révolution citoyenne. Pendant une heure, vite devenue une heure trente, notre co-président (au Parti de Gauche) prend le temps d’expliquer ce concept, l’implication citoyenne, la démocratie en ce qu’elle a de révolutionnaire, l’Amérique du Sud, le TSCG. C’est le temps où l’avenue Pablo-Picasso est bouchée pire que le périph’ à 6 heures du soir. Faut veiller au matériel, histoire que les auditeurs ne prennent pas un haut-parleur sur la tête. Faut garder un œil sur les gens, aux alentours, des fois qu’il y ait un malaise sous ce cagnard.

Avant et après, c’est plus cool. Je discute avec les amis venus de loin. Il y a Romain, Simon et Laura, Rudy, Stéphane mon presque voisin du 18e, Nico et Syd venus en famille tous les deux… La liste est longue. Bien longue. Sous mes yeux, Gabriel Amard fait un tabac en mettant en lumière les agissements en eaux troubles de la Lyonnaise qui a tenté de lui faire la peau. Bref, une nouvelle fois, le stand du Parti de Gauche tient bien sa place dans la fête. Pas évident, à la base : si désormais nous sommes bien ancrés dans ce paysage du parc départemental de La Courneuve, ce n’est jamais facile pour un stand non PCF de se faire sa place. Et notez que nous n’avons pas encore quatre ans d’existence en tant qu’organisation.

SO donc mais je trouve un moment pour un petit plaisir. Stop. Contexte. C’est mon cher ami David qui a la charge de la programmation musicale du stand et de l’organisation des concerts qui en rythment la vie. David, c’est la discrétion même. Et l’efficacité. Avec peu de moyens (lire plus haut et ajoutez à la jeunesse de notre parti le fait qu’on n’a pas une tune en caisse en fait), il parvient à offrir une scène qui a de la gueule. Croyez-vous que ça le fasse sourire ? Il tire un peu la gueule, oui, qui trouve que le son n’est pas assez bon. Il court, il vole. Et lâche, tout de même : « Au fond, Nath, c’est quand même que du bonheur ». Quand tu milites ami lecteur, même la tâche la plus ingrate prend du sens. La mener à bien rend donc content. C’est aussi simple que ça. T’es pas convaincu ? L’an prochain, viens et fais l’expérience.

Je zappe au dimanche matin. Si vous m’avez cherché au stand du PG c’était raté. Pour moi, cette matinée était très politique. Et j’ai passé du temps sur tous les stands qui comptent pour Montreuil. Celui qui arborait encore l’an passé les couleurs de la FASE a grandi et abrite désormais aussi Convergence et Alternative, les Alternatifs, l’association des Communistes unitaires, les nouveaux venus de la Gauche Anticapitaliste. Puis, direction Montreuil. Evidemment. L’apéro des forces de gauche, ça ne se rate pas. Contrairement au débat sur PSA auquel je voulais participer mais que, SO en sous-effectif aidant, j’ai dû rater. En passant, il y a avait vraiment trop d’entreprises en lutte présentes à la fête… En fait, non. Il n’y en avait pas trop. C’est juste que, parfois, je voudrais croire que le changement c’est maintenant. Il ne le sera que si nous décidons de nous en mêler. La vraie leçon de cette fête de l’Huma.

Au final, pour reprendre mon fil, à la Fête de l’Huma, faut pas prévoir grand-chose surtout si tu es militant. Parce que tu ne tiens jamais ton programme. Mais les contreparties sont tellement fortes que ce n’est pas grave du tout. Et puis, je ne vais pas me plaindre. J’ai vu New Order.

——————————————

Bonus vidéo : Patti Smith « Gloria » (live @ Fête de l’Huma 2012)


PSA : un milliard pour fermer Aulnay, les salariés paient encore l’addition

Le communiqué que nous avons écrit pour le Parti de Gauche de Seine-Saint-Denis

 

Comme nous l’avons dénoncé depuis le mois de février 2012, le groupe PSA vient de confirmer son « plan de restructuration » d’un montant d’un milliard d’euros. Ce plan entérine la fermeture du site PSA d’Aulnay-sous-Bois, condamnant ses 3 300 salariés directs et les quelque 7 000 travaillant dans la sous-traitance. Au total, ce sont 10 000 emplois que le groupe va supprimer dans le monde.

