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Corinne Morel-Darleux tient le Vercors

C’est un drôle de bout de femme que Corinne Morel-Darleux. Il y a de cela six ans, elle ne faisait pas de politique. Et la voici candidate du Front de gauche aux élections législatives dans la 3e circonscription de la Drôme. Face à Hervé Mariton, un des ténors de l’UMP, s’il vous plaît. Ce coin de France rassemble, entre autre, le Diois et les premiers contreforts du plateau du Vercors.

Quand, elle vient s’installer dans le sud de la Drôme, Corinne est à ce genre de moments où la situation générale est si complexe qu’il n’y a pas de vrai choix : ou on se cantonne à cultiver son jardin, ou on s’y met pour de bon. L’ancienne Parisienne – et je viens de l’apprendre : employée d’un cabinet de consulting auprès des multinationales du CAC40 – a plutôt opté pour la première partie de l’alternative. C’est la seconde qui va la rattraper, au détour de la création d’une nouvelle force politique, le Parti de Gauche dont elle est co-fondatrice en tant qu’ancienne porte-parole du mouvement Utopia. Corinne, c’est la décroissance, l’écologie radicale, la transformation en profondeur de la société. Je laisse la parole au sociologue Paul Ariès, directeur du journal Le Sarkophage, qui a ces mots justes pour moi qui la connaît un peu :

« Depuis des années, Corinne Morel Darleux partage tous les combats des gauches antiproductivistes et Objectrices de croissance : gratuité des services publics, réduction du temps de travail, option préférentielle pour les pauvres (donner plus à ceux qui ont moins), remise en cause du dogme de la croissance et du capitalisme vert, besoin de se libérer de la centralité du travail et de l’énergie nucléaire, nécessité d’inventer une société post-pétrolière, post-extractiviste, désir de marcher vers une société du partage, une société du Bien-vivre. »

J’ai eu l’occasion de dire combien Corinne avait compté dans ma lente évolution vers l’écologie et le refus du productivisme, alors que je suis un pur produit de la culture productiviste faussement marxiste. Est-ce que mon amie allait réussir, avec les rurbains et les agriculteurs de la Drôme méridionale, le tour de force qu’elle avait réussi avec moi ? « Il y a une culture de gauche, de résistance, bien implantée dans le coin, me répond-elle, entre deux séances de travail au conseil régional Rhône-Alpes où elle figure parmi les élus assidus. Du côté des paysans, on se retrouve sur les mêmes enjeux. » Sa circonscription, d’habitat autant que de cœur, est la première d’Europe pour la production agricole bio. Il ne faudrait pas croire aux légendes urbaines de la « gauche » bien pensante qui veulent que les agriculteurs restent d’odieux conservateurs.

Ils contribuent, à leur manière, à la vie culturelle intense qui marque le sud du département, vie marquée par une succession de petits festivals. Parce qu’elle est comme ça – il faut la voir danser quand les réunions sont passées -, Corinne ne se fond pas dans le moule mais organise sa campagne comme une succession d’événements culturels. A croire que la culture serait la marque de l’Homme, ce qui en fait la spécificité, et que la politique en serait un des maillons. Tiens, le 1er Mai, alors que le Front de Gauche prenait la Bastille de Crest, elle était entourée d’une fanfare, faisait appel aux « poètes, travailleurs, musiciens, paysans, militants et citoyens ». Tiens, le 3 juin, elle organise, avec ses camarades du Front de Gauche, une journée de meeting, concerts et débats à Saint-Paul-Trois-Châteaux. Oui, Corinne croit à ce qu’elle dit et n’a de cesse que de mettre ses actes en accord avec une pensée toujours en mouvements. L’exigent François Ruffin, rédacteur en chef de Fakir, le journal fâché avec (presque) tout le monde, le dit à sa manière :

« Une candidate sympa et près de chez vous, qui allie le rouge et le vert, qui lutte contre les gaz de schiste et contre les fermetures de boîtes, qui ne cumule pas les mandats mais les combats, qu’est-ce que vous attendez de plus? Qu’elle s’appelle Jean-Luc ? »

Reste que ce n’est pas si facile de faire campagne dans une des circonscriptions les plus étendues de France. Et que les forces de gauche n’y sont pas implantées de manière égale partout. « Tu sais, dans le Vercors, s’il n’y avait pas eu les citoyens qui se sont emparé de la campagne du Front de Gauche, on n’aurait rien fait. Aucun parti n’est vraiment implanté dans ce coin », raconte Corinne. Les assemblées citoyennes ont donc joué un rôle capital. Parce qu’elles sont le lieu où chacun peut s’emparer du programme l’Humain d’abord, participer aux décisions, imprimer sa marque. Il fallait oser jouer le jeu jusqu’au bout, ne pas avoir peur de se faire déborder, craindre que les partis traditionnels soient oubliés… Corinne a montré, au contraire, que faire confiance aux citoyens, c’est le mieux à faire. C’est ainsi qu’elle tient le Vercors.

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3e circonscription de la Drôme : résultats de Jean-Luc Mélenchon, 14,47 % des suffrages.

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Bonus vidéo : New Model Army « Green And Grey (live) »

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La planification écologique au coeur des législatives

Ces dernières années, l’écologie s’est imposée dans le débat. L’échec dramatique du sommet de Copenhague a, entre autres, démontré l’échec du capitalisme vert, tant les intérêts de classe générés par le système libéral sont antinomiques à la fois de la préservation de l’environnement et de l’amélioration des conditions de vie économiques et sociales des habitants de notre planète. A cet égard, ce sommet a montré l’attitude néo-colonialiste des pays industrialisés qui refusent de reconnaître leur dette écologique, autant qu’économique, à l’égard des pays du tiers-monde.

Il a démontré aussi que la croissance verte est un mythe puisqu’il propose, au final, que les méfaits du marché, ses conséquences en termes de dégradation de l’environnement et des ressources naturelles, soient corrigées par… le marché lui-même. C’est ce que dit en substance l’eurodéputé vert Pascal Canfin qui précise : « La transformation profonde de nos modes de production et de consommation devra se faire dans le monde tel qu’il est, avec ses logiques de domination, de puissance, de compétition ». Fermez le ban. Je traduis tout de même le fond de la pensée de ceux qui disent placer l’écologie au dessus de tout : ils considèrent que la lutte contre les atteintes aux écosystèmes, dont fait partie l’être humain, soit dit en passant, serait compatible avec la concurrence libre et non faussée, avec la mondialisation du commerce et le pillage des ressources du tiers-monde…

Pour notre part, nous considérons que l’écologie c’est autre chose. Nous pensons, en premier lieu que le combat écologique demeure un combat anticapitaliste. Ce n’est pas nouveau. Dès la fin du 19e siècle, Karl Marx estimait, à bon droit, que « le capitalisme épuise la terre autant que le travailleur ». Ainsi, les solutions à la crise économique et sociale doivent être les mêmes que les solutions à la crise écologique.

Dans ce cadre, nous réfutons le « toujours plus, toujours plus vite » qui caractérise la société moderne. Parce que ce credo justifie l’accroissement du gaspillage des ressources naturelles aussi essentielles que l’eau, j’y reviendrai. Il justifie également les théories de flux tendu qui exigent que les stocks soient placés sur les routes, par camions, ou dans les airs, par avions, pour supprimer des emplois et accroître les marges bénéficiaires. Ce credo enfin justifie le travail du dimanche pour tous.

En corollaire, le « toujours plus, toujours plus vite, toujours moins cher » organise également la concurrence entre territoires. Nous en avons l’expérience avec la concurrence entre l’Europe et la Chine, par exemple. Mais elle s’étend aussi au champ des régions. Il n’y a qu’à voir la compétition acharnée à laquelle se livrent les ports du Havre et de Marseille, par exemple, pour capter des nouveaux marchés. Cela a des conséquences directes sur notre environnement autant que sur les conditions de travail des salariés.

Au sein du Parti de Gauche, nous prônons une planification écologique qui intègre la rupture avec ces cycles infernaux. Il s’agit d’agir pour des coopérations entre territoires, contre la concurrence. Il s’agit de lutter contre le productivisme pour rendre du temps à l’Homme et restaurer l’environnement. Il s’agit de lutter contre l’étalement urbain, conséquence d’un urbanisme tout entier soumis aux diktats de la soit disant « nécessité économique ».

A ce stade, certains d’entre vous peuvent se dire que je m’éloigne du sujet du moment, les élections législatives. Bien au contraire, je crois que nous sommes au cœur du sujet. En effet, l’écologie doit prendre, pour de vrai, toute sa place au cœur de la campagne en cours. Tout d’abord, parce que l’écologie est au cœur des compétences de sujets essentiels : aménagement du territoire, développement économiques, transports. On devrait aussi évoquer la question de l’habitat tant il est urgent de construire des logements sociaux de qualité répondant aux impératifs de basse consommation d’énergie et de haute valeur environnementale. C’est en tous cas notre conviction à nous, militants et élus du Parti de Gauche et, plus largement, du Front de Gauche.

C’est bien au niveau national que nous pouvons donner une impulsion nouvelle au combat contre les inégalités sociales et contre les mirages environnementalistes ou ceux du capitalisme vert. C’est à cet échelon que nous pouvons donner un nouvel essor à la planification écologique.