Le groupe, qui rassemble les constructeurs automobiles Citroën et Peugeot, a certes vu ses bénéfices diminuer de 48 % entre 2010 et 2011, pour un bénéfice net final de 588 millions d’euros. PSA utilise la baisse de rendement pour les actionnaires pour justifier un plan d’austérité de 800 millions d’euros en octobre 2011, revalorisé à un milliard d’économie en ce début d’année 2012.

Mais de quoi parlons-nous ? Est-ce que PSA perd de l’argent ? Non, il gagne 588 millions d’euros après impôts ! Ce n’est pas rien, tout de même. Voici quelques autres chiffres émanant de la direction, qui témoignent de la bonne santé de PSA :

· Record historique du chiffre d’affaire : près de 60 milliards avec une progression de 6,9 % ;

· Bénéfice net positif à + 588 millions ;

· Résultat opérationnel à 1,3 milliard.

Ceci alors que nous sommes en période de crise, c’est connu. Ce faisant, PSA, désormais allié du groupe américain General Motors, s’inscrit dans la logique capitaliste : détruire l’emploi pour accroître ses bénéfices boursiers. Certes le marché automobile s’est contracté en Europe. La généralisation des politiques d’austérité qui cassent le pouvoir d’achat et l’emploi sont les premières responsables de cette situation.

Pour autant, PSA ne diminuera pas ses capacités de production. Au contraire, il les délocalisera dans des pays où la « marchandise humaine » coûte moins cher, où les normes environnementales sont moins drastiques. Qu’importe si, pour faire revenir la production dans les pays où elle peut être « consommée », il faut encore aggraver notre empreinte carbone. Il faut juste se rappeler que, sur un modèle courant de berline, le « coût du travail », sans mis en avant par le MEDEF et sa courroie de transmission politique l’UMP, ne représente qu’entre 15 et 18 %.

Le Parti de Gauche de Seine-Saint-Denis, comme il l’a fait à plusieurs reprises depuis la première fuite sur ce plan de liquidation, était encore aux côtés des salariés d’Aulnay-sous-Bois ce jeudi 12 juillet, à l’issue du comité central d’entreprises.

Ils sont rappelé notre revendication de longue date : une planification écologique permettrait d’envisager très sérieusement la construction de modèles respectueux de l’environnement. Il est possible de s’orienter dès maintenant dans ce sens pourvu que la direction le veuille. Pour cela, elle doit activer son centre de recherche et proposer pour Aulnay la fabrication d’une nouvelle voiture répondant aux exigences de l’époque.

Enfin, le Parti de gauche réclame une loi d’urgence proclamant un droit de véto des représentants syndicaux dans les Comités d’entreprise et l’interdiction immédiate des licenciements boursiers soit votée le plus vite possible.

Le Parti de Gauche Seine-Saint-Denis

——————————–

Bonus vidéo : Buzzcocks « Fast Cars »


Le conseil national du PCF ouvre la voie au maintien du Front de Gauche

Avec ce blog, j’essaie de faire le suivi des dossiers. Et de faire partager les quelques infos que j’ai quand il y a questions ou enjeuxx. Il en est un qui a un peu chauffé les esprits de dossier à enjeu : les rumeurs sur l’entrée au gouvernement de ministres communistes. J’y avais consacré une note grâce notamment aux témoignages de camarades membres de la direction du Parti Communiste français. Je vais donc poursuivre ce dossier qui me tient à cœur d’autant que, ce lundi matin, avait lieu un conseil national du PCF portant, entre autres, sur le sujet de la participation.

La semaine passée, j’avais eu quelques camarades secrétaires de section qui ne cachaient pas les difficultés. « Avec le score pas bon du premier tour des législatives, tu as des copains qui pensent que la seule solution, pour assurer notre lisibilité, ce sont des ministres au gouvernement », me confiait l’un d’eux. Evidemment, à la sortie du second tour, les camarades du parti dit « sérieux » n’ont pas manqué de réitérer leurs appels du pied. De Bartolone à Hamon, missi domini de la « cause », chacun y est allé de son appel au Front de Gauche. Le but est clair : faire porter la co-responsabilité de l’austérité annoncée à toutes les forces de gauche, y compris le Front de Gauche. Marie-Goerge Buffet, intervenant sur France 3 Île-de-France, avait bien mis les choses au clair. Mais sait-on jamais ? La députée de Seine-Saint-Denis, une des plus ferventes architectes du Front de Gauche, n’est plus qu’une voix – certes fortes et écoutée – parmi les autres au sein de la direction du PCF. Aussi, ce matin, j’étais aux aguets.