Pour mieux vous le faire partager, je vais revenir sur mon expérience dans les collectivités locales, impliqué que je me trouve dans la mise en œuvre de cette démarche.

Aujourd’hui, nous le savons tous, 95 % de la population française vit dans des espaces urbains. L’enjeu de l’urbanisme comme moyen de répondre aux besoins, à commencer par les besoins de celles et ceux qui ont le moins, et de répondre à la crise écologique prend là tout son sens. C’est ce à quoi nous nous attachons.

Pour bien me faire comprendre, je veux juste rappeler que la Ville, l’espace urbain, c’est quatre fonctions essentielles : l’habitat et le logement, le développement économique pour créer de l’emploi, les espaces de biodiversité et les services publics. La planification écologique ambitionne de concilier, dans le même espace, ces quatre fonctions afin de permettre aux citoyens de retrouver du temps de vivre et, par là, de s’émanciper.

Il s’agit en premier lieu de réduire les temps aliénants, celui du travail, celui de la consommation, celui des déplacements domicile-travail. Ce qui implique, au premier chef, de permettre autant que faire se peut d’offrir des emplois là où vivent nos concitoyens. C’est dans le même ordre d’idée que nous oeuvrons pour développer des services publics de qualité, à moindre coût voire tendant vers la gratuité, pour renforcer le caractère intégré de nos cités. Je ne rentrerai pas plus dans le détail de la restauration de la biodiversité tant son urgence saute aux yeux. Aux miens en tous les cas, aux vôtres je l’espère… Cela suppose un urbanisme compact, une forme d’intensification urbaine, pour maîtriser et libérer les espaces nécessaires à la Ville de demain.

Là encore, ne croyez pas que je m’écarte du sujet du jour. Les législatives seront bien le moment où nous pourrons imposer ensemble d’autres choix. Au Front de Gauche, nous avons des propositions pour résister, innover, expérimenter. Je ne vais pas vous faire un inventaire à la Prévert, mais, en termes de planification écologique, quelques unes méritent que nous nous y arrêtons ensemble.

En premier lieu, nous proposons la conditionnalité sociale et environnementale des aides aux entreprises. J’irai même plus loin en demandant que soit enfin introduite dans la loi une clause de mieux disant environnemental dans les marchés publics.

Nous proposons d’accroître le soutien aux créations d’emplois dans les filières répondant aux relocalisations économiques et à la réorientation écologique dont les coopératives, les fameuses SCOP, par exemple.

Pour ce qui concerne l’alimentation, nous soutenons les circuits courts : la préservation des terres agricoles et soutien à l’installation de jeunes agriculteurs.

Les conseils régionaux devront développer des aides à la sobriété énergétique en privilégiant les projets de construction à basse consommation d’énergie, que ce soit dans l’accueil d’activités économiques comme dans les locaux d’habitation.

Tout cela présuppose, je ne le cache pas, de sortir du tout marchand, donc la défense des services publics. Dans ce cadre, je veux, avant de conclure, m’arrêter un instant sur un sujet sur lequel les conseils régionaux pourraient être fort utiles : le retour en régie publique de la production et de la distribution d’eau. Au regard du caractère essentiel à la vie de cette ressource naturelle qu’est l’eau, il est impératif de la sortir du système spéculatif à l’œuvre derrière le gentil vocable de « loi du marché ». C’est un enjeu social, c’est un enjeu écologique.

Nous souhaitons, dans une première étape, que les régies publiques pratiques une tarification solidaire pour l’eau potable. Par tarification solidaire, je veux évoquer un système qui ne bénéficie pas aux gros consommateurs et entraîne un gaspillage hallucinant de cette ressource indispensable comme c’est le cas en banlieue parisienne. Nous entendons mettre en place des tarifs responsables, qui privilégient l’environnement et le respect de la ressource, en pénalisant les gaspilleurs et les pollueurs qui sont souvent les mêmes. Nous entendons que les ménages les plus fragiles, ceux qui sont le plus en besoin, puissent bénéficier de l’eau potable aux meilleures conditions.

C’est peut être un petit pas, mais, pour nous, c’est le début de la preuve par l’exemple qu’une autre société, basée sur d’autres valeurs que l’argent et la consommation, est possible.

En clair, ce que nous proposons, avec le Front de Gauche, ce n’est que la gauche pour de bon, l’écologie pour de vrai et, donc, la République pour tous.

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Bonus vidéo : Duval MC « Bla Bla Durable »


Des députés pour préparer la révolution citoyenne

A peine cinq petits jours depuis l’élection de l’autre François comme président de la République et nous sommes déjà dans le scrutin législatif. C’est ainsi, depuis l’inversion du calendrier électoral voulue par Lionel Jospin. Le Front de Gauche s’y engage en plein, drapeaux au vent, décidé à continuer à créer l’événement politique dans ce pays. Il faut dire que les excellents scores de nos camarades grecs alimentent l’espoir, bien plus que la victoire du candidat dit « sérieux ». Nous avons fait ce geste de salubrité publique qui consistait à virer le nain hystérique de l’Elysée, quitte à le remplacer par Hollande. Oui, à l’évidence, d’autres choix de société sont possibles que ceux qui entérinent la soumission à la loi du marché. C’est bien ce défi-là que, nous autres, nous proposons aux nôtres : la classe ouvrière, le peuple, de relever.

Avec, en toile de fond, la poursuite de la guerre politique que nous avons lancée contre le Front de la haine, le fameux rassemblement que les daltoniens appellent « bleu marine » mais qui est juste quelque part entre le brun des chemises et le vert-de-gris. Il prend aujourd’hui les contours d’une réorganisation de la droite à la mode italienne : une alliance de faits sur des « valeurs » et un programme salement convergent. J’en ai déjà parlé longuement, vous me permettrez de ne pas verser trop dans la redite.

Si d’aucuns lorgnent vers l’Italie contemporaine et ses dérives fascisantes, nous c’est la Grèce qui nous intéresse. Le berceau de la démocratie au sens occidental du terme a montré que le peuple en lutte préfère de loin la gauche de transformation sociale aux thèses fascistes. Le socle de la poussée de Syrisa est, bien entendu, à chercher dans les luttes sociales, les grèves générales, qui ont agité le pays ces derniers mois, pendant que la social-démocratie se compromettait dans des « plans de sauvetage » livrant aux banques les derniers acquis de la classe ouvrière autant que le patrimoine du peuple. La coalition de gauche radicale grecque a su éclairer les consciences :

« Alors que de nouvelles mesures d’austérité sont prévues dès juin, Syrisa a eu, pendant la campagne, un discours clair: refus des politiques menées et des memorandums, annulation de la dette, réforme des statuts de la Banque centrale européenne… Autant de thèmes qui ont rencontré un écho dans les oreilles de Grecs subissant, depuis plus de deux ans, l’austérité et ses conséquences : baisse des salaires, des pensions, des minima sociaux, privatisations, casse des services publics… »

Ca vous rappelle des choses ? Oui, moi aussi. Ce n’est pas pour rien que les parallèles sont nombreux entre Syrisa et le Front de Gauche. Bien plus que le front du refus des diktats de la finance, nous sommes, comme nos cousins Grecs, l’incarnation de l’espoir des peuples qui aspirent à une autre Europe, à un nouveau partage des richesses, à un contrat social redéfini. Cela justifie notre position d’autonomie vis-à-vis de la social-démocratie. Nous ne passons donc aucun accord avec le parti dit « sérieux » et ses supplétifs d’Europe Ecologie-Le Vide (EELV). Comme pour le second tour de la présidentielle, nous ne demandons rien, nous ne marchandons rien, nous ne négocions rien.

« Et la lettre de Martine Billard à Martine Aubry ? », allez-vous me rétorquer. Que les choses soient bien claires. De la même manière que nous avons fixé Nicolas le petit comme notre ennemi dans la présidentielle, nous assumons notre opposition résolue à une droite qui flirte outrageusement avec le FN. Si la division des gauches doit aboutir à son absence du second tour, c’est niet. Et c’est clair. Nous connaissons notre histoire, celle du mouvement ouvrier. Mettre un trait d’égalité entre social-démocratie et fascisme, cela a été la ligne de l’Internationale communiste au début des années 30 ; cela a abouti à la victoire d’Hitler, gardien de camp au service des grands groupes capitalistes allemands. Ne comptez pas sur nous pour rééditer la même erreur. Entre la compromission avec le grand capital et le zèle à leur service, il y a une marge que nous connaissons et que nous ferons partager.

D’autant plus facilement que nous avons pleinement confiance en notre peuple. A l’heure des choix, nous savons qu’il est armé, outillé, conscient et en capacité de se déterminer. La preuve en demeure cette absence totale d’état de grâce accordé au nouveau président. Personne n’est dupe quant à la politique qu’il mènerait s’il avait une majorité absolue. Non que le Front de Gauche ait vocation à être le point d’équilibre de la majorité parlementaire, cela n’est pas notre but. Nous, nous préparons l’avenir avec la construction de l’alternative. Et construire l’alternative, c’est plus facile avec 72 points d’appui élus à l’Assemblée nationale. Si, par hasard, nous ratons la majorité absolue dans l’hémicycle… 72 députés, quand viendra la grande vague de grèves qui va se produire pour bouleverser la donne dans la politique, ce sera autant de points d’appui pour la classe ouvrière en lutte.

Car nos députés ne sont pas des notables mais des outils au service de la révolution citoyenne. Ils seront ceux qui empêcheront la social-démocratie d’adopter en catimini les traités anti-sociaux que préparent les commissaires européens. Ils seront ceux qui feront barrage à la privatisation des services publics. Sauf à ce que les députés du parti dit « sérieux » fassent alliance avec les libéraux. Mais je ne ferai nulle procès d’intention, je préfère que le peuple juge sur pièce.

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Bonus vidéo : MOP « Raise Your Flag (Feat. Busta Rhymes) »


La politique, c’est maintenant !

Bon, ça y est. Comme bien d’autres, dans ma to do list, j’ai pu rayer l’entrée « virer le salaud » de l’Elysée. Ça ne va pas changer tout, ni même changer grand-chose dans le fond. Mais comme je le disais à l’épicier à côté de chez moi, alors que quelques klaxons intermittents retentissaient dans les rues calmes de mon 18e arrondissement si populaire : « ça sent tout de suite moins mauvais ».

Si vous voulez tout savoir, dimanche 6 mai, j’ai utilisé, comme annoncé, le bulletin Hollande pour assurer la victoire des valeurs républicaines face à une droite en voie de fascisation avancée. Je l’avais dit, je l’ai fait, sans gants, sans pinces sur le nez. Il ne s’agit pas d’un geste politique : juste de nettoyer une plaie ouverte depuis 7-8 ans. Ou encore plus précisément : c’est comme enlever une écharde. Ca fait mal mais, après, ça va mieux ! J’ai l’estomac noué une bonne partie de la journée : avec ce genre de pourris accrochés à leur pouvoir, on peut s’attendre à tout. Vers 17h30, l’amie Hélène, au travers d’un texto évoquant une « gueule de bois » laissait entendre que les carottes étaient cuites pour le petit facho. Mais, moi, je voulais attendre pour être sûr. De retour à la maison, l’ordi, le portable, la RTBF, les sms, la RTS… 53-47 ! Twitter est en fusion.

En route donc pour la soirée électorale organisée par le Parti de Gauche dans le 18e arrondissement. Il est sept heures et demie et ils sont déjà pas mal nombreux dans la salle du Café de la Piscine, place Hébert. Ouais… on est comme ça nous, on se réunit place Hébert. C’est encore plus classe que rue Robespierre. Bref, je retrouve Bruno, Danielle, Jean-Michel, cette Claude dont j’ai fait la connaissance place Stalingrad deux jours plus tôt, Alice.. Il y mon voisin blogueur Rue Affre mais pas Stéf Des pas perdus. Il n’y a pas de suspens. A voir les mines des unes et des autres, pas de retournement de situation possible. Le Batave va bien devancer le lointain cousin d’Orban. Quand, finalement, le visage de Hollande apparaît sur l’écran, c’est une salve de « dégage Sarko ! » qui fuse dans le bar bondé. Sentiment du devoir accompli.

Les clients habituels sont venus nous rejoindre. Ils applaudissent aussi. Mais on est loin de l’enthousiasme. Quelques « on a gagné » ; des klaxons timides vers 20h45 ; une voiture avec le nouveau drapeau du parti dit « sérieux » : blanc le drapeau ; un autre véhicule arborant un superbe drapeau français et rempli de Français aux peaux bien tannées… Au demeurant, la tannée, pour Sarko, n’est pas assez nette à mon goût. Et quand je l’entends pérorer son discours, lequel devait être d’adieu et n’est finalement que d’au revoir, je me dis que le plus dur reste à faire. Ce salopard, avec ses projets d’une nouvelle droite très décomplexée, a déjà des idées de revanche en tête. Il nous les a glissées dimanche soir, à qui veut bien les entendre. Et, au final, avec ces idées qui « n’étaient pas factices », a-t-il pris bien soin de préciser, il fait plus de 48 %…

Il va falloir décontaminer sérieusement notre pays… Sauf que les gens du parti dit « sérieux », avec mépris et condescendance, derrière des rapports du Cevipof pour dire que rien n’est grave et que tout va bien, que le FN est encore celui de 1995… Pauvres truffes que vous êtes ! Vous n’avez pas lu, sur vos cartes électorales ? Ce ne sont pas les pauvres qui votent Marine. Mais voilà que je m’énerve alors que vous, amis lecteurs, ne méritez pas mon courroux. Bon… Donc, j’ai ouï quelques mots du nouveau président, entre deux discussions avec des amis de longue date ou d’hier. Dont une Rachida, venue avec son Fabien, et avec qui nous avons appris pas mal. Bien plus qu’en écoutant notre nouveau chef de l’Etat.

Parce que « les réformes de structure », qui doivent audiblement être menées avant une législation sur le pouvoir d’achat ou sur le droit au logement, moi ça ne m’a pas surpris. A dire le vrai, ça n’a pas l’air d’avoir surpris grand monde. Surtout pas la châtelaine de Montretout qui se frotte les mains avec appétit. Peut-être que cette absence de surprise est la raison majeure pour laquelle il y a, dans les quartiers populaires, si peu d’enthousiasme au final.

Cela dit, nous avons fait le boulot. 11 % des voix sur 51 % et des brouettes… Nous avons solidement contribué à virer le facho souriant de l’Elysée. Mais il faut continuer à occuper le terrain : expliquer que le contrat social est à reconstruire ; qu’il y a une autre Europe à construire ; que les richesses doivent être redistribuées ; que le peuple doit reprendre toute sa place. Nous avons cinq petites semaines pour franchir une deuxième étape, comme nos amis Grecs ont prouvé qu’il est possible de le faire.

la politique, c’est maintenant.

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Bonus vidéo : The Prodigy « Breathe »


Mon 1er Mai avec les sans cartes

Après une sorte de « pause » – j’ai quand même été au conseil national du Parti de Gauche samedi dernier -, je renoue avec ce Cri du peuple. Hier donc, mardi 1er Mai, j’étais dans la rue pour la journée internationale des travailleurs, cette journée de solidarité et de lutte lancée en 1890 par la IIe Internationale pour, à la fois commémorer le massacre des ouvriers de Chicago et mobiliser pour la journée de huit heures. J’avais prévu deux choses : manifester aux côtés de la femme de ma vie et rejoindre les Montreuillois pour défiler avec mes amis et camarades. Je n’ai fait que la première. Désolé les potes, mais y avait carrément trop de monde pour pouvoir se retrouver.

J’ai donc défilé avec les non encartés, ces citoyens qui ne revendiquent aucune appartenance politique ou syndicale. Ils étaient sacrément nombreux ! Pour vous donner un ordre d’idée, sachant que l’itinéraire du cortège parisien partait de Denfert-Rochereau pour arriver à Bastille en passant par le boulevard Saint-Germain. Petit extrait de texto échangés avec un ami :

« 17h03 : Lui – t’es où ? Moi UL de Montreuil, un peu après Denfert.
17h06 : Moi – un peu avant le carré de tête, boulevard Saint-Germain.
18h41 : Moi – on vous attend rue de Lappe.
18h46 : Lui – Suis à Luxembourg.
18h47 : Moi – Le défilé est pas fini ???
18h48 : Lui – non. »

Le pont Henri IV vers 17h10 alors que l'UL CGT de Montreuil quitte à peine Denfert-Rochereau

Tout au long du parcours, les trottoirs sont pleins de gens qui nous regardent défiler, nous encouragent ou font une pause avant de reprendre leur cheminement. Aux balcons, il n’est pas rare de voir des personnes arborer des chiffons rouges, comme cette dame qui brandit un pull incarnat au bout d’un manche à balai pour manifester sa solidarité avec nous autres manifestants. J’en profite pour évoquer ce rouge du drapeau de la classe ouvrière qui excite tant la bête à cornes nommée Nicolas le petit. S’il est rouge, c’est tout simplement qu’il symbolise le sang des ouvriers tués par la réaction. A l’origine, lors d’une manifestation réprimée par la troupe, un anonyme trempa sa chemise blanche dans le sang d’un de ses camarades tombés sous les balles et brandit l’étendard de fortune maculé comme signe de ralliement. Quand nous brandissons fièrement nos drapeaux écarlates, c’est ce geste que nous reproduisons : nous pensons à toutes celles et tous ceux qui sont tombés pendant les luttes ouvrières, de Chicago à Fourmies en passant par la Croix-Rousse et les barricades de la rue Myrrha.

Mais revenons à cette journée d’hier, passée aux côtés de celles et ceux qui sont descendus dans la rue juste parce que la situation est trop grave. Alors que je m’extasie devant l’ampleur du rassemblement, « la voilà notre réponse à Sarko », un jeune homme portant son enfant dans un harnais, sa compagne à ses côtés, me répond : « C’est clair ». Il n’est visiblement venu que pour cela, relever le défi lancé par une UMP flirtant avec le Front national et qui se réunit au Trocadéro. Dans cette partie du cortège, l’ambiance est, du coup, assez grave. Pas de chants, pas de slogans, rien d’organisé. Les discussions tournent toutes autour du même sujet : battre Sarko, qui nous insulte, tente de nous diviser… Au hit parade de ce premier mai : l’autocollant du Parti de Gauche « Casse-toi pov’ con » fait un carton. Suivi de très près par « nous sommes tous des travailleurs », seul cri repris par les uns et les autres.