Le premier écho de ce conseil national d’importance pour l’avenir du Front de Gauche (parce que c’est juste de cela dont il s’agit dans le fond) m’est parvenu par un tweet de Franck Mouly : « Nicole Borvo présentée comme ministrable : « Hollande félicite les Grecs (pour avoir donné une majorité à la droite pro-mémorandum – NDA). Ça donne à réfléchir ». » Premier soupir de soulagement. Puis, dans Le Monde, un article fait état de la position de Pierre Laurent : « Les conditions pour une entrée des communistes au gouvernement ne sont pas remplies ».

Je me suis procuré le rapport introductif de Pierre et le bulletin de vote soumis aux communistes. Je vous les fais partager à la fin de cette note. Mais auparavant, je vous donne un extrait du rapport de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Il y explique assez clairement le point de vue de Colonel-Fabien :

« Sur le gouvernement, les choses sont claires pour nous. Nous avons vocation à prendre nos responsabilités pour mettre en œuvre des politiques de transformation sociale. Nous avons maintes réaffirmé que la prise en compte de nos propositions était évidemment un critère essentiel. Ces appels sont restés lettre morte, le Président répétant à de nombreuses reprises que la seule boussole gouvernementale serait son programme de premier tour.
Or non seulement, nous ne nous reconnaissons pas dans une conception présidentialiste du gouvernement mais de surcroît nous croyons indispensables à la réussite du changement des inflexions à ce projet. C'est pourquoi si nous estimons que les conditions de notre participation au gouvernement Ayrault ne sont pas aujourd'hui réunies, notre objectif est de modifier cette situation. Nous restons disponibles si ces conditions évoluaient. Nous voulons continuer à être utile à atteindre cet objectif ; et pour cette raison nous ne voulons pas renoncer à notre liberté d' agir pour obtenir les inflexions majeures qui nous paraissent indispensables. Nous entendons être une force active et positive au Parlement. »

C'est cette base de réflexion que la direction du Parti Communiste présente à ses militants. Lesquels se réunissent dès ce soir et jusqu'à demain soir inclus pour voter lors d'assemblées générales par sections et par villes. L'ensemble des résultats sera rassemblé et débattu lors d'une conférence nationale extraordinaire, tenue à huis-clos, mercredi qui vient à La Mutualité à Paris.

Sur le fond, la non participation de membres du PCF au gouvernement maintient très ouverte la porte vers la continuation du Front de Gauche voire son approfondissement. Nous, militants du Parti de Gauche, en débattrons samedi et dimanche lors de notre propre conseil national. Les autres composantes que je n'oublie jamais auront aussi leurs mots à apporter à la corbeille. Rien n'est décidé, rien n'est fermé, tout reste à construire. Parce que c'est bien cela l'urgence politique du moment.

Bonus militants :

Rapport Pierre Laurent 18 juin-1

Bulletin de vote

———————–

Bonus vidéo : Black Eyed Pees « Meet Me Halfway (Richard Vission Remix) »


L’intox du moment : le PCF au gouvernement

Bulletin d’information météorologique relayé dans la plupart des médias : le PCF pourrait faire son entrée au gouvernement après les législatives. Ce matin, un articulet va même jusqu’à citer un nom, celui de la sénatrice communiste de Paris, Nicole Borvo. La crédibilité de ce nom tient à ce que son entrée au gouvernement pourrait permettre l’entrée de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, au Sénat.

Au Cri du peuple, la question de la participation du Front de gauche au gouvernement est sensible, selon une formulation chère à l’ami Sydné. Du côté du Parti de gauche, la question est tranchée. Dans les conditions actuelles, c’est niet. Du côté de la FASE, Clémentine Autain me confirme que c’est « non » également. Je n’ai pas assez de contacts personnels avec les camarades de Gauche unitaire pour pouvoir être affirmatif, mais j’ai la sensation qu’ils sont assez opposés à l’idée de rejoindre une gouvernement social-démocrate. Reste donc la question de la participation du PCF. Ce mardi 5 juin, Marie-George Buffet a expliqué sur une radio qu’une entrée des communistes au gouvernement serait envisageable sous couvert d’une vraie politique de gauche matérialisée, entre autres choses, par la création d’un pôle public bancaire, l’interdiction des licenciements boursiers… Notre programme partagé, quoi. Jusque là, rien qui ne puisse m’hérisser le poil.