Vue du carré de tête de la manifestation parisienne unitaire

Mais, dans le fond, chacun a le regard porté vers le 6 mai. Une femme, me voyant arborer un autocollant « Mi merche ek Mélenchon », rapporté de la Réunion par un couple d’amis qui en rentre juste, m’interpelle : « Hep, vous, les Front de Gauche. Vous allez pas déconner dimanche ? » Je prends le temps de lui répondre sincèrement :

« A la base, je me tâtais. Si Hollande était donné à 54%, je pensais voter Mélenchon. Mais après avoir entendu Le Pen
puis Sarkozy le soir du premier tour, même si Flamby est donné à 60 %, je voterai pour lui. C’est une opération de salubrité publique. »

Un sourire, on se quitte.

A dire le vrai, il n’y a aucun enthousiasme autour de la candidature présentée par le Parti dit « sérieux ». Pour la plupart de ces personnes, le bulletin Hollande c’est juste le désinfectant sur la plaie SarkoPen. Ça ne fait pas de bien, mais il faut nettoyer le blessure. Les visages reflètent cette manière de voir. On ne sourit guère. En fait, nous sommes là pour laver l’affront national fait par Nicolas le petit à la classe ouvrière de notre pays.

Pour autant, quand nous arrivons à Bastille vers 17h30, la place est déjà à moitié pleine. Spontanément, celles et ceux qui nous attendent se disposent de manière à faire une haie d’honneur aux manifestants. Et là, nouvelles interpellations : « Il est où Mélenchon ? Il arrive quand ? ». Il faudra attendre les amis, le Front de Gauche défile derrière les organisations syndicales.

Arrivée à Bastille vers 17h20

Pendant ce temps-là, au Trocadéro, l’UMP réunit la fange. Elle bouleverse même les règles de l’occupation de l’espace. Ce qui inspire à mon amie Maëlle Dubois ce touit plein d’humour :

« Hé, mais si on tient à 10 par mètre carré ça veut dire que je peux faire des fêtes à 170 personnes chez moi ! #trocadéro »

Dans ce rassemblement on entend bien : « Allez, allez ! la France aux Français ! ». Ce qui est sûr, c’est qu’il y a bien deux France ce premier mai 2012. Il faut choisir son camp.

Bonus mémoire et enjeu : Je vous recommande la note de mon ami Dareljedid dont voici un extrait

« Les lignes n’ont jamais été aussi claires, quelque soit l’efficacité du brouillage et de la confusion que sèment les droites et leurs médias. Nous ne serons pas dupe des attaques minables d’un pouvoir qui pense pouvoir tout galvauder, tout travestir.
Dans les urnes, dans les rues, sur les places, avec les syndicats : elle peut compter sur nous, la droite! Nous serons toujours présents pour lui rappeler qu’on ne joue pas impunément avec notre mémoire et nos symboles. »

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Bonus vidéo : Glasses Malone « May 1st »


François et Jean-François font du pédalo – Acte 4 scène 1

Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;

  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;

  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;

  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

Devine qui vient manger à la maison ce soir ?

Acte 4 scène 1

Jean-François est dans son bureau de la mairie de Meaux, il fulmine, tournant en rond comme un lion dans sa cage. François est seul, dans son bureau du conseil général de Corrèze. Il est assis derrière le plan de travail, vide, se tenant la tête entre les mains. Soudain, son téléphone portable sonne.

François H. (il s’empare de l’appareil de manière fébrile) : Allo ? Allo ? C’est qui ?

Jean-François C. : C’est moi ! Qui veux-tu que ce soit ?

François H. : Ben… Je sais pas… Ca aurait pu être Valérie…

Jean-François C. : Oui, mais non ! C’est moi !

François H. : Ca va ?

Jean-François C. : Bien sûr que non, ça ne va pas ! T’es bête ou quoi ? Tu es devant le nain hystérique dans MA ville ! Faut que j’ajoute les voix de l’autre timbrée de Montretout pour que la droite dépasse la gauche et tu voudrais que j’aille bien ?

François H. : Mais… Je ne l’ai pas fait exprès !

Jean-François C. : Ca je le sais tocard ! Tu ne fais rien exprès, surtout pas de gagner ! Mais là, tu comprends, ça va finir par se voir !

François H. : Quoi qui va finir par se voir ?

Jean-François C. (éructant) : Mais c’est pas possible ! Tu es encore plus débile que le Nain le dit ! Ca va se voir que je veux que l’autre con se casse ! Même Fillon me frappe dans le dos. Tu sais ce qu’il a osé dire ce résidu de séguiniste ?

François H. : Tu sais… Mis à part Paris-Match et Gala, et encore pour voir si je suis en photo, je lis pas trop les journaux. C’est mes collaborateurs qui font ça pour moi.

Jean-François C. (soupirant) : Il a dit que je faisais bien mon boulot à la tête de l’UMP. Comme vacherie, ça se pose là ! Nabot-Léon va avoir plus que des doutes ! Je suis perdu, tu comprends ?

François H. (réfléchit un long moment puis lâche) : Heu… Non.

Jean-François C. (renifle, au bord des larmes) : Pourquoi je te demande si tu comprends… Même moi, je commence à déconner… Enfin, tout n’est pas perdu. Le nain va perdre ! Ce sera déjà ça de pris. Pour le reste, j’aurais un peu de temps… Au moins jusqu’en 2014.

"Arrêtez ou je retiens ma respiration !"

François H. (surpris) : Mais… Les présidentielles, c’est en 2017…

Jean-François C. (il éclate de colère) : Parce que tu crois que, si je perds les municipales – et c’est possible vu le score de l’autre tâche le 22 avril -, ils me laisseront à la tête de l’UMP ? Tu veux que je te fasse un dessin ou quoi ?

François H. (intimidé) : Mais… Avec les voix du FN… Tu disais toi même… Avec ma politique, il va rester haut.

Jean-François C. (tente de reprendre son calme) : Ca… Je le sais. Il va même augmenter. C’est aussi ça mon problème. Marine a accepté de pas faire élire le petit roquet teigneux cette fois-ci…

François H. : Elle est gentille, tu vois bien. On peut compter sur elle

Jean-François C. (pète à nouveau un câble) : Mais non ! Elle est pas gentille du tout ! On veut tous la fusion, ou l’alliance au moins, entre l’UMP et le FN. Elle fait des efforts. Nous aussi, avec Marianni, Lucca et les autres demeurés de PACA. Mais, ce qu’elle veut, c’est prendre la tête du truc. Et là… Moi… Moi… Ben, je suis foutu !

François H. (éberlué) : Foutu comment ?

Jean-François C. (au bord de la crise nerfs) : Mais… Foutu comme foutu ! C’est simple : c’est où la Marine ou ton copain Mélenchon !

François H. (se raidit) : C’est pas mon copain ! Il mégote ! Il veut que je convainque ses électeurs… Tu te rends compte ?

Jean-François C. : Je me rends surtout compte qu’il a raison et que toi, tu préfères t’adresser au Front national alors que les électeurs de Marine sont de droite pour de vrai ! Avec ta « colère sociale », tu es en retard de deux élections. Sarko, lui, il a compris : il cite Pétain, il parle du lebensraum, il plagie la blondasse… Bref… Comme il sait que c’est perdu, plutôt que de me mettre le pied à l’étrier, il la légitime, elle !

François H. (en panique) : Mais… C’est pas possible !

Jean-François C. (résigné) : Si… C’est trop possible même. Je serai jamais président… (Il éclate en sanglots et raccroche)

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Bonus vidéo : Fyah T « Backstabba (Feat. Jah Mason) »


Bienvenue à 3 277 821 nouveaux électeurs

Année Voix Pourcentage
2007 : Marie-Georges Buffet 707268 1,93 %
2012 : Jean-Luc Mélenchon 3985089 11,10 %

 

Evolution du score de la gauche radicale

2007 : total voix Besancenot + Buffet + Schivardi + Laguiller : 3 300 254

2012 : total voix Poutou + Melenchon + Arthaud : 4 599 038 soit + 39 %

 

Et maintenant

2007 : total voix Le Pen + Sarkozy + Nihous + De Villiers : 16 522 245

2012 : total voix Le Pen + Sarkozy + Dupont-Aignand : 16 820 161 soit +1,01 %

Les scores du Front de Gauche supérieurs à la moyenne nationale.

Où est l’événement politique ? La gauche radicale – hors NPA et LO – gagne 3 277 821 nouveaux électeurs. En ajoutant nos amis qui ont voté Poutou et Arthaud, la progression est tout de même de 1 298 784. Et on vient encore me dire que l’événement est le rééquilibrage au sein de la droite ? Je me gausse, permettez.

Je me gausse d’autant plus que la participation était en baisse entre 2007 et 2012 et que le Front de gauche, avec son candidat, a sonné le retour de l’idéologie en politique. Cela a été souligné, notre discours était tout sauf simpliste. A contrario, il faisait appel à l’intelligence des individus, quelle que soit leur catégorie sociale. N’en déplaise, même les plus défavorisés de nos concitoyens ont été sensibles à ce discours qui les prenait en considération. Les « pauvres », comme on dit, n’ont pas voté Marine Le Pen mais bien pour Jean-Luc Mélenchon. Les scores du Front de gauche en Seine-Saint-Denis en attestent, qui passent de 20 542 voix et 3,54 % en 2007 à 90 710 voix et 16,99 %. Tout aussi près de moi, en Essonne cette fois, à Grigny, le Front de Gauche tape les 21,23 % quand l’héritière millionnaire de Montretout y est maintenue à 11,5 %. Voilà qui valait d’être rappelé. Le Front de Gauche a un véritable ancrage populaire même s’il parle à l’ensemble des couches de la société.

J’écrivais hier que nous aurions pu faire la fête, vous comprenez mieux pourquoi ? D’autant que nous venons vraiment de loin.

Pour mémoire, l’évolution du score du Front de Gauche

Européennes 2009 : 1 041 911 voix
Régionales 2010 : 1 137 250 voix
Premier tour présidentielles 2012 : 3 985 089 voix

Nous avons donc la dynamique de l’intelligence et de la conviction en notre faveur. Cela pèsera dans les échéances à venir. Le 6 mai, il faudra compter sur nous qui connaissons la plus forte progression en voix et en pourcentage dans ce pays. Nul ne s’y trompe. Pour ma seule petite part, je viens de recevoir, par divers biais, trois demandes d’adhésion. Mon ami Romain en a réceptionné deux. Damien en a récupéré deux de son côté. De mémoire de militant encarté (soit depuis 1988), je n’ai jamais eu à gérer des adhésions après une « défaite », et Jules Vallès sait que j’en ai subi plus que mon comptant depuis ces 24 ans.

Camarades, vous qui me lisez, ne nous laissons pas enfumer une nouvelle fois. Regardons notre véritomètre.

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Bonus vidéo : Suprême NTM « Plus jamais ça »


La fête aurait dû être belle. Mais…

Ce lundi 23 avril au matin, comme l’a tweeté mon ami Alexandre Tuaillon (tout animateur clé de la campagne de Hollande sur Montreuil qu’il soit), je me réveille avec la gueule de bois bien que je me sois couché à jeun. Pourtant, hier soir, lorsque les résultats du premier tour de l’élection présidentielles sont tombés, nous avions tout pour faire la fête. Avec plus de 11 %, le Front de Gauche créait l’événement politique. Ce n’est aucunement de la méthode Couet de le dire.

Revenons en arrière, en juin 2011, lorsque nos camarades du PCF ont voté en faveur de Jean-Luc Mélenchon comme candidat du Front de Gauche. A l’époque, un score à deux chiffres constituait un objectif en soi, ne l’oublions pas. Nous savions d’où nous venions. Notre gauche avait été bien mise à mal, ses divisions l’atomisaient en multiples groupuscules aux antagonismes souvent violents. Nos paroles, bien que souvent convergentes, en devenaient inaudibles. Les ouvriers, les militants syndicaux, les jeunes, celles et ceux qui avaient cru en la dynamique unitaire des collectifs antilibéraux pendant et après le référendum sur le traité constitutionnel européen… ne nous entendaient plus, entre déception et méfiance. La création du Front de Gauche entre 2008 et 2009 a commencé à dessiner la perspective.

Nous avons réussi à la rendre crédible en faisant des pas les uns vers les autres. Nous avons travaillé ; expliqué notre démarche ; fait de la pédagogie sur le contexte économique social et politique ; élaboré notre programme et l’avons enrichi encore avec nos assemblées citoyennes. Notre campagne des présidentielles a permis de donner une caisse de résonance sans commune mesure à nos propositions et à nos analyses. Souvenons-nous, comme le fait François Delapierre, directeur de campagne de Jean-Luc :

« Nous avons connu une progression fulgurante. Nous sommes la force politique qui a démarré à 3 % dans les sondages et avait fait 6 % aux régionales pour finalement faire le double au premier tour de la présidentielle. Nous sommes la force ascendante. »

Dita Von Teese au meeting de la porte de Versailles (private joke)

Nous avons remis le peuple au cœur de l’agenda politique. Nous avons imposé nos idées dans le débat, au point que plus d’une a été reprise par les candidats de l’ordre établi. Chacun de nos meetings a été une réussite que la plupart nous envie. Nous n’avons pas à rougir : nous avons vraiment fait la meilleure campagne. Et ce lendemain de scrutin, la plupart des observateurs concèdent que le score du Front de Gauche est bien plus qu’honorable. Dans le champ d’une gauche autrefois atomisée, il constitue une sacrée surprise. Clémentine Autain ne dit pas autre chose :

« On avait des projections très audacieuses dans ce qu’on espérait. L’enthousiasme autour de notre campagne et l’affluence dans les meetings nous ont fait rêver à des scores qui ne correspondent pas encore à la réalité du pays… Mais il y a huit mois, on aurait signé pour un score à deux chiffres ! Au début de la campagne, on jouait la survie d’une gauche radicale en France. Passer la barre des 10 %, c’est une première depuis longtemps pour la gauche de transformation sociale et écologique rassemblée. »

Cette dynamique ouvre un nouveau champ des possibles pour construire l’avenir de ce pays. Il nous reste le 6 mai, pour battre la droite ; les 10 et 17 juin pour imposer le Front de Gauche comme la force de l’alternative en France. Décidément, oui ! Tout était réuni pour que nous fassions une fête à tout casser dimanche soir. Mais, cette fête, nous sommes nombreux à ne pas l’avoir faite.

Malgré ce que nous en disions, nous avons été nombreux à croire – avec toute l’irrationalité que porte ce terme – dans les sondages qui nous donnaient hauts et parfois (dans le fond, ils n’ont pas été si nombreux bien que nous les ayons mis en avant) devant le F-Haine. C’était enthousiasmant de se lire à 15 % et cela confortait ce que nous vivions sur le terrain, à notre échelle individuelle. Nous avons bien volontiers oublié que nous ne sommes pas présents partout et pas toujours avec la même énergie. Alors, nous avons envoyé nos belles analyses sur le caractère biaisé des enquêtes d’opinion, leur vacuité encore prouvée, pour y voir des prophéties auxquelles nous avons donné caractère autoréalisateur. Moi même j’ai cédé à cette tentation.

Nous avons aussi pris en pleine gueule le score de l’héritière de Montretout. Parce que nous sommes ainsi, que nous n’avons pas le nombrilisme politique qui nous amènerait à focaliser sur notre propre petite personne, nous avons été abasourdis par ces 20 % puis ces 18 %, pour finir autour de 17 % offerts par Sarkozy à la candidate de la haine et du renoncement. En toute conscience, dans une stratégie au cynisme assumé, Nicolas le petit a fait la campagne de Marine Le Pen. Nous avons donc été dans l’impossibilité d’afficher le sourire de ceux qui sont contents d’eux-mêmes parce que les résultats confortent une position qu’ils n’osaient espérer il y a quelques mois encore.

Dans le fond, je trouve cette « gueule de bois » salutaire. Elle prouve que nous ne faisons pas de la politique comme les autres avec le nez rivé sur nos petits intérêts partidaires mais bien avec la vision globale du monde tel qu’il va ou ne va pas. Dès ce soir, nous repartirons donc sur le terrain, sur les marchés, à la porte des entreprises, avec notre verbe et notre conscience. Nous serons à l’avant-garde du combat face à l’alliance de facto entre l’UMP et le F-Haine. Pour les battre le 6 mai prochain. Et, peut-être que, finalement, le 17 juin au soir nous pourrons enfin la faire cette fête.

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Bonus vidéo : The Pogues « Fiesta »


Les Cris du peuple pour Mélenchon

 Merci à vous toutes et tous qui avez vraiment pris le temps de dire pourquoi vous allez
voter Mélenchon ce dimanche 22 avril. L’insurrection, c’est maintenant !

« Je ne voterai pas Mélenchon, parce que j’ai 17 ans et donc pas encore légalement le droit de le faire MAIS à deux mois près j’aurais voté Mélenchon parce qu’il est le seul à mettre l’humain au centre de son discours à ne pas exiger que du profit, à ne pas réduire l’homme et donc l’électeur à sa capacité de production, à sa capacité de consommation : il parle des gens, il parle aux gens, il parle de culture et d’éducation (qui ont un peu été oubliées dans cette campagne). J’aurais voté Mélenchon pour leur dire que ce qui parle aux jeunes c’est la franchise, la sincérité, que ce qu’attendent les jeunes c’est un pays uni et diversifié, que les jeunes croient d’abord en l’humain et en son incroyable puissance d’action et de création. Place au peuple donc, j’entends déjà son cri : ne lâchez rien, l’espoir et tout au bout et dimanche sera rouge », Juliette Rimbault, par commentaire

« Je vote Mélenchon parce que c’est le seul qui a compris que l’écologie n’est possible qu’avec la réduction des inégalités ! », Thibaut Marchal sur twitter

« Voter Front de Gauche, c’est voter pour la 6è République. Alors qu’en 2007, tous les candidats à l’exception de Sarkozy proposait la 6e République, le Front de Gauche est le seul aujourd’hui à promettre qu’on en finisse avec la monarchie quinquennale. Pour moi, c’est la mère de toutes les batailles, parce que sans cette transformation radicale de nos institutions, nous ne pourrons pas prétendre au reste, nous resterons tributaire d’un seul homme et de son bon vouloir, ou de sa reddition.
Souvenons-nous qu’en Amérique du Sud, les révolutions citoyennes ont commencé comme cela, parce que le système était pourri jusqu’à l’os. Le nôtre l’est tout autant actuellement, le pouvoir est confisqué, toutes les décisions sont prises par le Grand Chef à Plume sans être même discutées collectivement. Ce n’est plus acceptable alors que nous sommes face à des défis écologiques, économiques et sociaux gigantesques.
Nous ne sommes pas trop de 65 millions pour décider ! La 6e République, c’est aussi la démocratie qui pousse les portes de l’entreprise et qui s’installe au cœur de l’appareil de production avec ceux qui créent vraiment la richesse plutôt que dans les bureaux clinquants des financiers qui ne savent raisonner qu’avec des chiffres.
L’oligarchie n’a, par définition, aucun intérêt à la mise en place de cette belle 6e République. Et il faudra se méfier des contrefaçons et des illusions. Alors, pour être certain que le peuple reprenne enfin le pouvoir, il faut voter Front de Gauche ! », Julien par commentaire.