Mais bon, il m’en fallait un peu plus. Ancien de la grande maison Colonel-Fabien, j’y garde de nombreux contacts avec les militants et les cadres intermédiaires du Parti. Durant la campagne des présidentielles et celle des législatives, j’ai eu l’occasion – plus qu’une fois – d’échanger sur ce sujet avec mes camarades membres du PCF. Je ne dirais pas qu’il y a unanimité, mais plutôt qu’une très large majorité se dégage pour une autonomie vis à vis du parti dit « sérieux ». Du coup, ce matin, titillé par cet article mentionnant Nicole, je suis allé à la pêche aux infos pour prendre le pouls étant donné que ce sont les communistes eux-mêmes qui trancheront cette question à l’issue du second tour au travers d’un vote démocratique les 18 et 19 juin de mémoire.

Premier coup de fil à Ian Brossat, président du groupe Front de Gauche au conseil de Paris et membre du conseil national du PCF. Il m’accueille tout sourire :

« Participer au gouvernement ? Est-ce que le PS rompt avec l’austérité ? Est-ce qu’il va mettre en œuvre une politique de reconquête des services publics en revenant sur la Révision générale des politiques publiques ? Je ne prends que ces deux exemples. La réponse est « non » donc je crois bien que notre réponse sera la même ».

Je lui parle de Nicole Borvo, qu’il connaît bien. Il sourit encore. « Nicole, elle serait plus à demander qu’on lui foute la paix qu’autre chose ». Je ne m’en tiens pas quitte pour autant, malgré la confiance que j’ai pour Ian. J’appelle donc un permanent de Fabien, genre assez bien placé. La réponse est laconique : « C’est un enfumage de Solférino ». Ah ! Ce serait donc la faute à ces « salauds du PS », facile ! Mais… Attendez ! Je fouille ma mémoire.

C’est la veille, lundi, après la confirmation des résultats du premier tour des élections législatives pour les Français de l’étranger. J’avais une conversation avec Laetitia Suchecki, candidate dans la 9e. Elle me parle de son score, 4,38 % honorables, et de son appel à faire barrage à la droite au 2e tour. Et de la discussion qu’elle a sur le sujet avec le collaborateur du candidat dit « sérieux » Pouria Amirshahi. Réaffirmant son « désaccord sur la ligne politique », Laetitia prend le temps d’expliquer que, non, il n’y aura pas de logo du Front de gauche sur le matériel de Pouria au second tour. Le collaborateur prend alors sa voix de miel : « Ouais, je comprends. C’est le PG qui vous met la pression ».

Alors… Je récapitule. D’un côté, une rumeur insistante sur l’entrée de ministres PCF au gouvernement, relayée par les médias et partie d’on ne sait où. Mais qui fait rager les camarades de Colonel-Fabien. De l’autre, des échanges informels évidemment entre socialos et militants communistes sur le thème « vous êtes otages du PG ». Mais n’y aurait-il pas là une sorte de cohérence ? Voire une tentative de diviser le Front de Gauche, entre les « irresponsables du PG » d’un côté et les « gentils communistes avec qui ont pourrait travailler » de l’autre ? Ce serait gros comme ficelle, mais… Mais ils n’en sont plus à ce stade les socialos.

Le rêve du PS : sous couvert d’un partage du gâteau, faire porter la responsabilité d’une politique austéritaire au FDG

C’est qu’une caution rouge serait de bon aloi dans un gouvernement bien décidé à marcher dans les pas de son prédécesseur sur les questions économiques, notamment. Il n’y a qu’à lire les propos de l’ancien responsable des questions budgétaires au PS pour s’en convaincre. Didier Migaud, aujourd’hui président de la Cour des Comptes, explique doctement qu’il faut réduire les dépenses avant que d’augmenter les recettes. Certes, Martine Aubry, patronne d’un parti en campagne, plaide officiellement pour une hausse des impôts pour certaines catégories de la population mais… Mais si Colonel-Fabien pouvait donner un soupçon de crédibilité de « gauche » au gouvernement Ayrault 2, ce serait mieux.