Mélenchon Front de Gauche Place au peuple

« Parce que c’est du simple bon sens pour moi qui ne suis pas financier », O Minotavros sur twitter

« Les dimanches 22 avril et 10 juin et, je l’espère, 6 mai et 17 juin, je voterai Front de Gauche parce qu’enfin, nous avons l’opportunité de faire entendre notre voix contre la dictature des marchés, de la finance et des privilégiés, et plus nous serons nombreux et UNIS, plus nous auront de poids sur la politique qui sera menée ultérieurement », David Lanard sur facebook

« Je voterai Mélenchon parce que, jusqu’en 2008, j’étais orphelin d’un parti et d’une dynamique en laquelle je croyais. Je voterai Mélenchon parce que je suis convaincu qu’il est possible de changer la France et le monde. Je voterai Mélenchon parce que je sens autour de moi revivre le cœur de la gauche : la résistance, la République espagnole et les combats anti-fascistes. Je voterai Mélenchon », Samir par commentaire

« « Nous éprouvons de la joie lorsqu’un corps rencontre le nôtre et se compose avec lui, lorsqu’une idée rencontre notre âme et se compose avec elle. La joie, c’est une effectuation de puissance : notre puissance d’agir est augmentée ou aidée » (Gilles Deleuze)
Je vote Mélenchon parce que la fin de l’individualisme, c’est le début de la joie.
Je vote Mélenchon parce que partager, c’est redonner sa place à l’autre, et c’est en lui redonnant sa place, que l’on peut être soi-même pleinement, et donc vivre. C’est donc le chemin du bonheur.
Je vote Mélenchon parce que vivre, c’est aussi aimer et le programme du front de gauche respire l’amour.
Je vote Mélenchon parce que « l’humain d’abord! » c’est ce que j’ai envie de crier depuis toujours.
Je vote Mélenchon parce qu’un président qui termine ses discours en récitant de la poésie, ça m’enthousiasme au plus haut point.
Je vote Mélenchon parce que, comme l’a dit Deleuze, « être de gauche, c’est percevoir d’abord l’horizon ».
Je vote Mélenchon parce que quand je l’entends, je me dis, pour la première fois, que ça pourrait ne pas être si mal que ça d’être français.
Je vote Mélenchon parce qu’une régularisation massive des sans-papiers s’impose. », Ma Mo-Lenchon sur twitter

« Pour leur foutre au cul », Le Proctologue sur twitter

« Pas de longs discours en ce qui me concerne juste une contribution. Parce qu’après tant d’années de lutte, nous sommes en osmose pour un choix de société, pour un programme de justice sociale, de fraternité et d’amour. Parce que nous avons le meilleur candidat pour porter cet espoir immense du vrai peuple de gauche ! Parce qu’il est temps que la misère succombe ! RESISTANCE ! ON NE LACHERA PLUS RIEN MAINTENANT ! », Lilly54 par commentaire

« Ce dimanche 22 avril 2012, mon vote pour le Front de gauche et son candidat Jean Luc Mélenchon s’explique en 2 mots : « L’humain d’abord ! », qui résument le Front de gauche et l’état d’esprit qui nous anime.
Je voterai donc Jean Luc Mélenchon ce 22 avril, j’espère le 6 mai également, et les 10 et 17 juin pour un(e) candidat(e) Front de gauche aux élections législatives car je suis convaincue que la possibilité aujourd’hui d’un monde meilleur existe et que le programme du Front de gauche permet de la saisir.
Il est désormais temps d’inverser les priorités, pour améliorer la vie de chacun et chacune d’entre nous, faire en sorte que les droits fondamentaux (accès à la santé, la protection sociale, l’éducation, etc.) soient respectés et renforcés.
Je voterai Jean Luc Mélenchon le 22 avril car je crois à la richesse du dialogue entre les continents et les cultures. Je souhaite que la France soit un acteur mondial de promotion de la paix et de la coopération, et non des logiques guerrières et prédatrices comme cela est le cas aujourd’hui. Je vote Front de Gauche pour mettre en œuvre une nouvelle politique internationale, notamment entre la France et l’Afrique.
Je voterai Front de gauche ce 22 avril car ce rassemblement fait le choix du renouvellement de la représentation politique pour réinventer la gauche.
Enfin, je voterai Jean Luc Mélenchon ce 22 avril, car il est le seul candidat à parler d’une valeur universelle trop oubliée : l’AMOUR ! », Laetitia Suchecki par commentaire

« Le vote utile, c’est Mélenchon », Solero 30 sur twitter

« 23 ans, deuxième élection.
Au-delà des idées – que mon éducation me pousse à partager –, je suis frappée de voir autour de moi un enthousiasme et une joie que je n’avais encore jamais connus. Dans ma famille, on regarde tous les meetings sur internet (quand ils ne sont pas dans nos villes respectives), on s’appelle, on en parle sur internet, on échange…
Entre amis, la discussion politique revient inévitablement sur Jean-Luc Mélenchon, avec frémissement. Et si on passait devant le FN? Et si on était deuxième ?
Pour cet espoir que nous partageons, je sais quelle enveloppe je glisserai dans l’urne, dimanche.
Je n’ai parlé que de cœur, d’autres parleront sûrement de fond. Résistance ! », Juanita Banana par commentaire

« Du courage avant tout, c’est ce qu’apporte Mélenchon », Ann Moff sur twitter

« Voilà plus de 10 ans que je suis investi dans le mouvement Free Party dans la région Marseillaise en tant que VJ (cf VjoLo Vé ). La free party est le seul endroit dans ce pays (ou continent) où j’ai pu expérimenter de manière concrète les notions de Liberté, égalité, fraternité . Le front de gauche est le seul parti pour lequel ce ne sont de vains mots. Pour moi, la freeparty devrait être décrétée d’intérêt public en ce sens qu’elle crée du lien social et qu’elle exacerbe les valeurs républicaines.
Au-delà de ça, Je suis jeune père, je ne veux pas que mon fils et les jeunes français qui sont en train de naître puissent pâtir et m’accuser de n’avoir rien fait tout en ayant su. Je veux le meilleur pour autrui afin de garantir mon bonheur. Ma liberté commence où COMMENCE celle d’autrui !
Issu des quartiers Nord de Marseille, membre des South Winners (supporters anti-facho de l’OM), fort de mes lectures de Stirner, Willelm Reich, Kropotkine, J.M Guyau ou Raoul Vaneigem…, mon cheminement m’a naturellement dirigé vers la solution la plus EFFICACE pour éradiquer ce système barbare : le front de gauche et son PROPHETE Jah Luc Mélenchon !
Je vote Mélenchon parce que je veux lire la panique dans leurs yeux ! », Laurent, militant PG, Marseille Nord sur facebook

« Il est le seul à me faire rêver, lui au moins a cherché des solutions à nos problèmes au lieu de colmater les fuites… J’ai envie de croire en lui, et c’est plus que n’importe quel politique a réussi à faire ! », Zulie Poulpy sur facebook

« Je vote Mélenchon et FdG parce que c’est l’unique projet capable d’apporter au + grand nombre, la joie de vivre !
Je vote Mélenchon et FdG parce que c’est l’unique projet porteur de Justice, d’Egalité et de Liberté !
Je vote Mélenchon et FdG parce que c’est l’unique projet qui prend les citoyens pour pour des adultes capables de décider !
Je vote Mélenchon et FdG parce que c’est l’unique projet capable d’opposer une fin de non recevoir au système financier !
Je vote Mélenchon et FdG parce que c’est l’unique projet capable de résoudre vite et sans compromission les problèmes de logement !
Je vote Mélenchon parce qu’il porte l’unique projet capable de résoudre vite et sans compromission les problèmes de pouvoir d’achat ! », Louise de Lannoy sur twitter

« Pour la pratique de la solidarité, l’amélioration matérielle et morale, le perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité…Pour la liberté, l’égalité, la Fraternité et la Laïcité… », Patrick par commentaire