Du coup, je suis allé voir ce que dit le porte-flingue officieux du PS, Jean-Vincent Placé. L’encore numéro deux d’Europe Ecologie-Le Vide a ceci d’intéressant qu’il dit tout haut ce que la rue de Solférino pense tout bas. Sur RTL, ce mardi matin, il a déclaré :

« Je trouve que François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont fait un bon gouvernement, équilibré, paritaire, sérieux et compétent. Il ne faut pas trop remanier à mon sens. Le seul remaniement qui me paraît politiquement intéressant, c’est l’entrée du Parti communiste français [au gouvernement]. »

Voilà ! Jean-Vincent peut rêver tout ce que lui demande le parti dit « sérieux », n’en reste pas moins que ce seront les militants qui trancheront. Et pas Solférino qui décidera. Ils auront beau dire et beau faire, visiblement, mes amis communistes aiment bien le Front de Gauche. Et se rappellent aussi très bien de ce que le PS a tenté de leur faire en Seine-Saint-Denis ou dans le Val-de-Marne. Et, il y a peu encore, je devais prendre le temps d’expliquer que Mélenchon est sincère quand il dit qu’il ne participera pas au gouvernement Hollandréou. Moi, j’ai confiance dans mes amis communistes. Bien moins en l’honnêteté intellectuelle des sociaux-démocrates.

———————————

Bonus vidéo : Metric « Speed The Collapse »


Le Cri du peuple soutient le plan de reprise de Colonel-Fabien par le PS

Communiqué de presse

L’avenir des 5 000 permanents du PCF ne peut être bradé au nom de la construction politique

Il faut savoir finir un rêve. Aujourd’hui, place du Colonel-Fabien, c’est l’avenir de milliers d’emplois qui se joue : permanents directs et indirects. Fervent défenseur du programme L’Humain d’abord, qui place la défense des salariés comme première priorité, le Cri du peuple ne peut rester muet devant la situation dramatique dans laquelle l’inconséquence des membres du Front de Gauche peut pousser ces plus de 5 000 personnes, avec leurs familles.

Rappel des faits : au cours des années 2000, le cours de l’action PCF n’a cessé de chuter pour atteindre le niveau historiquement bas de 1,8 % en 2007. En 2008, une petite boutique naît, le Parti de gauche, qui propose une alliance au PCF, donnant naissance au Front de gauche. En 2011, les sociétaires du PCF (nommés les « militants »), ou ce qu’il en reste après une énième fournée de départs volontaires et le maintien de la politique qui débouche sur le non remplacement d’un militant parti sur deux, choisissent de s’engager dans la transformation du Front de Gauche en société coopérative ouvrière de production. Sans s’assurer de la pérennité des emplois de plus de 5 000 permanents.

C’est dans ce contexte que la société nommée Parti dit « sérieux », sise rue de Solférino à Paris, propose à Colonel-Fabien, le week-end dernier, un plan de reprise pour un montant de « 4 à 5 circonscriptions gagnables ».

Face à l’aventurisme qui consiste à céder le pouvoir aux sociétaires, le Cri du peuple soutient sans réserve le plan de reprise élaboré entre la rue de Solférino et la place du Colonel-Fabien. Rien ne peut justifier que l’on joue avec l’avenir professionnel, avec le salaire et les avantages acquis, de plus de 5 000 personnes. Surtout pas l’avenir de la gauche en France.

A Paris, le 15 mai 2012

 

 ————————————————————————————————————————————————————————

Vous aussi, soutenez les permanents de Fabien :

  • Je rejoins le comité de soutien
  • Je fais un don

NOM :                                                                         Prénom :

Adresse :                                                                                                       Ville :

Courrier électronique

————————————

Bonus vidéo : Arcade Fire « Rebellion (Lies) »


Touche pas à mon Humanité dimanche

A l’initiative du groupe des élus communistes et du parti de gauche du conseil de Paris.

Droit fondamental de chaque citoyen, la liberté d’expression est consubstantielle à l’exercice même de   la démocratie. En France, elle a joué – et jouera encore – un rôle essentiel aux moments les plus déterminants de notre histoire collective. C’est à sa vitalité que nous mesurons chaque jour l’implication et l’intérêt des Français pour la chose publique.

Fait aussi rare que consternant, dimanche 8 janvier 2012, sept militants communistes qui vendaient « L’Humanité Dimanche » se sont fait interpeller, rue Rambuteau, par les forces de l’ordre. Au prétexte de « trouble à l’ordre public », des affiches ont été arrachées, des contrôles d’identité ont eu lieu – dont celui d’Evelyne Zarka, adjointe au maire du 4e arrondissement de Paris depuis 2001. En février 2007, un militant communiste avait déjà été verbalisé sur le marché Dejean, dans le 18e arrondissement, pour avoir vendu l’Humanité Dimanche « à la sauvette ». A l’époque, la justice l’avait relaxé, et le Préfet de Police, reconnu « un excès de zèle ».

A quelques mois de scrutins très importants, nous dénonçons ce nouveau dérapage. Alors que la France est régulièrement pointée du doigt, au titre du recul des libertés de la presse et de l’information, par plusieurs associations, organisations et institutions internationales, cet incident est très préoccupant. Nous réclamons le respect des droits et de la liberté des militants politiques, ainsi que la libre diffusion des idées et de la presse. « L’excès de zèle » n’est pas un prétexte, ni une excuse, c’est une faute.

Signez l’appel en ligne ici !

Et rendez-vous dimanche 15 janvier à 10h30 rue Rambuteau !


TVA sociale : Sarkozy en médecin assassin

Je ne peux commencer cette note du jour sans vous dire que je suis rageux ! Rageux de ne pas être à Amiens ce matin aux côtés de Xavier Mathieu, des « Conti », convoqué à une nouvelle audience judiciaire en raison de son refus d’accepter le fichage ADN des militants syndicaux. Le combat de Xavier, c’est notre combat à tous, les petites gens impliqués dans la lutte émancipatrice. Mais voilà, je bosse et je n’ai pas la possibilité, au regard des enjeux auxquels j’ai à faire face, de m’absenter ne serait-ce qu’une demie journée. Je ne m’étendrai pas sur la nécessité absolue qu’il y a à obtenir la relaxe de Xavier Mathieu, d’autres que moi ont écrit de belle manière sur le sujet à commencer par mon amie Laurence Sauvage, responsable du secteur « luttes sociales » du Parti de Gauche.

Xavier Mathieu avec Laurence Sauvage à la fête de l'Humanité

Ce qui motive ma prise de plume matinale, aujourd’hui, c’est la fameuse « TVA sociale » défendue par la droite, de Sarkozy au directeur de la communication de François Hollande, Manuel Valls. L’UMP a décidé d’accélérer le processus pour faire passer la pilule avant la fin de la législature. Prenons juste le temps de décortiquer ce qu’est la TVA sociale et quelles peuvent en être les conséquences. Attention, cette note va contenir beaucoup de citations d’économistes et/ou d’idéologues libéraux ! Ecartez donc les enfants et les socio-libéraux qui croient encore que Valls est de gauche. Pour un papier plus sain, allez lire l’ami Gauche de Combat.

La TVA sociale est le dernier avatar en date du transfert des cotisations sociales part employeur sur les ménages, donc sur les salariés. Nous connaissions tous les exonérations de cotisations sociales part employeur, chéries par la droite au nom de la sacro-sainte « compétitivité ». Je salue la franchise de la clique sarkoziste qui, peut être grâce à la multiplication des rapports de la Cour des Comptes sur le sujet – tous dénonçant l’inefficacité de la mesure en la matière -, n’ose plus les justifier par « la lutte contre le chômage (…) en faisant baisser le coût du travail ». Il s’agirait aujourd’hui de faire baisser le coût du dit travail pour rendre les entreprises compétitives face à la concurrence.