« Je choisis le Front De Gauche pour plusieurs raisons, en premier pour ce qu’il représente pour moi : l’antithèse de la décadence de la politique aujourd’hui, l’anti-élitisme – je déteste l’élite. C’est le seul qui pour moi a les deux pieds dans la réalité et désire le bien de tous, sans condescendance.
Ensuite pour la VIe République, la France d’avant-hier n’a plus lieu, il serait temps de vivre à notre époque, la Démocratie est prise en otage par ceux qui s’agrippent au pouvoir notamment grâce aux institutions qu’ils ont crées pour eux, faire table rase de tout ça et réécrire la constitution est le moyen le plus rapide d’avancer clairement vers une Démocratie réelle.
Parce que Mélenchon est le seul homme parlant d’Humains et de philosophie, qu’il a l’air de suivre sa morale de stoïcien et c’est, pour moi, un gage d’honnêteté, chose que je ne retrouve pas vraiment dans le reste du paysage politique.
Parce que je ne suis pas un mouton, le vote utile me rend malade, je ne vote pas la peur au ventre. Pour moi le PS se complaît dans le laxisme, fort d’une victoire presque certaine, c’est la même façon de penser que le sarkozysme, ce qui prouve leur morale et ce qu’ils désirent : le pouvoir. Je déteste ceux qui tentent d’altérer la réalité, encore plus de façon consciente, le FdG appelle la raison, apporte des arguments, le PS et l’UMP apportent de la peur parce qu’ils n’ont rien d’autre, aucun projet profond pour nous aider à avancer, juste des illusions.
Parce que tout ça plaît au cynique que je suis.
Et aussi parce que les gars de la chanson du dimanche font de chouettes chansons », rogeru par commentaires

« J’étais jusqu’à maintenant dans l’Ultra Gauche (comme le disent les meRdias). L’abstention étant pour moi la seule solution. Avec l’arrivée du programme du Front de Gauche j’ai retrouvé espoir . Mélenchon propose un autre modèle de société, j’ai envie d’y croire… », Reineroro par commentaire

« Jusqu’à présent j’ai voté utile… maintenant c’est terminé !!!
Je vais enfin pouvoir voter pour un candidat qui me propose un véritable changement, une utopie.
C’est avec un réel enthousiasme que je voterai Mélenchon et son programme de gauche.
Militant PCF, syndicaliste, je vote pour la retraite à 60 ans, pour le SMIC à 1700€… », Pierredhier par commentaire

« Pourquoi je vote Mélenchon ? 1 700 (euros pour le SMIC), 60 (ans, l’âge pour le départ à la retraite), 1>20 (pas de salaires supérieurs à 20 fois le salaire le plus bas), 100 % / 360k€ (100 % d’imposition au delà de 360 000 euros de revenus annuels). Voilà, pourquoi je vote Mélenchon », Jon Livin sur twitter

« Je vote FdG parce que c’est (pour l’instant) le retour de la gauche en politique. Après la conversion du PS au libéralisme (et donc à la droite mâtinée dans son cas de quelques compensations sociales), après l’effondrement du PCF à la suite de l’URSS, il ne restait plus rien de la gauche (politique). Sauf bien sûr quelques petits groupes sans aucune influence sur la marche du monde, et préférant en général s’excommunier entre-eux plutôt que d’essayer de changer ça.
Pendant un temps, le NPA a représenté l’espoir, mais il n’a pas réussi à tenir ses promesses, victime des tropismes qui cannibalisent la gauche depuis des décennies.
Politiquement, je viens plutôt de la gauche radicale, mais c’est paradoxalement le coté républicain de Jean-Luc Mélenchon qui m’a attiré.
En fait, je pense que la position du FdG mariant républicanisme et socialisme est exactement celle qu’il faut avoir en France en 2012. La république parle aux français et permet de les rassembler, tandis que le socialisme est la réponse a donner au capitalisme (ou du moins au libéralisme dans un premier temps).
Tout n’est pas rose cependant, et mon choix du FdG n’est pas un chèque en blanc. Je suis très suspicieux de ce qui peut se passer après la présidentielle. Si le PCF va à la soupe, cela cassera, si chacun des groupes membres veut tirer la couverture à lui, cela cassera, si ils retombent dans les tropismes identitaires qui les ont déjà coulés, cela cassera aussi.
Je vois que les prémisses de mes craintes existent déjà, mais l’espoir en un changement et la confiance en nos forces sont de retour. Et c’est quelque chose d’énorme. J’espère que le FdG parviendra surmonter ces épreuves et, en attendant, je vais glisser mon petit bulletin dans l’urne », Radtransf par commentaire

« Pourquoi je vais voter Front de Gauche ? Parce que je crois à une autre société, qui mette l’Homme au centre des préoccupations. Et c’est maintenant ou jamais, car nous sommes complètement aliénés, dépendants, et je dirais soumis à un système complètement dingue !! On nous parle de déficit, de dette, de règles financières qui nous dépassent complètement, parce que nous n’avons jamais voulu une Europe qui nous fasse reculer autant…Alors pour mes ancêtres émigrés et ouvriers, pour mes enfants à qui je souhaite une vie meilleure et pour moi même car je suis un éternel révolté, je ferais mon bon choix », Gérard Bautista sur facebook

« Je vote Mélenchon. L’insupportable domination des riches ne peut plus durer. Le prolétariat organisé doit prendre le pouvoir », Guillaume sur twitter

« Espoir en 1981, déçu depuis, alors c’est Mélenchon pour une VIe république et un Peuple véritablement souverain », Darkvigor sur twitter

« Comment justifier de façon simple et condensée un vote répondant à une conjonction quasiment unique d’enjeux géopolitiques, économiques, démocratiques, sociaux, sanitaires, écologiques majeurs ?
Et si finalement le vote Mélenchon était tout simplement le choix de la vie, le choix du bonheur ?
La seule chose que je sache, c’est que pour la première fois depuis 25 ans je voterai le sourire aux lèvres. Pour la première fois, je n’irai pas à reculons en glissant dans l’urne le bulletin du « moins pire ».
25 ans que j’attends ça, c’est à peine croyable… », Julien Capdevielle sur facebook

« Désir de rejoindre celles et ceux qui comme moi ont envie de vivre ensemble
dans une société où l’humain aura enfin sa place !!! »,
Danièle Le Corre par commentaire

« Parce que le Front de Gauche est un front collectif et pas le club des fans d’une personne
Parce que M. Mélenchon a organisé ses prises de parole publiques comme autant d’outils conceptuels pour que chacun puisse s’emparer des problèmes socio-économiques
Parce que M. Mélenchon a été le premier à faire tomber le voile de flou délibérément entretenu autour des noms des représentants de “la Finance”
Parce que M. Mélenchon est le seul candidat à la Présidentielle depuis au moins 20 ans à avoir présenté l’immigration comme un bienfait et non comme un danger
Parce que le Front de Gauche a permis que des dizaines de milliers de personnes se sentent enfin fières d’être citoyen(ne)s d’une France débarrassée des scories nationalistes imposées par le FN depuis deux décennies
Parce que M. Mélenchon a fait de la scène de cette campagne une scénographie nouvelle à plusieurs plateaux : Espagne, Grèce, Belgique, Amériques du Sud…
Parce que, contrairement à tout ce qu’on a connu jusqu’alors, M. Mélenchon a créé une dynamique de campagne qui va en s’ouvrant sur le monde au lieu de se cristalliser sur une personne
Parce que tous ces gens, après ce moment où l’on s’ébroue joyeusement dans la parole enfin retrouvée, vont pouvoir s’organiser et construire de nouveau
Parce que M. Mélenchon a remis à le mode le goût de l’Histoire dont certains “intellectuels” ont proclamé la mort depuis une décennie
Parce que cet homme a eu le courage d’incarner une parole sourde qu’on cherchait à refouler
Parce que les discours de M. Mélenchon résonnent comme un mille-feuilles ; ils crépitent de toutes ces couches entrelacées de culture et d’histoire ;
enfin, sur la scène politique des mots dont on entend les échos
Pour tout cela, et pour encore bien d’autres choses, dimanche, je prendrai un temps infini pour savourer ce moment exceptionnel d’un vote en âme et conscience », Hélène par commentaire

« Je vais voter front de gauche parce que je crois à une société tout simplement et pas à des humains écrasés par quelques malades du fric », Agnès Guitet sur facebook

« Le slogan “L’Humain d’abord” devrait suffire. Il pourrait être brandi face à tous les arguments de prétendu réalisme économique qu’on nous oppose. Je trouve assez sidérant que nous soyons dans une société où un parti a besoin de prendre ce slogan, comme si faire passer l’Humain d’abord, avant le fric, avant le reste, n’allait pas de soi. Dans quel monde vivons-nous pour que ce ne soit pas le cas ? Ce simple constat ne suffit-il pas à démontrer l’absurdité de cette course folle dans laquelle nous sommes engagés, cette course pour… mais pour quoi d’ailleurs ? Où cela nous mène-t-il ?
Qu’espérons-nous ? Sommes-nous bien conscients que nous n’avons qu’une seule vie à vivre, et que les jours, les semaines, les mois, les années passent et ne reviennent pas ? Et qu’en faisons-nous ? Que nous force-t-on à en faire ? Et, comme si cela ne suffisait pas, il n’y a pas que nous que nous condamnons à cette survie absurde, mais également nos enfants, et nous compromettons aussi la vie de milliers d’espèces. Le luxe, l’argent et le pouvoir rendent donc fous et aveugles qu’ils ne voient pas ce monde qu’ils nous créent ? Qu’ils n’entendent pas les arbres trembler et les oiseaux pleurer ? Qu’ils piétinent notre détresse sans y prêter plus d’attention qu’à des fourmis agonisantes ?
Dimanche, je vais voter Front de Gauche. Je vais voter Jean-Luc Mélenchon. Parce que ce formidable espoir qui se lève enfin, il me fait vibrer, il donne un sens à mon existence. Et plus le score du Front de Gauche sera haut, plus la vague d’amour qui se répandra dans notre pays, avant de s’étendre au monde entier, sera belle. Vive la vie ! », Petite Emma par commentaires