Comparatif des taux de TVA en Europe

Comme les exonérations n’ont pas suffi, voici le temps de la TVA sociale qui consiste en deux temps. Primo : une nouvelle baisse des cotisations sociales part employeur. Mais, comme nous sommes en « période de crise », pas question de faire baisser les recettes du gouvernement. Deuxio : on compense donc le montant de la baisse des cotisations acquittées par les entreprises par une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée, ce fameux impôt indirect qui frappe tous ceux qui consomment. Donc, les salariés. Le tour de passe-passe est assez simple finalement. Qui ne profite qu’au patronat, comme l’explique doctement Alain Madelin dans Le Point : « (il s’agit) de baisser les cotisations sociales des entreprises et de garder les bénéfices de cette baisse pour ces mêmes entreprises, même si, à l’intérieur du Medef, certaines voix se font entendre pour faire porter une petite partie de cette baisse sur les cotisations sociales des salariés. Au final, le jeu est très largement en faveur du patronat. » Pour les néophytes, Madelin est un des très rares hommes politiques fidèles au credo idéologique ultralibéral ; c’est loin d’être un membre de Lutte Ouvrière.

Du côté de l’UMP canal historique, on défend la TVA sociale par l’exemple allemand, voire danois pour les plus audacieux. Il est vrai que la nouvelle idole des marchés français, Angela Merkel, a adopté cette mesure. Mais… Mais… Mais… Ce matin, je regardais >itélé, comme tous les matins (oui, chacun ses perversions). Et je tombe sur mon bol quotidien de pensée unique avec la chronique économique d’Emmanuel Lechypre, le nouveau Jean-Marc Sylvestre. « Manu », plutôt genre thuriféraire de l’action sarkoziste d’habitude, a pris le temps d’expliquer en mots simples la TVA sociale. Et les situations auxquelles elle peut s’appliquer.

... les riches aussi.

Donc, la TVA sociale allemande, explique Manu Lechypre, est justifiée parce que l’industrie allemande pèse 30 % du produit intérieur brut (PIB : le total de la richesse produite) et que c’est un pays dont la balance commerciale (la différence entre exportation et importations) est largement excédentaire. En bref, ce sont les exportations qui dopent la croissance allemande. Le marché intérieur, la consommation des ménages, est secondaire outre Rhin. Et Manu de continuer en expliquant la situation française. Qui n’est que le strict contraire de nos amis germains. En France, le secteur industriel pèse seulement 12 % du PIB. La balance commerciale est chroniquement déficitaire depuis que la droite est au pouvoir, malgré les ventes d’armes. Le moteur de la croissance française reste la consommation des ménages. Que la TVA sociale va asphyxier. Dixit Lechypre.

Sarko et ses boys s’apprêtent donc à mettre en œuvre une saignée létale pour l’économie française. Le MEDEF, accroché à ses intérêts égoïstes, peut se féliciter de la décision gouvernementale. Pas sûr que l’économie, elle, goûte ce remède aux accents de mise à mort. Nous vous l’annoncions, le prochain plan de rigueur est pour bientôt.

La TVA sociale, allégorie

————————————–

Bonus vidéo : Orbital « Doctor Who (feat. Matt Smith) » (live at Glastonbury 2010)


Après la zone unique RER, allons vers la gratuité

Ça y est donc. Le Syndicat des Transports d’Île-de-France va pouvoir voter la zone unique pour le pass navigo. Son tarif s’élèvera à 65 euros pour tous. C’est une bonne nouvelle mais, à mes yeux, largement insuffisante, si elle ne marque pas le début d’un processus pour aller vers la gratuité des transports en commun.

STIF

Pour ce qui me concerne, à l’image d’autres militants et dirigeants du Parti de Gauche, comme Gabriel Amard ou Corinne Morel-Darleux, par exemple, la question politique de la gratuité des services publics est l’actualité. Il s’agit, pour ce qui me concerne, de bâtir de nouveaux outils de redistribution des richesses, au travers des services publics, mais aussi de poser la question des choix et donc des priorités politiques aux élus qui dirigent les collectivités territoriales. Tout ne peut être gratuit, c’est un fait, tant la gratuité a un coût pour la collectivité.

Avant d’en arriver là, il faut donc reposer la question des usages du service public autant que ses missions prioritaires dans les fonctions que doit assumer un espace urbain ou un ensemble humain (les gens qui y vivent). A mon sens, quatre fonctions centrales définissent la Ville d’aujourd’hui : logement et habitat, activités économiques donc emploi, services à la population, environnement. Ces quatre blocs définissent autant d’enjeux pour les politiques publiques, au service de l’habitant.