 En poésie ou en chansons

« Il leur a répondu
Le sourire sur les lèvres
La trouver belle pourtant
De toutes les couleurs
Il trouvait ça tentant
En insistant encore
Il a parlé d’amour », Sophie lucide par commentaire

Pour battre la droite ! « Recase-toi, pov’ con ! », San Kulot sur twitter

« Pourquoi je vote Front de gauche parce que « c’est le seul »:
1, c’est le seul qui veut rendre le pouvoir au peuple en créant la sixième République.
2, c’est le seul qui se bat contre notre vrais ennemi, la grande finance.
3, c’est le seul qui lute vraiment contre toute les injustices sociale.
4, c’est le seul qui a un programme économique réaliste, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire.
5, c’est le seul qui est pour l’augmentation du smic à 1 700€.
6, c’est le seul à planifier l’écologie.
7, c’est le seul qui est pour le pluralisme médiatique.
8, c’est le seul qui interdit les licenciements boursier.
9, c’est le seul qui a un visage Humain et non comptable.
10, c’est le seul tout simplement à défendre les idées de gauche », Henri Pignatel sur facebook

« Je mettrais ce bulletin dans l’urne dimanche, bien sûr pour les idées défendues pour une société humaine où l’argent n’est plus le maitre mais le serviteur, mais aussi pour l’homme Mélenchon, un homme cultivé, intelligent et humain !
Je ne suis pas une militante (juste citoyenne), je tiens à vous remercier toutes et tous pour votre militantisme qui nous a permis de découvrir et d’apprécier ce que peut être demain », Nicole B par commentaire

« Je vote Mélenchon pour que sur la terre France plus aucun enfant ne soit enfermé dans un camp de rétention pour que tous aient un vrai toit », Patricia Guilhot sur twitter

« Je suis Fonctionnaire Territorial et Syndicaliste. Je ne suis pas encarté politiquement, mais je me retrouve pleinement dans la démarche unitaire du Front de Gauche ainsi que dans les idées défendues dans le Programme partagé. Cette démarche a permis de redonner de l’espoir et des perspectives crédibles à des millions de personnes et notamment toutes celles qui s’étaient engagées massivement lors du conflit contre la réforme des retraites.
Je suis également surpris et heureux de la montée en puissance du Front de Gauche lors de cette campagne, cela s’explique à mon avis par la façon dont Jean-Luc Mélenchon l’a abordé en se donnant comme mission première de décrédibiliser le FN qui avec son ravalement de façade pensait rafler comme en 2002 un vote contestataire. Sa démarche a parfaitement réussi, à tel point qu’en fin de campagne Marine Le Pen a été contrainte de dévoiler son vrai visage c’est à dire celui qu’affichait avant elle son Père, à savoir la xénophobie et le rejet de l’autre.
Je pense en outre que tout le long de cette campagne on nous a mené en bateau en lançant des contre feux (viande halal, permis de conduire, insécurité) pour essayer de retarder le moment ou les vrais problèmes (chômage, salaire, et partage des richesses) de plus je pense également que les sondages étaient bidonnés pour minimiser la montée du Front de Gauche et je suis persuadé que nous dépasserons les 15 % au soir du 22 avril et que nous serons devant Sarko », Martin par commentaire

 

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Bonus vidéo : The Redskins « It Can Be Done »

 


Le beau jeudi rouge que voilà !

Ce jeudi 19 avril, le fond de l’air est rouge. Dans toutes les conversations, sur tous les écrans qu’ils soient de télé ou d’ordinateur, un programme revient : l’Humain d’abord ; une formation politique est au cœur du débat : le Front de gauche ; un candidat focalise l’attention : Jean-Luc Mélenchon. Par notre manière de faire de la politique, nous avons changé radicalement la donne. Oubliées les accusations de populisme, nous faisons la démonstration qu’il est possible de transformer le défilé des miss que constituait l’élection présidentielle en grand moment d’éducation populaire et politique. Nous avons ouvert les vannes : le flot du peuple conscient déblaie tout sur son passage. Nous en ferons encore la démonstration ce jeudi soir dès 19 heures au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.

Il nous reste encore quelques heures avant que cette campagne extraordinaire connaisse la fin de sa première étape. Nous aurons tant appris au cours de ces longs mois. Appris de nous, appris sur nous, appris des autres, appris sur les autres. En premier lieu, piqûre de rappel d’un lointain mois de mai 2005, le Front de ceux qui refusent la fatalité est bien vivant. Et même, il s’est réuni, organisé, outillé. Il s’est renforcé de la vague immense de ces anonymes que l’on nommait hier « invisibles ». Avec leurs drapeaux rouges au bout du bras, je gage que plus personne n’aura l’insolence de les appeler ainsi à l’avenir. Nous sommes la force puissante du peuple rassemblé et nous comptons bien présenter à ces messieurs et dames de l’oligarchie l’addition. Elle est salée : près de trente ans pendant lesquels ils nous ont spoliés, humiliés, détroussés…

Les valets du capital le savent bien et commencent à s’effrayer pour de bon. Tels des chiens aux abois, ils montrent les crocs. Et par là, leur vrai visage de haine, maniant aussi bien l’invective que le mensonge et la calomnie. J’ai déjà évoqué le Nouvel Obs, je n’y reviens pas. Il faut tout de même saluer l’exercice de propagande pro Hollande réalisé par Libération ce matin.

Le mensonge

Faire de la gardienne de Montretout une « menace » alors que la plupart des études démontrent que le Front de Gauche a mis à bas le Front national, c’était osé. Nicolas Demorand aura encore quelques soucis avec sa rédaction… Le 3 avril dernier, la Société civile des personnels de Libération a publié un communiqué. « La liste des griefs est longue, souligne ce communiqué, qui évoque en particulier « des « unes » racoleuses qui tantôt défigurent Libération, tantôt vont à l’encontre des valeurs qui ont toujours été les siennes », ainsi qu‘ »un traitement éditorial partisan en matière politique, qui semble inféoder le journal au PS ». En tous cas, Nicolas Demorand n’est pas seul. A côté, j’ai eu l’heureuse surprise de lire la prose d’un thuriféraire du candidat dit « sérieux », je vous la livre :

« Assez, c’est assez !
Mélenchon à 18%… il faut dès maintenant sérieusement penser à lui couper les ailes ! Car, il ne faudrait pas non plus qu’il croie que c’est arrivé. Il est donc grand temps de remettre au plus vite Mélenchon à sa place ! Soit à 8% avec un décompte des voix comme suit : un PC moribond + un Front de Gauche tout nouveau tout beau ! + un NPA à la ramasse + les verts fidèles à eux-mêmes : à la remorque du PS et médiocres. »

Pourquoi tant de haine me questionnerez-vous ? Peut être un énième avatar du vote utile ou que sais-je… Dans le fond, les masques tombent et c’est bien. Sur twitter, Pascale Berrie, « soutien Hollande au premier tour » se lâche, sec :

« Le vote pour Sarko c’est le vote Mélenchon. Entre dictateurs on aime à se rendre service, je vois ça. »

Militant socialiste rencontrant un électeur de gauche

La mélenchonophobie se répand à mesure que notre arrivée au pouvoir se précise. Je l’ai déjà écrit, n’ayons pas peur, c’est notre lot en ces derniers jours d’avant le premier tour. Nous verrons comment ils se comporteront au second tour. Mais j’ai bien peur que le « better dead than red » (plutôt mort que rouge) ne l’emporte dans le fan club de François H. A tout le moins, cela participera de la conscientisation de classe dont nous avons tous besoin.

D’autant que d’autres ouvrent les yeux. Vous ne savez peut être pas que des soutiens affirmés à Ségolène Royal sont aujourd’hui en campagne pour le Front de Gauche. C’est le cas du comité Désirs d’avenir en Pays de Vannes qui voit « Mélenchon au second tour » :

« Nous avons pour une fois, cela n’était pas arrivé depuis trente ans un seul candidat fort, un vrai socialiste démocrate, réellement de gauche, pas celle qui est au centre droit où gauche, une gauche réelle qui saura s’opposer quand cela sera nécessaire, ce candidat qui a donnée la campagne présidentielle un coup de dynamisme, offert une grande Espérance rendue sa « Place Au Peuple ». »

Ne désespérons pas, bien au contraire. Trouvons dans l’adversité avérée comme dans ces soutiens inattendus la force de franchir le premier obstacle. Il y aura ensuite le 6 mai, les 10 et 17 juin pour transformer l’essai et faire vivre cette révolution citoyenne qui est désormais ancrée dans les consciences comme l’évidence.

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Bonus vidéo : Ice Cube « You Can Do It (Feat. Mack 10 and Ms Toi) »