Chacune fait l’objet d’une action spécifique mais avec une méthode posée par le Parti de Gauche et que nous appelons la planification écologique. Ces fonctions font l’objet d’autant de politiques publiques ; elles convergent vers un but unique : permettre à nos concitoyens de vivre mieux, dans un espace préservé et amélioré, dans un temps libéré autant que possible de ces composantes aliénantes afin qu’ils puissent se réaliser individuellement et collectivement. J’insiste sur la notion de temps, parce qu’elle me semble réellement l’enjeu des décennies à venir. Et c’est à partir de là qu’un certain nombre de camarades du Parti de Gauche et moi définissons les usages et l’accessibilité aux services, pour revenir sur la gratuité.

gratuité

En effet, par expérience d’agent des collectivités locales, j’ai pu mesurer que les tarifs des services publics en conditionnent l’accès. Je vais donc repartir de l’exemple d’actualité : la question des transports en commun, dont il n’est plus à démontrer l’importance en matière de préservation de l’environnement mais aussi d’urbanisme. La massification des transports en commun au travers de tramways, tram-trains, trains express régionaux constitue une alternative aux véhicules individuels, notamment en termes de temps. Qui n’a jamais perdu son calme au volant de sa voiture en se retrouvant coincé dans les bouchons ? Qui n’a jamais regretté de ne pas disposer de transports en commun cadencés, efficaces, rapides ? Mais qui d’entre-vous ne connaît pas quelqu’un qui, disposant d’un véhicule individuel acheté à crédit, avoue ne pas prendre les transports en commun parce qu’ils seraient trop chers ? Oh, certes, en rapport avec le coût d’une voiture, de son entretien, de son assurance, du carburant, au final, le compte est fait. Mais certains ont le sentiment de ne pas avoir le choix et, sauf à les culpabiliser, il faut entendre cela.

Du coup, se pose la question de la tarification pour transformer l’usage que chacun peut avoir du bien commun que constitue le service public de transport. A ce sujet prenons le temps de revenir sur une vision des choses communément admise à gauche, qui voudrait que la participation même modeste au financement du service public participe à la « responsabilisation » de l’usager. Je considère cette vision comme erronée, dans la mesure où chacun contribue déjà au financement responsable des services publics de proximité comme nationaux au travers des fiscalités. D’où ma conviction que la gratuité devrait être la règle en matière d’accès aux services, donc aux diverses fonctions de la ville, en tout état de cause pour les citoyens. Sont exclues de cette vision les entreprises qui, elles, utilisant bien plus que le citoyen lambda les diverses fonctions de ville, doivent y contribuer plus largement.

Cette appréciation nécessite autant qu’elle justifie une refonte totale de la fiscalité, qui verrait une revalorisation de l’impôt sur le revenu. Parce qu’il est le cœur du financement de notre système de solidarité républicaine. En compensation, bien évidemment, il faudrait aussi revoir les impôts inégalitaires que sont la TVA ou la taxe d’habitation. Cela implique aussi une refonte complète des relations entre l’Etat et les collectivités locales dans le sens de plus et mieux de complémentarité entre les divers niveaux d’intervention.

La République sociale

Dès lors, se pose a gratuité des services publics comme objectif à atteindre. Ce qui est valable pour les transports en commun peut aussi s’appliquer à d’autres services comme la restauration scolaire, les équipements collectifs à destination de la petite enfance, les structures culturelles publiques telles que bibliothèques, théâtres, cinémas… Nous ne pourrons pas assumer la gratuité pour l’ensemble des services. Il faut donc accepter de faire des choix, d’assumer des priorités politiques sur quelques bases très simples. Quel service touche le plus aux biens communs indispensables à la vie, pour soi ou en collectivité (ce qui fait lien) ? Quel service contribue le plus à sortir les citoyens de l’aliénation consumériste ? Quel service contribue à une meilleure redistribution des richesses ? En fonction de la nature des espaces, des besoins des habitants, les réponses ne seront pas forcément les mêmes. Il faut donc aller au bout du débat avec les citoyens eux-mêmes. Et cela nécessite donc que les élus, autant que les militants politiques, associatifs et syndicaux, s’imposent de mener en direction des habitants et des usagers l’indispensable travail d’éducation populaire politique que nécessite la construction d’une culture de la gratuité.

Ce serait le début de la preuve par l’exemple qu’une autre société, basée sur d’autres valeurs que l’argent et la consommation, est possible pour la France.

——————————–

Bonus vidéo : Le Rat Luciano « Faut Niquer l’Bénef«